Détournement d'Avion : Quand Netflix s'Inspire de Faits Réels

Amateurs de thrillers inspirés de faits réels comme Le détournement du vol 601 ou encore Le cercle des neiges, Netflix vient d'ajouter à son catalogue un nouveau film du genre. Ce vendredi 25 octobre 2024, les abonnés Netflix peuvent découvrir Le détournement, un thriller basé sur la prise d'otages des 190 passagers d'un avion par quatre adolescents, aujourd'hui considérés comme des héros.

Mais ce n'est pas tout ! Netflix propose également Good News, un thriller historique coréen inspiré d'un véritable détournement d'avion en 1970. Présentation de ces deux films captivants.

Le Détournement : Un Acte de Bravoure au Nigeria

Le Détournement (Hijack 93 en anglais) revient sur le détournement d'un avion commercial Nigeria Airways en 1993 par quatre adolescents au nom du Mouvement pour l'avancement de la démocratie. Leur objectif ? Obtenir le retour au pouvoir du Président démocratiquement élu au Nigeria.

Après plusieurs années de dictature, le chef Moshood Kashimawo Olawale Abiola, qui était le chef du Parti social-démocrate, a obtenu huit millions de voix aux urnes, redonnant enfin au peuple une lueur d'espoir concernant leur avenir. Malheureusement, le gouvernement militaire a procédé à l'annulation des élections, invoquant des menaces à la sécurité. Cette décision a provoqué des troubles au sein de la population, qui craint de plus en plus un régime militaire indéfini.

Lassés de cette situation, les adolescents Richard Ogunderu, Kabir Adenuga, Benneth Oluwadaisi et Kenny Rasaq-Lawal ont ainsi décidé d'adresser un message au gouvernement nigérian.

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Dès que l'obligation de garder sa ceinture attachée à bord du vol a été levée, Richard Ogunderu, Kabir Adenuga, Benneth Oluwadaisi et Kenny Rasaq-Lawal sont entrés dans le cockpit avec une fausse arme. Leur plan était de déclarer que l'avion commercial - qui avait à son bord plusieurs dirigeants politiques de premier plan - était désormais contrôlé par le Mouvement pour l'avancement de la démocratie (MAD).

Lorsqu'ils sont montés à bord de l'avion de Nigeria Airways, le quatuor avait déjà préparé des déclarations exigeant que MKO Abiola soit nommé dirigeant légitime du pays, qu'ils ont distribué aux passagers. Les adolescents ont aussi demandé à l'armée de restituer à l'État tout l'argent détourné au fil des années, en plus d'ordonner la réouverture des organismes de presse et des universités.

Malheureusement, la situation a rapidement dégénéré en chaos. Au bout de quatre jours de négociations et un atterrissage forcé dans un autre aéroport, la police est entrée à bord de l'appareil et a tiré environ 300 coups de feu. Un membre d'équipage a été mortellement touché.

Nigeria Airways Boeing 737

Que sont devenus les adolescents ?

Après le détournement, les quatre pirates de l'air ont ensuite été arrêtés et condamnés à plus de neuf mois de prison au Niger. Ils ont purgé leur peine dans une petite cellule, qui servait également de toilettes.

Malheureusement, les efforts des adolescents n'ont pas permis au Nigeria de se libérer du gouvernement militaire intérimaire, du moins après leur acte. Le défunt dictateur était au pouvoir de 1993 à 1998 et fut néanmoins le dernier coup d'État militaire réussi dans l'histoire du pays.

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La bravoure de Richard Ogunderu, Kabir Adenuga, Benneth Oluwadaisi et de Kenny Rasaq-Lawal leur a permis d'être considérés comme des héros des temps modernes.

Good News : Comédie Noire sur Fond de Crise Diplomatique

Ce vendredi 17 octobre, un nouveau film sud-coréen débarque sur Netflix : Good News. Le long métrage raconte l’histoire d’un détournement d’avion mené par un groupe japonais voulant atterrir à Pyongyang, en Corée du Nord.

