Le Cinéma Saint-André-des-Arts: Histoire et Héritage d'une Institution Parisienne

Le cinéma Saint-André-des-Arts, fondé en 1971 au sein du quartier Latin, a traversé les époques avec toujours la même vocation: placer les films d'art et d'essai au centre de son activité. Il est l’un des cinémas mythiques du Quartier latin où plus de quarante cinémas étaient encore en activité dans les années 1960 et 1970. Dans la capitale de l’Art et Essai, le Saint-André-des-Arts possède une histoire aussi originale qu’attachante.

Depuis 49 ans, son activité n'a jamais cessé ! Le Saint André des Arts est devenu une véritable institution du quartier Latin en matière de films d'art et d'essai. Et pour cause, de par son histoire, cette vocation est présente depuis le début.

Cinéma Saint-André-des-Arts

Né en 1971, le cinéma Saint-André-des-Arts fête son demi-siècle en ce mois d’octobre. Un livre, un festival, des souvenirs partagés, des bobines jamais empoussiérées qui retrouveront l’écran pendant huit jours, le temps d’une plongée sans nostalgie dans un demi-siècle d’histoire. L’histoire d’un lieu, d’un homme aux rêves audacieux, d’un quartier dont il reste un repère emblématique : le cinéma Saint-André-des-Arts.

La Genèse du Cinéma Saint-André-des-Arts

Le 27 octobre 1971, en plein cœur du Quartier latin, un nouveau cinéma ouvre ses portes : le Saint-André-des-Arts. Le succès des deux salles est fulgurant : les spectateurs plébiscitent une programmation qui affiche de jeunes auteurs qui interrogent la société post-soixante-huitarde. Derrière le succès du cinéma de la rue Saint-André-des-Arts officie un homme sensible et discret : Roger Diamantis.

Le bâtiment étant initialement un hôtel, Roger Diamantis le rachète en 1971. Avec deux amis d'enfance, il le rénove ensuite pour le transformer en cinéma indépendant, son rêve en tant que cinéphile.

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C’est grâce à Roger Diamantis, fils de restaurateurs grecs, que des cinéastes comme Alain Tanner, Ken Loach ou Wim Wenders - à l’affiche en exclusivité au Saint-André - sont révélés au public parisien. La Rencontre d’Alain Cavalier y a été projeté pendant une année entière!

Roger Diamantis: Un Visionnaire du Cinéma Indépendant

Roger Diamantis

Ce cinéma, indissociable de la personnalité de Roger Diamantis, son fondateur, qui le 27 octobre 1971 a ouvert deux salles totalement indépendantes au cœur du Quartier Latin pour projeter des films qui tiennent à cœur, dans la plus pure tradition du cinéma art et essai. À cette cinéphilie exigeante, il a associé les reprises de grands classiques de l’histoire du cinéma. Il a été parmi les premiers à hisser le documentaire au rang de film d’auteur avec le Général Idi Amin Dada de Barbet Schroeder, et tant d’autres, en faisant du cinéma, un lieu de résistance culturelle pour défendre “un autre cinéma” en toute indépendance tels que les cycles thématiques à l’expression libre abordant tous les sujets de la société.

Roger Diamantis incarne la figure combative des exploitants indépendants du Quartier latin, malmenés par la puissance des grands circuits et du système de distribution des films. Le livre Le Saint-André-des-Arts, désirs de cinéma depuis 1971 relate le parcours d’un autodidacte qui a œuvré toute sa vie pour maintenir un lieu dédié à un cinéma exigeant et novateur.

Programmation et Activités du Cinéma

Et aujourd'hui le moins que l'on puisse dire, c'est que le cinéma est resté bien actif ! Cycles découvertes, cycles juniors, tribune Libre, sorties nationales...les 3 salles à disposition permettent au Saint André des Arts de posséder de multiples programmes de cinéma.

Avec plus de 700 débats organisés chaque année, le cycle Tribune Libre propose de visionner un film tous les jeudis puis d'en débattre et d'échanger dans la salle de cinéma avec un intervenant (professeurs, chercheurs, écrivains...) choisi en rapport avec le thème abordé. Le cycle Découverte, particularité du cinéma Saint André des Arts, donne lui aussi lieu à des débats à la fin de la projection. Les films de ce cycle sortent exclusivement dans ce cinéma qui lui donne la chance de voir le jour, faute de distributeur.

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A côté de ces activités, le Saint André des Arts propose également quelques sorties nationales à l'affiche de la semaine, toutes en version originales. Seuls les films du cycle junior, destiné aux enfants à partir de 3 ans, sont en version française.

Salle du Cinéma Saint-André-des-Arts

L'Héritage de Roger Diamantis

Depuis le décès du maître des lieux en 2010, Dobrila Diamantis poursuit le travail de recherche de son mari en donnant la possibilité à des cinéastes en herbe, souvent autofinancés, d’être diffusés dans une vraie salle de cinéma.

