« Ici Londres, les français parlent au français...» Après le cèlèbre "The Guns of Navarone", le producteur Darryl F. Zanuck poursuit cette veine avec le mythique "The Longest Day", d'après le livre de Cornelius Ryan, avec plusieurs èquipe techniques, codirecteurs, une cinquantaine de stars et les moyens prestigieux d'Hollywood!
Sorti dans les salles en 1962, « Le jour le plus long » retrace chronologiquement les événements du 6 juin 1944 jusqu’à la prise de position sur les plages normandes des troupes libératrices de l’Europe occidentale. Adapté du livre homonyme de Cornelius Ryan, publié en 1959, il a imposé un genre : le « blockbuster » au casting boursouflé de grands noms. John Wayne, Robert Mitchum, Sean Connery, Bourvil, Henry Fonda, Richard Burton, entre autres, auréolent le générique de leur statut de stars.
Le film respire cela : un casting All-Stars impeccable, une reconstitution grandiose qui adopte le point de vue des deux camps, des scènes de batailles impressionnantes... Ah ça y a pas à dire, c'est du grand spectacle !
Le Jour le plus long était un projet d'ampleur : une fresque de la stratégie militaire d'un point de vue égal entre les deux camps. Une mine d'or pour l'attention qu'on peut lui donner concernant les informations qu'il apporte sur la préparation et le déroulement du débarquement. On retrouve un casting international assez fou.
Une reconstitution historique scrupuleuse
Avec une reconstitution historique scrupuleuse et des scènes de combats hyper spectaculaires, "The Longest Day" reste une rèfèrence du cinèma de guerre, un film hors normes avec un tournage sur les lieux-mêmes de l'èvènement! A chaque nouvelle commèmoration, l'èmotion est toujours au rendez-vous avec une guerre qui prend corps sur l'inoubliable musique de Maurice Jarre! Un très très grand classique du cinéma, il nous fait véritablement revivre le débarquement avec les points de vue de tous les protagonistes.
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Il est de bon ton lorsqu’on parle du Jour le plus long d’évoquer sa formidable logistique et d’insister sur le côté mégalomaniaque de l’entreprise de Darryl Zanuck, producteur et véritable maître d’oeuvre de cet impressionnant défi cinématographique. Brillante reconstitution du débarquement du 6 juin 1944, cette superproduction donne encore aujourd’hui le frisson grâce à l’ampleur des moyens logistiques et à son vibrant hommage rendu aux combattants de la liberté.
Le Jour le plus long s'est fait reconnaître tout d'abord grâce à sa magnifique reconstitution historique, entièrement fidèle malgré quelques éléments davantage romancés. Plusieurs évènement aujourd'hui oubliés comme l'assaut du pont ou encore l'arrivée des britanniques. L’opération overlord est donc retranscrite dans les moindres détails au sein des différents états-majors, mais aussi sur les différents terrains d’action.
Malgré la complexité du dispositif, le spectateur, grâce à la présence de visages familiers, n’est jamais perdu. De l’action des parachutistes, en passant par le massacre d’Omaha Beach, la prise spectaculaire de Ouistreham ou encore la débandade des armées allemandes, rien n’est oublié dans ce modèle du film de guerre.
On s'amuse parfois à reconnaître les visages de stars, mais ce film même s'il n'est pas le meilleur film de guerre jamais réalisé d'après Zanuck, parvient quand même à toucher le spectateur par son souci de réalisme, sa formidable énergie, sa bonne cohésion entre les scènes d'action et les scènes d'état-major, et surtout par ses scènes inoubliables habilement reconstituées en France : celle dramatique de Sainte-Mère-Eglise, celle de la pointe du Hoc, ou encore celle de l'attaque du casino de Ouistreham (une scène tournée à Port-en-Bessin avec un casino reconstruit à l'identique)... sans oublier les scènes du Débarquement proprement dit (en partie réalisées à Sablanceaux sur l'île de Ré), qui sont troublantes d'authenticité.
Très intelligemment, le film préfère s'attacher au GI's anonyme plutôt qu'à trop d'officiers, dressant ainsi des portraits attachants et établissant un lien plus fort avec le public, ça nous touche profondément comme on finit par ressentir l'intensité des combats.
