Il pleut de l’or sur une silhouette de femme. Pas n’importe laquelle : Diane de Poitiers, mystérieuse maîtresse du roi Henri II, à la beauté légendaire. Réputée libre et cultivée, émancipée, elle aurait murmuré à l’oreille du monarque, de vingt ans son cadet, faisant et défaisant les alliances autour de lui.
France 2 a diffusé un téléfilm en deux parties consacré à cette figure emblématique de la Renaissance. La première partie a été diffusée le 7 novembre à 21h10, suivie de la seconde partie le lundi suivant.
Isabelle Adjani incarne Diane de Poitiers.
Un Casting Étoilé, Mais…
Isabelle Adjani, qu’on a adorée dans « la Reine Margot », « Camille Claudel » ou « l’Histoire d’Adèle H. », semblait tout indiquée pour incarner cette énigmatique figure de la Renaissance. Autour d’elle, Josée Dayan a réuni un casting trois étoiles, malheureusement insuffisant pour combler le manque d’intérêt du scénario.
Pourtant, Gérard Depardieu, que la réalisatrice a dirigé dans « le Comte de Monte-Cristo », campe un savoureux Nostradamus, consulté en secret par Diane de Poitiers, à la recherche du remède miracle de la jeunesse éternelle. Virginie Ledoyen incarne la détestable Anne de Pisseleu, maîtresse de François Ier (Samuel Labarthe). Hugo Becker prête ses traits au jeune dauphin. Jeanne Balibar a revêtu le costume de Marguerite de Navarre, JoeyStarr celui du redoutable comte de Kervannes. Las, les dialogues sont ampoulés, les discussions sans âme.
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Malgré son ascendant sans partage sur Henri, le fils cadet de François Ier, sa position à la cour reste fragile face à la puissante Anne de Pisseleu, la favorite du roi, qui lui voue une haine féroce.
Diane de Poitiers et Henri II.
Des Décors Somptueux, Une Intrigue Laborieuse
Tournée en grande partie au château de Chambord (Loir-et-Cher), la fiction offre certes des décors à couper le souffle. Les étoffes des costumes sont somptueuses. La favorite a beau porter le deuil, ses toilettes rivalisent d’élégance. Masque noir sur le visage, arc dans le dos, Diane la chasseresse chevauche à la tête d’une meute de chiens. L’image est belle. Seulement belle. Car l’histoire ne prend pas en ce début.
Très vite, on s’agace devant une succession de plans sans queue ni tête qui parasite l’intrigue. Autant Josée Dayan nous avait embarqués dans un formidable voyage avec « les Rois maudits », autant elle nous perd avec cette « Diane de Poitiers ».
Ici, Adjani joue avec une brindille. Là, elle grignote des grains de raisin. Elle minaude, joue les effarouchées, câline les arbres. Que dire de cette blague grotesque, dans le deuxième volet, où la « plus que reine » s’agenouille devant une paire de « Louboutino », bottines aux semelles rouges portées par l’italienne Catherine de Médicis.
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On la voudrait puissante, elle semble frêle. On la rêve mystérieuse, elle frôle le ridicule. Quel dommage !
La note de la rédaction : 2/5
Adjani Magnifiée, Diane Éclipsée
Plus qu’un récit autour de la fascinante duchesse de Valentinois, Josée Dayan livre une ode à Isabelle Adjani. La comédienne est de tous les plans, ou presque. Magnifiée même dans les séquences de tête-à-tête, pour lesquelles la réalisatrice choisit d’alterner les zooms entre sa muse, souvent de profil, et son interlocuteur. Est-ce une astuce pour mieux masquer que l’actrice dont elle est fan est loin d’avoir l’âge de Diane qui, quand le téléfilm commence, n’a qu’une trentaine d’années ?
C’est un euphémisme que d’évoquer la rareté d’Isabelle Adjani à la télévision. Si la star s’engage dans un projet, il est certain que celui-ci sera exceptionnel : « Diane de Poitiers est une légende, elle intrigue et fascine depuis toujours, elle est troublante. C’est un personnage phare de son époque, il fallait une actrice mythique pour l’incarner, subjuguante », corrobore Josée Dayan.
Dans une interview donnée au magazine Trois Couleurs, Isabelle Adjani explique sa collaboration avec Josée Dayan et son engagement sur ce projet :
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Lorsqu’elle m’a annoncé qu’elle allait réaliser le premier film « bicéphale » de sa vie, elle a ajouté qu’elle voulait m’offrir ce film. Elle souhaitait que j’occupe un rôle actif dans cette « entreprise classique ». Alors, j’ai été à ses côtés avant, pendant et après le tournage. À chaque étape, j’ai adopté une position attentive, et non attentiste, dans l’écriture, le choix des costumes… Elle m’a souvent demandé mon avis, a toujours reçu mes idées avec intérêt, jusqu’au bout. Cela a permis d’harmoniser le film avec une double vision. J’ai vécu cette aventure comme une formation à la réalisation, c’était passionnant.
Concernant l'interprétation d'un personnage historique dont les sources sont rares et lacunaires, Adjani s'est appuyée sur la composition narrative de Didier Decoin, scénariste du film et académicien, et sur la recherche historique de Franck Joucla Castillo. Elle ajoute que, dans cette fiction, ils n’ont commis aucun faux pas du point de vue de la réalité historique, tout en apportant des couleurs pastel et éclatantes à l’image de la personnalité de Diane de Poitiers.
Isabelle Adjani et Josée Dayan sur le tournage.
Diane de Poitiers : Une Femme d'Influence ?
À la cour, Diane de Poitiers est la reine des favorites. Être une favorite se résume surtout à des jeux de pouvoir. Jeu de pouvoir, jeu d’actrice… Isabelle Adjani fait un lien entre les deux : Une actrice, si elle n’a pas un pouvoir de séduction, ne va pas pouvoir convaincre qui que ce soit. Il faut donner au public l’envie de venir au rendez-vous, à travers le film. Aussi, le pouvoir est relatif, il n’est ni fixe ni inchangeable. Je crois que le pouvoir, c’est ne s’appartenir qu’à soi-même, sans conflit. C’est une maîtrise, dans une existence qui est mise à mal par le monde dans lequel on vit.
Le mariage d’Henri avec Catherine de Médicis ne va-t-il pas compromettre définitivement les rêves de Diane qui n’hésite pas à se comparer à la déesse Artémis ? Le grand Nostradamus lui-même peut-il prédire l’avenir de Diane ?
Didier Decoin, scénariste du téléfilm, explique qu'ils souhaitaient montrer une femme avec un grand F, très comparable à celles de notre époque, avec des revendications de pouvoir, d'autonomie et de liberté. Diane était une femme MeToo avant l'heure, il n'y en a pas beaucoup dans l'histoire de France ! Mais elle n'a jamais cessé d'aimer la gent masculine et qu'on lui fasse la cour. Elle savait ce qu'était l'Amour mieux que beaucoup de femmes de son époque.
Le casting de "Diane de Poitiers".
Tableau des Personnages Principaux
| Personnage | Acteur/Actrice |
|---|---|
| Diane de Poitiers | Isabelle Adjani |
| Henri II | Hugo Becker |
| François Ier | Samuel Labarthe |
| Anne de Pisseleu | Virginie Ledoyen |
| Catherine de Médicis | Gaia Girace |
| Nostradamus | Gérard Depardieu |