Dans une période d'interrogations et d'incertitudes, il est essentiel de se rappeler l'identité de la France, un pays où le sens des injustices est particulièrement vif.
Le « grand débat national » a été conçu pour répondre à la crise des « gilets jaunes ». Emmanuel Macron espérait en faire l’outil de sa reconquête de l’opinion. Ce pourrait être un nouvel épisode de son annus horribilis.
Le gouvernement a lancé ce grand débat national pour restaurer le dialogue. Chacun peut y prendre part et par différents moyens. D’une part, en participant à des discussions publiques organisées en région appelées « réunions d’initiatives locales ». D’autre part, en soumettant ses idées soit en ligne soit par courrier.
À l'issue de la phase de participation, l'ensemble des contributions a été analysée, sous le contrôle des garants. Toutes les contributions numériques sont accessibles sur ce site.
Grand débat national : "On pourra parler de tout, c'est un débat de solutions", dit Lecornu sur RTL
Les Garants de l'Indépendance
Pour garantir l'indépendance du grand débat, un collège de garants a été désigné. Ils garantiront l’indépendance du débat, qui sera animé par deux ministres.
Lire aussi: Voyage artistique : Le Grand Échiquier
Le gouvernement et les présidents des assemblées ont désigné les cinq "garants" du Grand débat national lancé pour deux mois par Emmanuel Macron, afin de répondre à la crise des "gilets jaunes". La consultation, qui va durer jusqu'au 15 mars, est animée par la secrétaire d'État Emmanuelle Wargon, pour la logistique, et le ministre Sébastien Lecornu, pour la coordination avec les élus.
Ce jeudi soir, Matignon a annoncé la nomination de l'ancien patron de la RATP et de la Poste, Jean-Paul Bailly, et de l'actuelle présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin.
Le politologue Pascal Perrineau a été désigné par le Sénat dont le président, Gérard Larcher, a dit préférer au terme "garant" celui d'"observateur" des échanges organisés dans tout le pays.
Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a choisi Guy Canivet, ancien membre du Conseil constitutionnel.
Pour encadrer le débat, l’État a désigné un « collège de garants » dont la mission est de s’assurer de « l’impartialité et de la transparence de la démarche ».
Lire aussi: Les salles obscures françaises à ne pas manquer
Toutefois, un certain nombre de Français demeurent sceptiques. Beaucoup mettent en doute l’utilité et l’impartialité de la démarche malgré les dispositifs mis en place.
Controverses et défis
Conçu pour répondre à la crise des « gilets jaunes », le « grand débat » voulu par le chef de l’Etat, dont le lancement est prévu mardi 15 janvier, ne sera finalement pas conduit par Chantal Jouanno. La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), qui devait garantir l’indépendance et la transparence de la consultation, a préféré jeter l’éponge, après une polémique sur son salaire.
« J’ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat », a déclaré l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, mardi 8 janvier sur France 2, estimant que si les interrogations exprimées par des « gilets jaunes », mais aussi des membres de l’opposition, à propos de son niveau de rémunération (14 666 euros par mois) étaient « légitimes », les « conditions de sérénité nécessaires pour ce débat » n’étaient plus assurées. « C’est une décision que j’ai prise parce que je crois en ce débat (…) plus que nécessaire », a-t-elle ajouté.
Mis devant le fait accompli, même si Chantal Jouanno avait prévenu Emmanuel Macron, le chef du gouvernement Edouard Philippe et François de Rugy, le ministre de la transition écologique, de sa décision avant de l’annoncer, l’exécutif se retrouve dans la situation de devoir improviser à quelques jours du lancement de la consultation.
Le 15/03/2019 à 10:16 Grand débat national : environ 1.400 citoyens invités à participer aux "conférences citoyennes régionales" Alors que le grand débat national lancé par le gouvernement en réponse au mouvement des "gilets jaunes" touche à sa fin ce vendredi 15 mars, environ 14 "conférences citoyennes régionales" réunissant jusqu'à une centaine de citoyens vont être organisées dans plusieurs régions de France.
Lire aussi: Séances au cinéma Gaumont Grand Quevilly
A "grand débat", big data et bon business L'exécutif a fait appel à des prestataires extérieurs pour analyser les milliers de contributions issues du grand débat. L'occasion pour ces sociétés d'exposer leur savoir-faire. 8 avril 2019Florian Fayolle
Le Grand Débat à la Télévision : France 2 et les Élections
France 2 va diffuser le 16 avril l'émission politique "Mots croisés" avec les dix candidats ou leurs soutiens, respectant les contraintes d'égalité de temps de parole, a déclaré la chaîne aujourd'hui. Les détails sur le déroulement de cette émission seront mis au point demain par la chaîne publique.
Une majorité de candidats se sont dit favorables à l'organisation d'un débat entre tous les prétendants avant le premier tour du scrutin, notamment Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan. Jacques Cheminade et Nathalie Arthaud (LO) seront aussi présents sur le plateau, ont indiqué leur entourage.
En revanche, Nicolas Sarkozy s'est déjà prononcé défavorablement. "Le débat, il a lieu pour les deux candidats que les Français auront choisi pour le second tour", a déclaré le chef de l'Etat vendredi sur BFM-TV.
Dans l'équipe de François Hollande, on se montre prudent, en soulignant qu'"un débat à dix, c'est compliqué à organiser". "Si cela donne lieu à une foire d'empoigne incompréhensible, ça ne rendra pas service aux Français", a indiqué aujourd'hui un proche de François Hollande.
"Si deux d'entre eux refusaient de venir (...), preuve sera alors apportée de leurs intérêts partagés, de leur connivence à étouffer tout débat", a réagi la directrice de campagne de François Bayrou, Marielle de Sarnez, sans citer les noms de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. "On fera sans eux!", a abondé Stéphane Sitbon-Gomez, directeur de campagne d'Eva Joly.
