Dans le cadre des élections européennes de 2024, Valérie Hayer, tête de liste Renaissance, a été l'invitée du JT de 20h de TF1, animée par Gilles Bouleau. Cette apparition médiatique s'inscrit dans une campagne où la présence d'Emmanuel Macron et de Gabriel Attal est forte, soulevant des questions sur la visibilité de la candidate.
Le 3 juin 2024, il a été annoncé que le chef de l’Etat Emmanuel Macron donnera une interview dans les JT de 20h de TF1 et France 2 le jeudi 6 juin. Le président de la République sera l’invité des JT de 20h de TF1 et France 2, à l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie. Il sera d’ailleurs en direct depuis Caen aux côtés de Gilles Bouleau et Anne-Sophie Lapix. A trois jours des élections européennes, la prise de parole du chef de l’État est critiquée par les oppositions. Plusieurs partis annoncent saisir l’Arcom, estimant que le temps de parole d’Emmanuel Macron doit être comptabilisé dans la campagne de la liste Renaissance menée par Valérie Hayer.
Le 29 février 2024, Gilles Bouleau était aux manettes du JT de 20 heures sur TF1. À la fin de cette édition, le journaliste a reçu Valérie Hayer, tête de liste Renaissance aux Européennes.
Gilles Bouleau animait une nouvelle édition du JT de 20 heures sur TF1 ce jeudi 29 février 2024. Le journal s’est ouvert par un sujet sur Gaza, où il y a eu une dizaine de morts lors d’une distribution d’aide. Ensuite, le JT s’est intéressé aux factures d’électricité, dont le prix ne baisse pas.
Cette édition du JT de 20 heures de TF1, proposée entre 19h57 et 20h35, a réuni 5,22 millions de téléspectateurs, soit 25,6% de part de marché sur les quatre ans et plus. Par ailleurs, dès 20h35, après les informations, Gilles Bouleau, qui a battue Anne-Sophie Lapix la veille, recevait Valérie Hayer, tête de liste Renaissance aux Européennes, dont les élections auront lieu le 9 juin 2024. Inconnue du grand public, elle a expliqué son parcours politique. Cette interview de Valérie Hayer a réuni 5 millions de Français, soit 23,9% sur l’ensemble du public. Dans le détail, en début d’interview, 5,28 millions de personnes sont devant TF1. À la fin de l’entretien mené par Gilles Bouleau, ils ne sont plus que 5,05 millions de fidèles. De plus, sur les 25-49 ans, cette interview de Valérie Hayer a séduit 21,3% de part de marché. Ainsi, Valérie Hayer n’a pas fait chuter les audiences de TF1. La chaîne est parvenue à se maintenir, malgré la complexité de l’exercice dans un carrefour très concurrentiel.
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Emmanuel Macron interviewé par Gilles Bouleau et Anne-Sophie Lapix. Source: Le Parisien
Les Débuts Médiatiques de Valérie Hayer
La nouvelle tête de liste du parti présidentiel aux européennes est attendue quelques minutes plus tard sur le plateau du JT de TF1. Le Premier ministre, habitué aux joutes médiatiques, se fend de quelques conseils. L’entretien est court. Il faut être vif, avoir son propos en tête. "Et ne fais pas comme moi ! J’ai appelé Gilles Bouleau "Gilles Bourreau" lors de ma première interview avec lui", s’amuse le chef de gouvernement.
Visiblement impressionnée de se retrouver sur le plateau du journal le plus regardé de France, Valérie Hayer a bafouillé dès le début de son intervention, avant de faire un lapsus assez gênant face à un Gilles Bouleau imperturbable. En effet, la femme politique a d’abord répondu au journaliste "Bonsoir, Gilles Boyer" , avant de se reprendre péniblement et de lui dire : "Bonsoir, Gilles Bouleau. Pardonnez-moi." Gilles Boyer est un proche d’Édouard Philippe, comme Valérie Hayer, et a même été son conseiller spécial quand il était Premier ministre de 2017 à 2019.
