Robert Taylor: Un Acteur Australien Inoubliable et Sa Filmographie

Robert Taylor, acteur australien emblématique, a marqué le cinéma par sa présence charismatique et sa capacité à incarner des personnages variés. Sa filmographie riche et diversifiée témoigne de son talent et de son impact sur l'histoire du cinéma. Cet article explore quelques-uns de ses films les plus notables, allant des westerns aux mélodrames, en passant par les films noirs.

Robert Taylor

Robert Taylor dans "Broadway Melody of 1936"

Westerns Épiques

Robert Taylor a brillé dans plusieurs westerns, apportant une profondeur et une complexité à ses rôles.

La Porte du Diable (1950)

La Porte du diable est un western américain écrit par Guy Trosper et réalisé par Anthony Mann. C’est l’un des tous premiers (voire le premier) westerns montrant le point de vue des amérindiens. A la fin de la Guerre de Sécession, un sergent-major médaillé est de retour dans son village natal, dans le Wyoming. D’origine indienne, il découvre que le sort de son peuple s’est détérioré mais reste persuadé que les hommes blancs et les indiens peuvent vivre ensemble en paix. Hélas, la réalité va le décevoir… Il aurait été tourné avant La Flèche brisée (1950) de Delmer Daves mais, frileuse, la MGM ne l’a sorti que quelques mois après. Les deux films ne sont pas franchement du même niveau : pas de star pour le rôle principal, une actrice plutôt débutante et, surtout, un récit avec moins de subtilité, plus manichéen. Il montre toutefois clairement comment les colons se sont appuyés sur des lois faites pour eux pour spolier les amérindiens. La photographie en noir et blanc de John Alton est très belle. Le succès fut moindre que celui du film de Delmer Daves mais fut honorable.

The Law and Jake Wade (1958)

Jake Wade fait évader le hors-la-loi Clint Hollister pour s’acquitter d’une vieille dette. Les deux hommes étaient complices autrefois mais, depuis, Jade est passé du bon côté de la Loi, il est même devenu Marshal. Ils se séparent mais Clint retrouve Jade rapidement pour le faire avouer où il a caché le magot d’un ancien forfait… L’histoire de The Law and Jake Wade (le titre français est passablement inapproprié puisqu’il n’y a aucun pendu à l’horizon) peut paraître assez classique, puisqu’il s’agit d’un homme rattrapé par son passé, mais John Sturges en fait un très beau western doté d’une tension quasi-permanente. Beau, il l’est au premier sens du terme par ses décors grandioses (ce sont ceux de la Vallée de l’Owens en Californie) très présents puisque toute l’histoire se déroule lors de la longue chevauchée d’un petit groupe de cavaliers. Robert Taylor est assez monolithique dans son jeu, rendant son personnage impavide certes mais assez distant, ne favorisant guère l’empathie. Face à lui, Richard Widmark est absolument superbe : son personnage est tout à la fois, inquiétant et séduisant, cynique et fascinant, et tout cela sans jamais forcer le trait. Après la beauté des images, la performance de Widmark est le second attrait du film.

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Westward the Women (1951)

A l’époque des pionniers, en 1851, le propriétaire d’un vaste domaine qui occupe toute une vallée californienne décide d’aller chercher des femmes pour ses cent employés, tous célibataires. Avec un des ses hommes, il va les recruter à Chicago et entreprend de les conduire jusqu’à sa vallée… Westward the Women est un film assez étonnant et à plus d’un titre. D’abord, c’est Frank Capra qui en a écrit le scénario et qui l’aurait lui-même réalisé si la Columbia n’avait mis son veto au projet. Ensuite, l’histoire en elle-même paraît assez incroyable ; elle est pourtant basée sur une histoire vraie. Enfin, le film est étonnant par sa qualité, William Wellman réussissant à faire un film puissant, tout en n’ayant pas de personnage principal vraiment mis en avant et sans aucune recherche du spectaculaire. C’est le groupe de femmes de Westward the Women qui en est le héros, un groupe certes mais dont les individualités qui le forment restent assez marquées. Le film est très complet, tour à tour vibrant, enthousiasmant, émouvant, tragique. Comme toujours, le jeu de Robert Taylor est assez sobre et contribue ainsi à l’homogénéité de l’ensemble. L’actrice Denise Darcel qui interprète une française émigrée est réellement française.

