La côte fleurie de Normandie, et plus particulièrement les villes de Deauville et Trouville, est depuis longtemps un lieu de convergence entre le cinéma et l'art de vivre à la française. Deauville, surnommée le "21ème arrondissement de Paris", et sa sœur jumelle Trouville, ont su saisir l'opportunité de l'engouement pour les bains de mer au 19ème siècle, devenant des stations balnéaires à la mode.
La Plage de Deauville par Eugène Boudin, 1864
L'histoire d'amour entre Deauville et le cinéma explique ce côté un peu bling bling. L’ambition de Deauville est surtout d’être une ville culturelle entre expositions de photos, de peinture et son festival du film américain.
Le Ciné-Bistrot de Claude Lelouch: Un Nouveau Chapitre
Réunissant « deux plaisirs universels » que sont le cinéma et la table, le ciné-bistrot de Claude Lelouch se dévoile. 60 ans plus tard, à deux pas de cette mythique jetée, le rideau se lève sur un ciné-bistrot qui scelle les liens profonds entre un réalisateur mordu de cinéma et de gastronomie, et ces deux sœurs de la Côte fleurie.
« Ce ciné-bistrot, il était très attendu à Trouville. On a des fidèles qui viennent voir l’avancée du chantier depuis des mois », s’amuse Alexis Chermant. Son visage est bien connu de ceux qui, pour patienter, ont dégusté son pastrami dans le food-truck L’Avant-première installé ces derniers mois à côté du chantier. « Les gens ne seront pas perdus, avec Guillaume du food-truck, on a un peu servi de bureau de renseignement permanent avant l’heure… et on sera toujours là », s’amuse-t-il.
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Confectionneur de pastrami, Alexis Chermant est aussi le voisin de Claude Lelouch, à Auberville. « Je suis ami avec ses fils, on se connaît bien, avec Claude ça marche beaucoup au lien, à la confiance, à l’amitié… Tout cela est une histoire de pastrami-tié en fait », s’amuse-t-il, fier d’incarner le « gardien » du ciné-bistrot qui ouvre ses portes le 3 novembre. « Moi je ne suis rien, insiste-t-il, avec humilité. Ici, la vraie star ça sera l’écran, les films, le cinéma ».
Dehors, une grande terrasse offre une vue imprenable sur la Touques, pour observer le ballet des bateaux sortant et rentrant au port. Un autre spectacle.Pour concevoir ce lieu, l’équipe s’est entourée de l’Atelier Hemon Architectes, basé à Saint-Gatien-des-Bois, et Jean-Marc Lalo, architecte notamment spécialisé dans le cinéma. Le spectateur pourra arriver avant la séance, déguster un repas ou un goûter, puis s’installer dans un fauteuil confortable pour profiter d’un film culte.
Côté cuisine, on se régalera bien sûr avec le pastrami d’Alexis - qui se dégustera en planche, en sandwich, en salade ou encore dans des beignets de mozzarella - mais aussi d’autres produits. « On va essayer d’être aussi bon dans le cinéma que dans les assiettes, mais on n’est pas un étoilé, on reste un bistrot », insiste Claude Lelouch qui note : « Il ne faut pas trop manger quand on voit un film, sinon on s’endort ».
Des plats « simples, mais qu’on ne trouve pas forcément ailleurs », résume Alexis, qui nous guide dans le sous-sol où une cuisine neuve a été creusée. Un nouveau lieu pour véritablement « partager un bon repas et savourer un bon film ».
Dès le 3 novembre, 2 Quai Albert 1er, à Trouville-sur-Mer. Ouvert tous les jours, sauf les jeudis et vendredis : de 12 h à 14 h, service déjeuner ; de 15 h à 18 h, formule ciné & goûter ; de 19 h à 23 h, formule buffet & ciné.
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Le Festival du Cinéma Américain de Deauville: Un Événement Incontournable
Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a été créé en 1975 par Lionel Chouchan et André Halimi sous l’impulsion de Michel d’Ornano alors Maire de la Ville de Deauville et de Lucien Barrière alors Président du groupe éponyme. Le Festival met en avant la diversité du cinéma américain, des grandes productions hollywoodiennes aux films indépendants.
Il est le seul festival européen de cette envergure à ouvrir ses portes au public. Chaque année durant 10 jours, Deauville se transforme et accueille les plus grandes stars du cinéma américaines.
Plusieurs sections témoignent de la vitalité et de la diversité inégalées de la cinématographie américaine. La Compétition est exclusivement réservée aux films indépendants. Les Hommages aux personnalités mythiques en leur présence. Le Nouvel Hollywood, qui honore l’avenir en invitant comédiens ou comédiennes, fleuron du cinéma de demain.
Prix Décernés au Festival
- Le Prix du public de la Ville de Deauville : en hommage à l’attachement du public envers le Festival du cinéma américain, la Ville de Deauville a choisi de créer ce prix en 2013.
- Le Prix d’Ornano-Valenti, instauré en 1991 par les compagnies membres de la Motion Picture Association (MPA), association regroupant six studios de production et de distribution de films américains, le Prix d’Ornano-Valenti est décerné par un jury de journalistes anglo-saxons sous la présidence de Jean-Guillaume d’Ornano.
