Documentaires Netflix : Scandales, Luxe et Controverses autour de Bernard Arnault et Liliane Bettencourt

Netflix continue de captiver son audience avec des documentaires qui explorent les aspects les plus sombres et fascinants du monde des affaires et du luxe. Parmi les sujets qui font sensation, on retrouve des figures emblématiques comme Bernard Arnault et Liliane Bettencourt, dont les vies et les scandales sont disséqués avec une approche à la fois rigoureuse et captivante.

Bernard Arnault

L'Affaire Bettencourt : Un Scandale Mondial

Diffusé depuis plus de deux semaines, un documentaire politique sur Liliane Bettencourt, l'ex-femme la plus riche du monde, défraie la chronique. Preuve que sur Netflix, le luxe, les scandales financiers et les trahisons font toujours recette.

Décédée le 21 septembre 2017 à Neuilly-sur-Seine, la célèbre femme d'affaires française fait aujourd'hui l'objet d'un documentaire sur Netflix. Après Tapie en septembre dernier, la plateforme de streaming s'intéresse désormais à l'un des plus médiatiques et retentissants scandales financiers de France, qui a vu se déchirer Liliane Bettencourt et sa fille Françoise. Cette affaire complexe et tentaculaire - qui nous est racontée à la manière d'une série à suspense avec en prime des extraits des enregistrements captés par le majordome de la milliardaire - a cartonné dans le monde entier, se classant dans 63 pays la semaine dernière, même si ce chiffre est depuis redescendu à 29 ces derniers jours.

Cette semaine, l'Affaire Bettencourt : scandale chez la femme la plus riche du monde, occupe toujours la troisième place du Top 10 des séries de la semaine, avec plus de 2 millions de vues cette semaine. L'histoire fascine les abonnés partout dans le monde, du Canada à la Nouvelle-Calédonie, en passant par les États-Unis. Réalisée par Baptiste Etchegaray et Maxime Bonnet, elle montre comment une affaire familiale a rapidement attiré le fisc français, puis a basculé dans l'affaire d'État.

Bien que l'on pensait avoir tout lu et tout entendu sur cette affaire, Netflix nous cueille avec une bande-son anxiogène, des effets visuels et mises en scène inquiétants, et surtout une bonne dose de suspense pour scotcher les téléspectateurs. La série s'appuie notamment sur les commentaires de journalistes, dont Raphaëlle Bacqué, Corinne Audouin, Edwy Plenel ou encore Fabrice Arfi, mais surtout, l'un des protagonistes clés de l'affaire, Patrice de Maistre. C'est ce dernier, ancien homme de confiance et gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, qui avait été accusé de profiter du grand âge et de la faiblesse de la principale actionnaire de l'Oréal. Un traitement beaucoup plus rigoureux et moins fantaisiste que dans le film La femme la plus riche du monde, vrai-faux biopic grotesque et outrancier.

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Merci Patron ! : Un Ovni Cinématographique

LUTTE DANS LA JOIE - Profitant d'un bienheureux effet Streisand après sa censure temporaire par Europe 1, le documentaire de François Ruffin collectionne les spectateurs depuis sa sortie, le 24 février dernier. Metronews est allé voir cet ovni cinématographique, à mi-chemin entre farce sociale et aventures de bande dessinée.

Les Klur, couple de chômeurs du Nord, vivent bien chichement de maigres prestations sociales depuis que l'usine ECCE, où étaient fabriqués les célèbres costumes Kenzo, a fermé ses portes. Jusque-là, le tableau de "Merci patron !" ne paye pas de mine et ressemble à ces reportages qui exposent la misère sociale générée par la course à la réduction des prix. Mais les impressions sont parfois trompeuses.

Dans ce morne quotidien où on fait d'une "tartine de fromage blanc" un repas de Noël, on se serre les coudes. Et les Klur, menacés d'expulsion faute de pouvoir, avec leurs 400 euros mensuels, payer les traites de leur maison, vont trouver de l'aide de la part d'un drôle de journaliste - le rédacteur en chef du journal Fakir François Ruffin, aussi réalisateur du documentaire -, grâce à l'intermédiaire de leur ancienne déléguée syndicale.

Les compères désignent un coupable : Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, et donc, de Kenzo. Si les Klur sont dans cette misère, c'est de la faute de la première fortune de France (34 milliards en 2015 selon le dernier classement Challenges), qui a préféré délocaliser ses usines en Bulgarie, histoire de payer un peu moins cher sa main d'oeuvre. Les Klur ont besoin de quelques dizaines de milliers d'euros et d'un emploi à plein temps ? Ruffin va se plier en quatre pour les leur obtenir.