Robert Taylor dans un western

Robert Taylor dans un rôle de western

Mélodrames Inoubliables

Taylor a également excellé dans les mélodrames, apportant une sensibilité et une émotion palpable à ses personnages.

Waterloo Bridge (1940)

Un officier britannique se remémore sa rencontre avec une jeune ballerine lors de la Première Guerre mondiale, sur le pont de Waterloo. Waterloo Bridge est l’adaptation de la pièce du même nom de Robert E. Sherwood, écrite en 1930. Elle avait déjà été adaptée dix ans plus tôt et le sera de nouveau en 1956. Cette version est la seule en couleurs. Archétype du mélodrame parfait, le film de Mervyn LeRoy est équilibré et soutenu par une très belle interprétation, retenue et délicate. L’histoire reste simple ce qui ne la rend que plus forte. La plus belle scène est incontestablement celle de la danse sur l’air de Auld Lang Syne (Ce n’est qu’un au revoir) éclairée seulement par des bougies qui sont éteintes une à une. Le titre français vient de cette scène. Acteurs: Vivien Leigh, Robert Taylor, Lucile Watson, Virginia Field, C. * Bizarrement, les costumes et coiffures sont celles de 1935 et non de 1915, ce qui perturbe un peu les idées pour situer l’histoire dans le temps. On peut supposer que cet anachronisme est volontaire, pour mieux toucher les spectateurs. Vivien Leigh, Robert Taylor et C.

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La dame aux camélias (Camille, 1936)

Dans le Paris de 1847, Marguerite est une courtisane parisienne qui profite de la vie et de ses amants. Une amie lui fait rencontrer le riche et austère baron de Varville qui devient son protecteur mais elle est plus attirée par le jeune Armand Duval qui est éperdument amoureux… George Cukor a fait un beau travail de réécriture en adaptant le roman d’Alexandre Dumas Fils La dame aux camélias. Il sait éviter tout travers trop littéraire et convention mélodramatique pour magnifier davantage l’amour-passion. Et aussi, certainement sous l’influence de Garbo, le personnage de Marguerite Gautier devient bien plus qu’une courtisane frivole : elle analyse sa situation avec clairvoyance, maturité et intelligence. C’est l’une des plus belles interprétations de Greta Garbo qui est tout à la fois : forte et fragile, joyeuse et grave, rayonnante et sombre. Et comme l’a souligné George Cukor, chacun de ses mouvements, ses gestes, la façon dont elle déplace, sont empreint d’une grâce infinie(1). Sa voix est elle aussi envoutante, douce, mélodieuse avec toujours cette façon si particulière de traîner légèrement sur certaines syllabes. La mise en scène de Cukor est remarquable que ce soit par les cadrages, le découpage, le rythme global. Autour de Garbo, Robert Taylor est un très bel Armand Duval et tous les seconds rôles montrent beaucoup de nuances. (1) Cukor a parlé d’une véritable « plastique » des mouvements de Greta Garbo : « Lorsque le personnage de Varville, son protecteur, lui demande de ramasser son éventail, elle le fait dans un mouvement absolument remarquable qui est presque le mouvement chorégraphique d’une Isadora Duncan : en effet, au lieu de s’agenouiller pour récupérer l’objet, elle se penche sur le côté avec une élégance naturelle extraordinaire. Camille de J. Camille de Ray C. Arme Violetta de Paul L.

Films Noirs et Dramatiques

Robert Taylor a également exploré des rôles plus sombres et complexes dans des films noirs et dramatiques.

