L'histoire du cinéma à Joinville-le-Pont et l'essor des cinémas à Pont-l'Abbé

Le cinéma a une histoire riche et variée, marquée par des lieux emblématiques et des œuvres cinématographiques significatives. Cet article explore l'histoire du cinéma à Joinville-le-Pont, l'ouverture de nouveaux cinémas à Pont-l'Abbé, ainsi que le film "Les Ponts de Sarajevo" et son exploration de la ville à travers les yeux de divers réalisateurs.

Joinville-le-Pont : Un âge d'or du cinéma

Usine Pathé à Joinville-le-Pont en 1906

Une photo témoigne du poids de l'industrie du cinéma à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Une foule pose devant l'usine Pathé, au début du XXe siècle. Près de 500 ouvriers se rendent chaque jour dans cette usine, créée par Charles Pathé en 1906. Ils perforent les bandes de films vierges, les impressionnent avec des négatifs, les développent, fixent, lavent, sèchent et les expédient. L'usine jouxte la Marne, car une pellicule s'enflamme vite.

À Joinville, on tourne aussi des films, beaucoup de films : La Belle équipe, Quai des Brumes, La Règle du jeu, Les Enfants du Paradis. Pathé y a construit, non loin de l'usine, des studios, qui, entre 1910 et 1970, accueilleront certaines années jusqu'à 40 % de la production nationale.

Aujourd'hui, les studios de tournage ont disparu. Seul vestige de cet âge d'or du cinéma, qui a périclité avec l'avènement du numérique, l'usine des bords de Marne, rebaptisée « cité du cinéma », a conservé sa pagode, sa haute cheminée de type Eiffel et ses bâtiments de brique. Mais de cinéma, on ne parle presque plus.

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Pont-l'Abbé : Un nouveau chapitre pour le cinéma

Le Cinéville de Pont-l'Abbé ouvre ses portes avec le nouvel épisode de la saga « Star Wars ». Yves Sutter, directeur général du groupe Cinéville et Roland Boudraa, directeur du cinéma à Pont-l'Abbé, sont fiers de présenter ce nouveau complexe.

Cela fait dix ans que Pont-l'Abbé est privé de cinéma. Une injustice qui prendra fin avec l'ouverture du Cinéville. L'attente est énorme, comme en témoigne l'effervescence, lors de la mise en service de la vente de places via internet. Il est possible d'acheter directement ses places en ligne. « Plusieurs séances de “Star Wars” vont certainement afficher complet ce mercredi et ce samedi », indique Roland Boudraa, directeur du cinéma. Il est bien sûr possible de se procurer des billets au guichet mais aussi auprès de deux bornes automatiques situées à l'accueil.

Le Cinéville est un complexe de quatre salles d'une capacité totale de 610 places. Cette première semaine d'exploitation démarre avec neuf films à l'affiche dont l'irrévérencieux « Joker », le controversé « J'accuse » ou encore le réaliste « Les Misérables » estampillé film d'Art et Essai. « Ce cinéma est avant tout un cinéma généraliste », indique Yves Sutter, directeur général du groupe Cinéville. Autrement dit, le cœur de cible est un public familial. On retrouve, par conséquent, des productions comme « La Reine des neiges 2 », « La Famille Addams » ou encore « Jumanji : Next Level » sans oublier la suite des aventures de Luke Skywalker.

La politique tarifaire est la même qu'à Concarneau. Comptez 7 € la place pour les étudiants, 7,50 € pour les seniors (plus de 65 ans), 5 € pour les moins de 14 ans et les demandeurs d'emploi et 9,50 € en tarif normal. Un système de carte d'abonnement permet de bénéficier de réductions dans tout le réseau Cinéville (seize cinémas en France). Neuf personnes, soit sept équivalents temps plein, y travaillent.

La plus grande salle (246 places) abrite le plus grand écran du Finistère (18 mètres). Le complexe compte 610 places reparties en quatre salles dont deux de 107 places, une de 150 places et la plus grande de 246 places. Cette dernière est équipée d'un écran de 18 m, « le plus grand du Finistère », d'après Yves Sutter. Toutes les salles sont équipées d'un son haute performance Dolby 7.1. Elles sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Le design des fauteuils et leur confort ont été particulièrement soignés.

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Nouveauté : le cinéma est équipé de loveseats, des fauteuils pour deux réservés aux amoureux. Logé dans les anciennes halles à marée, l'espace accueil est lumineux. Il possède un aspect patrimonial avec la conservation des voûtes en briques. En plus du guichet et des bornes automatiques, ce hall abrite un espace détente où l'on peut se poser.

Ce Cinéville fera-t-il de l'ombre au cinéma Eckmühl qui vient de franchir la barre symbolique des 50 000 entrées (pour un seul écran) ? « Il y a de la place pour tout le monde », soutient Yves Sutter. Une convention tripartite a été signée avec le Cinéville de Pont-l'Abbé, la salle penmarchaise et leur société de programmation commune Cinédiffusion. « Elle garantit qu'Eckmühl conservera le même nombre de films », ajoute-t-il. « D'après les études menées, les Bigoudens pourraient aller deux fois plus au cinéma. Le potentiel est réel », termine-t-il.