Comment ? En menaçant, via une campagne de presse, de mettre en pièce les prestigieuses "Journées particulières", sorte d'opération portes ouvertes où le grand public peut découvrir toute la gamme des savoirs-faires du groupe de luxe . Incroyable, mais vrai : le très précautionneux Bernard Arnault, soucieux de son image, va s'empresser de céder au chantage, en envoyant un ancien barbouze négocier au domicile des deux Ch'tis.

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Les 87 minutes de film sont l'occasion de franches rigolades devant des situations improbables (imaginez un peu les dirigeants de LVMH terrorisés à l'idée de voir l'assemblée des actionnaires être envahie par des militants en colère ou des Ch'tis invitant Bernard Arnault à un barbecue) où, enfin, le petit parvient à exister face au "gros".

Ruffin ne verse jamais dans le misérabilisme. Malgré les usines désaffectées, le dépit des anciens employés, Ruffin préfère faire sa lutte des classes à la manière d'une comédie des Charlots (dont la chanson "Merci patron !" sert de générique au film) plutôt que d'un drame social sorti de la tête de Ken Loach. Le combat anticapitaliste dans la joie.

Comédie documentaire satirique, Merci Patron! est devenu un phénomène de société malgré son budget modeste (40 000€), sa forme très artisanale et le refus initial du projet par le CNC. Sorti en salles fin février 2016, le film a contribué au mouvement social spontané « Nuit Debout », déplacé plus de 500 000 spectateurs en quelques mois, récolté au moins 3 millions d’euros de recettes et obtenu le César du meilleur film Documentaire en 2017.

Si l’activiste se présente comme un « scrupule (du latin scrupus), un petit caillou dans la chaussure et dans la conscience » des puissants, il choisit de le faire avec fantaisie dans son premier film et se met en scène, avec beaucoup d’ironie, comme un réconciliateur des classes populaires et du grand capital. Dans un premier temps, il convainc plusieurs anciens salariés licenciés par LVMH de devenir des petits actionnaires de l’entreprise afin de se rendre à l’Assemblée Générale parisienne pour discuter avec Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, et lui demander gentiment des comptes.

Ruffin rencontre alors la famille Klur : Jocelyne, Serge et leur grand fils. Le couple d’ouvriers a travaillé 35 ans dans l’usine de Poix-du-Nord qui fabriquait les costumes Kenzo pour le groupe LVMH, puis l’usine a été délocalisée en Pologne et ils ont été licenciés. Au chômage depuis 4 ans, ils sont criblés de dettes.

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Ruffin se fait passer pour le fils Klur : il écrit une belle lettre pour demander un dédommagement sous peine de contacter la presse. Et le stratagème fonctionne! Un ancien commissaire des Renseignements généraux, conseiller de sécurité et employé du service d’ordre de LVMH se présente au domicile des Klur pour un rendez-vous secret… Il est prêt à payer contre leur silence et explique que, tout milliardaire qu’il est, Bernard Arnault a « un brin d’humanité ».

Avec sa mise en scène radicale des contrastes sociaux, son traitement du sujet façon Michael Moore (réalisateur omniprésent, dénonciateur et plein d’autodérision), Merci Patron! parvient avec brio à dénoncer les ravages sociaux provoqués par les délocalisations industrielles tout en ridiculisant un acteur du CAC 40 qui tombe dans le piège.

Merci Patron !
Affiche du film "Merci Patron !"

Luxe, la fabrique du rêve

À l’heure de la Fashion Week à Paris, la série documentaire inédite en France « Luxe, la fabrique du rêve » risque bien de créer un gros buzz dans cette industrie où les multinationales se livrent une guerre sans merci, tant économique que de communication, mais surtout d’ego ! Disponible dès le jeudi 21 septembre sur france.tv et les 27 et 28 septembre à 21.10 sur Culturebox.

Cette série est l’histoire fascinante et dramatique des empires de la mode (LVMH et PPR-Kering) qui ont été créés entre 1984 et 2000 et ont transformé en profondeur l’industrie du luxe à Paris, Milan, Londres et New York. Derrière le glamour des défilés, les deux groupes rivaux jouent une pièce en quatre actes dans laquelle nous découvrons dans les rôles principaux Bernard Arnault (LVMH), François Pinault (Kering, ex-PPR), Anna Wintour (Vogue) et l’ascension fulgurante des plus grands créateurs : John Galliano, Marc Jacobs, Alexander McQueen et Tom Ford, portés au pinacle par leurs marionnettistes.

