Le paysage audiovisuel de la Suisse romande a connu des transformations significatives au fil des ans. Cet article explore l'évolution des chaînes de télévision, les défis de la production cinématographique locale, les perceptions du public et les initiatives visant à créer un cercle vertueux pour améliorer la qualité et la popularité du cinéma suisse romand.
L'Évolution des Chaînes de Télévision
En 1997, la TSR (Télévision Suisse Romande) a lancé un deuxième canal appelé TSR2, complémentant ainsi les programmes de la chaîne historique, renommée TSR1. Le 29 février 2012, TSR2 a été rebaptisée RTS Deux, soulignant l'appartenance de la chaîne à l'unité d'entreprise RTS ("Radio-Télévision Suisse"), issue de la fusion de la TSR et de la RSR (Radio Suisse Romande). Le logo a conservé la couleur orange, qui identifie la chaîne depuis son lancement en 1997.
À cette même date, RTS Deux a commencé à être diffusée en HD sur satellite et sur les réseaux de télévision numériques câblés. RTS Deux est également disponible en France sur les principales plateformes des opérateurs de télévision. La chaîne propose également des programmes pour enfants via RTSKids, qui diffuse des dessins animés tous les matins dès 6 h 45. Très axée sur le sport, RTS Deux retransmet en direct la plupart des grands événements sportifs mondiaux, tels que les championnats du monde et les Jeux olympiques.
Le Processus de Création d'un Film et Ses Intervenants
Pour qu'un film existe, il est essentiel de réunir cinq partenaires principaux :
- Un financement (en Suisse, principalement par des subventions)
- Un producteur (éventuellement avec des co-producteurs)
- Un scénariste et un réalisateur
- Des acteurs et actrices, ainsi qu'une équipe technique
- Un public
Ces partenaires forment un cercle qui accompagne le film durant ses différentes phases :
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- Financement
- Production
- Écriture
- Réalisation
- Exploitation
Ce processus est circulaire, car c'est le public suisse qui permet le subventionnement et donc le financement des films suivants.
État de la Situation Actuelle en Suisse
En Suisse, de nombreuses politiques ont été mises en place pour produire des films qui trouvent leur public. Cependant, l'appréciation des films suisses en français au cours des 10 dernières années révèle plusieurs défis :
- Dans la rue : Les réponses à propos du cinéma suisse sont rarement élogieuses.
- Dans les festivals : Les films suisses de fiction sont peu nombreux, tandis que les documentaires sont régulièrement représentés.
- Dans les salles : Rares sont les films suisses qui rencontrent un succès au box-office.
- À la télévision RTS : Les audiences des séries et des films suisses sont relativement bonnes, atteignant parfois jusqu'à 30% de part d'audience.
Par ailleurs, il est souvent difficile pour le public de citer des noms de réalisateurs ou d'acteurs suisses ayant travaillé sur des films au cours des 10 dernières années.
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Les Acteurs Suisses en Français
Il est difficile pour beaucoup de citer plus de deux ou trois noms d'acteurs ayant tourné dans un film ces 10 dernières années. Les noms qui ressortent ont souvent obtenu leur notoriété dans un ou plusieurs films étrangers, comme Jean-Luc Bideaud, Anne Richard, Jean-François Balmer ou Vincent Perez.
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De plus, aucun nom d'acteur suisse ne suffit à assurer le succès d'un film, que ce soit dans les salles ou à la télévision RTS.
Le Manque d'Expérience
Le faible nombre de films réalisés en Suisse chaque année rend difficile l'accumulation d'expérience pour les réalisateurs, les acteurs et les techniciens.
En résumé, la situation peut sembler pessimiste : les films suisses ont rarement du succès auprès du public, et les réalisateurs et acteurs sont souvent inconnus et manquent d'expérience.
Briser les A Priori
Pour que cette situation évolue, il est essentiel que chaque intervenant connaisse mieux les autres et que les a priori soient remis en question. Voici quelques exemples :
- Pour les réalisateurs suisses :
- A priori sur les acteurs suisses : ils sont nuls (manque d'expérience, jeu théâtral, manque de charisme).
- A priori sur les producteurs suisses : ils sont nuls (ne prennent pas assez de risques, imposent des contraintes de co-production).
- Pour les acteurs et actrices résidents en Suisse :
- A priori sur les réalisateurs et scénaristes suisses : ils sont nuls (peu d'expérience, mauvaise direction d'acteur, dialogues plats, intrigues molles).
- A priori sur les producteurs : ils sont nuls (ne confient que des rôles mineurs aux acteurs locaux, paient de moins en moins).
- Pour les producteurs suisses :
- A priori sur les acteurs suisses : ils sont nuls (manque d'expérience, pas "bankable").
- A priori sur le public suisse romand : il est nul (veut des stars étrangères, intéressé seulement par des histoires de montagne).
- A priori sur les réalisateurs et scénaristes suisses : ils sont nuls (ne savent pas faire de comédies, besoin d'appuis étrangers).
- Pour le public suisse romand :
- A priori sur les réalisateurs et scénaristes suisses : ils sont nuls (réalisation molle, sujets sans intérêt, dialogues plats).
- A priori sur les acteurs suisses : ils sont nuls (ne savent pas jouer).
- A priori sur les producteurs suisses : ils sont nuls (coûtent cher, gaspillent l'argent dans des projets sans intérêt).
Tant que ces a priori interféreront dans les relations entre les partenaires, la situation ne pourra que se dégrader. Lorsque la confiance est rompue, le réflexe est d'aller chercher des ressources externes, ce qui augmente les tensions relationnelles. Dans le pire des cas, cela peut entraîner un désintérêt du public et une réduction des subventions.
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Le Cercle Vertueux
Pour améliorer la situation, il est essentiel de réduire les a priori à chaque étape de la production. Il s'agit de se baser sur des faits et de donner aux partenaires les moyens de réduire les points de blocage. Cette méthode vise à instaurer un dialogue productif et des relations de confiance.
Le recours à des ressources externes doit viser à apprendre des autres afin de mieux faire, et non à remplacer certains partenaires. C'est probablement la seule manière de briser les a priori du public et de changer son appréciation du cinéma suisse.
Il est également important de cultiver nos particularités (financement, scénario, réalisation, interprètes, diffusion) afin de se démarquer des films produits dans d'autres pays, à l'instar du cinéma belge, danois ou suisse-allemand.
blue Play : Une Nouvelle Ère pour la Télévision Suisse
Swisscom a lancé "blue Play", une médiathèque offrant des milliers de séries, films et programmes pour enfants, dont des premières exclusives et de nombreuses productions suisses. Cette offre est exclusive et sans supplément pour les clients des abonnements blue TV les plus prisés.
blue Play propose une offre propre à chaque région linguistique :
| Région linguistique | Nombre de titres disponibles |
|---|---|
| Tessin | Environ 3000 |
| Suisse romande | Environ 5000 |
| Suisse alémanique | Environ 10 000 |
Cette initiative vise à rendre le divertissement plus accessible et à promouvoir les productions locales, contribuant ainsi au développement d'un cercle vertueux pour le cinéma suisse.