Analyse du film Robin des Bois de Disney

Robin des Bois est l'archétype du héros folklorique du Moyen Âge. L'adaptation de Robin des Bois n'est pas une première pour les studios Disney.

Affiche du film Robin des Bois de Disney
Affiche du film Robin des Bois de Disney

Origines et Transformation du Mythe

Une interprétation phonétique en a d'ailleurs transformé la renommée. L'anglais original, Robin Hood, signifie, en effet, littéralement «Robin la Capuche». changé à jamais le hors-la-loi en rebelle de la forêt de Sherwood et de Barnsdale.

« Celui qui vole aux riches pour donner aux pauvres », c'est Robin des Bois bien sûr ! Héros légendaire du Moyen-Âge, connu pour sa bravoure et son intégrité, toujours prêt à se battre au nom des plus démunis. A toutes ses nobles qualités, il faut ajouter qu'il est aussi rusé qu'un renard.

Ensuite, il vole aux riches pour donner aux pauvres. Il incarne une opposition entre les possédants détenteurs de richesses et les pauvres spoliés.

Le Contexte de Production chez Disney

Après la consécration à l'écran de Mary Poppins, peut-être bien l'ultime chef d'oeuvre sous l'égide de Walt Disney, les studios Disney entrent dans une période "Sans Walt" puisque celui-ci disparaît deux ans plus tard. Pendant de nombreuses années, l'incertitude va planer sur la brande animation. Plus particulièrement, au-delà de perpétuer la tradition des "classiques" instauré par Blanche-Neige et les sept nains en 1937, les artisans du studio d'animation vont s'empêtrer dans un profond questionnement existentiel : quelles décisions auraient prises Walt Disney à leur place ? Il va en résulter une longue traversée du désert où la plupart des films d'animation vont, certes, trouver leur public, mais ils leur manqueront toujours cette petite étincelle par rapport à tous ceux qui avaient été produits auparavant.

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Pour autant, si l'on se penche sur l'histoire du studio, cela faisait déjà longtemps que Walt Disney s'était désintéressé d'un projet qu'il avait pourtant lui-même lancé. Dès La belle et le clochard en 1955, et surtout La belle au bois dormant, Walt vaquait à de nouvelles occupations avec de nouvelles idées en tête comme un enfant qui s'est lassé de son jouet au profit d'un autre. Mary Poppins sera incontestablement l'exception, constituant l'acmé de la première période du studio Disney. Entre les deux, le studio Disney va produire des films chaleureux, mais sans être réellement mémorables. Merlin l'enchanteur ouvre la voie, premier film d'animation du studio un peu creux dans son contenu, mais avec un magicien excentrique si haut en couleur qu'on en oublie toutes les faiblesses du long métrage.

Dans un tout autre registre narratif, sauf sur le choix de cette même période médiévale anglo-saxonne, Robin des Bois va suivre le même chemin. "Petit film mineur" sans réelle grande intention, le long métrage Disney n'offre pas de contenu extrêmement profond ni même remarquable, mais il livre une brochette de personnages plaisants faisant oublier, là encore, la plupart de ses faiblesses. Sans aller jusqu'à dire que Robin des Bois est un film de seconde zone, cela reste quand même une oeuvre de peu d'envergure que l'on apprécie plus de regarder enfant un après-midi en sortant de l'école plutôt qu'en adulte dans une grande salle de cinéma. Disney ne s'y trompe d'ailleurs pas puisque, comme Merlin l'enchanteur, Dumbo et Alice au pays des merveilles avant lui, Robin des Bois a été pendant de nombreuses décennies l'un des tout premiers films commercialisés et continuellement réapprovisionnés en rayon. Il fait aussi partie du lot des tous premiers films d'animation Disney a avoir été diffusés, et multi-rediffusés, à la télévision. Ce qui l'a, peu à peu, transformé involontairement en film doudou pour de nombreuses générations de spectateurs.

