Le film "Le Cercle des poètes disparus" continue de fasciner et d'inspirer, plus de 30 ans après sa sortie initiale en 1989. L'histoire de la révolte d'élèves dans un collège huppé avait touché le public, mais surtout les adolescents.
Eux y voyaient moins une critique de la société qu'une identification aux interrogations des jeunes héros.
L'histoire et le message
Le film se déroule dans une prestigieuse académie américaine des années 1950, où un professeur de littérature anglaise peu conventionnel, John Keating (interprété par Robin Williams), bouleverse les conventions établies. Keating encourage ses élèves à explorer la poésie, à vivre pleinement le moment présent et à suivre leurs passions.
Le message central du film porte sur :
- La liberté individuelle
- La rébellion contre la conformité
- L'importance de suivre ses rêves
La célèbre phrase "Carpe diem" (Cueille le jour) résume bien la philosophie prônée par le professeur Keating.
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Moment Culte : Le cercle des poètes disparus
Impact et héritage
"Le Cercle des poètes disparus" a connu un immense succès à sa sortie, remportant même un Oscar en 1990. Il fera 6, 5 millions d'entrées. Le film a particulièrement marqué toute une génération de spectateurs, notamment les jeunes, qui ont trouvé dans les personnages des modèles inspirants de courage et d'audace.
Plusieurs raisons expliquent cet engouement durable :
- Le portrait inspirant d'un enseignant passionné
- La remise en question des normes éducatives traditionnelles
- Des répliques devenues cultes comme "Ô capitaine, mon capitaine!"
En 1992, l'émission les "Mardis du cinéma" se penchait sur le phénomène cinématographique du "Cercle des poètes disparus", un film de Peter Weir ayant connu un immense succès notamment auprès de la jeunesse en 1990.
Dans la première partie de l'émission elle était allée à la rencontre d'enseignants à Arras pour parler de ce film américain réalisé par Peter Weir, avec Robin Williams, sorti sur les écrans français en 1990 : Michel Thomas, proviseur, Françoise Szulc et Monique Mas, enseignantes, mais aussi des élèves des lycées Carnot, Gambetta et Robespierre de la même ville répondaient à ses questions.
Une enseignante s'interroge : "Mes étudiants m'ont dit : A chaque fois qu'on voit ce film, on pleure, on est ému, on est bouleversé. J'ai revu ce film pour comprendre pourquoi mes élèves l'aimaient tant. Ce film est-il réellement contestataire ? Comment se fait le phénomène d'identification auprès des jeunes ? Il a un impact énorme auprès d'eux car il s'intéresse à leurs problèmes... [...] Nous, enseignants sommes plutôt mal à l'aise devant le personnage du professeur. A aucun moment il ne remet en question cette bonne société dans laquelle se déroule l'histoire, avec tous ses moyens financiers.
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Dans la seconde partie de l'émission, le philosophe Michel Cazenave et Raya Mondzain, étudiante en philosophie, analysaient le succès de ce film, surtout auprès des jeunes. Les thèmes qui ressortent du Cercle des poètes disparus portent sur les notions de liberté et d'obéissance, sur le suicide.
Si le film touchait tant, c'est sans doute aussi parce qu'il présentait une sorte d'archétype, celui du guide et de l'initié et une image idéalisée de la complicité possible entre un maître et un disciple, un enseignant et un élève.
Du côté des enseignants, il n'était pas question de passer à côté de cet enthousiasme. Certains assumaient d'essayer de reproduire la relation de confiance prof-élève décrite dans le film. À l'instar de cette professeure de français venue accompagner ses élèves et qui l'assurait : « nous ferons un travail là-dessus. C'est prévu » !
C'est ce que traduisait aussi une jeune fille déclarant que c'était « le rêve de tous les élèves de rencontrer ce type de professeur qui permettait de leur donner la liberté de s'exprimer, sans imposer sa discipline ».
Une œuvre toujours d'actualité
Le film continue de résonner auprès du public aujourd'hui. Une adaptation théâtrale française est d'ailleurs présentée à Paris depuis janvier 2024, preuve de l'intérêt persistant pour cette histoire.