Sur la trace du crime (1950)

Un policier corrompu tente de convaincre son frère policier d’accepter un pot de vin. Il agit ainsi sur ordre d’un truand qui n’hésite pas à tuer. Il espère ainsi pouvoir sauver son frère… Ce film noir a beau avoir été tourné très rapidement, il n’en est pas moins très bien fait et d’un bon classicisme. Sur la trace du crime est assez direct et efficace, les rapports entre les personnages sont dénués de toute dimension romanesque. Il est aussi un peu désillusionné quant à la capacité de la police à contrer la pègre. L’histoire est particulièrement solide, elle est aussi très prenante bien qu’il soit difficile de s’identifier au héros du film. Les seconds rôles ne manquent pas d’attraits, ils sont bien définis et même parfois originaux. Sur la trace du crime est adapté d’un roman de William P. McGivern dont plusieurs histoires ont été portées au grand écran. L’année précédente, c’était ainsi le cas pour Big Heat de Fritz Lang. Les deux histoires comportent d’ailleurs quelques points communs tout en étant bien différentes.

Lame de fond (Undercurrent, 1946)

Alors qu’il n’a encore tourné pratiquement que des comédies musicales, Vincente Minnelli reçoit de son producteur un scénario de drame psychologique assez puissant, basé sur une nouvelle de Thelma Strabel : La fille d’un chercheur universitaire épouse un jeune et élégant industriel célèbre. D’abord mal à l’aise dans le milieu mondain que fréquente son mari, elle se transforme pour être une épouse parfaite. Elle découvre assez rapidement des zones d’ombre dans le passé de son mari qui semblent le hanter… Si Katharine Hepburn est tout à fait dans le style de rôle qui lui va comme un gant, Robert Taylor, plus habitué aux rôles de séducteur, ne semble pas toujours parfaitement à l’aise avec les aspects noirs et inquiétants de son personnage biface. De son côté, le jeune Robert Mitchum fait une belle prestation avec une délicatesse qui ne lui est pas coutumière (très belle scène dans l’écurie). Si le film a certainement plus souffert que profité de ces décalages, on se laisse facilement captiver par cette histoire sombre et intrigante, grâce à un scénario fort et à une atmosphère prenante. Lame de fond est un film qui paraît plutôt sous-estimé. 1) Une meilleure alchimie entre les acteurs aurait certainement provoqué l’étincelle manquante. Vincente Minnelli raconte dans son autobiographie comment il était lui-même impressionné par Katharine Hepburn qui, de plus, exerçait son humour cinglant et ravageur sur tout le monde. 2) Robert Mitchum, qui venait d’être nominé pour l’oscar du meilleur second rôle, était à ce moment surexploité par David Selznick qui le payait une misère.

Territory: Un Retour au Western Moderne

Netflix veut son Yellowstone et mise sur Territory, sa nouvelle série western avec Anna Torv et Robert Taylor au casting. Mais vaut-elle le détour ? Les années 1940 et 1950 sont généralement considérées comme étant l'âge d'or du western. Plébiscité à l'origine par les amoureux du cinéma, il s'est néanmoins de plus en plus ouvert ces dernières années à la télévision et aux plateformes de streaming. De Longmire à Godless, en passant par Outer Range, Lawmen : L'histoire de Bass Reeves ou encore Yellowstone, les fictions western attirent un public divers. Netflix a ainsi dévoilé depuis le 24 octobre 2024 Territory, sa nouvelle série avec notamment Anna Torv et Robert Taylor au casting, et compte bien satisfaire les habitués du genre. Cette nouveauté vaut-elle cependant d'être regardée ? Télé-Loisirs vous donne son avis.

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De quoi parle Territory, la nouvelle série western de Netflix ?