Influences et Références Visuelles

L'adaptation de Robin des Bois n'est pas une première pour les studios Disney. Les salles. joyeux compagnons ne survit pas à l'épreuve du temps. d'animation lui est, il est vrai, fatal. aujourd'hui inconnu du grand public et ignoré des fans des studios de Mickey. film d'animation lui doit en réalité fort peu, pour ne pas dire, absolument rien. s'apparentent le plus. Mélodie du Sud. aujourd'hui abusivement maintenu dans l'oubli, les a profondément marqués. Mélodie du Sud. Messieurs, supervise les films d'animation. nomination évidente. vision artistique de feu le Maitre de l'Animation. même ambition. Son mot d'ordre général est l'économie. financiers de la Walt Disney Company, c'est une véritable hérésie pour les artistes. Grands Classiques maison. créativité, aussi bien d'un point de vue technique que scénaristique. œuvre unifiée au scénario solide. d'originalité. tout bonnement été repris d'autres longs-métrages. lorsque la princesse valse avec ses petits amis. seule l'apparence de la renarde est inédite. avec Gertrude a été reprise de celle de Baloo et du Roi Louis dans Le Livre de la Jungle.

Parce que le plus gros problème de Robin des Bois, c'est son absence flagrante de scénario. On nous propose juste une tranche de la vie du célèbre hors-la-loi à un moment donné de son existence, mais le studio Disney ne cherchera jamais à développer plus en profondeur ses personnages. Il y a une accroche introductive, il y a un milieu bourré de péripéties sans de gros liens entre elles, il y a une résolution un peu précipitée, mais pas vraiment de début ni de fin et encore moins un récit globalisé. Malgré tout, on arrive assez aisément à apprécier les personnages tels qu'ils sont. Il faut reconnaître que leurs différentes personnalités sont assez diversifiées et facilement mémorisables. Un avantage que l'on doit sans nul doute au choix audacieux de faire d'eux des animaux anthropomorphes. Une idée piochée à l'ensemble de récits médiévaux français, Le roman de Renart, dont il existe une adaptation animée par Stanislas Starewitch en 1937 et qui humanisaient déjà les animaux. Malgré tout, aucun d'entre eux ne se révèle véritablement mémorable et, plus gênant, n'arrive à briller en dehors du film où il se trouve. Ce constat est assez éloquent d'ailleurs : Robin des Bois ressemble à une belle pièce de théâtre où l'énergie communicative de ses acteurs parvient à faire taire les mauvaises langues pour en apprécier le moment présent, mais dont l'illusion se brise dès qu'ils quittent la scène.

(Le) Livre de la Jungle. Le renard a bien vite été choisi pour représenter le hors-la-loi, malin et espiègle. collectif depuis le fameux et universel Roman de Renard. pour finalement opter, avec bonheur, en faveur de Brian Bedford. aussi sa voix américaine (celle de Phil Harris). film. son manque de confiance en lui. aussi perfide, mauvais et peureux que lui. est tout simplement hilarant. faire de lui, l'un des méchants les plus drôles de la galaxie Disney. Le Shérif de Nottingham est l'autre belle réussite du casting. et dur. Ses traits de caractère le desservent d'ailleurs à souhait. Enfin, les personnages secondaires ne sont pas en reste. bénéficient, en effet, de séquences mémorables.

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Analyse Artistique et Technique

Du point de vue artistique, Robin des Bois n'est pas ce qu'il se fait de mieux chez Disney, même s'il reste toujours très largement au dessus de toute la concurrence de l'époque. Même sans s'intéresser au contexte de la création du film, il est évident que la gestation du film a été à la fois compliquée et, un peu, précipitée. Robin des Bois est probablement le long métrage qui reprend le plus grand nombre d'animation de ses grands frères (la scène de danse dans la forêt), à un point où on se demande si ce n'est pas du plagiat. Le long métrage a aussi recours à de trop grosses astuces qui semblent bien fainéantes, entraînant dans leur sillage quelques faux raccords assez disgracieux (le plan inversé des gardes tirant sur Robin sur la muraille, avec Robin s'enfuyant dans les deux sens à la fois). L'animation des personnages est aussi régulièrement très minimaliste, où quasiment tout le monde se fige à l'écran en dehors du personnage au premier plan. A cela s'ajoute que Robin des Bois ne comporte pas non plus de décors très élaborés. Bref, le grand mot d'ordre qui ressort à la fin de la projection, c'est minimalisme. On fait du mieux qu'on peut avec le peu qu'on a dans les brefs délais impartis.

