Bienvenue dans le lieu le plus secret où les êtres humains sont bannis : l’Hôtel Transylvanie. "Garanti sous-humains depuis 1898", cet hôtel unique est le refuge idéal pour les monstres et leurs familles. Dans cet article, nous allons explorer en détail ce film d'animation qui a su conquérir le cœur de nombreux spectateurs.
Synopsis et Contexte
Pour les 118 ans de sa fille Mavis, le comte Dracula réunit ses amis à son château pour une grande fête. À cette occasion, sont invités les monstres les plus prestigieux, tels que la Momie, Frankenstein, le Loup-garou, l’Homme Invisible et bien d’autres. Tout semble se dérouler comme prévu jusqu'à l'irruption d'un globe-trotter un peu perdu.
La venue de cet importun, Jonathan, risque de compliquer la situation. Ne parvenant pas à lui faire prendre la fuite, Dracula décide de le faire passer pour un monstre. Pendant son séjour, Jonathan va se lier d’amitié avec Mavis, qui rêve de liberté et de voyager à travers le monde. Mais son père l’a averti, les monstres de l’autre côté de la frontière sont sans pitié.
L'histoire repose sur un postulat intéressant : et si les vrais monstres, c'était nous ? C'est sur ce postulat qu'est construit le film d'animation « Hôtel Transylvanie », et le moins qu'on puisse dire c'est que le concept fonctionne. Le film a pour héros un comte Dracula traumatisé par la chasse aux vampires dont il a été victime au XIXe siècle.
Il y a perdu sa femme et a réussi de justesse à sauver sa fille Mavis, qu'il couve dans son château ultra-sécurisé. La pimpante gamine de 118 printemps n'est pas la seule qu'il protège. Dracula a transformé son refuge en hôtel pour monstres et, chaque année, il y organise une fête géante pour l'anniversaire de Mavis à laquelle débarquent tous ses amis : Frankenstein, la Momie, le Loup-Garou, la Créature du Lac noir et plein d'autres, accompagnés de leur famille.
Lire aussi: Séjour de luxe Sud
Jusqu'au jour où un humain, Jonathan, ado américain bourlingueur, s'invite par mégarde au bal et y sème la zizanie, sans savoir qu'en tombant aussi sec amoureux de Mavis il va devenir l'élément qui pourrait réussir à réconcilier les monstres et les humains.
Une Réalisation Technique et Artistique Impeccable
Cette belle idée bénéficie d'un support technique et artistique sans faille : scénario au cordeau, gags à gogo, réalisation impeccable, animation soignée, musique enlevée, voix de doublage épatantes.
Des Personnages Attachants
Surtout, la réussite d'« Hôtel Transylvanie » tient dans cette délirante galerie de monstres célèbres qui sont présentés ici sous des aspects peu connus de leur personnalité, et qui, à chaque apparition, se révèlent un peu plus attachants.
Après avoir vu « Hôtel Transylvanie », vous ne pourrez plus associer les monstres des contes et du cinéma à des créatures de cauchemar, mais plutôt à des personnages au potentiel comique insoupçonné.
Après des productions assez plaisantes (Les rois de la glisse, Tempête de boulettes géantes...), mais loin de faire l'unanimité, les studios Sony redonnent vie aux monstres mythiques qui hantent notre culture avec Hôtel Transylvanie. Pour ce faire, ils mettent à la barre un novice en matière de réalisation : Genndy Tartakovsky (qui a officié sur la série Star Wars - La guerre des clones). On se retrouve en présence d'une sorte de rencontre fourre-tout où l'on peut croiser dans les couloirs lugubres du manoir de Dracula, des momies, Frankenstein, des armures hantées, Quasimodo, le yéti et bien d'autres spécimens uniques !
Lire aussi: Trouver un hôtel économique Disneyland Paris
Analyse Thématique
Au lieu de nous pondre une énième déclinaison du mythe vampirique et consorts, les scénaristes ont voulu détourner les vraies fausses idées reçues sur les créatures de la nuit. Les ombres menaçantes, les visages emplis de colères, cèdent rapidement la place aux préoccupations d'un père attentionné (on parle de Dracula). C'est inattendu et surprenant.
On ne cherche pas une quelconque fidélité, mais bel et bien une approche fantaisiste et hautement distrayante pour le plus grand nombre et, en particulier, les plus jeunes à même de découvrir ce bestiaire fantastique. Fidèle, pas vraiment. Respectueux, oui. Hôtel Transylvanie n'est pas une parodie ou une comédie attardée qui prendrait le public pour plus bête qu'il ne l'ait. Certes, l'humour est présent et, même s'il ne fait pas toujours mouche, il n'est jamais lourd ou en manque d'idées pour donner un peu de piments aux situations.