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Un casting exceptionnel
Tous les grands acteurs amèricains sont rèunis (John Wayne, Robert Mitchum, Henry Fonda...pour ne citer qu'eux) dans cette super-superproduction de 3h, ce n'est pas l'un de ses moindres charmes!
On prendra aussi compte du véritable défilé de stars, entre John Wayne et Robert Mitchum en passant par Sean Connery et Henry Fonda. Le casting est aussi très respecté : les acteurs américains jouent les soldats américains, les acteurs allemands jouent les soldats allemands etc.
La particularité du film est la réunion au casting d'une pléthore de stars allant de Mitchum à Wayne en passant par Fonda, Ryan, Bourvil, Connery, Burton jusqu'à Pauline Carton et Arletty. On ne peut pas faire plus hétéroclite. C'est un des plaisirs de ce film un peu longuet que de reconnaître les visages célèbres au fur et à mesure qu'ils nous apparaissent souvent pour de simples figurations.
Son casting est sans conteste l’un des plus prestigieux de l’époque et sans doute le plus important pour un film de guerre (à égalité avec Un pont trop loin de Richard Attenborough et sorti quinze ans plus tard). Il est aussi un des plus internationaux, comptant des acteurs américains, britanniques, canadiens, australiens, français et allemands.
Un cosmopolitisme qui se retrouve également à la réalisation avec des réalisateurs américain, britannique et austro-allemand. A cet égard, on peut remarquer que, même si la bataille est essentiellement vue du point de vue allié qui reste privilégié, il ne néglige pour autant pas complètement celui des allemands, permettant une vue d'ensemble plus complète des évènements et donnant plus de réalisme au film, tout en évitant le manichéisme.
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Avec ces cartes en mains qui ressemblent fortement au poker à une quinte flush, Zanuck ne pouvait que réussir. Mais encore fallait-il s’atteler à une chose primordiale : la reconstitution. Car, la grande force du Jour le plus long, c’est cette faculté à rendre compte avec un sens du détail hallucinant des moindres faits et gestes qui eurent lieu durant ce fameux 6 juin 1944.
Le film nous invite à refermer nos vieux livres d’école pour découvrir en live ce qui s’est passé ce jour là. Pour cela, le producteur fou n’a pas lésiné sur la logistique. Tournages sur les lieux mêmes du débarquement, des milliers de figurants, tout le matériel et armes de combat nécessaires, les conseils historiques et techniques de 23 militaires aux nationalités diverses. Rien n’a été laissé au hasard.
Le résultat de cette application de tous les instants, de cette volonté de rendre un hommage appuyé à ceux qui ont permis que le débarquement soit un succès, donne ce film hors normes qu’est Le jour le plus long.
Les points forts du film
L'ensemble est impressionnant, avec une galerie d'acteurs incroyables (Wayne, Connery, Mitchum, Ryan, Fonda, Bourvil...) et des combats incroyables. On s'y coirait vraiment.
Le premier mot qui nous vient à l’esprit est « impressionnant » ! Une œuvre dantesque (tant du côté humain, logistique que sur sa durée qui avoisine les 3h), cette adaptation du « D Day » est tout simplement stupéfiante. On y suit étape par étape les préparatifs menant à l’assaut final, un événement majeur survenu le 6 juin 1944, le jour du débarquement sur les côtes françaises où anglais et américains aux côtés des résistants français faisaient front face aux invincibles allemands ! Brillante mise en scène où tout se joue minute par minute, le film nous laisse voir les coulisses de cette attaque, les préparatifs jusqu’à cet assaut décisif soldé par l’inévitable défaite des allemands.
La seule faiblesse de ce monumental travail réside dans les scènes françaises qui sont très conventionnelles, et particulièrement le rôle joué par Bourvil. Mis à part ce léger défaut, on demeure fasciné plus de 70 ans après les faits par cette restitution sincère qui a le mérite d'être un véritable spectacle en même temps qu'une leçon d'Histoire.
Les inexactitudes historiques
Bien que Le Jour le plus long soit un film historique exceptionnel du point de vue technique et iconographique, il y a quelques erreurs et imprécisions qui méritent d’être relevées. D’abord, on voit dans le film que le parachutiste John Steele, connu pour avoir atterri sur le clocher de l’église de Sainte-Mère-Église et y être resté accroché, devient sourd à cause des cloches. Or, ce n’est pas vrai. D’ailleurs, le soldat américain reviendra dans la petite ville normande 20 ans plus tard, pour commémorer le débarquement, et fera montre de toutes ses capacités auditives.
