Alien: Covenant - Explication de l'Intrigue

Si Prometheus n’assumait pas totalement sa filiation avec la saga Alien, cette fois, c’est plus clair. Alien: Covenant est non seulement la suite directe du long-métrage de 2012, c’est aussi le sixième volet de la saga. Ridley Scott est toujours aux commandes de la suite de préquelles chargées d’expliquer les origines de la créature découverte dans son premier film, Alien, le huitième passager.

Alien Covenant

Dans ce dossier explicatif du film Alien : Covenant, nous revenons sur les grandes thématiques du film, ses liens forts avec Prometheus et la saga Alien, et décryptons la fin du film. Attention, si vous n’avez vu ni Prometheus, ni Alien : Covenant, cette analyse n’est pas faite pour vous !

L'Intrigue et les Personnages

L’intrigue se déroule environ dix ans après celle de Prometheus avec, comme c’est la tradition dans la saga, un nouveau vaisseau spatial pour commencer. Cette fois, c’est le Covenant qui amène deux milles colons vers une planète dénichée au fin fond de l’univers et qui pourrait potentiellement devenir une nouvelle Terre. Ridley Scott ne s’embarrasse pas trop avec les explications et imagine que la mission est interrompue en cours de route suite à un incident technique, cette fois une tempête qui abime l’appareil et oblige l’ordinateur de bord aidé de l’androïde de service de réveiller l’équipage.

Sous la surveillance de l'androïde Walter (Michael Fassbender), le vaisseau Covenant (« Arche » en anglais) fend le cosmos avec à son bord un équipage d'une douzaine de personnes et 2 000 colons terriens cryogénisés. Destination : la planète Origae, désignée comme Nouveau Monde potentiel pour désengorger une Terre exsangue. Un incident grave contraint le navire à se dérouter vers une autre planète émettant un étrange signal et située à une distance plus proche, possible nouvel Eden.

Pendant les réparations, un signal humain est capté en provenance d’une planète non loin de leur position, une planète qui affiche elle aussi toutes les caractéristiques pour être habitées. Le scénario déroule son fil sans surprendre, l’équipage détourne le Covenant pour jeter un œil et tout déraille quand il découvre l’enfer du virus découvert dans le volet précédent. C’est assez banal, mais plutôt bien fait et cette fois, Alien: Covenant prend son temps pour poser la situation et les personnages.

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible.

Visuellement desservi par de curieux choix et souffrant de la pâleur de ses héros, Covenant souffre plus encore de la pâleur de ses héros. Katherine Waterston (alias la scientifique Daniels), Billy Crudup (Oram, homme de foi et commandant en second de l'équipe), Danny McBride (Tennessee, le chef pilote), Demian Bichir (Lope) et les autres ne déméritent pas. Mais tout leur talent ne suffit pas à compenser la faible caractérisation de leurs personnages, à des années-lumière de la force des martyrs du premier Alien, dont chaque mort nous transperçait d'effroi. La structure scénaristique du film, tout comme Prometheus, s'enlise aussi dans une exposition laborieuse flirtant avec l'ennui.

David et les Ingénieurs

Tout le début est assez prometteur et le lien est bien amené quand on retrouve le vaisseau des ingénieurs abandonné sur cette planète et David, le robot de la précédente expédition. L’idée de placer David au centre de l’intrigue est très bonne et assez logique. Ridley Scott réinvente un petit peu l’eau chaude en exploitant le filon des robots opposés leur créateur, un cliché de la science-fiction. Néanmoins, c’est plutôt bien amené et c’est une bonne piste pour expliquer l’origine précise des extra-terrestres.

Par ailleurs, Michael Fassbender est un excellent acteur et il peut le prouver ici encore, en incarnant deux androïdes physiquement identiques, mais totalement différents par la personnalité. C’est toujours quelque chose de difficile à rendre et Alien: Covenant complique encore la situation en éliminant à mi-parcours les différences physiques, mais le résultat est bluffant1.