Grâce à des archives inédites et à la collaboration de témoins de premier rang, nous pénétrons les ateliers des plus grandes maisons de haute couture, l’univers impitoyable des défilés, les coulisses de la rédaction de Vogue et les stratégies déployées pour se livrer une véritable guerre des marques.

Les producteurs de la série, Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, déjà nommés aux Bafta pour le film McQueen (2018) et récompensés d’un Emmy Award pour Rising Phoenix (2021), renouvellent leur coopération avec Luxe, la fabrique du rêve, série en quatre épisodes qui se revendique comme le Game of Thrones de la mode.

En 2011, sa carrière chez Dior s’arrête brutalement après une violente crise délirante pendant laquelle il a tenu des propos racistes sous l’emprise de l’alcool. Après une thérapie, il revient à la couture chez Oscar de la Renta en 2013. En avril 2005, un an après avoir quitté Gucci, Tom Ford lance une marque à son nom, dans l’univers de la beauté, puis des lunettes. La première boutique ouvre en avril 2007 en même temps que le lancement des collections de prêt-à-porter homme et accessoires et plusieurs parfums. En 2009, Tom Ford réalise son premier film, A Single Man. Il reçoit le prix du Créateur de l’année 2010, le Vogue Fashion Awards et le Elle Style Awards. Le prêt-à-porter femme est présenté à New York en février 2011. En 2019, Tom Ford est élu président du Council of Fashion Designers of America (CFDA).

En 2001, la marque Alexander McQueen est acquise à 51 % par le Gucci Group, ce qui conduit, un an après, « l’enfant terrible de la mode » à quitter la maison Givenchy qui appartient à LVMH, le principal concurrent du groupe italien - racheté par François Pinault en 1999. Le créateur est élu, en 2003, Meilleur designer international. En 2004, il se lance dans le prêt-à-porter masculin et reçoit le titre de British Menswear Designer of the Year. En 2005, Alexander McQueen dessine une collection de baskets, puis, en 2007, une ligne de bagages de luxe. Givenchy est aujourd’hui designé par Matthew M. Le designer de Louis Vuitton annonce son départ le 1er octobre 2013. Nicolas Ghesquière a succédé à Marc Jacobs chez Louis Vuitton.

Parcours des deux rivaux

Bernard Arnault, le bourgeois

En 2023, le businessman le plus connu de France réalise enfin son rêve : devenir l’homme le plus riche du monde pendant le premier semestre, Elon Musk reprenant le haut du podium depuis. La fortune de Bernard Arnault a augmenté de 40 milliards de dollars sur un an. Il reste mécaniquement l’homme le plus riche d’Europe et l’homme le plus riche de France. Issu de la bourgeoisie du Nord, Bernard Arnault reprend l’entreprise immobilière familiale en sortant de Polytechnique. Après trois années passées aux États-Unis, de 1981 à 1984, il convainc Laurent Fabius, alors Premier ministre, qu’il peut sauver le groupe textile Boussac, en faillite, jurant d’éviter son « démantèlement ». Pianiste émérite et collectionneur d’art, Arnault se pique aussi de mécénat, d’où la Fondation Vuitton à Paris. Le musée a été décrété d’« intérêt public » par l’Assemblée nationale, grâce à un amendement déposé par deux députés, PS et UMP, après une menace d'un groupe écologiste.

Né le 21 aout 1936 dans une ferme des Côtes-d’Armor, François Pinault quitte le lycée catholique de Rennes, où il est pensionnaire, à 16 ans. À 18 ans, il part faire la guerre d’Algérie pendant deux ans et demi. Dès 1988, il s’engage dans une politique de diversification et, au début des années 1990, le groupe Pinault devient PPR (Pinault Printemps Redoute) en achetant les magasins Printemps, puis La Redoute. En 1999, grâce aux transactions expliquées dans la série, le magnat acquiert 40 % de Gucci et prend le contrôle total de Sanofi Beauté. Sa collection d’art contemporain se chiffre aux alentours de 1,5 milliard de dollars. Il a trois enfants : François-Henri (qui est l’actuel président-directeur général de Kering), Dominique et Laurence. Après l’incendie qui ravagea Notre-Dame de Paris en 2019, les deux hommes se sont battus à coups de millions d’euros pour abonder le plus généreusement la « cagnotte » destinée à la reconstruction de la cathédrale.

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François Ruffin : "Je m’emmerde moins dans la vie que Bernard Arnault"

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