Réception Critique et Héritage

Les critiques ne sont pas tendres avec le film. si ce n'est pour l'animation et la bande-son. l'Oscar de la meilleure chanson. considérations techniques. personnages attachants. et divertissant à souhait.

Aujourd'hui comme hier, Robin des Bois reste Robin des Bois. Ni vraiment très bon, ni vraiment très mauvais, il nage simplement joyeusement entre deux eaux, vivant sa propre vie à la marge de ses illustres aînés. Olivier J.H. Ce Disney sous-estimé par les puristes est pourtant un trésor d'humanisme, et possiblement un appel à la révolution.

Les disneylogues sont formels: ce n'est pas le meilleur. Certes, la plupart de ses séquences d'animation ont été recyclées -la danse de l'ours Petit Jean, par exemple, a été calquée sur celle de Baloo dans le Livre de la jungle. Mais on s'en fiche.

Peu importe que Robin des Bois (1973) soit un film à petit budget réalisé en période de disette des studios Disney. Cela reste un chef-d'œuvre. Impossible d'oublier la bouille de Robin le goupil, voleur altruiste, hobo facétieux; les coups de sang du rabelaisien Frère Tuck; les grimaces du Prince Jean, parfait despote bling-bling; le timbre chaud du coq narrateur Adam de la Halle, avec la voix du regretté Pierre Vassiliu.(Si votre cœur ne se fend pas en mille morceaux à l'écoute de ce morceau, vous n'êtes pas une personne humaine).

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On dira aussi que ce dessin animé dynamite la morale Disney avec son voleur justicier qui déshabille les riches (même si on nous dit aussi que bouh, les impôts, ça vole les honnêtes gens). En vérité, le film nous permet d'appliquer la logique «Robin des Bois» à tout: on peut donc expliquer aux enfants qu'il existe une façon moderne de détrousser les gens, par exemple, en vendant des paninis au poulet à 7,49 € à Disneyland Paris.

De la littérature jeunesse jusqu'au cinéma, Robin des Bois est devenu une figure incontournable de la pop culture. Pourtant, ce personnage désormais consensuel comprend quelques aspérités effacées par la consommation culturelle. Robin est un hors-la-loi qui ne reconnaît pas les autorités légitimes.

En 1377, Robin semble déjà ancré dans le patrimoine culturel anglais. Le récit devient rédigé avec Une geste de Robin des Bois. Le personnage de Petit Jean semble inspiré du prédicateur John Ball, figure emblématique d’une révolte de paysans contre les injustices féodales et fiscales en 1381. « John Ball, un prédicateur radical, y joue un rôle central en prêchant la justice sociale et en prônant la vision d’une société où les hommes seraient égaux », précisent William Blanc, Justine Breton et Jonathan Fruoco. Les récits de valeureux hors-la-loi en lutte contre le pouvoir féodal se multiplient sur ce terreau social.

Ce groupe social intermédiaire n’hésite pas à prendre les armes pour se faire respecter au cours de diverses révoltes. Robin des Bois et les Joyeux Compagnons vivent en dehors des normes sociales et rejettent la société féodale. La forêt devient leur royaume dans lequel ils instaurent une société égalitaire qui tranche avec les hiérarchies imposées dans le monde féodal.