Adapté de faits réels, Good News est un thriller coréen co-écrit et réalisé par Byun Sung-hyun, cinéaste déjà remarqué pour Kill Bok-soon. Le film s'inspire d'un événement marquant de l'histoire contemporaine : le détournement du vol Japan Airlines 351 en 1970, lorsqu'un groupe de militants japonais força un appareil à se poser à Pyongyang.

En tête d'affiche, Sol Kyung-gu (Public Enemy) incarne Nobody, un agent secret désabusé rappelé pour gérer une crise diplomatique explosive. A ses côtés, Kyung Hong (Revenant) campe Seo Go-myung, un jeune officier idéaliste de l'armée de l'air, pris entre devoir et manipulation politique. Ryoo Seung-bum (Family Plan, Moving) prête ses traits à Park Sang-hyeon, le directeur du renseignement sud-coréen, dont les décisions pèseront sur le destin de dizaines de civils.

Comme l’explique le réalisateur Byun Sung-hyun, le film ''ne suit pas complètement l’histoire vraie'' et prend ainsi des libertés afin d’être pertinent pour le grand public. L’objectif du cinéaste est de proposer un récit ''qui pourra résonner auprès de la génération actuelle, à travers des personnages recréés''.

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Offrant logiquement des moments de tension et d’action, le film manie également l’humour noir.

Affiche du film Good News

L'histoire vraie derrière Good News

L’histoire se déroule le 31 mars 1970. Peu de temps après son départ de l'aéroport Haneda de Tokyo en direction de l’aéroport Fukuoka, le vol 351 de la Japan Airlines est détourné par des membres de la Fraction Armée Rouge, une organisation communiste militante active dans les années 1960 et 1970. Utilisant des armes à feu et des sabres, les pirates de l’air exigent le détournement de l’avion vers Pyongyang, capitale de la Corée du Nord.

Rapidement, les pirates de l’air se heurtent à de nombreuses difficultés : en plus des relations diplomatiques tendues, voire figées entre le Japon et la Corée du Nord, le Boeing 727 n’a pas la quantité de carburant requise pour effectuer un tel trajet. L’avion atterrit donc à Fukuoka pour se ravitailler en carburant. Commence alors une première négociation, fructueuse pour la police nippone, qui parvient à convaincre les pirates de libérer 23 de leurs otages.

Du côté du cockpit, les pilotes reçoivent une carte de la péninsule coréenne, et ont l’ordre de brancher leur radio sur une fréquence spéciale. Guidés par la police japonaise, les contrôleurs aériens livrent délibérément des fausses indications aux pilotes. L’objectif de la manœuvre ? Tenter de faire atterrir l’avion à l’aéroport Gimpo de Séoul, en Corée du Sud. Sur place, le personnel aéroportuaire tente même de ''maquiller'' l’aéroport pour le faire passer pour un aéroport nord-coréen.

Les pirates de l’air, qui avaient comme projet d’atterrir en Corée du Nord pour inciter à la révolte en Corée du Sud et dans les pays voisins, comprennent rapidement qu’ils ont été piégés. Face à l’insistance et aux menaces du groupe, Shinjiro Yamamura, vice-ministre japonais des Transports, propose aux malfrats de prendre la place des otages restants. Une fois l’échange réalisé, le Boeing redécolle et atterrit cette fois à l’aéroport Mirim de Pyongyang, en Corée du Nord.

Après avoir offert le droit d’asile aux pirates de l’air, les autorités nord-coréennes permettent à l’équipage de l’avion et au vice-ministre de regagner le Japon avec le même avion.

Que sont devenus les terroristes ayant participé au détournement de Yodogo ?

Après cette histoire rocambolesque, les neuf terroristes ont trouvé refuge en Corée du Nord. Certains d’entre eux ont collaboré avec le régime nord-coréen pour enlever des ressortissants japonais.

Les neuf pirates de l’air ont vécu dans un complexe résidentiel fermé et sécurisé, surveillé par l’armée, en compagnie de leur famille. Si certains sont depuis décédés, notamment le leader Takamaro Tamiya, d’autres vivraient toujours dans cet endroit aujourd'hui.

Images spectaculaires d'un crash d'avion

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