Qu'est-ce qu'une Série Télévisée Thriller? Définition et Caractéristiques

Les séries télévisées sont devenues une forme d'art populaire, attirant des audiences vastes et diversifiées à travers le monde. Elles constituent un vivier de nouveautés en même temps qu’un patrimoine à revisiter, signe qu’elles possèdent une longue histoire et des caractéristiques spécifiques en fonction de l’époque et du pays de production où elles furent créées.

De façon générique, une série télévisée est une œuvre de fiction composée d’épisodes reliés entre eux par une forme narrative ou formelle, des personnages et des thèmes, abordant un ou plusieurs genres (le policier, le thriller, le western, la science-fiction, la comédie romantique, etc.). D’un épisode à l’autre, ces traits communs doivent être identifiables et prompts à nous replonger dans un monde fictionnel que l’on est conscient d’avoir déjà commencé à explorer.

Si l’on parle de séries « télévisées », c’est qu’elles sont conçues et destinées en première diffusion à la télévision, avant de s’exporter sur d’autres supports (VHS, DVD, Blu-ray) - chronologie cependant remise en cause par la diffusion prioritaire de séries originales sur des plateformes de streaming. Une série se compose d’une ou plusieurs saisons, elles-mêmes comportant un certain nombre d’épisodes de durée et de structure analogues.

Dans cet article, nous allons explorer le genre particulier du thriller dans les séries télévisées, en examinant sa définition, ses caractéristiques, et les différents formats qui existent.

Définition et Caractéristiques du Thriller en Série Télévisée

Le thriller est une cible de choix par le fait qu’il cherche à tenir son public en haleine par le suspense, la tension narrative.

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Le thriller porte juste le récit dramatique. Il y a en effet une exigence, mais qui n’est pas propre à TF1, d’avoir des récits tendus et prenants. C’est le contexte concurrentiel qui le veut. On nous demande de construire les récits les plus addictifs possible, pour faire revenir le spectateur d’une semaine sur l’autre. C’est d’ailleurs la même demande partout, que ce soit sur TF1 ou Arte. Après chacun interprète cette demande à sa manière… Il est clair que le genre policier est par définition extrêmement addictif. Il y avait des ingrédients policiers dans l’histoire de base, nous les avons juste rehaussés. Mais encore une fois ce n’était pas pour en faire un policier pur jus avec des indices, des analyses de peinture ou que sais-je.

Le succès de ce genre repose sur sa capacité à manipuler les émotions du spectateur, en créant un sentiment d'incertitude et d'excitation. La tension est maintenue grâce à des rebondissements inattendus, des mystères complexes et des personnages ambigus.

Alfred Hitchcock

Alfred Hitchcock, maître du suspense.

Formats de Séries Télévisées

Une autre ligne de séparation distingue les séries épisodiques et les séries feuilletonnantes. Les premières sont constituées d’épisodes autonomes qui racontent une histoire complète sans lien avec des éléments laissés en suspens dans des épisodes précédents. Leur unité narrative maximale est l’épisode, ce qui signifie qu’elles peuvent être regardées dans le désordre, de façon ponctuelle, et sans qu’on ait suivi les derniers rebondissements. Jusqu’à la fin des années 1980, cette forme est très fortement privilégiée aux États-Unis dans la mesure où elle permettait aux chaînes d’attirer des téléspectateurs ayant manqué des épisodes en cours de route.

Mini-séries

Genre en lui-même depuis les années 1950, la mini-série se décline en une seule et même histoire, à suivre sur un nombre déterminé d’épisodes. Aux États-Unis, on les appelle mini-séries. En France, pendant longtemps, ce fut feuilleton télévisé. Mais il s’agit de la même chose : un programme comprenant entre deux et treize épisodes, pour une durée globale prévue entre trois et treize heures. On prend donc son temps pour exposer l’histoire, présenter les personnages, mais point trop n’en faut puisque tout doit être bouclé à l’issue du dernier épisode. Il n’y aura, en effet, aucune suite, ou alors sous un autre nom et peut-être une autre forme.

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La durée de la mini-série permet d’obtenir de plus gros budgets sur l’ensemble de la production, ce qui a un impact sur le casting mais aussi sur les choix de mise en scène et les choix narratifs. Pour la mise en scène, les reconstitutions historiques sont souvent plus flamboyantes dans les mini-séries. Concernant la narration, imaginons un exemple d’utilisation du flashback comme procédé narratif. Dans le premier épisode le flashback apparaît et son sens caché ne nous serait révélé que dans le dernier épisode de la saison. Il sera plus simple à intégrer dans la mini-série en 6 épisodes que dans la série en 24 épisodes, qui laisse le temps au téléspectateur d’oublier les éléments du début ou de se perdre dans les détails de l’ensemble.

La mini-série n’est pas une nouveauté. L’un des premiers grands succès du genre date de 1977, Racines qui raconte la saga d’une famille noire américaine du temps de l’esclavage jusqu’aux luttes contre la ségrégation raciale.

