Le quatrième tome de Fortune de France, intitulé Le Prince que voilà, nous plonge au cœur des années 1572-1588, une période tumultueuse où catholiques et protestants continuent de s'entredéchirer. Robert Merle, en grand admirateur des Rois Maudits de Druon, a souhaité leur donner une suite en quelque sorte.
Dans ce contexte de tensions religieuses et politiques, le huguenot Pierre de Siorac quitte son château périgourdin pour retrouver Paris. Il y devient le médecin, puis l'agent secret d'Henri III. Mûri, mais non vieilli, Pierre va découvrir, au cours de périlleuses missions, les menaces qui guettent le royaume, à l'heure où l'ambitieux Philippe II d'Espagne, mettant à profit nos discordes, arme contre le roi de France le bras du duc de Guise, chef redouté de la Ligue...
Avec Fortune de France, nous voici plongés dans le quotidien d’une baronnie du Périgord, Mespech : nous sommes dans la seconde moitié du XVIe siècle et le royaume de Franc est déchiré par les querelles religieuses entre huguenots et catholiques. A Mespech, les co-seigneurs Jean de Siorac et Jean de Sauveterre, sont des protestants convaincus et Jean de Siorac a souhaité que ses enfants soient élevés dans la religion réformée, malgré l’opposition de son épouse Isabelle, farouche catholique.
Dans ce tome-ci, nous sommes juste après 1572. Un semblant de paix est revenu dans le royaume, mais c’est plus une paix armée qu’autre chose. A Mespech, la vie suit son cours, avec ses malheurs, ses drames mais aussi ses bonheurs. Une ellipse d’une dizaine d’années nous emmène ensuite dans les années 1580.
Selon les lois de succession du royaume de France, la couronne ne peut se transmettre qu’au plus proche parent mâle du roi alors en exercice.
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Médecin du roi, Pierre de Siorac va également pouvoir éprouver sa loyauté en se voyant confier des missions secrètes qui l’emmèneront jusqu’auprès de la reine Elizabeth Ière. Le Prince que voilà nous montre au contraire le visage d’un roi plutôt charismatique, lucide mais tiraillé, trahi de toutes parts et même par ses plus proches conseillers.
Le roman se termine en 1588, alors que la situation est presque désespérée : le roi est acculé et les Parisiens, échauffés par la famille de Guise, grondent. Pierre est aux premières loges de tous ces bouleversements et convulsions qui agitent le royaume.
Le Prince que voilà nous mène parmi les complots, les rivalités, les intrigues qui semblent bien devoir anéantir la « fortune de France ». Pourtant ni l'amitié ni le bonheur de vivre ne perdent leurs droits. Ni l'entrain inépuisable et fécond d'un romancier plus captivant que jamais.
Les personnages et leurs évolutions
Après avoir échappé au massacre lors de la Saint Barthélémy, Pierre de Siorac revenu en son "nid crénelé de Mespech" a eu le temps de se remettre de ses émotions, d'épouser enfin la belle Angelina et de s'installer dans la bonne ville de Paris. Dix années ont passé et la maturité de notre héros ne fait que nous le rendre plus cher. le voici à présent médecin particulier d'Henri III et attaché à son service ce qui l'amène à remplir quelques missions secrètes toujours très aventureuses...
Ce volume constitue une magnifique leçon d'histoire de France et décortique avec précision la montée des antagonismes au moment des guerres de religion et les excès de tous les bords qui conduiront à la journée des barricades en 1588 puis six mois plus tard à l'assassinat du Duc de Guise. On est ici dans l'intimité des puissants qu'il s'agisse du Roi et de ses fidèles , de la Reine Elisabeth d'Angleterre, de la redoutable Duchesse de Montpensier et de bien d'autres...
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Même si les personnages récurrents de la série sont toujours présents, j'ai quand même regretté que si peu de lignes leur soient consacrées. Pierre qui est père de six enfants, n'en parle jamais et on ne connait rien d'eux si ce n'est leurs âges et prénoms. Il en va de même pour Samson qui a fondé avec Gertrude une grande famille et qui se trouve très absent de ce volume. Sans parler de François l'aîné de la fratrie qui a tourné casaque en embrassant la religion catholique en même temps que la belle Diane de Fontenac qu'il a enfin épousée.
Il n'en demeure pas moins que Robert Merle est un conteur extraordinaire et que l'histoire qu'il raconte parait se dérouler en direct sous les yeux du spectateur .
Dans le Prince que voilà, on est vraiment plongé dans les tensions religieuses qui déchirent la France sous le règne d'Henri III. On sent que la guerre approche, que la violence va exploser, et pourtant, Pierre de Siorac est toujours là, au coeur de tout. Il faut dire que Merle construit toute sa saga autour de lui, mais ça finit par donner une impression de répétition. On a déjà vu Pierre naviguer entre les camps, survivre à des machinations politiques, évoluer au gré des grands bouleversements historiques.
Et puis, même si l'écriture reste fluide et érudite, on retrouve des motifs déjà explorés dans les tomes précédents.
Tableau saisissant d'un roi au milieu de ses grands féaux, des " quarante-cinq " qui le protègent contre les dagues, du Paris fanatique et rebelle qui le chassera du trône, "Le Prince que voilà" nous mène parmi les complots, les rivalités, les intrigues qui semblent bien devoir anéantir la " fortune de France ".
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Un roman dense et passionnant
Encore un excellent tome qui m'a pris plus de temps que d'habitude. Il est en effet long mais passionnant. On commence exactement là où on avait laissé le tome précédent, c'est à dire à Mespech. On a alors le plaisir de retrouver tout la bande autour de Pierre de Siorac, les habitants de Mespech, son père, Sauveterre, mais aussi Quéribus, Gertrude, ou Giacomi. Puis on passe de 1574 à 1584, lorsque Pierre s'installe à Paris et devient le médecin du roi.
