Philippe de Dieuleveult : Biographie, Carrière et Mystère de sa Disparition

Philippe de Dieuleveult est un journaliste et animateur de télévision français dont la disparition soudaine en août 1985, lors d’une expédition en raft sur le fleuve Zaïre, a secoué la France. Trente-sept ans après, rebondissements et théories se sont succédés, pourtant le mystère demeure.

Philippe de Dieuleveult

Jeunesse et Débuts

Philippe de Dieuleveult est né le 4 juillet 1951 à Versailles. Il grandit au sein d’une famille bretonne, avec six frères : Yves, Jacques (mort en 1989), Guy (mort en 1973), Jean (mort en 2015), Hugues (1946) et Éric (mort en 1991). Cadet d’une fratrie de garçons, Philippe de Dieuleveult aspira très tôt à parcourir le monde.

En 1968 à Viroflay, Philippe a 17 ans, il rêve du désert depuis des années et, avec son voisin et ami François Laurenceau, décide qu’il partira en Afrique quand il aura 20 ans. C’est à peine âgé de 20 ans qu’il partit, au volant d’une 4L spécialement équipée, à l’assaut du Sahara.

Si son apprentissage militaire au sein du régiment des “paras” lui permit de voir du pays et de se forger une condition physique, c’est dans le reportage que Philippe de Dieuleveult trouva sa voie. En 1973, c’est la fin de son service militaire en juillet. En août, il part au Sahara avec François Laurenceau et avec son ami parachutiste, Benoît Claire à bord d'une Citroen 2 cv fourgonnette.

En mars 1978, il participe à l’émission télévisée francophone « La Course autour du monde » et se classe troisième ce qui lui permet de se faire connaitre. En échange d’un reportage hebdomadaire, l’émission permet au vainqueur de partir pendant 4 mois à la découverte du monde.

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Carrière à la Télévision

Il commence sa carrière en tant que cadreur puis pigiste à Antenne 2. Très naturellement, il s’intéresse de près au reportage. En 1977, il participa avec succès à l’émission La course autour du monde, au cours de laquelle ses reportages ramenés des quatre coins du globe attirèrent l’oeil des producteurs. En 1979, il trouve un emploi de journaliste reporter d’images pour FR3.

En 1981, c’est la consécration. Jacques Antoine le recrute pour sa nouvelle émission qu’il baptise « La Chasse aux trésors ». Philippe de Dieuleveult est projeté dans un pays où il doit trouver un trésor grâce à des énigmes résolues par des candidats dans un studio parisien.

Muni d’une combinaison rouge, il dispose d’une petite heure pour chercher le trésor placé par la production. Dans le studio de la capitale, les candidats doivent déchiffrer les énigmes (une lors de la première saison puis trois par émission ensuite) accompagnés par un animateur.

Le succès de l’émission est croissant jusqu’en 1984. Le format impose une description et une communication constante avec de Dieuleveult qui n’est relié au studio que par une transmission en direct grâce à un avion relais.

Ses émissions sont caractérisées par son aisance relationnelle, sa sympathie auprès des populations locales et son goût constant du risque. Elles rencontrent un grand succès marquant plus d’une génération de Français.

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Lorsqu’en 1984 Philippe de Dieuleveult décide d’arrêter le jeu télévisé qui en a fait une star du grand public, il met fin à dix ans de missions en hélicoptère aux quatre coins de la planète.

En 1984, Philippe de Dieuleveult enregistre un disque intitulé Los Angeles 84, dans le cadre des Jeux Olympiques de Los Angeles.

L'autre vedette de l'émission, c'est l'hélicoptère, différent à chaque émission car loué à une société ou mis à disposition par les autorités locales. Il peut être soit civil, soit militaire: Bell 206 Jet Ranger, Aérospatiale * Alouette III, Aérospatiale Alouette II, Aérospatiale Gazelle, Fairchild Hiller 1100, Aérospatiale Ecureuil, Bell 205... Hors de France, il y avait beaucoup de Jet Bell Ranger à cette époque, des hélicos qui ont eu tendance se faire plus rares ces 15 dernières années.

Hélicoptères de La Chasse aux Trésors

Dieuleveult, les disparus du fleuve (Doc)

L'Expédition Africa Raft

Bientôt une nouvelle aventure lui est proposée : « L’expédition Africa Raft, c’est une idée qui germe dans la tête d’un Français d’une cinquantaine d’années, André Hérault. » Ce bras doit de Thierry Sabine sur le Paris-Dakar et ancien mercenaire a pour idée de « traverser l’Afrique d’est en ouest par les fleuves ».

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Cette année, il décide d’organiser une expédition baptisée « Africa Raft ». L’objectif est de descendre le fleuve Zaïre (actuelle fleuve Congo) en radeau pneumatique, depuis sa source jusqu’à son embouchure, sur une distance d’environ 4 700 kilomètres. Réputé pour sa taille imposante, ce fleuve traverse plusieurs pays d’Afrique centrale jusqu’à l’océan Atlantique.

