France-Brésil 1998 : Le Match Complet sur TF1, Vingt Ans Après le Sacre

Vingt ans après le sacre des Bleus, et à quelques jours du début de la Coupe du Monde, TF1 nous fait revivre la compétition la plus importante de l’histoire du sport français, match après match. Dimanche soir, TF1 diffuse un documentaire sur l’épopée de l’Équipe de France 98. Une manière de se rappeler que le parcours de cette équipe ne se limite pas qu’au fameux « et 1 et 2 et 3-0 ». Que cette équipe s’est avant tout forgée dans la douleur et l’adversité.

Le 12 juillet 1998, la France remportait le titre mondial face au Brésil au Stade de France. La liesse de tout un pays quand la France remporte le titre mondial le 12 juillet 1998 face au Brésil au Stade de France. Chacun se souvient où il était le soir de la victoire des Bleus à la Coupe du monde 1998. Ce soir là, la France entre dans l'histoire.

L'excellent documentaire de TF1 diffusé a fait remonter à la mémoire des tonnes de souvenirs de ces quatre années magiques, de 1994 à 1998, passées à préparer la Coupe du Monde, et quelque part un peu aussi la victoire des bleus.

Discours d'avant match et mi-temps finale France Brésil 1998 (les coulisses du sport 3)

France-Brésil 1998 : La Une de L'Équipe

Un Parcours Semé d'Embûches

I Will Survive, l’hymne des supporters des Bleus, colle parfaitement à ce qu’a été le destin de cette équipe. Elle n’a fait que survivre :

  • 8ème de finale face au Paraguay : but en or au bout des prolongations.
  • Quart de finale face à l’Italie : séance de tirs au but.
  • Sans parler de la demi-finale arrachée 2-1 face à la Croatie.

Et c’est en cela qu’elle est belle cette équipe. Parce qu’elle est incroyablement française. Elle avait tout pour être une perdante magnifique.

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Mais l’Equipe de France 98 n’était pas destinée à être une perdante magnifique. Elle était destinée à gagner. Et pas de n’importe quelle manière. Et 1, et 2 et 3 zéro. Face au Brésil. Chez nous. A Saint Denis. Couronnés devant la France entière. Il y a des chances pour que ça n’arrive plus jamais.

La Finale : France-Brésil au Stade de France

C’est le match le plus important de l’histoire de l’équipe de France. Il s’agit de la finale de Coupe du monde, disputée à domicile face au tenant du titre et grand favori. Le pari fou d’Aimé Jacquet semble sur le point de prendre forme. Pourtant tout n’a pas été facile depuis le début de cette édition 1998. Le premier tour a donné satisfaction sur le plan comptable (trois matchs, trois victoires), mais pas sur le jeu.

L’équipe de France est donc en finale de sa Coupe du monde, mais ce n’est pas une fin en soi. Celle-ci reste la favorite aux yeux du monde entier. La formation dirigée par Mario Zagallo et son adjoint Zico a réalisé un tournoi remarquable. Elle dispose d’une poignée de joueurs à la technicité exceptionnelle et surtout d’un phénoménal avant-centre : Ronaldo Luis Nazário de Lima, 22 ans, Ballon d’Or 1997, prototype du footballeur moderne alliant virtuosité technique et puissance physique.

Jacquet doit composer son équipe en tenant compte d’une absence de taille, celle de Laurent Blanc suspendu après un stupide carton rouge récolté en demi-finale contre la Croatie. Le sélectionneur français reste fidèle au dispositif qu’il met en place depuis le quart de finale contre l’italie, un robuste 4-3-2-1 avec sept joueurs à vocation défensive.

Le Contexte et l'Ambiance

Le stade de France affiche complet, comme si toute la France s’y était donné rendez-vous. Même les personnalités people habituellement réfractaires aux choses du ballon rond se sont invitées dans les loges car toutes ont compris la portée historique de cette rencontre : c’est ici dans ce stade qu’il faut être vu ce 12 juillet 1998.

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Le Déroulement du Match

Le coup d’envoi est donné par l’arbitre Saïd Belqola, un marocain. C’est la première fois qu’un arbitre africain dirige la finale de la Coupe du Monde. Très vite, l’équipe de France se trouve en situation de marquer.

  • 1ère minute: Guivarc’h est lancé par Youri Djorkaeff sur un long ballon qui arrive dans la surface de Claudio Taffarel. Junior Baiano empêche le Breton de pivoter mais celui-ci tente un retourné qui passe au dessus de la cage.