A partir de ce moment, c'est un tout autre roman qui commence. Davantage un roman politique, voire même d'aventure. On suit le roi Henri III dans ses difficultés à gouverner. C'est donc une période complexe mais palpitante, que l'on peut d'ailleurs suivre au plus près des événements grâce à Pierre de Siorac, d'abord médecin du roi puis espion.
Franchement, le récit est parfois digne du cinéma. Je vais me répéter, mais je tiens à souligner le talent inégalable de l'auteur pour nous plonger dans une fresque historique incroyable.
L'auteur mêle également très habilement le récit des faits historiques et le récit plus personnel et fictif de nos personnages préférés qui interviennent tous à certains moments de l'histoire, ce qui nous permet de ne pas les perdre de vue.
L'écriture est toujours aussi fidèle à l'époque, belle, drôle quand il faut, dramatique quand les événements racontés le sont. Les dialogues sont toujours un régal à lire. Les jeux de mots sont délicieux, en particulier ceux de Chicot et sa fameuse goutte au nez -, dont le personnage est vraiment une belle trouvaille.
Même si tout le roman est excellent et captivant à lire, je dois noter que la fin se distingue particulièrement. L'auteur a excellé à faire monter la tension. J'ai avalé les pages à ce moment-là, lorsque l'action devient plus pressante, car j'ai senti que quelque chose d'important se préparait. La pression monte petit à petit pour ne jamais redescendre avant la fin, qui est une sorte d'apothéose.
Ce qui est quand même très fort de la part de l'auteur, c'est que l'on se dit à la fin que tout le roman devait inévitablement conduire à cette fin précise, mais en même temps, l'auteur a su créer un suspens énorme. La fin était logique mais toujours incertaine.
Ce qui est parfait pour maintenir le lecteur ou la lectrice en haleine jusqu'au bout.
Ce roman est une énième démonstration du talent de conteur, du savoir-faire et de la connaissance de l'auteur de l'époque. Après trois livres, je ne suis toujours pas lassée de la série, bien au contraire.
Encore une fois, ce tome m’a demandé pas mal de concentration et j’y ai passé exactement deux semaines. Mais cela donne une véritable authenticité à la saga, même si cela peut parfois accroitre un peu la difficulté de lecture.
Les + : un roman dense, exigeant mais qui en vaut la peine !
Fortune de France : une saga historique captivante
Fortune de France est le titre d’un roman de Robert Merle, mais aussi le nom du cycle éponyme qui compte 13 tomes.
Fortune de France nous invite à redécouvrir l’histoire des guerres de religion à travers le destin d’une famille de nobliaux du Périgord qui, partis de presque rien, en arriveront à côtoyer les plus hautes sphères du pouvoir.
Tout au long du roman, Pierre de Siorac, puis Pierre-Emmanuel, son fils, seront pris dans les tourments des rivalités entre catholiques et protestants.
Robert Merle, dans Fortune de France, replace à hauteur d’hommes de grands évènements de l’Histoire de France.
Fortune de France dispose, dans ses pages, de nombreux atouts pour séduire les lecteurs. Le premier, et non le moindre, est la qualité de la plume de Robert Merle.
Une autre indéniable qualité de Fortune de France est l’impressionnant travail de recherche de Robert Merle. C’est simple, un historien n’aurait certainement pas fait mieux !
Et pour clore cet élogieux triptyque, j’ai envie de citer, comme point fort de Fortune de France, sa longueur.
Cela peut sembler paradoxal, mais il est plaisant de suivre aussi longtemps des personnages.
Puisqu’il faut toujours nuancer ses propos, j’ajouterai un bémol.
Pour rendre accessible l’histoire tome par tome, Robert Merle réalise de nombreux retours, qui peuvent devenir lassant au bout d’un certain moment.
Nous pourrions séparer la saga en deux parties, en fonction du narrateur auquel l’auteur s’identifie.
C'est sans doute mon tome préféré, celui que je relis sans reprendre les autres avant, et que je laisse après lecture sans lire les suivants...
Les guerres de religion
1572 - 1588 les guerres de religion font rage, le huguenot Pierre de Siorac retrouve Paris où il devient le médecin, puis l'agent secret d'Henri III.
Pierre va découvrir au cours de missions périlleuses les menaces qui guettent le royaume.
Robert Merle dresse le tableau saisissant d'un roi - Henri III - au milieu de ses grands féaux, les "quarante-cinq" qui le protègent contre les dagues du fanatisme.
Ce brillant livre, écrit d'une plume flamboyante, nous mène parmi les complots, les rivalités, les intrigues qui semblent bien faire vaciller la "Fortune de France".
Pierre de Siorac choisit son camp, celui du futur Henri III.
Un roi dont on dira ensuite le plus grand mal, pour des raisons de morale, de moeurs, de religion également.
L'histoire a ceci de tantalisant et son déroulement vous donne tant d'insufférables regrets qu'on se projette volontiers par une enfantine impatience en la place des grands acteurs du drame et qu'on voudrait, pour ainsi parler, les pousser du coude pour qu'ils prennent, relevant les cartes jetées, les décisions que la connaissance de ce qui se passa ensuite nous fait tenir pour désirables.
N'est ce pas émerveillable, quand on y songe, que le tissu de notre présent ne soit fait que de notre futur, soit que nous y ayons un ardent appétit, soit que nous l'appréhendions.
« Ha, mon Pierre ! La religion n'est plus que haine devenue ! On croit ouïr les prêchereaux crier : donnez-nous ce jour d'hui votre sang quotidien ! Hors l'extermination des hérétiques, point de foi ! Point d'espoir ! Point de salut ! »