A l’été 1985, l’expédition s’élance du lac Tanganyka. Son équipe est répartie sur deux radeaux pneumatiques surnommés « Godelieve » et « Françoise » spécialement construits et équipés pour cette aventure.

Le 2 août, ils sont neuf à embarquer à bord de deux rafts de 11 mètres, prêts à défier les rapides violents à cet endroit du fleuve Zaïre. « Un enfer d’eau ! » comme le décrira plus tard un militaire français chargé des recherches.

La descente se déroule comme prévu mais peu à peu des tensions naissent entre les différents participants. Un membre de l’équipe Thierry Sadoun se désiste, quitte l’expédition et rentre sur Paris.

Le matin de la tragédie, François Laurenceau et Jean-Louis Amblard renoncent devant la dangerosité des rapides d’Inga et restent au bivouac de l’expédition sur l’île aux hippopotames. Quelques heures après, les deux radios des rafts cessent d’émettre alors qu’ils entretenaient une communication quotidienne avec Paris.

Disparition et Enquêtes

Le 6 août 1985, Philippe de Dieuleveult, présentateur vedette rendu célèbre par le jeu télévisé La Chasse au trésor, disparaît avec six autres personnes lors de l’aventure Africa Raft sur le fleuve Zaïre. On ne le retrouvera jamais.

L'animateur de télévision avait officiellement disparu, le 6 août 1985, au cours d'une expédition privée sur le fleuve Zaïre. Les autorités locales avaient affirmé qu'il s'était noyé dans les rapides d'Inga situés près de l'embouchure du fleuve.

Les circonstances de sa disparition donnent lieu à plusieurs hypothèses. La version officielle du gouvernement français depuis 1985 est celle de la noyade, acceptée par une partie de la famille de Dieuleveult.

Ce qui n’est pas le cas de son frère, Jean de Dieuleveult, ancien militaire qui ne croit pas à cette thèse mais à celle de la bavure militaire. Il révèle que son frère était officier de réserve à la DGSE, les services de renseignements français.

Une information confirmée par le directeur du service à l’époque, l’amiral Pierre Lacoste assurant pourtant que l’animateur n’était pas en mission. Un autre message de Kinshasa les prévenait du passage de l’expédition afin justement de ne pas les prendre pour les mercenaires.

HypothèseDescription
Noyade accidentelleLa version officielle des autorités, soutenue par une partie de la famille.
Bavure militaireL'équipe aurait été prise pour des mercenaires et exécutée par l'armée zaïroise.
Assassinat cibléPhilippe de Dieuleveult aurait été éliminé en raison de son rôle supposé au sein de la DGSE.

Les deux compagnons qui ont quitté l’aventure le matin de la disparition ont été retenus par des soldats zaïrois qui leur ont fait signer un document attestant « n’avoir jamais entendu aucun coup de feu ».

Plus étonnant encore, l’épave du Godelieve a été retrouvée déchiquetée, ce qui avance la thèse de la noyade tandis que le cas du Françoise sur lequel se trouvait Philippe de Dieuleveult est bien différent.

Jusqu’à sa mort en 2014, Jean de Dieuleveult soutiendra la thèse de la bavure militaire, les membres de l’expédition étant assimilés, à tort, à des mercenaires.

Son fils, Alexis de Dieuleveult continue le travail de son père dans son ouvrage Noyade d’État dans lequel il demande à Emmanuel Macron de démentir la thèse officielle du gouvernement de l’époque.

En mai 2023, la demande de réouverture de l’enquête a été refusée par le Parquet de Paris. Un combat de plusieurs décennies pour tenter de lever le doute qui plane sur le mystère Dieuleveult.

Le doute couvait depuis plus de vingt-trois ans : l'animateur de télévision Philippe de Dieuleveult n'est pas mort noyé dans les eaux boueuses du fleuve Zaïre mais a bien été victime d'un assassinat. Le présentateur vedette des années 1980 avait disparu au cours d'une expédition privée sur le fleuve Zaïre.

L'enquête intitulée «Les crocodiles du Zaïre» s'appuie notamment sur un procès-verbal d'audition de Philippe de Dieuleveult à en-tête de la Division spéciale présidentielle (DSP), la garde rapprochée de l'ex-dictateur. Entièrement manuscrit le compte rendu de l'interrogatoire est daté du 8 août 1985 et paraphé par l'animateur dont les deux frères ont authentifié la signature.

Vie Privée

Côté vie privée, Philippe de Dieuleveult se marie en 1977 avec Diane de Torquat. En 1977, il épousa Diane de Torquat, descendante du légendaire corsaire Robert Surcouf, une femme discrète mais solide qui lui donna trois enfants : Erwann (1978), Tugdual (1980) et Anaïd, née le 15 août 1985, neuf jours après sa disparition.

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