Une parlementaire européenne s’amuse de ce lapsus dans un SMS à ce proche d’Edouard Philippe. "T’es une star", lui écrit-elle en substance. La séquence prête à sourire. Les réseaux sociaux, eux, ne loupent pas la prestation poussive de la candidate. Le vice-président de LR Guilhem Carayon raille un "crash". Son élocution et ses quelques erreurs de syntaxes sont moquées. Sa prédécesure Nathalie Loiseau l’a mise en garde : "Ne perds pas une seconde à regarder les commentaires sur Internet, ils sont faits pour te blesser."
Voilà Valérie Hayer plongée dans le grand bain. Chaque mot y est disséqué, l’indulgence n’existe pas. L’entrée dans la cour des grands est à ce prix. "Je suis en plein rodage médiatique, pour ne pas dire bizutage", lance-t-elle mardi lors de la réunion de groupe des députés Renaissance.
Après son passage sur TF1, l’ex-ministre s’est montrée rassurante : "La personne qui ne te connaît pas retient quoi ? Que c’est impressionnant d’être au 20H. On s’identifie à cela."
La Campagne Européenne de Valérie Hayer
Sortie brusquement de l’anonymat bruxellois pour devenir la tête de liste du camp présidentiel, l’eurodéputée mène une campagne appliquée mais sans éclat. Encaissant, stoïque, les kilomètres comme les déconvenues, en provenance parfois de son propre camp.
L’élue de 37 ans a pourtant un CV bien fourni : conseillère départementale de 2015 à 2021, elle a été élue en janvier présidente du groupe Renew, troisième force politique au Parlement européen. Cette ascension s’est faite dans l’ombre, loin des Français. Place à la lumière.
Quand Valérie Hayer observe son affiche de campagne, c’est avec le regard étonné de celle qui a surtout passé du temps à en coller. Elle enchaîne les médias et envahit les foyers. BFM, France Inter, France 5… "Elle a déjà parlé à 10 millions de personnes", note-t-on dans l’état-major de campagne. La tête de liste prononcera samedi un discours à Lille lors du premier meeting de Renaissance. "C’est ma semaine des premières", confie-t-elle, admettant ressentir "un peu de pression".
Cette journée revêt un enjeu intime. "Elle doit asseoir sa légitimité et assumer sa nouvelle fonction, note le porte-parole de Renaissance Loïc Signor. Après ce meeting, on ne doit plus lui demander : 'êtes-vous un choix par défaut ?'" Cette question est invariablement soumise à Valérie Hayer, un peu lasse d’y répondre. Il y a urgence à se défaire de l’image de candidate de substitution, extirpée du banc de touche après une cascade de forfaits.
Ce 29 février, Valérie Hayer discute avec Gabriel Attal, au terme d’une réunion du bureau exécutif de Renaissance. Il faut être vif, avoir son propos en tête.
Pour réussir son pari, la présidente du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen va devoir multiplier les apparitions médiatiques et donc, éviter les lapsus gênants. Valérie Hayer s’est confiée au Figaro ce jeudi 29 février sur cette nomination et a indiqué à quel point elle en était fière.
"Qui ne voudrait pas faire campagne aux côtés d'Emmanuel Macron ? C'est une force !" a-t-elle d’abord indiqué, avant d’ajouter : "Je mesure l'honneur qui m'est fait et l'immense défi qui m'attend. J'ai accepté avec fierté, enthousiasme et esprit de responsabilité. Je suis fière d'être le porte-drapeau de la seule coalition pro-européenne de ce scrutin. "
Visiblement honorée de mener cette campagne, Valérie Hayer l’a commencée sans tour de chauffe, en attaquant le Rassemblement national et Jordan Bardella : "Est-on patriote quand on contracte un prêt directement avec Vladimir Poutine ?
