Cinéma Rex à Pamiers: Une Histoire Riche et un Avenir Incertain

Le cinéma à Pamiers épouse toute l'histoire du XXe siècle. L'actualité qui nous amène à évoquer le projet de déplacement du cinéma Rex sur la place Milliane, nous invite à regarder plus loin, mais dans le passé.

Le cinéma à Pamiers, c'était quoi autrefois ? La toile se conjuguait sur deux sites, puis trois avec le temps :

  • Le Familia, rue Gabriel-Peri aujourd'hui
  • Le Municipal, en lieu et place de l'actuelle MJC
  • Enfin, arrivé en dernier sur la ville, le Rex, place Sainte-Ursule.

Pendant les «grandes années du cinéma» ces trois sites ont tourné à fond. En effet, en dehors des fêtes, les distractions étaient rares.

Le Familia était situé au 43 rue Major, et fut tenu notamment par la famille Testard (années 50-60), puis par M.Lagreu dans les années 1970. On y entrait par le porche et les tickets étaient retirés aux petits guichets de part et d‘autre de cette entrée. Le cinéma était à l'étage, de mémoire de ceux qui l'ont connu, le lieu était plutôt vétuste, et la conformité n'était pas, en ces temps pleins de mansuétude, le souci premier des exploitants. «Je me souviens que c'est là que fut projeté pour la première un film en cinémascope. C'était «la Tunique» se souvient Jean-Louis Noyès. Il fallait réserver pour de si grandes occasions.

Le Municipal se trouvait là où s'érige aujourd'hui la MJC. L'architecture de celle-ci ne rappelle en rien l'état des lieux à l'époque. En effet, ce cinéma était installé dans l'ancien théâtre à l'italienne de la ville, au sein de l'ancienne chapelle du collège aujourd'hui disparu. La conformation était celle d'un théâtre avec loges, balcons et scènes. On y organisait aussi des bals (en enlevant les sièges), mais également des lotos. M.Rouzé en fut l'un des directeurs emblématiques.

Lire aussi: Chalindrey : Cinéma & Culture

Le Rex est arrivé en dernier sur Pamiers, place Sainte-Ursule. L'église semble-t-il y avait des intérêts et veillait au contenu de la programmation.

Inauguré en 1956 par la paroisse de Pamiers, le Rex possédait à son ouverture une salle unique de 550 fauteuils comprenant un balcon. Quelques décennies plus tard, en 1992, sous l’impulsion du propriétaire de l’époque M. Le Rex reste aujourd’hui l’unique cinéma de Pamiers qui comptait jusque dans les années 1980 une autre salle avec balcon, gérée par Jean Lagreu du Rex, le Familia (45 rue Gabriel Péri - 440 fauteuils), dont on peut deviner aujourd’hui l’enseigne sur la façade du bâtiment.

Les Toiles du Rex sont à ce jour gérées par M. Les Appaméens ont toujours apprécié de tout temps les festivités et les bals. Les soirées pouvaient être parfois longues, surtout l’hiver. La télévision n’existait pas. Les hommes se rendaient au bistrot, jouaient aux cartes entre amis. Ils pouvaient aussi parfois accompagner leurs dames aux soirées récréatives organisées au théâtre municipal ou bien encore aux après-midi au théâtre de plein air à Milliane.

Le plafond est très très joli et en stuc! Il y a des néons qui l’illumine sur toute la largeur de la salle et sur deux rangées. En plus il y a un petit renfoncement à droite quand on entre dans la salle par l’escalier de droite, c’est la petite tribune V.I.P (ou le pigeonnier comme l’appelle les employés). En Ariège il y a aussi le Casino de Lavelanet qui à un magnifique plafonnier sculpté sur toutes la longueur de la salle de 420 places! Un magnifique cinéma-théâtre de 1920 dans le plus pure style art-déco! ^^ A voir!!