De plus, le film met en scène le mitraillage des plages par les Allemands au cours du débarquement. On y voit deux avions allemands tirant sur les soldats alliés au sol. Seulement, dans la réalité, ce n’était pas deux, mais plutôt une centaine d’avions qui tirait sur les Alliés. Cette représentation erronée est due au fait que les réalisateurs n’ont pas réussi à se procurer plus d’avions allemands datant de l’époque.
Même si on détecte quelques imprécisions et erreurs historiques dans le film Le Jour le plus long, il faut bien avoir en tête qu’il a été réalisé avec des moyens assez réduits et dans un contexte particulier. Le débarquement de Normandie était encore récent et nous n’en connaissions pas tous les rouages. Toujours est-il que ces erreurs ne doivent pas occulter le fait que le film relate comme aucun autre l’un des épisodes les plus marquants du XXe siècle : le débarquement de Normandie.
Impact et héritage
Le Jour le plus long a imprimé son empreinte dans la longue durée sur l’image que l’on se fait du Débarquement. Plus de soixante ans après la sortie du film de Darryl Zanuck, en 1962, il reste le grand classique du cinéma sur l’opération Overlord, et était encore diffusé en prime time à la télévision à la veille des cérémonies du 80e anniversaire du Débarquement.
Et pourtant, malgré les libertés prises par les producteurs, le film a participé à façonner notre imaginaire du débarquement de Normandie. Il a notamment rendu célèbres les « crickets », instrument en laiton permettant aux soldats de se reconnaître, et les « paradummies », poupées parachutistes utilisées pour tromper l’ennemi sur l’effectif engagé (celles du film sont néanmoins beaucoup plus détaillées que les vraies). Son influence sur le cinéma de guerre, et plus particulièrement sur les films consacrés à la Seconde Guerre mondiale, est indéniable, comme le montre Il faut sauver le soldat Ryan (1998) de Steven Spielberg.
Tableau récapitulatif du film
| Catégorie | Détails |
|---|---|
| Titre original | The Longest Day |
| Réalisateurs | Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald et Darryl F. Zanuck |
| Date de sortie | 25 septembre 1962 (France) / 4 octobre 1962 (États-Unis) |
| Durée | 3 heures |
| Acteurs notables | John Wayne, Robert Mitchum, Richard Burton, Henry Fonda |
| Budget estimé | 10 millions de dollars |
| Box-office mondial | 50 millions de dollars |
| Récompenses | 2 Oscars, 1 Golden Globe, 1 David di Donatello |
Cette entreprise dantesque tend finalement à faire oublier les qualités réelles du produit fini. Effectivement, si l’on met de côté l’aspect démesuré de l’entreprise et le défilé de stars, Le jour le plus long (1962) s’impose comme une magnifique reconstitution historique, plutôt fidèle malgré quelques éléments davantage romancés.
L’opération Overlord est retranscrite dans ses moindres détails au sein des différents états-majors, mais aussi sur les différents terrains d’action. De l’action des parachutistes, en passant par le massacre d’Omaha Beach, la prise spectaculaire de Ouistreham ou encore la débandade des armées allemandes, rien n’est oublié dans ce modèle du film de guerre.
Même si la peur des soldats est moins prégnante que dans Il faut sauver le soldat Ryan, elle est tout de même évoquée au détour de quelques dialogues.
Au final c'est passionnant, on vit minute par minute le combat des alliées, la riposte des Allemand, le débarquement... "Le jour le plus long" est réussi à tous les niveaux, que ce soit visuellement, avec de superbes reconstitution et une belle photo en noir et blanc ou au vis à vis de l'écriture avec un scénario bien construit et des personnages intéressants à suivre. Il évite tout ennuie.
Légende du film de guerre.
Au-delà de son statut de film de guerre, "Le Jour le plus long" reste un témoignage poignant d'un événement majeur de l'histoire, capturant l'esprit et le sacrifice de ceux qui ont combattu pour la liberté.