Le Saint-André-des-Arts reflète la volonté de soutenir des films indépendants en exclusivité alors que les grandes salles les ignorent complètement. Cette logique se poursuit d’ailleurs après la mort de Roger Diamantis en 2010, puisque sa veuve et son fils ont depuis lancé et entretenu le cycle des « Découvertes du Saint-André » où des films indépendants sans distributeurs ont droit avec cette salle de rencontrer leur public.

Le Livre "Le Saint-André-des-Arts, désirs de cinéma depuis 1971"

Le Saint-André-des-Arts, désirs de cinéma depuis 1971

Pour les 50 ans du Saint-André-des-Arts, les auteurs rendent hommage au cinéma avec le récit d’un homme singulier et attachant accompagné d'un portfolio effectué au cœur du cinéma. Le cinéaste Alain Cavalier, dont Roger Diamantis a soutenu ses films, a accepté de nous écrire quelques mots en guise de préface. Le livre est un document historique inédit de 96 pages qui nous replonge dans l'âge d'or des cinémas du Quartier latin, derniers refuges culturels qui défendent le plaisir du cinéma, la réflexion et le partage.

Un livre qui retrace l’histoire du cinéma - Le Saint-André-des-Arts, désirs de cinéma depuis 1971 (Axel Huyghe et Arnaud Chapuy, préface d’Alain Cavalier) sera également publié au mois d’octobre et participera à cette commémoration. L'ouvrage d'Axel Huyghe et Arnaud Chapuy raconte 50 ans d'histoire d'un cinéma et d'un homme, Roger Diamantis, animé depuis dix ans par sa veuve Dobrila.

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Le livre Le Saint-André-des-Arts, désirs de cinéma depuis 1971 relate le parcours d’un autodidacte qui a œuvré toute sa vie pour maintenir un lieu dédié à un cinéma exigeant et novateur.

Cette histoire est ainsi racontée en quelques pages synthétiques par Axel Huyghe tandis qu’une seconde partie de l’ouvrage présente les photos d’Arnaud Chapuy, photographe attitré de la série « Salles de cinéma ». Il s’agit de photos récentes de 2021 prises avec soin pour illustrer les différentes pièces de cette salle historique.

L'Équipe Derrière le Livre

  • Directeur de collection: Claude Forest. Universitaire en économie et sociologie du cinéma à l'Université Sorbonne Paris III.
  • Textes: Axel Huyghe. Créateur de salles-cinema.com, un site de contributeurs passionnés du Septième art et co-auteur du livre Rytmann, l'aventure d'un exploitant de cinémas à Montparnasse.
  • Photographies: Arnaud Chapuy. Passionné de salles de cinéma, Arnaud est déjà l'auteur des livres Le Beverley, Les Cinémas de Conflans-Sainte-Honorine et Rytmann, l'aventure d'un exploitant de cinémas à Montparnasse.

Caractéristiques du Livre

  • Préface d'Alain Cavalier.
  • Sous la direction de Claude Forest. Universitaire, enseignant-chercheur en économie et sociologie du cinéma à la Sorbonne Paris 3.
  • 96 pages dont 36 pages de textes.
  • Format : 24 x 21 cm.
  • Broché.
  • Photos d'archives noir et blanc.
  • Reportage photos en couleurs et haute-définition.
  • Documents historiques inédits.
  • Editions L'Harmattan - Paris.
  • Imprimé en France.
  • Prix public: 25 € TTC
  • ISBN: 978-2-343-24116-6

Célébration du 50ème Anniversaire

Le 27 octobre, le cinéma le Saint-André-des-Arts fêtera ses cinquante ans. La salle fête ses 50 ans en ce mois d’octobre. Ce célèbre établissement parisien avait ouvert ses portes le 27 octobre 1971 avec pour premier film projeté La Salamandre d’Alain Tanner. Pour l’occasion, ce sera ce même film qui inaugurera cette semaine anniversaire. Henri Pierre-Deleau, premier délégué général de la Quinzaine des Réalisateurs de 1969 à 1998, sera également présent pour cet événement.

Cette semaine spéciale s’ouvrira, avec le film fondateur de l’histoire de ce cinéma qui en avait fait l’ouverture de ses deux salles totalement indépendantes le 27 octobre 1971, avec La Salamandre d’Alain Tanner, montré pendant 12 mois sans discontinuer. Le Saint-André-des-Arts partage avec la section parallèle du Festival de Cannes une même volonté de découvrir et de défendre des réalisateurs émergents.

Une soirée de signature du livre est prévue durant la semaine anniversaire du 27 octobre 2021 au Saint-André-des-Arts. Ce sera l'occasion - pour celles et ceux qui le souhaitent - de recevoir l'exemplaire du livre en mains propres.

@POURLECINEMAtv214 - Les 50 ans du Saint-André-des-Arts

Autour du Cinéma

Pour se balader aux environs, le cinéma est entouré de lieux touristiques et verdoyants. Le square René Viviani ou encore le square Vert-Galand se trouvent à moins de 10 minutes à pied. La fontaine Saint-Michel est à seulement quelques pas et à 7 minutes de marche siège également l'institution nationale de la Monnaie de Paris et son musée.

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