Sans que l’on sache trop pourquoi, Dangereuse Alliance est devenu un petit film culte avec les années, ce qui ne nous dérange pas du tout puisque le film reste très sympa. Pas ouf, sympa.
En 1996, The Craft sort en France sous le titre Dangereuse alliance. Entre-temps, plusieurs sorcières sont venues peupler la pop-culture (Charmed, Sabrina, l’apprenti sorcière et son remake Netflix…).
La scène de la levitation | Dangereuse Alliance | Extrait VF
Un Remake dans l'Air du Temps
Et c’est vrai qu’à l’heure de #MeToo, du débat pour l’égalité des femmes et des revendications diverses et variées, il semble qu’un retour de nos sorcières soit inévitable. Aussi, on n’a pas été franchement surpris lorsque le remake de Dangereuse alliance a été annoncé par le studio Blumhouse.
Un nouveau film écrit et réalisé par Zoe Lister Jones, avec notamment Cailee Spaeny, Gideon Adlon, Lovie Simone et Zoey Luna dans le rôle des sorcières en herbe.
Mais il faudra aussi compter avec David Duchovny et Michelle Monaghan pour compléter le casting.
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La vision de Zoe Lister-Jones est très intelligente et le tournage était vraiment un moment très agréable.
Le film sera effrayant, contemporain, mais aussi très pertinent par rapport à ce qu’il raconte et à la manière dont elle a repensé l’ensemble.
Et puis, c’est un film Blumhouse et cela faisait très longtemps que je voulais travailler avec Jason Blum, donc c’était vraiment génial d’enfin le faire. »Michelle Monaghan
Un film qui ne devrait pas réinventer la roue donc, mais qui devrait se concentrer sur des problématiques très actuelles.
Évidemment, avec un tel sujet (des adolescentes rejetées pratiquent la magie pour devenir surpuissantes, avec tous les risques que cela comprend) on se doute bien que le film nous sera vendu avec un label féministe très revendicateur.
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Et ce n’est absolument pas un problème si, au final, le film est à la hauteur, donc pas comme le récent Black Christmas quoi.
Ne reste plus qu’à nous préciser la date de sortie et nous balancer une première bande-annonce.
Bon, et sinon, elle est où Fairuza ?
L’introvertie Hannah arrive dans un nouveau lycée. Elle se lie d’amitié avec trois autres camarades.
Cette suite (ou faux reboot) est donc nourrie de ce nouvel air du temps. Les séquences fantastiques sont portion congrue et relativement peu impressionnantes.
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Elles ne représentent cependant pas le principal intérêt de ce long-métrage qui célèbre la sororité. Aucune rivalité féminine, la bienveillance entre femmes prédomine - à commencer par la relation mère-fille tout en complicité et compréhension.
David Duchovny incarne une sorte de gourou masculiniste, soulignant à gros trait le propos symbolique du film pour qui ne l’aurait pas saisi.
En contrepoint, ses trois fils contribuent à montrer comment les injonctions faites aux hommes entravent, à des degrés divers, leur épanouissement.
L’autre « méchant » de l’histoire, c’est le mec grande gueule du lycée, beau gosse qui multiplie les sorties misogynes pour asseoir sa popularité.
Cette suite, reflétant une partie des préoccupations de notre époque (féminisme, visibilité LGBT…) ne rejoindra pas le Panthéon du cinéma fantastique pour ses qualités cinématographiques, mais elle n’en demeure pas moins un petit plaisir de spectateur.
Les fans de Dangereuse alliance goûteront sans doute à l’effet madeleine nostalgique.
The Craft : Legacy
Sorti en octobre 2020, The Craft - Les nouvelles sorcières (The Craft: Legacy en version originale) est une suite moderne du film culte des années 1990, Dangereuse Alliance (The Craft).
Réalisé par Zoe Lister-Jones, ce drame fantastique et film d'horreur surnaturel explore à nouveau le thème de la sorcellerie à travers un groupe d’adolescentes cherchant à comprendre et maîtriser leurs pouvoirs.
Hannah (Cailee Spaeny) déménage avec sa mère dans la maison du nouveau compagnon de celle-ci. Isolée et en difficulté pour s’intégrer dans son nouveau lycée, elle rencontre Lourdes (Zoey Luna), Tabby (Lovie Simone) et Frankie (Gideon Adlon). Ces trois camarades forment un cercle de sorcières et décident de l’initier à leurs pratiques.
The Craft - Les nouvelles sorcières reprend l’esprit du film culte Dangereuse Alliance (1996) en l’adaptant aux problématiques contemporaines.
Le rôle principal est incarné par Cailee Spaeny, révélée dans On the Basis of Sex et Pacific Rim: Uprising. Elle est entourée de Zoey Luna, Lovie Simone et Gideon Adlon.
Ce film devrait séduire les amateurs de fantastique, de thrillers psychologiques et de récits initiatiques.
Réalisé par Zoe Lister-Jones, The Craft - Les nouvelles sorcières est un film fantastique sorti en 2020 qui revisite un classique des années 1990. Avec Cailee Spaeny, Zoey Luna, Lovie Simone et Gideon Adlon, il propose une réflexion contemporaine sur le pouvoir, la vengeance et la quête identitaire.
Critiques et Réflexions
Dans la famille des films pseudo cultes des années 90, on demande Dangereuse Alliance, avec Fairuza Balk, Robin Tunney et Neve Campbell en sorcières ado énervées.
Signe évident de la fin des temps : les séries Charmed et Sabrina, l’apprentie sorcière, Hocus Pocus, et maintenant Dangereuse Alliance sont revenus sur le devant de la scène, pour une suite, un remake ou quelque chose entre les deux. Belle époque pour les sorcières et les nostalgiques, mais pas forcément pour les spectateurs.
