Ici : L'histoire du logo et du rapprochement entre France Bleu et France 3

Depuis le lundi 6 janvier, les auditeurs des radios locales publiques ont dû s'habituer à un nouveau nom : Ici. Le réseau des 44 antennes de Radio France, anciennement France Bleu, a été rebaptisé. Ce changement s'inscrit dans le cadre d'un rapprochement entrepris de longue date avec France 3.

Logo de France 3

Sur la chaîne de télévision publique, le logo Ici est déjà présent à l’écran depuis le 5 novembre pendant les programmes régionaux. « Toutes les radios locales de Radio France sont rebaptisées », a expliqué la directrice du réseau, Céline Pigalle. Ainsi, au lieu de France Bleu Alsace, France Bleu Breizh Izel ou France Bleu Pays de Savoie, on parlera maintenant d’Ici Alsace, Ici Breizh Izel et Ici Pays de Savoie.

Une nouvelle identité pour un nouvel élan

Selon Céline Pigalle, « ce qui est formidable pour les publics, c’est que ça change tout et ça ne change rien. Les auditeurs vont continuer à entendre leurs animateurs, leurs journalistes, leurs jeux, leurs rendez-vous. » Cette « nouvelle identité » marque aussi « un nouvel élan » pour le réseau. Ici va miser sur « l’actualité locale, la musique et la bonne humeur », avait détaillé Mme Pigalle à la fin de novembre lors d’une conférence de presse à Paris, en mettant l’accent sur « la proximité » et « le service ».

Ce changement de nom intervient alors que France Bleu a progressé en audience, avec 2,59 millions d’auditeurs quotidiens (+ 87 000 en un an), selon les derniers chiffres de Médiamétrie, publiés à la mi-novembre.

En effet, France Bleu totalise 2,59 millions d’auditeurs quotidiens. La radio a déjà augmenté son audience (+ 87 000 en un an).

Lire aussi: France 3 Occitanie : l'évolution de son logo

Le changement de nom s’accompagne d’une campagne de presse, numérique et télévisuelle, ainsi que d’une vague d’affichage.

Objectifs et complémentarités

« Nous officialisons l'union de nos deux réseaux, France 3 et France Bleu, au service d'une offre éditoriale encore plus proche des auditeurs, des téléspectateurs et des internautes. Nous lançons un nouveau média global de la proximité », déclare Delphine Ernotte. « On démarre une nouvelle étape capitale avec +Ici+ pour tirer le maximum de nos complémentarités » et, « progressivement, nos marques s'effaceront derrière une marque unique », confirme Sibyle Veil, à l'occasion d'une visite à Rennes de futurs locaux communs.

« Notre future marque (...) doit devenir l'étendard de l'offre de proximité du service public », appuie Delphine Ernotte. Les équipes de France 3 (3100 salariés) et de France Bleu (1500 salariés), « région par région », doivent dès à présent « réfléchir à une ligne éditoriale commune », afin que puisse être défini un « plan stratégique en lien avec la trajectoire financière donnée par le gouvernement », précise-t-elle, en vue d'une « feuille de route commune » début 2024.

Ce passage à un nouveau nom se fait dans le cadre d’un rapprochement initié de longue date avec France 3. Effectivement. France 3 Centre-Val de Loire a fait sa mue voilà deux mois, et c’est maintenant au tour des 3 radios de notre région (France bleu Orléans, France bleu Berry, France bleu Touraine) de changer de nom…et un peu de formule. Mais, précise toujours Philippe Magnier, qui dirige dans la ville préfecture une équipe de près de 40 personnes, « l’idée est d’avoir une grille de programme similaire pour l’ensemble des 44 radios du réseau, avec toutefois un peu plus de musique en après-midi, pour attirer vers nous un public plus jeune ».

On trouvera ainsi par exemple à la même heure, le matin, en toutes régions, des rubriques “jardinage” mais les intervenants seront adaptés à la zone de diffusion. « Les thématiques sont les mêmes, mais les sujets adaptés. L’objectif de cette nouvelle identité, dans un premier temps dans la forme, est de gagner des auditeurs, en modernisant les radios, et en se rapprochant de France 3, comme cela se fait déjà dans la tranche d’info matinale ».

Lire aussi: Voyage artistique : Le Grand Échiquier

Dans le look, outre les bonnettes et la couleur des logos, ce changement a aussi touché les pages des réseaux sociaux, l’habillage sonore des antennes et la signalétique dans les bureaux.