Du côté de Marine Le Pen, un doute demeure. "Nous sommes favorables à des débats avant le premier tour (...).
France 2 a donné des détails sur le déroulement de l’émission. Après une introduction commune, les onze candidats se succéderaient pour répondre aux questions des journalistes David Pujadas et Léa Salamé, selon un ordre déterminé par un tirage au sort effectué en début d’émission. Chacun disposerait d'une quinzaine de minutes pour s'exprimer.
Cette nouvelle proposition de France 2 est loin de faire l’unanimité. Jean-Luc Mélenchon, qui avait soulevé un problème d’agenda le 20 avril, a toujours cette difficulté. D’autres candidats ont émis des réserves sur la question du tirage au sort, qui les contraindraient à attendre dans leur loge en attendant leur tour. Certains jugeraient par ailleurs les journalistes désignés par la chaîne « trop abrasifs ».
Seul Emmanuel Macron aurait, d’après une source proche interrogée par l’Agence France-Presse, donné son « accord sur la forme et la date, tout en tenant compte des réserves des autres candidats qui nous paraissent légitimes ».
Interrogé par LCI, Benoît Hamon a regretté que « le service public ait cédé à la pression. Ce n’est pas bon pour la démocratie que des candidats décident de se soustraire à un exercice démocratique ». De son côté, sur RMC, Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout la France, s'est dit « scandalisé » par la décision de France Télévisions.
Un ultime rebondissement dans l’organisation du grand débat d’avant-premier-tour voulu par France 2. La chaîne a été contrainte de renoncer.
C’est la conclusion d'une réunion organisée hier après-midi dans les locaux de France Télévisions. Les représentants des 11 candidats à la présidentielle venaient tirer les conclusions du débat diffusé mardi soir sur BFM TV et CNews. Et discuter, une énième fois, de l’opportunité de monter une confrontation similaire le 20 avril.
Pour plusieurs candidats, la réponse est non. Ils n’ont pas envie de reproduire un dispositif qui n’a pas fait l’unanimité. Depuis la semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron s’inquiètent de la tenue de ce deuxième débat à onze organisé beaucoup trop tard selon eux à deux jours seulement du premier tour.
En revanche, pas question de renoncer complètement. France 2 reste convaincue que cette date du 20 avril est pertinente pour "parler politique" à la télévision dans un contexte où la cristallisation des votes est tardive. Alors qu’un électeur sur deux ignore encore pour qui il votera, on croit qu’une émission politique a du sens.
Du coup, France 2 a sorti de sa manche une deuxième option et proposé un plan B aux candidats.
A quoi pourrait ressembler cette émission ? Eh bien à une sorte de défilé. Léa Salamé et David Pujadas verraient passer successivement face à eux les 11 candidats à la queue leu-leu. France 2 veut leur offrir un quart d’heure pour aborder les "thèmes oubliés" de la campagne. Dans ce dispositif, les candidats auraient le temps d’approfondir un à un leurs programmes sur des questions bien précises. Une vraie mission de service public, en quelque sorte.
Un dispositif qui aurait surtout l’avantage d’éviter les prises de becs, les candidats ne se croiseraient pas en plateau.
Cette solution de repli a été soumise à leurs états-majors. En revanche, là encore, il y a des conditions posées par la chaîne : il faut obtenir un consensus et que tout le monde accepte de jouer le jeu. Ils ont jusqu'à demain pour faire connaître leur décision. Si tous les candidats sont d’accord pour cette formule plus statutaire un peu plus rigide aussi leurs représentants se réuniront mardi prochain, le 11 avril, pour définir les règles précises du déroulement de ce grand oral.
Avec cette ultime proposition, France 2 essaye aussi de reprendre la main sur sa communication.
Oui, depuis plusieurs semaines, les observateurs ne sont pas tendres avec les dirigeants de la chaîne sur l’organisation de ce débat. Ce matin, pour commenter son annulation, Le Parisien-Aujourd’hui en France parle du "fiasco de l’info". Un sentiment partagé par certains journalistes de la chaîne qui parlent "d’humiliation".
A la direction de l’information, forcément, le son de cloche est différent. On veut voir le verre à moitié plein.
La Publicité des Débats Parlementaires
Consacré par l'article 33 de la Constitution, le principe de la publicité des débats s'incarne aujourd'hui dans la diffusion des images des travaux parlementaires par l'ensemble des moyens de communication audiovisuelle, dans un environnement en constante évolution. Dès les années 1950, les caméras de télévision ont fait leur entrée dans l'hémicycle, et les différentes chaînes françaises et étrangères sont très présentes pour "couvrir" les débats en séance publique.
Le cahier des charges des chaînes publiques France 2 et France 3 leur donne pour mission de "programmer et faire diffuser, sous le contrôle du Bureau de chacune des assemblées, les principaux débats du Parlement". En pratique, France 3 assure l'essentiel de cette mission d'information sur les travaux de l'Assemblée, sous sa propre responsabilité éditoriale. C'est ainsi que les déclarations de politique générale des premiers ministres ou les grands débats peuvent être diffusés en direct.
Depuis 1992, l'Assemblée est dotée des moyens techniques lui permettant de réaliser elle-même un "compte-rendu audiovisuel" de la totalité des débats en séance publique et de certaines séances de commission.
Cette chaîne présente ainsi, à parité entre les deux assemblées, l'essentiel des travaux parlementaires, mais aussi des débats de société et des émissions d'information qui offrent au téléspectateur une vision renouvelée et plus fidèle de la vie du Parlement, dans tous ses aspects.