Casse-Noisette et les Quatre Royaumes est une réécriture du conte d'origine mise en scène par Disney dans le film éponyme. A l’heure du tout remake, Casse-Noisette et les Quatre Royaumes se veut tout aussi rafraichissant que Un Raccourci dans le Temps, un autre film « live action » original du label Disney, sorti en 2018. Mais contrairement à ce dernier dont l’histoire est récente, Casse-Noisette et les Quatre Royaumes présente bien d’autres ambitions, celle de jouer son rôle de conte de Noël de fin d’année pour la firme aux grandes oreilles.
Dans cette version romancée du film, agrémentée de photos, on y retrouve toute la magie présente dans le long-métrage. Pour ma part, j'ai lu le roman avant d'en voir le film. Clara a tout de même réussi à me transporter dans le monde magique des Quatre-Royaumes. J'ai adoré découvrir ce conte, et j'ai encore plus adoré la version fantasmagorique qu'en propose Disney dans cette adaptation. Je ne sais pas si on a le même ressenti en lisant l'oeuvre originale mais, dans tous les cas, je trouve que cette version permet de mettre en avant tout l'aspect onirique de l'histoire.
Cependant, et si Disney s’est plusieurs fois surpassé dans le temps avec ce genre très particulier (on pense notamment à la saga Super Noël), elle n’offre hélas pas ici le standard de qualité requis pour convaincre totalement. Empli de magie et d’immersion, certes, Casse-Noisette et les Quatre Royaumes, n’est pas exempt de défauts et manque cruellement d’aboutissement dans son écriture alors que la direction de ses acteurs frôle, quant à elle, le fiasco le plus gênant… Est-ce sa production mouvementée qui se reflète à travers un récit trop déséquilibré ?
L'Histoire et Ses Thèmes
Le film de Disney est une adaptation libre en prises de vue réelles du conte classique Casse-Noisette et le Roi des Souris, écrit par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann et publié à Berlin en 1816. 28 années plus tard, le romancier Alexandre Dumas Père en propose une traduction personnelle, la même que le compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski utilisera comme support de travail pour créer le célèbre ballet Casse-Noisette, commandé en 1891 par le directeur des Théâtres impériaux de Russie, Ivan Vsevolojski, qui signe avec Marius Petipa le livret.
A l’instar d’autres contes tels que Alice au Pays des Merveilles, Le Petit Poucet ou Le Petit Chaperon Rouge, l’histoire de Casse-Noisette traite également du passage de l’enfance à l’âge adulte. Chez Dumas Père et Hoffman, ce passage est symbolisé par une noisette : une coquille à l’extérieur, une noix à l’intérieur, une histoire qui renferme une autre histoire. L’argument du ballet lui, ne tient pas compte de cette juxtaposition (et de la genèse du jouet Casse-Noisette dépeinte dans la version de Dumas Père et Hoffman) et se concentre sur le soir de Noël, soit, la fin de l’histoire.
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Dans le film, la veille de Noël, Clara reçoit en cadeau un mystérieux coffret. Mais impossible de l’ouvrir, il lui manque la clé ! Et si elle se trouvait dans le bric-à-brac du manoir de son parrain ? La veille de Noël, lors d’une fête organisée par son parrain Drosselmeyer, la jeune Clara découvre un fil d’or qui la conduit jusqu’à une étrange clé… qui pourrait bien ouvrir l’écrin contenant l’inestimable cadeau que lui a légué sa défunte mère. Malheureusement, celle-ci est volée par une petite souris. N’écoutant que son courage, Clara la poursuit et se retrouve propulsée dans un monde parallèle, magique et énigmatique… Là-bas, elle y fera la connaissance d’un soldat prénommé Phillip mais aussi des souverains de trois Royaumes : celui des Flocons de neige, celui des Fleurs et celui des Friandises.
L'Univers des Quatre Royaumes
L’idée d’exploiter à nouveau la richesse de cet univers aura mis finalement plusieurs décennies à germer chez Disney : c’est le 4 mars 2016 que le projet est finalement officialisé tandis que les annonces du casting se mettent en branle dès juillet. C’est le réalisateur Lasse Hallström qui se voit confier la lourde tâche d’offrir un nouveau regain d’intérêt à cette histoire.
Avant de s'aventurer dans les quatre royaumes, le palais est au cœur de l'intrigue et est le lieu où tous les royaumes se rencontrent. Son aspect s'éloigne des palais des contes de fées traditionnels et s'inspire fortement de l'architecture et du style russes. Dans le palais, la salle du trône permet de voir chaque royaume.