Le début de match s’équilibre ensuite entre deux équipes qui cherchent à progresser en jouant au sol à base de passes courtes. Mais peu à peu les Français vont prendre l’ascendant sur leurs adversaires.

Comme prévu, sur le côté droit, l’énergique Christian Karembeu se charge d’annihiler les inspirations du talentueux Rivaldo. Il se place également sur le chemin de Roberto Carlos pour briser, en compagnie de Lilian Thuram, les montées dévastatrices du latéral brésilien. Sur la gauche, Emmanuel Petit et Bixente Lizarazu sont assignés à peu près aux mêmes tâches vis-à-vis de Leonardo et Cafu.

Rapidement, on s’aperçoit que Zidane est dans un grand soir. Sa vista donne le tournis à ses opposants, chacune de ses passes décale idéalement un coéquipier et met le jeu dans le bon sens. On le voit à la réception des relances défensives, porter le ballon, défier les défenseurs, combiner avec Djorkaeff, avancer aux abords de la surface, décaler idéalement Guivarc’h seul vers le but.

L’équipe de France occupe souvent le camp brésilien. Rarement elle a démontré une telle maîtrise collective, ce sentiment d’être une et indivisible. Elle repose certes sur une base défensive solide, mais démontre de réelles capacités d’animation sur le plan offensif.

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Les Moments Clés de la Première Mi-Temps

Elle obtient un coup-franc excentré que frappe Zidane. Dans la surface, Djorkaeff et Guivarc’h se jettent sur la ballon. Le Brésil semble surpris par la confiance manifestée par les Français. Il s’en remet, comme souvent, au talent individuel de ses joueurs.

  • 21ème minute: Roberto Carlos déborde sur son aile gauche et tire très fort en direction de la cage. On ne sait jamais avec lui s’il s’agit d’un tir spontané ou d’un centre raté. Toujours est-il que le ballon passe juste au-dessus de la barre de Fabien Barthez.
  • 22ème minute: Ensuite c’est Ronaldo qui imite son coéquipier à partir du même endroit, avec un tir beaucoup plus précis. Barthez intervient sur sa ligne mais doit s’y reprendre à deux fois pour maîtriser le ballon, alors qu’il est sous la menace de Bebeto.

A ce moment-là, on se demande si les tetracampeão ne sont pas en train de prendre le dessus. Sans un Barthez hyper-concentré, peut-être même auraient-ils ouvert le score. Mais les Français sont loin de céder à l’affolement. Ils perdent peu de ballons et font souffrir leurs adversaires.

  • 27ème minute: Sur l’aile droite, bien lancé par Thuram, Karembeu cherche à déborder Roberto Carlos. Ce dernier semble prendre le dessus, mais dans son élan, il sort du terrain avec le ballon. Le corner va être frappé par Petit.

Il est 21h27 heure française ce dimanche 12 juillet 1998. Le temps est doux. La nuit n’est pas encore tombée sur Saint-Denis, même si les puissants projecteurs du Stade de France semblent donner l’impression que le match se joue en nocturne.

Zidane marque de la tête contre le Brésil
  • 27ème minute: Devant la cage, les Brésiliens s’agitent et s’octroient chacun un joueur en bleu, mais ils semblent oublier Zidane positionné à l’entrée de la surface. Lorsque le corner est frappé, le numéro 10 français s’avance vers le premier poteau. Leonardo est le seul à comprendre ce qu’il va se passer. L’ancien joueur du PSG cherche à s’interposer mais c’est trop tard. Zidane vient d’inscrire le premier but de la finale.

Il saute par-dessus les panneaux de publicité et envoie un poing rageur vers le public. Lorsqu’il revient vers le terrain, il y a ce curieux geste de Desailly qui semble le provoquer, puis le coup de poitrine viril de Lebœuf.

Pour le Brésil, le coup est rude. Il s’agit maintenant de lancer des attaques et de faire plier cette forteresse bleue avant la mi-temps.

  • 31ème minute: Le capitaine Dunga donne l’exemple et envoie un long ballon loin devant dans la course de Ronaldo. Celui-ci entre au sprint dans la surface de réparation mais n’a pas vu arriver Barthez. Les deux hommes se percutent violemment sans que l’on puisse déterminer si l’un des deux a commis une faute. Le gardien français se relève assez vite, l’attaquant brésilien met plus de temps.

Les contacts deviennent un peu plus rudes.

  • 34ème minute: Au milieu de terrain, Djorkaeff est fauché par Junior Baiano, qui prend le premier carton jaune de la soirée.