Le film de Ridley Scott est aux antipodes de son sujet, et il s’aventure sur le terrain miné de la propagande déguisée, comme 300 le fit avec le récit des Thermopyles. Ah, que l’on regrette la fraîcheur et le rythme endiablé du Robin des Bois : Prince des voleurs de Kevin Reynolds ! Malgré son aspect très ancré dans les années 1990, ce film respectait le cahier des charges de tout récit épique ou ancré dans la légende. Quant à la fête dans la forêt, pinacle du film5, elle en représente l’acmé politique. La chanson « The Phony King of England » ridiculise le Prince Jean, l’infantilise, le compare à une marionnette, et prédit que sa postérité sera désastreuse au regard de l’Histoire6, telle celle de Nixon. Les paroles appellent également au remplacement du Prince par Robin, donc d’un homme politique malhonnête par un autre, non corrompu.

Dans cette séquence de Robin des Bois, le coq-ménestrel, narrateur de l’histoire, est bien sûr présent, tel un Bob Dylan frondeur. En 1973, les « protest songs » (chansons contestataires) fleurissent toujours contre la Guerre du Vietnam7. Si Robin et Petit Jean peuvent continuer leur lutte souterraine contre l’oppresseur, les habitant·es de Notingham payent cher le prix de leur rébellion, moine (Frère Tuck) compris. Et il faut toute l’habileté du renard en chef et de son compagnon ursidé pour les délivrer des geôles du Prince Jean. Ce dernier mérite son surnom de « phony king (…) calls for his Mum » (« faux roi qui appelle sa Maman »), car il ne trouve rien de mieux que de se mettre en rage et d’incendier le château maternel. C’est-à-dire qu’il se met lui-même en difficulté et se met lui-même à la porte de l’espace qu’il occupe indûment. Et tout est bien qui finit bien : la guerre est finie, le roi Richard (= le nouveau président) revient et pardonne à tous les insurgés : « Oh de lally, quel beau jour vraiment !

Toute l'originalité de cette adaptation de Disney est d'avoir transposé le célèbre mythe dans un univers animalier où chaque animal correspond au caractère de son personnage. Les méchants sont incarnés par des prédateurs, des carnivores dangereux mais physiquement ridicules. Le cruel et puéril Prince Jean est un lion (symbole de la royauté), mais son corps maigrelet et son comportement de pleurnichard ne font que rabaisser son autorité ; le shérif de Nottingham est un loup au gros ventre qui tyrannise les plus innocents. Quant à ces derniers, ce sont des animaux réputés pour être inoffensifs : des lapins, des tortues, des poules.

L'histoire de Robin des Bois est intemporelle : c'est la lutte acharnée contre l'injustice et la malhonnêteté des plus riches. Mais comment les affronter si la loi est de leur côté ? Qu'est-ce que la vraie justice ? Heureusement, Robin des Bois est là pour dépouiller la fortune du prince, grâce à son intelligence et l'aide de son fidèle ami, le sympathique Petit Jean. Entre les forces du Prince Jean et la bande de Robin, de nombreux affrontements se succèdent. Ils sont tour à tour burlesques (comme la grande bagarre durant le tournoi de tir à l'arc) ou épiques (le combat final dans le château du Prince Jean est l'un des grands moments du film). Comme la plupart des grands Disney, il faut également souligner la qualité de la bande originale du film. Plusieurs chansons risquent de vous rester longtemps dans la tête (comme le thème du générique de début qu'on prend plaisir à siffler). Prêt(e) pour l'aventure ?

Entre le mythe et une réalité bien différente, Robin Des Bois ne cesse encore aujourd’hui d’enthousiasmer les amateurs de panache, de bravoure et de romantisme. Adapté pas moins de 26 fois pour le cinéma, il reste un de ces héros qui ne souffrent pas le passage des années et des siècles, s’adaptant aux modes et aux mentalités.