Web-séries

Conçue pour le web, la web-série adopte un format court. C’est au départ un genre amateur, ou semi-professionnel. Mais c’est le genre « journal intime » qui est le plus répandu. Notre héros filme son entourage et dresse un portrait drôle et sans concession de ses contemporains.

La première web-série française intitulé Potes7 : les potes du 7ème est diffusée en 2003. La web-série se regarde sur des plateformes spécialisées (les-series.com), des plateformes vidéo (YouTube, Dailymotion), des sites consacrés à certaines séries (Allociné), ou des web-télévisions (nolife-TV, anyfilm.TV).

La web-série amateur ou professionnelle diffusée sur le web comme son nom l’indique, est un phénomène qui s’amplifie et rencontre aujourd’hui un succès grandissant.

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Noob, web-série créée en 2008, et diffusée sur la chaîne Nolife, met en scène une jeune femme qui participe à un jeu en réseau multijoueurs, et qui rejoint la guilde Noob, la pire du jeu Horizon 1.0. Lors de la cinquième saison en mai 2013, cette web-série, assure son financement par une opération de crowdfunding en une journée seulement. Le visiteur du futur, une des web-séries françaises qui a connu le plus gros succès sur Dailymotion est aujourd’hui éditée en vidéo.

Web-série Noob

La web-série Noob a connu un grand succès grâce à son originalité et son financement participatif.

Séries Anthologiques

Un autre type de série appelée anthologie, est une série construite avec une histoire indépendante par épisode, et un casting différent pour chacun : la conceptuelle et très contemporaine Black mirror, série britannique de science-fiction, est une satire du rapport de l’être humain à la technologie et aux écrans. Aux Etats-Unis, la série American horror stories revisite les archétypes horrifiques américains issus de la littérature, du cinéma et de la télévision. Chaque saison est une histoire à part entière. Le casting est en partie reconduit. La première saison abordait le thème de la maison hantée, la deuxième celui de l’hôpital psychiatrique tenu par des médecins plus fous que leurs patients, et la troisième s’inspirait des légendaires sorcières de Salem et des rites vaudou à la Nouvelle Orléans. La quatrième saison, annoncée pour l’année prochaine, exploitera le thème du carnaval et du cirque.

Shortcom

La shortcom, d’une durée de 3 à 10 minutes environ par épisode, est diffusée entre deux programmes de grandes écoutes, souvent avant ou après le journal télévisé. La télévision française a produit des séries comme Un gars une fille, Bref, ou encore Caméra café qui ont connu un succès populaire immédiat. Le téléspectateur n’a pas besoin de voir tous les épisodes pour comprendre. Ces séries décrivent des situations du quotidien auxquelles il peut s’identifier, où les travers de tout un chacun sont mis en scène. La série Kaamelot, qui s’inscrit dans ce courant, est un peu différente, parodie des légendes arthuriennes, dans l’esprit des Monthy Python, elle possède néanmoins un ton bien français. Si Alexandre Astier a eu du mal à convaincre les chaînes de la diffuser (voir la lettre de refus d’un responsable de programme que vous pouvez lire dans l’ouvrage de Nils Ahl et Benjamin Fau)*, le succès qu’on lui connaît atteste de l’efficacité de ce format pour le genre de la comédie : rapide, rythmé, et percutant.

L'Impact Culturel et la Transnationalisation des Séries

La circulation des séries par-delà les frontières nationales a suscité, depuis la fin des années 1960, de vives controverses. Les séries américaines exportées aux quatre coins du monde constituent-elles les agents d'une hégémonie culturelle ou des sources d'inspiration pour les producteurs des autres pays ? Comment sont-elles réappropriées par leurs téléspectateurs à l'étranger ? L'apparition de nouveaux centres d'exportation télévisuels contribue-t-elle à un monde culturellement multipolaire ? Dans quelle mesure l'avènement du web a-t-il transformé les rapports de pouvoir régissant la circulation transnationale des séries ? C'est à l'examen de ces questions que se consacrent plusieurs courants théoriques, souvent antagonistes.

Si le tournant numérique accentue la mondialisation des publics et facilite la création de nouveaux imaginaires construits grâce à un accès plus rapide et varié aux productions internationales, il est aussi fondé sur des relations de pouvoir ayant influencé, en amont des développements technologiques, les échanges culturels transnationaux. Toute analyse de la reconfiguration de la télévision à l'heure du numérique doit donc nécessairement prendre en compte l'impact de ces relations historiques et (trans)culturelles sur les publics et sur leurs modes d'engagement avec la culture populaire "mondiale". Cette communication propose une réflexion sur ces thèmes : quel effet ont ces relations sur les modalités d'inclusion (ou d'exclusion) de différentes zones de création dans l'imaginaire de publics divers ?