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Présentée depuis janvier 2024 au cœur de la capitale, elle a depuis récolté six nominations aux Moliéres 2024, dont celle du meilleur acteur pour Stéphane Freiss. Une reconnaissance méritée pour l’acteur qui incarne le magnétique Professeur Keating.
Le message sur l'importance de stimuler la créativité et l'indépendance d'esprit des étudiants reste pertinent dans le contexte éducatif actuel.
Le tableau de classe devient ainsi un élément central de la mise en scène et dépasse son simple outil scolaire. Il présente ainsi des portraits animés, des écritures flottantes, tout en servant aussi de découpage pour les scènes d’extérieur.
Ainsi la pièce ne renie pas son héritage, mais joue aussi avec la modernité et la liberté qu’offre le théâtre. Cette adaptation rend à la fois hommage à la fidélité du texte, à ses personnages, et à ses situations en trouvant des subterfuges bien sentis de mise en scène pour condenser un 1h30, le sel du film.
Tout ce qui a fait son succès, il y a 34 ans, est réuni pour séduire les cinéphiles - venus en nombre, curieux de voir le long-métrage transposé sur scène - mais aussi les néophytes qui grâce à cette entrée en matière plus que réussie, sauront encore plus apprécier l’œuvre de Weir.
Peut-être est-ce dû à cette scène finale magistrale durant laquelle les élèves debouts sur leurs bureaux crient « Ô Capitaine, Mon Capitaine » alors que résonne la musique du film de Peter Weir. L’émotion est là, et on aperçoit d’ailleurs plusieurs spectateurs s’essuyer quelques larmes.
Le nom de Robin Williams est éternellement lié à celui de John Keating, ce professeur qui nous expliquait avec une tendresse infinie - et survoltée - que l'on “ne lit pas ni écrit de la poésie parce que c'est joli. On lit et on écrit de la poésie parce que l'on fait partie de l'humanité, et que l'humanité est faite de passions. La médecine, le droit, le commerce et l'industrie sont de nobles occupations et sont nécessaires pour assurer la vie. Mais la poésie, la beauté, l'amour, l'aventure, c'est pour cela que l'on vit”.
Si l'acteur disparu en 2014 est le poète fétiche de nombreux cinéphiles, c'est sans doute parce que son rôle dans Le Cercle des poètes disparus a touché les cœurs et les esprits de toute une génération. Son succès est tel qu'une trentaine d'années après sa sortie en salles, au printemps 1989 aux États-Unis puis il y a très exactement 34 ans, le 17 janvier 1990, en France, le drame de Peter Weir (également connu pour The Truman Show) séduit toujours autant celui ou celle qui le regarde.
À l’automne 1959, Todd Anderson entre en deuxième année à Welton dans le Vermont, une école fictive pour garçon aussi prestigieuse qu'austère. Il s'y fait quelques amis.
Déterminé à forger des esprits libres, celui-ci offre à ses étudiants la possibilité de regarder le monde autrement. Dans les classes où il est présenté comme sur les réseaux sociaux où sont partagés d'innombrables images et répliques du film, la poésie révolutionnaire du professeur Keating semble traverser le temps de manière immuable.
En leur faisant découvrir toute la beauté de la poésie, il fait bien plus qu'enseigner. Il soutient la camaraderie, la joie et l'improvisation.
Dès le premier jour de cours, les étudiants - symbole d'une jeunesse américaine corsetée dans les traditions - sont déroutés par les méthodes pédagogiques peu orthodoxes du professeur.
Aussi intrigués que captivés, les jeunes garçons vont ainsi réveiller le “cercle des poètes disparus”, une vieille confrérie formée à la gloire des mots dont John Keating faisaient partie. Ils se retrouvent la nuit dans une grotte des environs, pour chanter, danser, boire et fumer des cigarettes.
En véritables romantiques, ils récitent des poèmes, parfois les leurs, parlent des filles et s'imaginent un avenir libre. Ils s'autorisent à rêver.