Territory s'intéresse aux Lawson, des propriétaires et exploitants de Marianne Station, la plus grande ferme d'élevage au monde. Mais alors que l'entreprise se retrouve sans successeur, un conflit de générations menace de déchirer cette famille. Colin (Robert Taylor), le patriarche, symbolise le stéréotype même de la masculinité toxique. Bloqué dans le passé, il veut tout contrôler et pense qu'aucune personne de sa famille n'a les épaules pour reprendre la succession de Marianne Station. Le seul qui trouve grâce à ses yeux n'est autre que son fils cadet, Daniel (Jake Ryan). Quant à Graham (Michael Dorman), son fils aîné, il n'arrive pas à lui faire confiance et notamment à cause de son problème d'alcoolisme et du fait qu'il a épousé Emily (Anna Torv), une femme faisant partie d'un clan voisin connu pour voler le bétail des Lawson.

Robert Taylor dans Territory

Robert Taylor dans "Territory"

Sentant que la dynastie de ces derniers, autrefois florissante, commence à faiblir, des factions rivales, que ce soit des gangsters, des barons de l'élevage ou encore des milliardaires, préparent toutes leurs armes. Afin de compliquer encore plus les choses, Susie (Philippa Northeast), la fille de Graham et Emily, a choisi d'arrêter l'université et est revenue avec de grandes idées sur l'avenir de la station. On sent également que son rapprochement avec le fils d'une milliardaire va provoquer des problèmes. Tandis que Marshall (Sam Corlett), le fils de Graham issu d'un précédent mariage, qui déteste son père, ainsi que son grand-père, débarque avec Rich (Sam Delich) et Sharnie (Kylah Day), deux mauvaises graines. Même si les cliffhangers sont pour la plupart prévisibles, il est facile de retrouver avec Territory les clichés scénaristiques qui ont fait la force de ces sagas mettant en avant une famille puissante et dysfonctionnelle. Alors que les coups de poing - et de feu - fusent dans tous les sens, on n'est donc pas surpris qu'une guerre d'héritage fasse rage. On se délecte ainsi devant les stratagèmes, les trahisons et les jalousies des personnages. Se déroulant dans l'outback australien, la photographie se révèle également magnifique. Il est ainsi plaisant de découvrir autre chose que les habituelles contrées de l'ouest américain. Outre la beauté des paysages sauvages, on assiste à une envolée d'amas de poussière à chaque scène et à un budget chapeau impressionnant.

Si Territory mise sur l'Australie, la production a choisi de mettre en avant des visages reconnaissables de la télévision américaine. En tête, nous retrouvons Robert Taylor, qui a notamment marqué les fans de Longmire, et Anna Torv, que l'on a adoré dans l'excellente série de science-fiction Fringe et que l'on a vu plus récemment dans la première saison de The Last of Us. Pour ceux qui ont aussi regardé la série Beauty and the Beast avec Kristin Kreuk, ils auront le plaisir de retrouver le comédien Jay Ryan. Quant à Sam Corlett, qui joue le jeune Marshall, les abonnés de Netflix se rappelleront de lui dans Les nouvelles aventures de Sabrina ou encore Vikings: Valhalla. Ainsi, avec son casting et des intrigues qui apportent assez de rebondissements et d'effet de curiosité, on a envie de rester. En réalité, même si on n'est pas un adepte des westerns, on se prend rapidement au jeu et on apprécie le voyage.

Tableau Récapitulatif des Films Mentionnés

Titre du film Année de sortie Réalisateur Genre
La Porte du Diable 1950 Anthony Mann Western
The Law and Jake Wade 1958 John Sturges Western
Westward the Women 1951 William Wellman Western
Waterloo Bridge 1940 Mervyn LeRoy Mélodrame
La dame aux camélias (Camille) 1936 George Cukor Mélodrame
Sur la trace du crime 1950 Ray Enright Film Noir
Lame de fond (Undercurrent) 1946 Vincente Minnelli Drame Psychologique
Territory 2024 Inconnu Western (Série TV)

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