Netflix a lancé une série qui plonge dans l'histoire du trafic de cocaïne et celle du célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar. Le cinéma et la télévision se sont emparés de ce personnage complexe, luttant pour en comprendre la complexité.
Pablo Escobar
"Narcos" : Une Plongée dans l'Univers d'Escobar
Netflix se frotte à El Patrón, Don Pablo, El Señor, El Doctor, El Capo, El Duro, El Zar de la cocaína, El Diablo… Bref, au criminel le plus riche de l'histoire. "Narcos" met en scène l'expansion rapide du business d'Escobar et la guerre de deux agents, l'Américain Steve Murphy et le Mexicain Javier Pena, pour le mettre hors-circuit.
C'est du moins le programme de sa première saison de dix épisodes. Selon son producteur et réalisateur, le Brésilien José Padilha, elle prendra ensuite d'autres directions. "Narcos n'est pas une série sur Pablo Escobar, insiste-t-il, c'est une série sur l'histoire du trafic de cocaïne".
Équilibre entre Documentaire et Fiction
Narcos cherche en permanence son équilibre entre documentaire et fiction. Les faits sont tellement improbables qu'ils fournissent une matière incroyable, à base d'anecdotes croustillantes, de personnages secondaires pittoresques et de rebondissements criminels sanglants. Padilha et ses scénaristes s'appliquent à multiplier les précisions, et glissent ici ou là des images d'archives.
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C'est Murphy, très bavard, qui permet de faire avancer le récit, où les mois, puis les années défilent. Il faut aller vite, pour pouvoir concentrer une décennie de faits et méfaits en dix petites heures - les derniers épisodes sont plus calmes. C'est à la fois le plaisir et la principale faiblesse de Narcos.
Enlevée, sur une musique résolument pop, l'intrigue veut nous en dire beaucoup, pour que les enjeux de la "guerre contre la drogue" menées par les Américains soient proprement exposés si l'on en croit Padilha. On ne s'ennuie pas une seconde, on tremble, on rit parfois, le divertissement est réussi.
Forces et Faiblesses de la Série
Malheureusement, à trop vouloir en dire et en faire, Narcos commet une erreur de poids : elle ne prend pas assez son temps - encore une fois, jusqu'aux derniers épisodes. Les dialogues sont souvent sommaires, coincés entre deux événements et trois anecdotes.
Steve Murphy (Boyd Holbrook, un peu terne) n'existe pas assez en tant que personnage de chair et d'os et trop à travers sa voix-off, qui envahit régulièrement la narration et la prive de respirations. Pena, pourtant incarné par le charismatique Pedro Pascal (Game of Thrones), met aussi du temps à devenir autre chose qu'une silhouette.
Pablo Escobar prend toute la lumière, frôlant assez subtilement la caricature, trouvant un bel équilibre entre figure mythique et humaine. La performance du Brésilien Wagner Moura, impeccable, tour à tour grave, sympathique, grotesque et terrifiant, y est pour beaucoup. Grâce à cette figure captivante, à un tournage in situ avec des acteurs hispaniques (qui jouent en espagnol) et à l'indéniable sens du tempo de Padilha, Narcos se regarde néanmoins avec plaisir.
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Mentore de Pablo Escobar, elle est devenue "la reine de la cocaïne"
Autres Interprétations de "El Diablo"
Il existe d'autres œuvres portant le titre "El Diablo", explorant des thèmes variés allant du western fantastique aux drames familiaux. Voici un aperçu de quelques-unes :
El Diablo : Western Fantastique
C’est avec un combat à mains nues contre un carcajou (l’animal qui a donné son nom anglais à un célèbre personnage de la maison Marvel Comics) que débute l’histoire proposée par El Diablo (Monkey bizness, Space Connexion). Le Canada et ses grands espaces, la faune parfois inhospitalière et l’implantation des premiers hommes : voici ce qui sert de décor à ce western teinté de fantastique.
Les différents personnages sont travaillés avec soin et endossent tous un rôle bien spécifique. Aux côtés de Jay Foxton et Gus Carcajou, le lecteur découvre également le shérif Kodiak, sans cesse dépassé par les évènements, le maire, particulièrement couard, ou encore Linda Squirrel, la patronne du cabaret et seule à oser tenir tête au potentat local.
L’intrigue est prenante, merveilleusement huilée et embarque le lecteur jusqu’à un dénouement surprenant. Elle est également l’occasion d’aborder, sans fard, certains sujets plus sérieux comme la condition de femmes ou encore les spoliations liées au nouvel eldorado de l’or noir.