Les Royaumes :
- La Terre des Fleurs : Le premier royaume fantastique est celui des fleurs, où vivent les apiculteurs et les agriculteurs qui produisent les fleurs et le blé. Le royaume s'inspire des moulins à vent hollandais et des villages du Sud de l'Angleterre. Il est parsemé de fleurs, de fruits et de légumes et est dirigé par Aubépin.
- La Terre des Flocons de Neige : Foyer des politiciens, des producteurs de glace et des mineurs, ce royaume est comme un gigantesque hôtel de glace avec des transports en commun principalement constitués de traîneaux à rennes. Frisson dirige ce royaume.
- La Terre des Friandises : Ce royaume est le rêve de tout amateur de friandises. Ses murs sont en nougat, ses tuiles en chocolat et ses vitraux en bonbons durs. Cette terre s'inspire de la Fée Dragée qui porte une robe en sucre cristallisé.
- Le Quatrième Royaume : Les autres royaumes sont tous colorés et différents, mais tous leurs citoyens ont une chose en commun : la peur du quatrième royaume, un endroit menaçant. Dans ce qui était jadis la Terre du Divertissement, un conflit a conduit à l'exil de sa dirigeante et lui a donné son aspect actuel, avec son carrousel abandonné et son parc d'attractions oublié.
L'univers des Quatre Royaumes a tout pour plaire aux jeunes enfants. Entre le royaume des Flocons de Neiges, celui des Délices et les deux autres, tous débordants de couleurs et de magie, c'est à en faire tourner la tête.
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Casse-Noisette et les Quatre Royaumes | Bonus VOSTFR : La construction des décors | Disney BE
Tableau des Royaumes
| Royaume | Description | Inspiration | Dirigeant |
|---|---|---|---|
| Fleurs | Apiculteurs et agriculteurs | Moulins à vent hollandais, villages anglais | Aubépin |
| Flocons de Neige | Politiciens, producteurs de glace, mineurs | Hôtel de glace | Frisson |
| Friandises | Murs en nougat, tuiles en chocolat | Fée Dragée | Fée Dragée |
| Quatrième Royaume | Carrousel abandonné, parc d'attractions oublié | Ancienne Terre du Divertissement | Mère Gingembre (exilée) |
Réception et Critiques
Les soucis de conception de Casse-Noisette et les Quatre Royaumes peuvent être résumés rien qu'à travers son titre. Le conte de Hoffman et le ballet de Tchaïkovski ne sont que de vagues inspirations pour cette histoire très largement réinventée qui aimerait lancer un univers fantaisiste neuf dans la veine du Monde de Narnia mais qui ne se donne jamais la peine de nous le faire découvrir et qui le néglige même totalement.
On se demande comment Joe Johnston a pu passer tout un mois à s'occuper des reshoots car clairement, cette final cut en a grand besoin. D'une durée ridicule d'une heure et demi, le film se dépêche de donner des instructions à ses personnages avant même que l'on sache qui ils sont. L'héroïne n'est briefée de la situation qu'après avoir rencontré durant un quart d'heure tous les rôles-clés du scénario et ce pour immédiatement repartir chercher le MacGuffin.
Il ne vaut mieux pas en chercher car Casse-Noisette et les Quatre Royaumes croule sous les incohérences et les erreurs d'écriture. Il suffit d'analyser son twist (que n'importe qui, au-delà de 10 ans, verra venir) pour s'apercevoir des grosses failles du script.
Difficile de savoir à qui revient la faute de ce sentiment de précipitation. Les personnes impliquées dans cette production familiale avaient un minimum de compétence et n'ont bizarrement offert leurs ressources qu'au service de cette histoire ultra-convenue. Casse-Noisette et les Quatre Royaumes confirme juste l'épuisement de la recette autrefois gagnante qui fît le succès des adaptations de Narnia, du Magicien d'Oz et d'Alice au Pays des Merveilles.
Acteurs et Personnages
Sans la candeur de Mackenzie Foy, le personnage de Clara n'aurait pas grand chose pour lui, souffrant de cette incapacité de Disney, hors animation, à écrire des figures féminines fortes qui n'aient pas l'air de robots. Des stars comme Helen Mirren et Morgan Freeman savent avoir suffisamment de présence pour que l'on reste attentifs mais leurs rôles sont si limités qu'on finit presque par les oublier. D'autres sont là pour faire coucou (Jack Whitehall, Matthew Macfadyen) et le débutant Jayden Fowora-Knight est handicapé pour les raisons citées précédemment.
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Paradoxalement, c'est la prestation de Keira Knightley qui marque le plus les esprits. L'actrice est tellement perdue entre ses imitations de Helena Bonham Carter, Anne Hathaway et Elizabeth Banks que la voir saboter l'image digne qu'elle s'est construite ces 10 dernières années est vraiment divertissant.