Robin Hood (Robin À La Capuche, en Français) semble trouver son origine au début du XIIIème siècle, une trentaine d’années donc avant la croisade de Richard Coeur De Lion. Il est cité de manière très vague dans plusieurs chansons populaires, jusqu’à trouver son apogée dans une chanson de geste qui lui est consacrée. On navigue comme cela entre le XIIIème et le XVème siècle, le personnage de Robin, au début vulgaire, briguant, coupeur de têtes se moquant bien des pauvres, devient peu à peu Robin De Locksley, noble dépossédé de ses terres, dépouillant les riches pour donner aux pauvres. Inventé aussi, le fait d’avoir vécu durant la croisade de Richard Coeur De Lion, mais là encore, l’imagination populaire est toujours fertile lorsqu’il s’agit d’embellir l’ordinaire et se moque bien des 30 ans d’écart. Il n’a pas non plus sévit dans la forêt de Sherwood.

Bien sûr, si Robin Hood le bandit n’était pas devenu un Robin Des Bois héroïque, le cinéma n’en aurait jamais filmé les aventures dramatiques, comiques voir même érotiques. Pour le meilleur, parfois pour le pire, quatre de ces films se détachent par les tournants qu’ils ont su marquer, chacun à sa manière, dans l’évolution du personnage.

S’il « nait » à l’écran dès 1912, il faut tout de même attendre 1938 pour qu’il le crève littéralement sous les traits d’un Errol Flynn inoubliable de panache, de charme et de prestance. Charme dont il use et abuse pour séduire une fondante Olivia De Havilland, magnifique lady Marianne, malgré un contexte sociétal qui la cantonnait plus ou moins à un rôle de faire-valoir. S’il peut apparaitre aujourd’hui désuet, ce Robin Des Bois reste le plus réussi des 26 films. Malgré les collants, malgré les brushings impeccables très hollywoodiens, Curtiz a trouvé là le parfait équilibre entre l’humour, l’héroïsme et l’amour. De l’humour sans jamais se moquer ni ridiculiser son personnage, de l’héroïsme bien loin de l’invincibilité invraisemblable d’un James Bond et de l’amour comme seuls l’époque et le lieu savaient le proposer: un éclairage braqué sur les visages, de gros plans sur les yeux et des baisers enfiévrés. Ce Robin Des Bois qu’incarne Errol Flynn est en fait celui qui fait rêver d’amour et d’aventures lorsque l’on est enfant, un héros qu’on rêve d’avoir pour père, ami ou amant.

Michael Curtiz, dans un « après moi le déluge » flamboyant, signait là la meilleure référence sur le curriculum vitae de l’homme à la capuche, laissant tous les autres pour longtemps loin derrière. Loin derrière ? Car 35 ans plus tard, l’artillerie lourde de la Disney Company, toujours notoirement allergique aux scénarios originaux, décide d’animer les aventures du bandit de Sherwood. On est toujours en pleine époque classique pour l’animation et Disney est presque seul au monde, multipliant succès au box-office, parcs d’attractions gigantesques et programmes télévisuels. Cependant, Walt Disney n’est mort que depuis 12 ans et le studio peine à retrouver une dynamique. L’idée de base du scénario était de faire un mélange des aventures de Robin Des Bois et du Roman De Renart, contes médiévaux des XIIème et XIIIème siècle, contemporains donc des origines de la légende de Robin Hood. Au premier coup d’oeil, on retrouve du Roman le bestiaire des personnages sorti de l’imaginaire Disney.

Robin Des Bois version Disney date de cette époque où l’on pouvait encore parler de « dessin » animé, où le trait de crayon constituait un gage de qualité, où l’on ne cherchait pas à faire un dessin animé réaliste, où la recherche artistique ne résidait pas dans la performance informatique, où captiver ne voulait pas dire épater. Bref, le Robin Des Bois de Wolfgang Reitherman, à qui l’on doit aussi Les 101 Dalmatiens, Le Livre De La Jungle, Les Aristochats ou Merlin l’Enchanteur, fait de l’art et non de l’esbroufe. Rien n’est oublié de ce qui fait la qualité du héros : courage, humanisme, fidélité et toujours cet humour qui rend la défaite du Mal encore plus savoureuse. Seul bémol à l’époque, Robin Des Bois donne aux pauvres certes, mais il vole tout de même et pour beaucoup, c’était trop éloigné des codes moraux de Disney et fit grincer bon nombre de dents.