Peu après, le même Djorkaeff tente un exploit à la Maradona en partant du milieu de terrain et en slalomant parmi les Brésiliens sur le côté droit.

  • 38ème minute: Rivaldo fait étalage de sa technique à Karembeu et Deschamps près de la ligne de touche. Le capitaine français emploie la méthode forte et fait chuter le Brésilien qui roule au sol. Deschamps écope à son tour d’un avertissement.
  • 39ème minute: Peu de temps après, le capitaine français est percuté par son vis-à-vis Dunga et reste longtemps au sol. Les soigneurs accourent et parviennent à le relever. Le capitaine brésilien envoie ses excuses mais Deschamps fait savoir d’un hochement de tête réprobateur qu’il apprécie modérément.

L’équipe du Brésil poursuit ses efforts. Les rares ballons qu’elle parvient à maîtriser se transforment en attaque mais celles-ci manquent toujours un peu de coordination, de détermination ou de choix pertinent.

Coté français, la confiance reste culminante. On voit Karembeu tenter une frappe à ras de terre de quarante mètres. Le ballon est repoussé par Junior Baiano au niveau du point de pénalty mais arrive dans les pieds de Petit qui contrôle et frappe du pied droit (son mauvais pied).

On reste subjugué par le nombre d’occasions très nettes que l’équipe de France parvient à se créer. La défense brésilienne est aux abois.

Thuram, de sa position d’arrière droit, envoie un très long ballon aérien qui arrive aux abords de la surface de Taffarel.

Petit se charge une nouvelle fois de ce coup de pied de coin.

La ballon parvient à Guivarc’h qui, un peu excentré, est contré par Aldaïr lequel concède un nouveau corner.

  • 45ème minute: Celui-ci est tiré par Djorkaeff alors que l’on vient de dépasser la quarante-cinquième minute. Zidane retente le même coup. Positionné aux abords de la surface, il est à nouveau oublié par la défense brésilienne. Il s’avance au premier poteau pour reprendre le tir de Djorkaeff. Le capitaine Dunga cherche à s’interposer mais s’écroule sous le poids du Français qui reprend de la tête. C’est le deuxième but de Zidane, quasiment le même que le premier. L’image fera la une de L’Equipe le lendemain.

La France mène 2-0 mais la première période n’est pas terminée.

  • 45’+3 minute: Saïd Belqola accorde un coup-franc aux Brésiliens à une quarantaine de mètres des buts gardés par Barthez. C’est Roberto Carlos qui s’apprête à le tirer, et l’on ne peut s’empêcher de se souvenir de ce but phénoménal qu’il avait inscrit un an plus tôt à Gerland, lors du France-Brésil amical du Tournoi de France. Mais cette fois, la frappe est plus rectiligne et sa trajectoire est déviée en corner par la tête de Deschamps. Le Brésilien semble avoir été déconcentré par Djorkaeff qui est ostensiblement resté à ses côtés quand il a pris son élan.

On en reste donc à 2-0 lorsque Saïd Belqola siffle la mi-temps. Il n’y a eu précédemment qu’une seule finale de la Coupe du Monde où une équipe avait fait une telle différence avant la mi-temps, et c’était lors de la première Coupe du monde française, en 1938, quand l’Italie menait 3-1 contre la Hongrie à la pause.

La Deuxième Mi-Temps : Tension et Triomphe

Pour la deuxième période, le sélectionneur brésilien fait entrer un attaquant supplémentaire, le jeune Denilson, à la place du milieu de terrain Leonardo. Le Brésil se jette résolument à l’offensive, a-t-il d’ailleurs le choix ?

  • 47ème minute: Cafu tente de débloquer la situation sur son aile, mais il est bousculé par Desailly, qui au passage prend un carton jaune.
  • 53ème minute: Dunga tente un tir de loin qui passe largement à côté.
  • 56ème minute: Denilson tente une incursion dans la défense française mais il est accroché par Karembeu.

La finale aura révélé chez les Brésiliens un manque de cohésion sur le plan tactique. L’équipe est capable d’écraser un adversaire sous le poids de l’exceptionnelle qualité individuelle de ses joueurs, mais souffre face à une équipe bien organisée et très concentrée.

  • 56ème minute: Roberto Carlos centre de son aile gauche. Le ballon est récupéré par Ronaldo sur le côté droit, qui frappe des six mètres, à bout portant. Le but est inévitable et pourtant Barthez bloque impeccablement le ballon.