Ce lundi, « chacune des 44 locales du réseau Radio France est rebaptisée ». « France Bleu Creuse » devient « ici Creuse », « France Bleu Alsace » devient « ici Alsace », etc. France Bleu Paris qui devient ici Paris Ile-de-France.

Ce changement marque l’aboutissement d’une transformation lancée en 2022, visant à renforcer l’engagement de votre radio envers la proximité et l’accessibilité de l’information en région.

Aussi, tout le programme régional de France 3 sera lui aussi rebaptisé « ici ».

« On va travailler main dans la main, les radios du service publics, les télévisions du service public, pour faire ensemble une proposition digitale qui elle aussi s’appelle « ici ». L’intérêt de tout ça, c’est la chose suivante : il y a de plus en plus de médias, de plus en plus de propositions. Là, on va avoir une marque commune, sobre, efficace, bien identifiée pour dire : Quand vous voulez du local, de la proximité de service public, c’est chez nous que ça se passe' ».

Lire aussi: Yo-kai Watch Blasters 2 : Détails

« Ici », « c’est le symbole pour Radio France et France Télévisions de la création d’une marque commune aux deux réseaux de service public. Ce passage à un nouveau nom se fait dans le cadre d’un rapprochement initié de longue date avec France 3. Sur la chaîne de télé publique, le logo « Ici » est déjà présent à l’écran depuis le 5 novembre, pendant les programmes régionaux ».

Selon elle, « les auditeurs vont continuer à entendre leurs animateurs, leurs journalistes, leurs jeux, leurs rendez-vous ». Mais cette « nouvelle identité » marque aussi « un nouvel élan » pour le réseau. Ici va miser sur « l’actualité locale, la musique et la bonne humeur », avait détaillé Céline Pigalle fin novembre lors d’une conférence de presse à Paris, en mettant l’accent sur « la proximité » et « le service ».

Ce changement de nom, « ça change tout et ça ne change rien », assure Céline Pigalle, directrice du réseau. « Ça change tout parce que ça ouvre une nouvelle page (…) On entre dans une nouvelle aventure pour redire que le local, la proximité est une grande valeur de l’époque. On a besoin de ces radios locales et d’avoir un média de proximité », estime la directrice du réseau de radios locales de Radio France.

Mais « ça ne change rien parce que vos animateurs, vos journalistes vont demeurer les mêmes, vos rendez-vous préférés vont continuer d’être là, vos chroniques préférées seront toujours sur ces antennes ». Les fréquences aussi resteront les mêmes.

« C’est un grand coup de neuf, un renouvellement, un nouvel élan et à la fois, tout ce que vous aimez sur le réseau des radios locales de Radio France est toujours présent », résume Céline Pigalle.

Par ailleurs, « ici », ce n’est pas seulement la marque des radios locales de Radio France, c’est aussi la marque des France 3 Régions.

Les oppositions et les craintes

Mais l’installation du label Ici a suscité des oppositions syndicales à Radio France comme à France Télévisions, ses adversaires y voyant les prémices d’une fusion pure et simple. Ce rapprochement a suscité les craintes des syndicats de l'audiovisuel public, qui y voient les prémisses d'une fusion. « On veut augmenter notre présence sur les territoires en se redéployant.

« On ne touche pas au statut juridique de nos salariés ou de nos entreprises. Ce n'est pas une fusion », abonde son homologue à la tête de Radio France.

Pour les syndicats, la crainte est qu’à terme il y ait une fusion des deux médias, avec à la clé une réduction des effectifs pour engendrer des économies.

Un appel à la grève, ce lundi 4 novembre, a été lancé pour dénoncer la disparition du label France 3 en régions en faveur de la nouvelle marque, Ici.

Selon Raoul Advocat, délégué syndical SNJ de la centrale de France 3, ce changement de nom est « une manière de devancer les décisions gouvernementales » concernant une fusion des médias publics. Il craint que le rapprochement des deux médias soit motivé par de potentielles économies sur le long terme.

Cette transformation intervient en effet dans un contexte économique difficile pour l’audiovisuel public. Le gouvernement s’apprête à couper 45 millions d’euros dans son budget, et à reporter l’envelopper consacrée au rapprochement entre France Télévisions et Radio France.