18 ans plus tard, on ne change rien mais on change tout. Après Disney, c’est au tour de Kevin Reynolds (également réalisateur de Waterworld) de s’y coller et de tenter, dans un effort jamais récompensé, de dépoussiérer le mythe en le modernisant. Dans ce cas moderniser signifie « rendre crédible », « coller à la réalité de l’époque ». Exit donc les collants et autres chapeaux à plumes, les brushings improbables et autres sourires blancs comme neige. Dans un certain sens c’est réussi, le film s’ouvre sur Robin prisonnier aux croisades, où les chrétiens souffrent, torturés par les infidèles. Il porte les cheveux longs, empeste le chacal et ne se lave que lorsque Marianne le lui demande. La reconstitution de l’époque (faite en partie à Carcassonne) semble crédible et de ce point de vue, le film est une réussite. Réussi également le scénario qui, dans un effort louable, tente de nous faire comprendre comment Robin devint Robin, et pour quels motifs. Le casting est bon voire excellent, mais si Mary Elizabeth Manstrantonio enterre pour de bon le côté godiche du personnage de Marianne, Kevin Costner souffre lui de dialogues parfois indigents. Il n’y avait pourtant pas besoin de forcer le trait sur le côté héroïque du personnage, sa légende suffisait. Malgré ça, ce Robin Des Bois, Prince Des Voleurs fut un succès avec près de 5 millions d’entrées en France, et 6 millions de disques vendus dans le monde pour Brian Adams, interprète du générique de fin, entré dans l’histoire du cinéma.

C’est presque exactement sur le même écueil que vient s’échouer Ridley Scott, 19 ans après Kevin Reynolds, comme si lui aussi avait en ligne de mire le film de Michael Curtiz et cette obsession de le dépasser. Comme s’il était incroyable que la meilleure adaptation des aventures de Robin puisse avoir à cette époque, 72 ans ! Résultat mitigé, car si Ridley Scott semble bien présent à la mise en scène, son réalisme à tout crin livre un film austère, presque dépressif. La couleur en est absente (ou à peu près), privilégiant des tons sombres. Plus aucune trace de glamour et, si Russel Crowe est bien un immense acteur et le démontre encore ici, il n’a pas le sex-appeal d’Errol Flynn et semble encore porter l’armure du Maximus de Gladiator. Néanmoins ses intentions restent déroutantes, en particulier son scénario qui fait de Robin un usurpateur, chargé d’apporter la couronne royale au Prince Jean, suite à la mort de Richard Coeur De Lion aux Croisades. Et encore, il était prévu que le beau rôle soit cette fois donné au shérif de Nottingham au détriment de Robin, ce qui faillit faire fuir Russel Crowe. C’est louable de vouloir filmer un héros imparfait, d’autant plus s’il se rapproche du personnage originel, mais alors pourquoi ne pas récréer son histoire de fond en comble ? Ce qu’il restera est un casting plutôt convaincant et, si l’on s’y attarde un peu, presque impressionnant. Russel Crowe en Robin n’a rien de surprenant, puisque l’acteur s’est toujours dit fan du personnage. Matthew Macfadyen en sherif fut peut-être le meilleur choix de Scott, cinématographiquement, un des meilleurs de l’acteur, plutôt habitué aux pièces de Shakespeare, moins inspiré pour sa carrière sur grand écran.

On y verra peut-être une certaine nostalgie, un truc de « vieux con », mais il semble incontestable aujourd’hui que le film de Michael Curtiz reste la meilleure des aventures de Robin Des Bois. Ses qualités vont au-delà de son charme désuet, le film est enlevé, rythmé, alternant bravoure, humour et amour, avec la précision d’une montre suisse.

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