Pamiers Vue Générale

Après vingt ans passés aux commandes du cinéma Les Toiles du Rex, Lucas Martinez a cédé ses parts. Lucas Martinez a, la semaine dernière, mis un clap de fin à son histoire avec Les Toiles du Rex. À 59 ans, il a décidé de quitter les deux salles obscures du seul cinéma de la sous-préfecture ariégeoise. C’est désormais un trio qui est à la tête de l’exploitation.

Lire aussi: L'évolution des salles de cinéma dans le Nord

Cette reprise intervient au moment même où la ville attend les résultats d’une étude de faisabilité d’un cinéma dans l’ancien évêché. Mais pour l’heure Charles Mascagni à d’autres préoccupations. D’autres objectifs.

Avec une fréquentation annuelle de 50 000 spectateurs (avant Covid), Les Toiles du Rex ont besoin d’un second souffle. "Nous sommes montés jusqu’à 59 000 spectateurs", note Lucas Martinez qui semble vouloir tourner la page des 20 ans passés dans les cabines de projection au plus vite. Aussi amer que désabusé, il évoque les atermoiements des équipes municipales présentes ou passées. "Ça ne l’a pas fait avec M. Trigano et ça ne pouvait pas le faire avec Mme Thiennot", estime l’ancien propriétaire qui a préféré jeter l’éponge "il y a un an" lorsque les premières négociations ont débuté avec Charles Mascagni.

Un patron qui compte malgré tout "faire évoluer le cinéma avec la collectivité". La priorité première est de relancer l’attractivité des deux salles "en proposant des séances jeunes public et des films d’art et d’essai.

Du temps, il en faudra probablement à la mairie qui tient absolument à monter un partenariat public-privé. Reste que Charles Mascagni, qui a eu droit à une visite de l’ancien évêché, ne semble pas convaincu sur la faisabilité d’un cinéma en ce lieu. Jean Luc Lupieri, adjoint au maire en charge de la culture, reste confiant. "Si le projet que nous souhaitons initier, explique-t-il, est réalisable, nous lancerons un appel à projets auprès d’opérateurs". Selon l’élu appaméen, deux ou trois d’entre eux seraient susceptibles d’y répondre et "M. Mascagni en fait naturellement partie", ajoute-t-il. "Mais rien n’est fait, note-t-il prudent.

Dans le cas où la réhabilitation de l’évêché s’apparenterait à un gouffre financier, Jean-Luc Lupieri affirme qu’il "existe un plan B". De quel ordre ? Lucas Martinez, lui, estime que les autres plans se comptent sur les doigts de la main. "Je me suis battu pendant des années. Seule certitude, les aides publiques ne seront accordées qu’à la condition que le nouveau cinéma s’ancre en centre-ville.

Lire aussi: Avis Home Cinéma LG 1000W

Depuis qu’il n’abrite plus les locaux de l’administration diocésaine, l’ancien évêché a été mis en vente au prix d’un million d’euros. Installé au pied de la butte du Castella et aux abords de la place du même nom, le bâtiment est composé d’une maison de maître, de jardins en terrasse et de deux ailes construites au début du XXe siècle. Si plusieurs investisseurs ont visité les lieux, aucun n’a donné suite. Au-delà du prix de vente, c’est assurément l’ampleur des travaux qui semble "refroidir" les potentiels acquéreurs.

Ancien évêché de Pamiers

Parallèlement, la ville qui prévoit de faire usage de son droit de préemption n’est pas prête à mettre un million sur la table. Selon des estimations réalisées, l’ancien êvêché ne pèserait que 300 000 euros. Bien loin des gains espérés par le diocèse.

Nichés au cœur de la ville, le Rex et son équipe régalent les habitants, de 7 à 77 ans. Ici, blockbusters et films d’auteurs cohabitent.

L'HISTOIRE DU CINÉMA

Évolution de la fréquentation du cinéma Rex

Période Fréquentation annuelle
Avant Covid 50 000 spectateurs
Maximum atteint 59 000 spectateurs

tags: #cinema #rex #pamiers