Sans Aucun Remords : Analyse d'un Thriller Moderne

Sans Aucun Remords, la dernière adaptation cinématographique d’un roman de Tom Clancy, a atterri sur Amazon Prime Video et propose un thriller brutal mais très classique. Le film est réalisé par Stefano Sollima, connu pour Sicario 2, Suburra et ZeroZeroZero, avec un scénario de Taylor Sheridan, également scénariste de Sicario et de la série Yellowstone.

Après une mission suspecte, la famille de l’agent des forces spéciales John Kelly est assassinée. S’ensuit une traque vengeresse dont les ramifications peindront évidemment un complot politique. Souvent là pour épauler Jack Ryan, Sans aucun remords nous propose l’origin story de John « Clark » Kelly. Ainsi, en quête d’action légitimée, c’est logiquement que le héros aguerri, campé précédemment par Willem Dafoe en 1994 dans Danger Immédiat et Lieve Schreiber en 2002 dans La Somme de toutes les peurs, propulse cette fois Michael B. Jordan sous le feu de l’ennemi et des projecteurs.

Dix ans après la mort de Tom Clancy, l’œuvre de l’écrivain demeure une des plus solides ambassadrices du récit commando-biscottos. Si on ne compte plus les jeux vidéo et blockbusters accompagnés de son nom, Sans aucun remords n’avait encore jamais eu les honneurs du cinéma, malgré de nombreuses tentatives, ayant successivement intéressé John Milius et Christopher McQuarrie.

Sans Aucun Remords Affiche

Un Scénario Convenu Mais Efficace

Le scénario de Will Staples, réécrit par Taylor Sheridan, n’entretient que de vagues liens avec l’intrigue originelle imaginée par Clancy, se contentant de reprendre les grandes lignes de la destinée de John Kelly, soldat d’élite un peu soupe au lait, sitôt que des malandrins s’évertuent à transformer les membres de sa famille en pinata pour kalachnikov. Au programme, un récit de vengeance balisé, où les arcanes de Washington et les forces spéciales russes ont remplacé les dealers de Baltimore et le viet-cong. Rien d’original ni de surprenant donc.

Il en va de même pour la caractérisation des personnages, peu nombreux et bien campés, mais excessivement programmatiques. Après une dizaine de minutes, chacun aura bien compris qui fait figure de traitre, d’agent trouble pas si méchant, de fidèle guerrier ou de vilain traitre visqueux. Difficile donc de s’immerger totalement dans cette trame, qui ne feint même pas de chercher à surprendre. Néanmoins, on sent la patte de Sheridan, également scénariste de Sicario, Comancheria ou encore la série Yellowstone, tant il ramène toujours chaque situation à son point de tension, éclaircit les enjeux, et dégraisse la narration pour en préserver l’impact, un minimum syndical au vu de la résolution de l’ensemble, bien trop sage et convenue.

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Dans les films labellisés Tom Clancy (une franchise à lui tout seul), la recette a toujours un goût de déjà-vu : intrigue gigogne, agents doubles et triples, conspiration au sommet, marines surentraînés et surarmés avec, en point d’orgue, le héros sacrifié qui lave son honneur (et celui de l’Amérique) en révélant in extremis le pot-aux-roses, dans le bureau ovale de préférence.

La Réalisation de Stefano Sollima

Et l’impact, c’est justement la spécialité de Stefano Sollima, qui s’évertue à nous infliger de réguliers coups de boule avec sa caméra. Réalisateur de A.C.A.B (All Cops are bastards), Suburra, ou encore la série ZeroZeroZero, il a prouvé avec Sicario : La Guerre des cartels qu’il était suffisamment maître de son art pour transcender un récit imaginé par un enfant en pleine overdose de carambars. Et il se livre à un nouveau sauvetage de haut vol, tant son découpage et son art consommé de la dramatisation propulsent les nombreuses séquences d’action dans la stratosphère.

Le réalisateur trouve le parfait équilibre entre héroïsme à la Mission Impossible et réalisme pur jus. On est bien loin d’un John Wick ou d’une aventure d’Ethan Hunt (à part peut être lors de la scène de l’aéroport) mais ce n’est pas ici ce qu’on cherche. Le metteur en scène italien sait filmer.

Stefano Sollima fait de ce Sans aucun remords un pur revenge movie efficace. S’il ne brille pas d’un scénario bien trop convenu pour nous épater, le film s’offre de superbes moments d’action, notamment lors d’une séquence introductive énervée ou des scènes de nuit parfaitement lisibles, et on peut remercier le frenchie Philippe Rousselot pour cette prouesse. Loin d’être épileptique, le film distille passages violents et tensions narratives (vite fait) sans verser dans l’actionner charcuté à la salle de montage.

Sans Aucun Remords Scène d'Action

Michael B. Jordan : Un Héros Charismatique

Jordan au coeur de l’action, au centre de la caméra, qu’il vole à chacune de ses répliques agressives. Débordant de charisme, les muscles aussi luisant que la crosse d’un beretta, le nouveau John Clark est bel et bien là pour renvoyer Jack Ryan derrière son bureau. L’acteur de Creed roule des mécaniques, crame la tronche des ripoux tout en flinguant à tout va sous le feu ennemi, et il le fait bien. A tel point que les rôles de Jamie Bell ou de Guy Pearce n’auront jamais autant mérité leur statut de personnage secondaire.

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Michael B. Jordan y incarne un Navy Seal déployé en Syrie dont l’unité se retrouve mêlée à une opération de la CIA. Si le scénario enchaîne les séquences improbables, les acteurs assurent. Outre Michael B. Jordan, on retrouve Jodie Turner-Smith, Jamie Bell et Guy Pearce.

Le parfait véhicule pour les abdos huilés de Michael B. Jordan, toujours classe dans l’action. Ça reste vaguement inspiré de Tom Clancy, alors entendre les références à gauche, à droite, ça fait toujours sourire.

Tableau Récapitulatif des Acteurs et de Leurs Rôles

Acteur Rôle
Michael B. Jordan John Kelly / John Clark
Jodie Turner-Smith Karen Greer
Jamie Bell Robert Ritter
Guy Pearce Secrétaire à la Défense Clay

Essentiel Résumé du film aucun remord

Conclusion

En bref Sans aucun remords est un film qui se regarde bien, un thriller musclé promettant une nouvelle franchise portée par un Michael B. Jordan en grande forme. Malgré un scénario prévisible et des clichés, le film parvient à divertir grâce à la réalisation de Stefano Sollima et au charisme de Michael B. Jordan.

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