Le Cinéville table sur une fréquentation annuelle de 120 000 spectateurs avec une perspective de montée en puissance pendant trois ans. Avec l'arrivée du cinéma, c'est l'ensemble du quartier de la gare qui va changer. La municipalité, propriétaire du foncier entre le Cinéville et la ressourcerie, a déjà reçu des porteurs de projets.

Avant l'ouverture du complexe cinématographique, les habitants de Pont-l'Abbé se rappellent qu'il y a cent ans, en avril 1919, s'ouvrait le premier cinéma permanent, place de la République, sous l'impulsion de Louis Le Bourhis. L'aventure du 7e art avait certes commencé bien avant, mais les Pont-l'Abbistes en avaient profité de manière très épisodique, le premier cinéma forain ayant fait son apparition en 1899.

En 1919, Louis Le Bourhis décide d'exploiter une nouvelle salle : le Bretagne cinéma. Au programme, un film tous les dimanches. « Les places étaient à 2 Francs, un tarif très abordable, même pour un manœuvre en province. Le cinéma était à cette époque le loisir populaire par excellence », explique l'historien Serge Duigou.

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L'inauguration se solde par trois jours de fête, les 19, 20 et 21 avril 1919. « Même les horaires de trains ont été modifiés pour permettre à chacun de regagner son domicile après la fête. Une pléiade d'artistes étaient réunis, avec bal et retraite aux flambeaux. Au programme, le film patriotique N'oublions jamais, et le drame Galaor, ainsi qu'une recommandation : tenue correcte exigée !

La concurrence deviendra presque rude sur la ville. À partir de sa construction en 1928, le patronage laïque propose aussi ponctuellement des séances de cinéma. Mais surtout, la paroisse diffuse également sa propre programmation dans la salle polyvalente dite Jeanne-d'Arc (qui sera rebaptisée Excelsior en 1944). Des choix de diffusion très différents de ceux du Bretagne cinéma, jugés un peu sulfureux, peut-être en raison de l'organisation régulière de bals.

« Dans les années 1960, se rappelle Serge Duigou, les femmes en coiffe se plaçaient toutes aux extrémités des rangées pour ne pas gêner les spectateurs, hauteur de la coiffe oblige ! Le cinéma était plein à craquer le week-end.

Les Ponts de Sarajevo : Un film commémoratif

Les Ponts de Sarajevo

Quand l'immortalité inspire les cinéastes

Le film Les Ponts de Sarajevo a été diffusé en avant-première à Sarajevo pour commémorer le centenaire du début de la Première Guerre Mondiale. À l'initiative de la productrice Fabienne Servan-Schreiber et de Mirsad Purivatra, 13 réalisateurs ont donné dans 13 courts-métrages leur vision de Sarajevo, sous la direction artistique de Jean-Michel Frodon.

Il a été confié à 13 réalisateurs le soin d'évoquer cette ville qui est à la fois le théâtre du début de la Grande Guerre, et celui du plus long siège dans l'histoire de la guerre moderne (1992 à 1996). Sarajevo est devenue une ville symbole. Tout le monde se l'approprie de différentes manières, et les cinéastes qui s'expriment dans Les Ponts de Sarajevo ne sont pas tous des visiteurs habituels de la ville, mais tous se sentent concernés par son histoire.

Le titre fait référence à l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand, qui s'est déroulé sur le pont latin, mais aussi à la relation particulière que les Bosniaques ont avec certains ponts, comme le pont sur la Drina, célèbre roman d'Ivo Andric, ou le bombardement et la reconstruction du pont de Mostar. Le premier mérite du film est d'être allé au-delà de cette mythologie habituelle : ne reste des ponts que l'idée essentielle qu'ils font les relations entre les êtres.

La série des courts métrages commence par la reconstitution métaphorique du meurtre de l’Archiduc par Kamen Kalev avant que l’épisode de la guerre de 14 racontée par Leonardo Di Costanzo ne nous plonge dans l'horreur des tranchées. Isild Le Besco suit un petit garçon hors-norme, doté d'une énergie phénoménale, amoureux de sa ville. Dans un souci plus documentaire, Aida Begic raconte la douleur mais aussi l’extrême vitalité de la population de Sarajevo durant le siège.

Ce film est soutenu par la Mission Centenaire, qui considère que ce projet a pour ambition de livrer une réflexion polyphonique sur l’Europe unifiée et pacifiée dont Sarajevo aspire à devenir le symbole, ce que suggère la référence aux ponts du film, métaphore de la destruction et de la reconstruction.

Tarifs du Cinéville de Pont-l'Abbé
CatégorieTarif
Étudiants7 €
Seniors (plus de 65 ans)7,50 €
Moins de 14 ans5 €
Demandeurs d'emploi5 €
Tarif normal9,50 €

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