El Diablo : Telenovela Hispanique
Crime, famille, amour et drame? El diablo est une telenovela hispanique conçue dans les règles de l?art, diffusée en France par France O.Fils unique d?une immigrée mexicaine, Ángel Salvador est un petit délinquant travaillant sous la couple du chef de gang León Beltrán. Mais une fois incarcéré pour cambriolage, la chance lui sourit enfin lorsqu?il rencontre une brillante avocate, du nom de Manuela Dávila.
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Tandis que celle-ci cherche à l?accompagner dans sa nouvelle vie après sa sortie de prison, Ángel ? surnommé El Diablo dans son quatrier ? se retrouve néanmoins contraint par son ancien patron à commettre un nouveau coup?Dans le même temps, Ángel ignore qu?il est en fait commandité par un dénommé Hierro, homme d?affaires spécialisé dans le blanchiment d?argent qui n?est autre que? son père biologique, Martín Acero, séparé de sa mère dès la grossesse de celle-ci et ignorant qu?elle a mis l?enfant au monde.
Lancée en mai 2009 sur la chaîne hispano-américaine Telemundo, El diablo connaît un fort succès auprès de son public avec plus d?un million de téléspectateurs chaque soir de la semaine. La série s?arrête pourtant en février 2010, après 182 épisodes.
Revelations : Thriller Coréen
Le réalisateur de Dernier Train pour Busan, Yeon Sang-Ho, semble depuis quelques années se plaire sur la plateforme au grand N Rouge puisqu’il a réalisé pour Netflix les séries Hellbound et Parasyte : The Grey, mais aussi les films Jung_E (2023) et Revelations (2025) qui nous intéresse aujourd’hui, bobine produite par Alfonso Cuaron (Les Fils de l’Homme, Harry Potter 3) et débarquée il y a quelques jours sur la plateforme de SVOD.
Yeon Sang-Ho nous avait déjà parlé de religion dans sa série Hellbound qui mettait en scène, entre autres, des anges et des démons. Dans Revelations, point de fantastique malgré quelques … fantastiques (des visions d’un personnage suite à un traumatisme) clairement inspirés de la J-Horror. Ici, il est question d’un trio de personnages qui vont tous lutter contre des démons, certes, mais des démons intérieurs.
Ce trio de personnages est interprété par Ryu Jun-Yeol (Alienoid, The Night Oil), Shin Min-Jae (Smugglers, Jung_E) et Shin Hyun-Bin (Confidential Assignment, The Closet) qui vont livrer une excellente prestation, souvent viscérale, qui sera clairement un des points forts du film.
Bien qu’il n’y ait rien de nouveau à ce niveau-là, l’ambiance est très réussie. Certains en ont marre de ces environnements sombres et pluvieux dans les thrillers coréens et ça peut se comprendre.
Après Psychokinesis, Peninsula et Jung_E, Yeon Sang-Ho n’arrive pas à mettre en boite une aussi grande réussite que son Dernier Train pour Busan et Revelations (2025) vient rejoindre la liste de ses films sympathiques mais trop imparfaits pour retenir l’attention.
Revelations
Errementari : The Blacksmith and the Devil
Espagne, 1841. Il y a maintenant deux ans que la Première Guerre carliste a pris fin. Un envoyé du gouvernement est dépêché sur les traces d’un mystérieux forgeron vivant en solitaire au plus profond de la forêt. Les villageois de la région le craignent et l’accusent même d’avoir scellé un pacte avec le démon que, chaque nuit, ils entendent hurler du fin fond de sa forge.
Commençant comme nombre d’histoire aux accents gothico-horrifiques, le script prend son temps pour surtout présenter les principaux protagonistes de son histoire, à savoir un forgeron bourru, une petite curieuse innocente mais au caractère déjà bien trempé et un démon embastillé mais ne manquant pas de piquant, avant de passer la seconde et relancer la machine vers quelque chose d’absolument fou et à total contre-courant de ce qui était instauré jusque-là.
Certes l’approche peut déstabiliser de prime abord mais si on joue le jeu de se laisser embarquer dans cette aventure fantastico-comique, on appréciera sans problèmes le ton du réalisateur et son producteur.
Et même si Paul Urkijo Alijo n’est pas encore au niveau de son maitre, il n’en reste pas moins un disciple solide dont le futur parcours se doit d’être surveillé.