Il récompense un premier film français, dans le but d’aider à sa reconnaisance, sa promotion et son exportation.
Lors des précédentes éditions, le Festival de Deauville a accueilli Johnny Depp, Sophie Turner, Clint Eastwood, Robert Pattinson, Harrison Ford et bien dautres.
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Deauville et le Cinéma: Une Source d'Inspiration
En plus d’accueillir le festival du cinéma américain, Deauville est aussi une véritable inspiration de scènes romantiques. C’est un décor unique pour les films de toutes époques. Sorti en 1965, le film « Un homme et une femme » est LE film qui révèle Deauville au public du monde entier. Cette œuvre de Claude Lelouch est une véritable déclaration d’amour à cette ville normande.
En 2008, dans Mesrine : « l’Ennemi public n°1», une scène montre le braquage du Casino de Deauville. Savez-vous que celle-ci est inspirée du réel braquage de Mesrine et François Besse. En 2009, Anne Fontaine raconte l’histoire de Coco Chanel dans son célèbre film « Coco avant Chanel » et la célèbre plage de Deauville est le théâtre d’une balade romantique entre Coco et Arthur « Boy » Capel.
En 2013, le réalisateur de « la Tour Montparnasse Infernale », Charles Nemes consacre un film à « l’Hôtel Normandy » au titre éponyme. Une comédie endiablée qui vous entraîne à la découverte de la station balnéaire.
Depuis les années 1950, Deauville est ce que l’on appelle une ville de cinéma. Une visite guidée permet de découvrir l’histoire cinématographique de la station balnéaire, entre lieux de tournage et anecdotes. Beaucoup de scènes de films ont été tournées entre les murs de l’hôtel Le Normandy, à Deauville.
« C’est un peu comme la place de l’Étoile à Paris, résume Charlotte Guérin, conseillère en séjour et guide à l’office de tourisme de Deauville. Ainsi, les réalisateurs s’en servent pour représenter les Parisiens qui arrivent en vacances dans la station balnéaire. C’est le cas dans Nous irons à Deauville, film de Francis Rigaud, sorti en 1962, avec un casting cinq étoiles : Louis de Funès, Michel Serrault, Pascale Roberts ou encore Michel Galabru.
Trouville: L'Esprit Off-Courts
D’un côté, Deauville, avec son Festival du Cinéma Américain, déroule son tapis rouge pour accueillir les stars de Hollywood, les premières exclusives et les enjeux financiers colossaux. De l’autre, Trouville-sur-Mer, plus intimiste, plus bohème, offre un festival radicalement différent : Off-Courts.
Bien plus qu’une simple série de projections, Off-Courts est un lieu d’expérimentation. C’est un espace où l’échec est non seulement accepté, mais vu comme un prélude à la réussite. Ce n’est pas juste un festival où l’on consomme des films : c’est un festival où l’on crée, où les frontières entre les professionnels, les artistes et le public se dissolvent.
Le Festival Off-Courts a vu le jour en 2000, un pari audacieux visant à mettre le court-métrage au centre du débat cinématographique. Il ne s’agissait pas seulement de considérer le court-métrage comme un simple exercice ou un prélude à un long-métrage, mais bien comme un art à part entière, une forme d’expression à part entière, libre de toute contrainte industrielle.
Les Piliers du Festival Off-Courts
- La découverte de talents émergents.
- La dimension internationale, en particulier son lien avec le Québec.
- L'effervescence créative.
Ce qui distingue véritablement Off-Courts, c’est son effervescence créative. Le festival ne se contente pas de montrer des films, il en produit aussi. Un exemple parfait de cette philosophie est le Kino Kabaret, un marathon de création cinématographique où des équipes internationales doivent concevoir, tourner et monter un film en 48 heures. Cette expérience, totalement unique, transforme la ville de Trouville en un gigantesque plateau de tournage, où les rues, les cafés et les plages deviennent des lieux de création collective.
Les Jurys et la Programmation
L’identité d’un festival ne se définit pas seulement par la sélection des films qu’il présente, mais aussi par les personnalités qui ont l’honneur de juger ces œuvres. Off-Courts se distingue par la diversité et l’expertise de ses jurys, composés de professionnels reconnus, souvent au-delà des cercles médiatiques traditionnels.
La programmation d’Off-Courts est le reflet de l’ambition créative du festival. La Compétition France présente des films qui illustrent la diversité du paysage cinématographique français, avec des réalisateurs qui, souvent, obtiennent des soutiens institutionnels tels que ceux du CNC.
À côté de cette compétition nationale, les Compétitions Québec et Europe viennent compléter l’offre, offrant ainsi au public une véritable fenêtre sur la création internationale. Au-delà de la compétition, le festival propose des séances hors compétition qui permettent de découvrir des œuvres singulières.
Complémentarité des Festivals
La proximité géographique entre Deauville et Trouville amène naturellement une comparaison entre leurs deux festivals, mais elle est bien plus qu’une simple opposition. Malgré leurs différences, les deux festivals se nourrissent mutuellement. Deauville célèbre le produit fini, l’aboutissement de la création cinématographique, tandis qu’Off-Courts célèbre le processus créatif, l’imperfection et le geste artistique à sa naissance.