Netflix nous invite à une plongée dans un pan méconnu de l'histoire américaine avec Le Président foudroyé (Death by Lightning), une minisérie disponible depuis le 6 novembre.
Basée sur Destiny of the Republic, le livre de Candice Millard publié en 2011, elle retrace les destins tragiquement romanesques de James A. Entre fresque historique, drame politique et thriller psychologique, le récit s'ouvre sur l'ascension fulgurante et inattendue d'un fermier, héros de la guerre de Sécession devenu député républicain, vers la Maison-Blanche.
Synopsis
Révolté par la corruption et le racisme, convaincu de la nécessité de réformer la fonction publique, cet homme de conviction devient le 20e président américain après avoir délivré un discours galvanisant lors de la convention de son parti.
« Il n'a eu besoin que de quatre minutes trente pour sécuriser sa place dans les annales de l'histoire, s'élever au-dessus de sa condition de garçon pauvre à roi ! » s'extasie Charles Guiteau, menteur compulsif, martyrisé par son père dans son enfance et, depuis, pathologiquement avide de reconnaissance. Il pense la trouver auprès de son idole, convaincu d'avoir participé à sa victoire.
Lorsqu'elle lui est refusée, il glisse inexorablement vers la folie. À cette date, Guiteau tire sur Garfield à la gare Baltimore and Potomac, à Washington.
Deux parcours et deux récits parallèles convergent le 2 juillet 1881. Grièvement blessé, le président survivra près de trois mois avant de décéder de septicémie, faute d'avoir reçu des soins adaptés.
Au-delà de la fresque historique et des rouages politiques qu'elle décrit, la série Netflix nous raconte une histoire passionnante, humaine et tragique. La série retrace l’histoire du 20ᵉ président des États-Unis et son assassinat avec une grande justesse.
Le Président foudroyé raconte l’assassinat quelque peu étrange de James Garfield, 20e président des États-Unis. Mais, elle lève aussi le voile sur une période oubliée de l’histoire américaine assez passionnante.
Quelques décennies après la fin de la Guerre de Sécession, le pays était régi par le “Spoils System”. Concrètement, les fonctionnaires étaient choisis par le parti vainqueur en fonction de leur contribution à l’élection.
D’un côté, James Garfield, 20e Président des États-Unis par un concours de circonstances complètement inattendu (il n’était même pas candidat). De l’autre, Charles Guiteau, un fan un peu fêlé qui perd pied face à ses échecs répétés et son incapacité à obtenir un poste de fonctionnaire.
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Toute la série est construite sur ce va-et-vient permanent entre les deux personnages, l’ascension inexorable de l’un et la chute sans fin de l’autre.
Avec « Le Président foudroyé », Netflix propose une nouvelle minisérie en seulement quatre volets, un format qui lui a souri cette année avec l'impressionnante «Adolescence ».
James Garfield est un parfait inconnu de ce côté-ci de l'Atlantique. Aux Etats-Unis, il est surtout resté dans les mémoires comme l'un des plus éphémères présidents du pays. Propulsé candidat à la convention républicaine sans même s'être présenté, il est élu à la tête du pays fin 1880.
Production soignée
Outre son intrigue captivante, ce Président foudroyé s'illustre par sa production soignée, signée par David Benioff et D. B. Weiss, les créateurs de Game of Thrones.
Elle commence dès le générique, qui anime des figurines de plomb dans une scénographie très graphique, et s'étend à la reconstitution élégante des décors et des costumes de l'époque.
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Les critiques reconnaissent aussi une certaine richesse visuelle. Allociné vante « des décors somptueux », tandis que The Guardian salue « une photographie élégante et des costumes d’une minutie exemplaire ».
Les dialogues sont de qualité, la mise en scène et les décors sont impeccables.
En seulement quatre épisodes, elle parvient à reconstituer un chapitre marquant de ...
Distribution magistrale
Mais la principale force de la série tient à sa distribution, magistrale.
Michael Shannon apporte noblesse et humanité à ce président malgré lui, tiraillé entre ses idéaux et ses aspirations intimes.
Face à lui, Matthew Macfadyen, déjà récompensé d'un Emmy Award pour son rôle dans Succession, façonne un Charles Guiteau d'une déchirante et pathétique drôlerie. Une performance époustouflante, qui pourrait le faire entrer dans l'histoire… du septième art !
Matthew Macfadyen est détestable dans le rôle de l'antagoniste (et sa ressemblance avec le vrai Guiteau est frappante !) à un point où c'est presque du génie.
Matthew MacFayden campe avec une humanité troublante un Guiteau tour à tour menaçant, fanfaron ou réellement admiratif. « Je ne l’ai pas approché comme un être malveillant », confie au Figaro l’acteur Britannique, qui réussit à glisser quelques notes humoristiques.
Plus sobre, Michael Shannon incarne un Garfield résigné, gardant une part d’ombre et souffrant d’un syndrome prononcé de l’imposteur.
Michael Shannon n’est pas en reste. The Independent voit en lui « un maître de l’intensité contenue », capable de rendre Garfield « profondément humain, noble et vulnérable ».
Pour Allociné, il « incarne un président d’une grande sensibilité, défenseur de réformes progressistes qu’il n’aura jamais le temps d’appliquer ».
Betty Gilpin s’accorde quant à elle au rôle du renfort féminin, celui de l’épouse du président toujours là pour le soutenir.
Une distribution foudroyante, Michael Shannon, Matthew Macfadyen, Nick Offerman ou encore Bradley Whitford, la distribution cinq étoiles se donnent à fond pour interpréter leurs personnages, les comédiens signent un panorama talentueux, mais aussi réaliste, par leurs accents, leur manière de jouer.
Avis et critiques
Globalement, la presse internationale salue unanimement la qualité de la reconstitution et la densité du récit.
- « Récit historique poignant » pour Variety, avec cette « mise en lumière d’un homme oublié qui aurait pu changer la trajectoire du pays ».
- « Fresque historique somptueuse » du côté d’Allociné, qui parle également d’un « biopic passionnant, humain et tragique ».
- Une série « globalement captivante » pour Hollywood Reporter, qui souligne « l’audace d’une narration condensée qui refuse tout pathos inutile ».
The Guardian juge qu’ « absolument personne ne joue les perdants comme [lui] », décrivant une performance « comique, déchirante et inoubliable ».
Toutefois, quelques médias pointent en revanche un déséquilibre dans le tempo narratif. The Independent évoque notamment « un premier épisode un peu long, proche d’un cours d’histoire poussiéreux » tandis que Hollywood Reporter regrette que « la mort du président soit expédiée après trois épisodes de montée dramatique ».
Pourquoi regarder Le Président Foudroyé ?
Cette série retrace le destin incroyable du 20e président américain, et de son assassin
Si le dénouement est funeste, il est intéressant de voir comment les deux en sont arrivés là. C’est aujourd’hui le triste constat que fait le projet : l’histoire a quasiment oublié le nom de ces deux hommes.
Le message est clair. Le souvenir, l’importance de faire quelque chose de bien est ce qui anime nos deux personnages, et les rassemble.
Présentée comme “l’histoire vraie de deux hommes que le monde a oubliés”, Le Président Foudroyé est la nouvelle mini-série de Netflix.
Le Président Foudroyé remporte nos voix. Bien plus qu’un drame politique, Le Président Foudroyé est une mini-série intrigante autour d’un épisode évanescent de l’histoire des États-Unis.