À ce titre, les passages fourmillent de références et autres clins d'oeil qui seront plus à même d'amuser les connaisseurs ou les amateurs du dimanche. Le yéti, les squelettes, la momie, l'homme invisible, le loup-garou et sa famille encombrante... Autant de personnages qui se rencontrent, se percutent dans un joyeux brouhaha.
Si les prémices de l'histoire nous plongent dans un XIXe siècle gothique à souhait, l'intrigue se déroulera de nos jours. Cela permet de mettre en avant le décalage des époques et l'isolement du comte Dracula. La progression du récit s'en fait sentir et crédibilise la volonté de Mavis à découvrir le monde en dépit de l'avis de son père. Mais, chose moins avouable, cette idée « modernise » le film et le rend plus éclatants, plus attractifs aux yeux des plus petits. La Transylvanie n'est pas forcément connue pour ses fêtes colorées, ses raps improvisés ou ses danses endiablées. En cela, ce choix artistique est assez discutable.
Tout comme le fait de conférer aux personnages à l'apparence en partie humaine un aspect caoutchouteux. On s'y fait rapidement, mais cela accentue un côté surréaliste, tout comme les postures, les carrures et les mouvements désordonnés. Le parti pris cartoonesque est évident. Ce dynamisme se fait succéder les situations assez vite et sur un rythme soutenu qui permet de ne pas s'ennuyer une seule minute. A contrario, l'enchaînement des séquences ne se veut pas forcément très cohérente, voire brouillonne à certains moments. À noter, des angles de profils quasi constants pour le moins curieux jonchent le métrage et cadrent le film dans un espace restreint.
Lire aussi: Votre Arrivée à l'Hôtel Disney Santa Fe
Pourtant, l'évolution dans le manoir se révèle fluide et bien pensée. L'architecture gothique, l'agencement général, le mobilier et les décorations, tout est entrepris pour faire de ce lieu l'hôtel du comte Dracula. Pas une seule pièce ne se ressemble. Entre les catacombes, le hall, le cimetière, les toits, les chambres ou même les couloirs, la variété est au rendez-vous. Pour un endroit unique (et néanmoins imposant), il s'agit d'un bel exploit que de multiplier la diversité à ce niveau.
Quant à l'histoire, elle demeure assez banale avec ses bonnes idées et ses maladresses. Conjuguer les talents monstrueux permet d'aborder le thème de la différence, du partage et des richesses que tout un chacun possède. Toutefois, ce sujet est traité avec une naïveté confondante. Ce n'est pas flagrant au premier abord, mais le dénouement hautement spéculatif sur la nature humaine (« Tout le monde, il est beau. Tout le monde, il est gentil. ») ne colle pas avec l'atmosphère générale en dépit de la bonne humeur ambiante. La tolérance et l'ouverture d'esprit sont au coeur du récit, mais sont développés sans la volonté de bousculer les mentalités (ce qui était pourtant en partie effectuée en inversant les rôles : les humains sont méchants).
Bref, Hôtel Transylvanie est un sympathique film d'animation destiné avant tout à un public familial. Avec ses personnages hauts en couleur, ses situations assez cocasses et un rythme trépidant, le premier métrage de Genndy Tartakovsky réussit à contenter les foules. L'idée de se faire rencontrer les plus grands mythes horrifiques de la planète est excellente (mais pas nouvelle). On regrettera toutefois qu'il n'ait pas fait preuve de plus de risques quant au sujet principal. Notamment, une conclusion gentillette et naïve qui ne froissera pas les parents et les clichés hollywoodiens. En dehors de cela, un moment des plus distrayants.
CHALLENGE DOUBLAGE : Hôtel Transylvanie - 1
La Suite et ses Évolutions
Fort du succès du premier volet (plus d'1,6 million de spectateurs mordus dans l'hexagone), Genndy Tartakovsky rouvre les portes de l'hôtel Transylvanie et, sous couvert de comédie monstre, livre une ode joyeuse à la tolérance et au mariage mixte.
A l'hôtel Transylvanie, Drac a enfin accepté la présence d'humains… et le mariage de sa fille chérie Mavis avec l'homme de son cœur : Johnny. De leur union nait Dennis, bien trop mignon pour faire un bon vampire ! Profitant d'un voyage de Mavis et Johnny, Dracula entreprend d'initier son petit garçon aux rudiments du monde de l'épouvante avec l'aide de ses potes : Frankenstein, la Momie, l'Homme invisible, le Loup-garou et le Blob...