Le camp présidentiel n’est pas étranger à cette image. Plusieurs noms - Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian, Julien Denormandie… - ont circulé pour mener la liste Renaissance. Certaines personnalités ont été sondées par l’exécutif, d’autres noms plus folkloriques ont fuité dans la presse. Au risque d’installer un récit néfaste : celui d’une candidate qui part à l’abattoir face à un RN tout-puissant, dans un combat perdu d’avance que personne n’a voulu mener. "C’est un peu de notre faute, confesse un stratège macroniste. Quand on lance des ballons d’essai, cela crée de la rumeur. Maintenant, il faut passer à autre chose."
C’est une leçon du scrutin de 2019. Les européennes se gagnent dans les médias, pas dans les réunions publiques remplies d’électeurs convaincus. Valérie Hayer se plie à des exercices de "média training" avec Loïc Signor, ancien journaliste politique. Nathalie Loiseau lui fournit des conseils, tirés de la campagne de 2019 : poser sa voix, parler à son rythme, ne pas trop écouter les communicants.
Par petites touches, Valérie Hayer esquisse son style. Elle insiste sur son bilan à Strasbourg et mise sur sa connaissance des dossiers européens pour tenir tête au Rassemblement national. Pas question de nationaliser le scrutin comme le souhaite l’extrême droite. Elle cible l’inutilité des eurodéputés RN et tente d’asphyxier Raphaël Glucksmann en insistant sur leurs votes communs au Parlement européen.
Cette mise en valeur des enjeux européens a pour écho un style sobre. Amateurs de punchlines, s’abstenir. "Je ne vais pas singer Bardella, nos électeurs n’attendent pas cela", confie-t-elle en privé. L’ancien ministre chargé de l’Europe et député de Paris Clément Beaune confirme : "Pour rassembler notre socle, il faut être crédible. Le fait d’avoir une tête de liste plus technique, moins Instagram que Bardella, est un avantage auprès de nos électeurs."
Dans une élection frappée par l’abstention, chaque camp doit mobiliser les siens. Appréciée des militants Renaissance, Valérie Hayer doit convaincre le socle d’Emmanuel Macron de se déplacer le 9 juin. Un électorat plus âgé et diplômé que la moyenne, aux attentes différentes de celles des partisans de Marine Le Pen.
Elle ne mènera pas cette bataille seule. De l’avis général, Emmanuel Macron va s’engager dans l’une de ses dernières batailles électorales. Gabriel Attal aussi, lui qui a été présenté comme "l’arme anti-Bardella" lors de son entrée à Matignon. "Une idiotie, s’agace un cadre Renaissance. Hayer doit être en majesté malgré l’implication de Macron et Attal." Cet attelage interroge sur le poids réel d’une tête de liste du parti présidentiel aux européennes. Les sondages réalisés avant la désignation de Valérie Hayer accordaient à tous les potentiels candidats Renaissance un score entre 19 et 22 %.
Valérie Hayer sera-t-elle écrasée par le duo exécutif ? Peut-elle montrer sa singularité lors de la campagne ?
"Il y a une interchangeabilité relative à trois mois du scrutin, note Gilles Boyer. Il est impossible de savoir si cela dure jusqu’au bout. Nathalie Loiseau a fait plus de 22 % en 2019, alors qu’elle avait été injustement critiquée. Quelqu’un aurait-il fait mieux ? J’en doute mais on ne le saura jamais." Un député Renaissance analyse : "Une tête de liste ne vous fait pas perdre ou gagner 10 points. Mais elle a un rôle de mobilisation.
En conclusion, l'interview de Valérie Hayer par Gilles Bouleau sur TF1 a marqué le début d'une campagne cruciale pour la liste Renaissance. Entre les défis de la notoriété et la forte implication du gouvernement, Valérie Hayer cherche à affirmer son rôle et à mobiliser l'électorat pro-européen.