Autant la première mi-temps fut un sommet de maîtrise de la part des hommes de Jacquet, autant la deuxième est plus décousue. Beaucoup d’imprécisions se font jour ça et là. Les Tricolores se donnent quelques frayeurs, comme sur cette longue touche de Roberto Carlos, que Barthez tente de capter en s’aventurant loin de sa cage mais où il se loupe complètement.

Les Français, un peu plus repliés qu’en première période, réagissent désormais plus qu’ils n’agissent. Les offensives menées par le Brésil laissent quelques boulevards dans sa défense.

Lebœuf envoie un long ballon aérien en direction de Guivarc’h, qui se retrouve au milieu de trois Brésiliens. Cafu manque sa tête et place idéalement le Français face à Taffarel. Rarement dans l’histoire un joueur n’a eu en finale de Coupe du monde autant d’occasions franches que Stéphane Guivarc’h. Et à plus forte raison, rarement un joueur n’en a manqué autant.

  • 66ème minute: C’est peut-être cette absence de réussite qui pousse Jacquet à changer son avant-centre. Le Breton cède sa place à Dugarry.

Le Brésil poursuit ses attaques, notamment par le dribbleur Denilson qui cherche toutes les entrées possibles. Un de ces centres est repoussé par Desailly, qui sort très vite le ballon. Il le transmet à Djorkaeff et poursuit sa course. Le défenseur français franchit la ligne médiane lancé par Djorkaeff, mais Cafu intervient pour s’emparer du ballon.

  • 68ème minute: Desailly, trahi par son enthousiasme, fauche brutalement le Brésilien. Il reste encore vingt-deux minutes et la France se retrouve en infériorité numérique. Petit lâche son poste de milieu de terrain pour occuper celui laissé vacant par Desailly au centre de la défense.
  • 74ème minute: Côté brésilien, on en profite pour renforcer le secteur offensif avec l’entrée de l’attaquant Edmundo à la place du milieu Cesar Sampaio. C’est le deuxième changement brésilien. Il n’y en aura curieusement pas de troisième.

Le Brésil poursuit sa domination brouillonne et improductive. Les Français, dès qu’ils récupèrent le ballon, assurent de longues passes pour en priver les Brésiliens. Il reste encore une dizaine de minutes à tenir.

Petit marque le troisième but
  • 83ème minute: Lebœuf tacle Denilson puis donne le ballon droit devant à Dugarry. Celui-ci relaie avec Zidane qui le lance plein champ, la défense brésilienne étant à nouveau prise à défaut. “J’ai marqué le premier but, je marquerais le dernier” avait clamé Dugarry qui se retrouve seul devant Taffarel… mais frappe à côté.

Près du banc de touche français, les remplaçants et les membres du staff sont tous debout. Ils trépignent, ils encouragent, ils se congratulent, certains sont sur le point de pleurer.

Tout là-haut, la tribune présidentielle est dans un état d’excitation comparable, entre Michel Platini qui serre les poings en signe de victoire et Jacques Chirac qui sent bien de quelque chose va se passer.

On joue la dernière minute réglementaire.

Une frayeur parcoure à nouveau l’échine des français. Une action brésilienne décale Denilson sur la gauche qui frappe à bout portant.

Trois minutes de temps additionnel sont données à l’arbitre. Le score est toujours de 2-0 et le Brésil continue d’attaquer.

Un tir lointain de Rivaldo est dévié par une jambe française et Barthez ne parvient pas à empêcher le ballon de sortir.

Ultime corner pour le Brésil. Roberto Carlos le frappe.

Le Bordelais sort de la surface, semble dans un premier temps ne pas trop savoir quoi faire du ballon. Puis il se met à remonter le terrain, accompagné dans son effort par Vieira et Petit.

  • 90+3 minute: Au sortir du rond central, Dugarry transmet à Vieira sur la gauche, lequel aussitôt, sans contrôle, lance le ballon dans la course de Petit. D’un coup de patte du pied gauche, le blond français mystifie Taffarel, bloqué sur ses appuis. Le but de Petit entérine pour de bon la victoire (3-0) des Tricolores. Un but d’autant plus symbolique qu’il s’agit du millième de l’histoire de l’équipe de France.

L’équipe de France est championne du monde.

“Vous le croyez ça ?” hurle Thierry Roland d’une voix légèrement cassée : “Je crois qu’après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. Enfin, le plus tard possible…”

Et tandis que les joueurs se congratulent, le commentateur vedette ne se contient plus : “Quel pied ! Quel pied ! Oh p…”.

L'Héritage de France 98

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