Dans une scène dantesque, David extermine tous les Ingénieurs façon Pompéi en larguant la substance noire découverte dans Prometheus. Mais pourquoi l’a-t-il fait ? D’autant que si son but est d’anéantir l’humanité, le film précédent nous a appris que c’était également l’objectif des Ingénieurs. Dans Covenant, David semble ne pas supporter pas d’avoir le moindre maître et de se trouver tout en haut de l’évolution, comme un dieu. Les Ingénieurs - les créateurs de ses créateurs - représentaient certainement ce qu’il déteste le plus. Et il avait sûrement besoin d’un terrain de jeu « calme » pour étudier la matière noire et les Xénomorphes.

La fin de la scène où David et Walter se battent est volontairement ambiguë. Avant que Daniels ne prenne conscience que quelque chose cloche juste avant d’entrer en hyper-sommeil, difficile de dire si Walter est bien Walter. Mais si David a bien piqué sa place, comment a-t-il eu le temps de se changer, faire fondre sa main dans l’acide surtout réparer son modulateur de voix endommagé par un coup de poing de Walter ? Impossible à expliquer.

Après avoir menti et assuré qu’Elisabeth Shaw est décédée dans le crash du vaisseau, David avoue sans vraiment le dire qu’il a tué la survivante du Prometheus. D’après le prologue - qui de façon incompréhensible n’est pas dans le film -, Shaw est entrée en hyper-sommeil le temps du trajet. Elle a au moins eu le temps de se réveiller et d’envoyer le message que le Covenant recevra dix ans après. Ensuite, David l’a disséquée (vivante ?), certainement pour extraire d’elle de l’ADN humain, afin de poursuivre ses recherches sur la matière noire.

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L'Origine des Xénomorphes

Le cinéaste a manifestement changé d’avis et c’est avec Alien: Covenant que l’on voit naître pour la première fois la même bestiole que celle affrontée par le lieutenant Ripley dans le premier film. De fait, ce nouveau long-métrage remplit quelques cases et permet d’en savoir plus sur les xénomorphes, même s’il ne répond pas encore à toutes les questions.

Et l’explication elle-même est nettement plus logique que dans Prometheus, même si, en regardant dans le détail, on peut relever aisément des inconsistances et paradoxes. Et puis, Ridley Scott semble adorer inventer de nouvelles variantes, jusqu’à l’excès : fallait-il vraiment ajouter ces spores et la créature qui sort par le dos ? Certes, c’est impressionnant quoi que pas très fin et ça fait une scène d’horreur facile, mais ce n’est pas cohérent avec le reste et cela ajoute encore de la confusion sur la lignée des Aliens, ce qui n’était vraiment pas nécessaire.

Mais les Xénomorphes de sa création sont différents de ceux qu’on connaît dans les trois premiers Alien. L’évolution pourrait faire le reste, ou bien David aura-t-il l’occasion de développer encore un peu plus les créatures à bord du Covenant. Par ailleurs, aucune trace dans ses dessins de la reine Alien et reste la grande question de la présence d’oeufs dans le vaisseau du Space Jockey du premier Alien, qui se déroule en gros vingt ans après. S’ils ont été créés par David, comment sont-ils arrivés là ?

Thème Description
Origine des Xénomorphes David expérimente avec la matière noire et l'ADN pour créer de nouvelles formes de vie.
David L'androïde cherche à dépasser ses créateurs et à devenir une figure divine.
Le Covenant Le vaisseau et son équipage deviennent des instruments dans les expériences de David.

Réflexions Finales

Ridley Scott a créé une saga par accident et Alien, le huitième passager ne devait probablement jamais avoir de suite, encore moins cinq suites. La différence est sensible par rapport à d’autres grandes sagas nées au cinéma : il n’avait pas de vision d’ensemble et l’histoire tient difficilement la route. Alien: Covenant prouve d’ailleurs qu’il n’a toujours pas de vision d’ensemble et qu’il improvise son histoire, quitte à laisser de grosses incohérences sur la route.

Mais Alien n’avait pas nécessairement besoin d’explications et on se demande bien pourquoi le réalisateur s’est lancé dans ces préquelles sans avoir une idée derrière la tête. Ridley Scott invente une origine pour sa créature mythique et qu’importe si l’explication est bancale ou trop banale. C’est un petit peu dommage de gâcher la saga de la sorte et de réaliser un film d’action banal et bien peu subtil sur le dos des xénomorphes.

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