Avec son titre original générique au possible (Legacy, le nom poubelle partagé avec Tron : L’Héritage, S.O.S. Fantômes : L’Héritage, Jason Bourne : L’Héritage ou encore Space Jam: A New Legacy), The Craft : Les Nouvelles Sorcières débarque donc pour un shoot d’années 90.
La formule est à peu près la même : une fragile adolescente arrive dans un nouveau lycée, et se lie d’amitié avec trois camarades pour former un puissant quatuor de sorcières. Mais leur enthousiasme et soif de justice les amène rapidement dans des zones dangereuses, pour elles et les autres.
Aux États-Unis, cette suite aux (faux) airs de remake a directement eu droit à une sortie VOD. En France, le film a curieusement l’honneur d’une sortie au cinéma. Car malgré la présence au générique de Blumhouse, la boîte de production qui transforme presque tout en or depuis Paranormal Activity jusqu’au récent Invisible Man, ce retour des sorcières réalisé par Zoe Lister Jones a bien du mal à camoufler ses allures de pilote de série Netflix.
The Craft : Les Nouvelles Sorcières n’est donc ni catastrophique ni utile.
En 1996, Dangereuse alliance était porté par un petit vent de modernité, abordant la masculinité toxique, la violence familiale ou encore le racisme.
En 2020, c’est un boulevard, et les quatre sorcières sont confrontées aux mêmes plaies, désormais très identifiées. Le féminisme est bel et bien affiché, et pour tous les allergiques aux mots clés actuels (cisgenre, hétéronormalité, consentement, sororité), ce sera certainement aussi désagréable qu’une saison entière de Sex Education ou The Politician.
L’histoire de sang menstruel à la Carrie, l’héroïne qui manifeste ses pouvoirs pour se défendre contre du harcèlement dans les couloirs du lycée, le mot « slut » effacé par magie sur le casier d’un personnage : The Craft nouvelle génération ne cache pas ses cibles.
Et si le racisme a intentionnellement été écarté, c’est par exemple la bisexualité qui est mise sur la table, comme nouvelle limite dans un monde où l’homosexualité est acceptée. Les sorcières ont bien grandi, et leur monde aussi.
Avant que tout ne déraille sans surprise, cette suite se retrouve à mettre en scène une chose amusante : convaincues d’être dans le vrai et le juste, les héroïnes vont rapidement métamorphoser la brute beauf du lycée en homme moderne et sensible, et finalement normal pour toute personne civilisée un minimum.
Cet ennemi devient par magie un allié, et un petit soldat qui porte leurs valeurs, quitte à perdre son identité propre. L’idée n’est plus de convaincre et débattre, mais d’écraser l’Autre pour en faire un double, qui emploie les mêmes mots, et écoute la même musique. Tout ça avec le sentiment exaltant d’une victoire.
Certes, cette manœuvre est d’abord une réponse au comportement odieux du garçon incarné par Nicholas Galitzine. Mais elle montre bien les possibles dérives des débats actuels, et inscrit discrètement The Craft : Les Nouvelles Sorcières dans une modernité inattendue.
Cette suite évite heureusement l’impasse d’une bête répétition. Contrairement à Dangereuse alliance, ici le danger ne viendra pas de l’intérieur du groupe, avec une sorcière qui part en vrille. Une sage et naturelle décision, qui malheureusement a deux impacts finalement problématiques.
Le premier concerne la caractérisation des adolescentes. Autour de l’héroïne Lily, interprétée par Cailee Spaeny, il y a trois personnages fades, uniformisés et difficiles à différencier au-delà du look. Comme le scénario n’exploite pas leurs personnalités extrêmes comme dans le premier film, où leurs failles intimes étaient les moteurs de l’intrigue, Frankie, Tabby et Lourdes n’ont à peu près aucun vrai trait de caractère.
Comparé aux stéréotypes amusants de Dangereuse alliance (la timide au visage brûlé, la white trash, l’Afro-Américaine victime des pouffes blanches), c’est extrêmement terne. Et c’est possiblement lié à l’envie de ne pas aller dans les clichés, et encore une fois aplanir les différences pour les mauvaises raisons.
L’autre problème vient de la pseudo-mythologie développée par The Craft : Les Nouvelles Sorcières. Sans rien spoiler de ce cirque, les quatre héroïnes vont affronter une menace qui rappelle au mieux un mauvais épisode de Buffy, au pire, un bon épisode de Charmed.
Le grand guignol est d’autant plus saisissant que tout ça se prend très au sérieux, notamment dans un climax très laid porté par une symbolique aussi lourde que les poches sous les yeux de David Duchovny et le brushing de Michelle Monaghan.
Les liens affichés avec le premier film (de la mention de Manon à un épilogue pas bien utile) ne sauvent pas réellement l’entreprise de sa parfaite inutilité.
Sans surprise aucune, The Craft : Les Nouvelles Sorcières ne sert à rien.
Complètement anecdotique, le film ne peut même pas être qualifié de mauvais tant il n'a aucun caractère. Une pâle copie du premier, sans âme, sans originalité, avec des acteurs de second rang ou qui n'y croient pas une seconde, tout cela expédié en deux temps trois mouvements avant même qu'il n'y ait eu le moindre enjeu.
Suite et Reboot d’un film des années 90 les nouvelles sorcières reprend de manière quasi identique la trame de son aîné. Certes cette nouvelle version aborde des thèmes plus actuels mais ne le fait que de manière très superficielle et paraît du coup bien plus fade que son aîné (qui n’avait déjà rien d’extraordinaire sauf si on était fan de Charmed à l’époque).
C’est dommage pour Cailee Spaeny qui arrive à faire vivre le personnage principal et qui semble tenir le film sur ses épaules.
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