La répartition de la baisse de crédits entre les différents médias publics est encore inconnue, et le mode de financement pour 2025 est toujours en discussion. Le Sénat a voté le 23 octobre pour qu’une fraction de la TVA continue d’être allouée à l’audiovisuel public.

Cette loi sera discutée à l’Assemblée nationale le 19 novembre. « Le pire, c’est l’absence de visibilité sur le futur de notre média », avance pour sa part Xavier Riboulet.

Dans un communiqué publié le 31 octobre, la direction de France Télévisions profite de l’annonce du changement de nom pour mettre en avant les avancées du projet. Au total, la radio et la télévision régionales partagent 37 matinales, deux mises en commun de plus étant prévues en 2025. Des journalistes de France Bleu et France 3 travailleront ensemble sous la bannière d’Ici pour couvrir des événements comme celui du marathon de La Rochelle, prévu le 24 novembre. « Cette complémentarité permet de ne rien rater de l’événement », peut-on également lire dans le communiqué.

Certains journalistes ne partagent pas le même enthousiasme que la direction. Ils s’inquiètent d’une perte d’identité qui laisserait présager une fusion des chaînes avec France Bleu. Dans un préavis de grève, les syndicats du réseau France 3 (CFDT, CGT, FO, SNJ, Sud) réclament l’abandon du nouveau nom. Ils appellent les salariés à cesser le travail pour vingt-quatre heures à partir du 4 novembre. « Cette transformation a commencé par des petites touches, sans jamais avoir de vue d’ensemble, regrette une déléguée syndicale. On a peur de perdre une identité construite après tant d’années. »

Du côté de la radio, le journaliste de France Bleu Alexandre Chassignon, élu SNJ au CSE, déplore un manque de coordination sous la bannière partagée : « Ça va bientôt faire trois ans que l’application commune existe, et nous n’avons toujours pas de cohérence éditoriale entre les journalistes de France Bleu et de France 3. »

En Corse, la situation est un peu différente, France 3 Corse y bénéficiant d'une chaîne de plein exercice, ViaStella, qui, contrairement au Corsica Prima et au Corsica Sera durant le décrochage sur le national, continuera de bénéficier du logo ViaStella.

Pour autant, une intersyndicale, qui réunit le SNJ, le STC et l'Unsa, a également appelé à la grève sur l'île.

Historique des radios locales

C’est une nouvelle étape pour les locales de Radio France. Pour la petite histoire, en 1980, Radio France obtient l’autorisation de créer 3 radios locales : Fréquences Nord, Radio Mayenne et Melun FM. 29 autres sont créées à partir des radios locales gérées par FR3 depuis la fin de l’ORTF en 1975 et 6 sont créées ex nihilo.

Les radios locales de FR3 quant à elles, sont rattachées à Radio France le 1er janvier 1983. Elles sont alors 38 radios.

Aujourd’hui, le réseau compte 44 locales et change de nom.

Évolution du réseau de radios locales de Radio France
Année Événement Nombre de radios
1980 Création de Fréquences Nord, Radio Mayenne et Melun FM 3
1983 Rattachement des radios locales de FR3 à Radio France 38
Aujourd'hui Changement de nom en "Ici" 44

De plus, des antennes régionales existaient également, et la nôtre a fêté un bel anniversaire en février dernier : 60 ans ! En 1975, à la scission de l'ORTF, la 3e chaîne est devenue France Régions 3, ou FR3 Côte d'Azur pour nous.

Et en 1992, France 3 Côte d'Azur a fait son apparition, avec son logo bleu caractéristique.

Savez-vous pourquoi ? En 1990, TF1 avait changé son logo pour celui que nous connaissons aujourd'hui : un rectangle bleu, blanc et rouge avec les lettres "TF1". A la création de "France Télévisions", avec France 2 et France 3 au départ, il a été décidé d'utiliser les couleurs nationales : rouge pour France 2, bleu pour France 3 et blanc pour les inscriptions.

La télévision locale nous montre ce qui se passe autour de nous et participe au débat public local.

Dans un entretien croisé au quotidien, Delphine Ernotte et Sibyle Veil ont exprimé leur vision commune pour l'avenir de l'audiovisuel public, soulignant l'importance de la proximité et de l'adaptation aux besoins locaux. Cependant, la mise en œuvre de cette stratégie suscite des interrogations et des inquiétudes, notamment en ce qui concerne la préservation des identités régionales et les conséquences potentielles sur l'emploi.

tags: #logo #ici #par #france #bleu #et