Après avoir supporté la crise d'adolescence de sa fille et son coup de foudre pour un jeune homme benêt, Dracula tente de reprendre la main avec son petit-fils. Va-t-il réussir à le faire basculer du côté obscur des ténèbres éternelles ? C'est tout l'enjeu de ce voyage initiatique mortel en compagnie de monstres gentils (on adore Frankenstein !) qui passe par une colonie de vampires scouts dopés aux bons sentiments, et par la rencontre avec un arrière-grand-père qui traine une terrible réputation.
Hotel Transylvanie 2 est un récit d'apprentissage joyeusement macabre aux allures de road trip barré. La deuxième aventure des vampires hôteliers est une réjouissante foire aux monstres : visuellement moins aboutie mais toujours aussi drôle, tendre… et mordante !
Hôtel Transylvanie : Changements Monstres
Initialement prévu en salles, le film Hôtel Transylvanie : Changements monstres a lui aussi été victime de la pandémie.
Après trois volets durant lesquels Dracula a d’abord accepté la relation de Mavis et Johnny, puis le fait que son petit-fils puisse ne pas être un vampire avant de zinguer avec l’arrière-petite-fille de son ennemi Van Helsing, on pensait que le Comte le plus célèbre de Transylvanie avait enfin réglé ses problèmes relationnels avec les humains, et en particulier son gendre. Mais Hôtel Transylvanie : Changements monstres rétropédale pour nous expliquer que non, toujours pas.
Aussi opportuniste qu’elle soit après les 528 millions de dollars d’Hôtel Transylvanie 3 au box-office mondial, l’idée de faire de Dracula un futur retraité inquiet de léguer l’œuvre de sa vie à son beau-fils excentrique dans un dernier film était pourtant cohérente sur le papier. D’abord pour conclure la saga plus proprement, mais aussi pour faire définitivement le tour du personnage.
Le fait qu’il se transforme accidentellement en simple quadra bedonnant était un moyen de le réconcilier une bonne fois pour toutes avec sa propre humanité, en plus de lui permettre de vieillir avec sa nouvelle compagne.
Si le deuil occupe une place importante dans l’histoire du premier Hôtel Transylvanie, les précédents volets n’ont jamais abordé le fait que Johnny et Ericka mourront très certainement des décennies, voire même des siècles avant Mavis et Dracula. Dans les faits, une relation amoureuse entre mortels et immortels ne peut être qu’éphémère (même Twilight le dit), mais le dernier film ne saisit jamais l’opportunité d’expliciter et de résoudre cette impasse scénaristique.
Le retour à la normale du dernier acte est d’autant plus décevant et incompréhensible que la transformation des différents montres en humain n’a aucun impact sur leur développement. La mutation de Frankenstein, Wayne, Murray ou Griffin est dépourvue d’enjeux et ne sert que de facteur comique, sans aucun intérêt émotionnel. Alors qu’il doit se recentrer sur la relation de Dracula avec son beau-fils, le scénario doit aussi composer avec les Van Helsing, et compte donc trop de personnages pour leur donner une attention égale et en faire autre chose que des side-kicks plus très rigolos.
L’humour devient plus grotesque que burlesque, tandis que les répliques ont perdu leur acidité et leur sarcasme bien tourné. D’une façon plus générale, l’histoire coécrite par Genndy Tartakovsky (Le laboratoire de Dexter, Les Super Nanas) s’enfonce dans une paresse déjà décelable dans le troisième opus.
Le film a beau tourner à la cacophonie générale, il ne propose rien de bien exaltant, frissonnant ou touchant, qu’il s’agisse de la quête en forêt amazonienne pour trouver un bidule magique censé sauver la situation (original) ou de la transformation de Johnny en méchant Elliott le dragon. Avec son scénario préfabriqué à la Freaky Friday - auquel le film fait d’ailleurs référence - ce dernier opus tartine encore plus maladroitement sa morale peu inspirée sur la compréhension de la différence et l’acceptation du changement, tout en prenant le soin de bien rétablir l’ordre naturel des choses en bout de course.
Plus que le dernier clou du cercueil de Dracula, ce dernier volet s’apparente surtout à une profanation de sépulture. Le film vampirise tout ce qui faisait le véritable charme de la franchise : son dynamisme cartoonesque et gagesque qui participait au tempo comique.
Conclusion
Hôtel Transylvanie est un film d'animation amusant mais se contentant de rendre une copie sans réelle valeur ajoutée. Néanmoins, l’ambiance générale est assez bon enfant, la relecture des monstres en tous genres façon vie privée assez humaine est bien traitée et les personnages principaux sont assez attachants.
tags: #hotel #transylvanie #netflix