C'est en janvier 2016 que Reed Hastings, PDG et co-fondateur de Netflix, a choqué le public présent au Las Vegas Consumer Electronic Show en annonçant que son service de streaming serait désormais disponible dans 130 pays du monde - la plupart lançant même le service pendant son discours - faisant ainsi de Netflix "la première chaîne de télévision globale". Sur le moment, Hastings semblait imaginer que leur offre de séries américaines et britanniques de qualité et l'arrivée de grands acteurs et réalisateurs du cinéma anglophone sur leur service séduiraient aussi les nouveaux publics internationaux. Cela dit, les choses se sont passées autrement, et bien que Netflix semble avoir toujours su s'adapter aux effets et aux entraves inattendus de leur grand projet transnational, leur notion même d'une "télévision globale" s'est fortement modifiée depuis ce grand lancement. Quel aura été alors l'impact de tous ces changements et corrections de tir sur l'offre actuelle de productions internationales sur Netflix ? Le service a-t-il réussi son pari de créer une "télévision globale" et a-t-il vraiment "transnationalisé" les séries nationales du monde ? La suprématie des productions américaines sur Netflix est-elle toujours d'actualité, et le public américain se nourrit-il désormais et de manière inédite d'un régime de séries internationales ?

Netflix

Netflix a révolutionné la diffusion des séries télévisées à l'échelle mondiale.

Le Phénomène des Spoilers

Le mot « spoiler » vient du verbe anglais to spoil qui signifie gâcher, déflorer, mais aussi abîmer, spolier. Spoiler, c’est divulguer de manière impromptue un élément clé de l’intrigue d’une œuvre de fiction. Un mot-valise québécois résume bien la tension que cette pratique induit chez le spectateur, entre la prise de connaissance prématurée d’une information cruciale et l’anéantissement (intégral ou partiel) du plaisir lié à la découverte du rebondissement attenant : « divulgâcher ».

L’action de spoiler possède une connotation doublement négative : elle consiste à la fois à divulguer une information confidentielle et à gâcher la surprise suscitée par un virage narratif inattendu. Le « divulgâcheur » se substitue à la fiction sans y avoir été autorisé par le spectateur, ce qui lui vaut son étiquette de parasite. Ce n’est pas son action en tant que telle qui porte préjudice (la fiction elle-même peut divulguer une information qu’elle avait jusque-là tenue secrète), mais son temps d’avance et son illégitimité auctoriale.

Toute œuvre de fiction peut être sujette à spoiler - qu’elle prenne la forme d’un conte, d’un opéra, d’une pièce de théâtre, d’un roman, d’un film, d’une série télévisée. Cependant, ce sont celles qui font le plus ouvertement la « promesse d’un dénouement » (Favard, 2019) qui s’y exposent le plus. Le thriller est une cible de choix par le fait qu’il cherche à tenir son public en haleine par le suspense, la tension narrative.

À de multiples niveaux, le temps est une donnée centrale de l’impact et du pouvoir de nuisance du spoiler. C’est la raison pour laquelle la série télévisée - art du temps s’il en est - est sans doute la forme narrative la plus propice à son irruption et aux vifs désagréments qui peuvent en découler. En premier lieu, le chemin à parcourir pour accéder à un tournant du récit peut être beaucoup plus long, et le caractère dissuasif de sa divulgation beaucoup plus prononcé qu’au cinéma. Obtenir prématurément la réponse à une question centrale posée pendant plusieurs saisons par une série au long cours - par exemple, « Les naufragés de Lost (ABC, 2004-2010) ont-ils survécu au crash de l’Oceanic 815 ? », ou « Quelle est la vraie identité de Jon Snow dans Game of Thrones (HBO, 2011-2019) ? » - ne produit pas le même effet que d’apprendre, avant de l’avoir vu en salle ou à la télévision, ce qu’il advient de Marion Crane dans Psychose (1 h 49).

Dans les années 2010, le positionnement des plateformes de streaming sur le marché des séries originales n’a pas manqué de modifier le statut du spoiler. Netflix, en particulier, a opté pour une périodicité de diffusion à contre-courant qui consiste à mettre en ligne tous les épisodes d’une saison en même temps - et non à un rythme hebdomadaire, selon la tradition de la télévision américaine. Cela remet en cause la définition même du spoiler, qui, selon Nils C. Ahl et Benjamin Fau (2016 : 1058), « désigne des révélations concernant l’intrigue d’épisodes qui n’ont pas encore été diffusés ». En l’occurrence, les épisodes mis en ligne par Netflix (et par les plateformes qui suivent le même modèle) sont d’emblée tous accessibles à l’échelle de la saison, ce qui signifie qu’un spectateur A peut spoiler un spectateur B du simple fait qu’il ait été plus rapide à regarder l’ensemble de la saison.

Le pouvoir de nuisance des spoilers se mesure plutôt au soin pris (ou non) par les diffuseurs et les médias à contrecarrer leur propagation : il est de plus en plus fréquent que les premiers imposent des « embargos » aux seconds, que cela soit en termes de date de publication des critiques ou d’éléments narratifs contenus dans celles-ci. Le public lui-même sera d’autant plus méfiant qu’il est attaché à une série dont il souhaite se préserver le plaisir d’en découvrir les derniers rebondissements.

Comment éviter les spoilers de GOT et Avengers ? - Catherine et Liliane - CANAL+

Game of Thrones

Game of Thrones, une série sujette aux spoilers en raison de son succès mondial.

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