Les princesses Disney, figures emblématiques de l'enfance, sont bien plus que de simples personnages de contes de fées. Elles incarnent des idéaux, des rêves et des aspirations, mais aussi des stéréotypes et des controverses. Cet article explore l'histoire de ces princesses, leur évolution à travers le temps et les débats qu'elles suscitent.
L'évolution des Princesses Disney à travers le temps
Depuis Blanche-Neige en 1937, les princesses Disney ont connu une transformation significative. Initialement, elles étaient souvent dépeintes comme des demoiselles en détresse, passives et attendant d'être sauvées par un prince charmant. Cependant, les princesses plus récentes, comme Rebelle et les sœurs de la Reine des Neiges, sont plus indépendantes, courageuses et déterminées.
Il s'en est fallu de peu qu'on ne voie pas de princesse dans La Reine des neiges. Après tout, il n'y en a pas dans le conte d'Andersen, dont les scénaristes se sont (très lointainement) inspirés. Surtout, la maison Disney avait promis, il y a trois ans, qu'elle renonçait aux héritières de lignée royale, brisant ainsi une addiction qui remonte à 1938 et au premier long-métrage du studio, Blanche-Neige.
A sa suite, Cendrillon et les deux Belles (au bois dormant et la prisonnière de la Bête), La Petite Sirène et Pocahontas ou encore Tiana (La Princesse et la Grenouille) ont montré aux petites filles que le chemin du bonheur passait par la rencontre avec un prince charmant et la tenue d'un intérieur, pourvu que ce soit celui d'un palais.
Rencontrés à Paris, à la veille de la présentation du film à Disneyland, le producteur Peter Del Vecho et la coréalisatrice Jennifer Lee (avec Chris Buck), assurent que, lors de la conception d'Anna et d'Elsa, leur préoccupation première a été de « créer des personnages qui résonnent avec la vie d'aujourd'hui ».
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D'où le vocabulaire d'Anna, la princesse rebelle, qui pourrait être celui d'une des héroïnes de chair et d'os des séries télévisées que diffuse le studio, Selena Gomez ou (en espagnol) « Violetta ».
Quant à Elsa, elle devait être pour Jennifer Lee « plus complexe qu'une simple méchante, une princesse qui essaie d'être une bonne reine pour son peuple ».
Dans la première version du film, les deux jeunes filles n'étaient pourtant pas de sang royal. Les réalisateurs affirment que leur accession à la famille régnante de ce royaume scandinave imaginaire ne tient qu'aux nécessités du scénario : il fallait « intensifier les enjeux », explique la réalisatrice. Hasard ou nécessité, ce souci scénaristique satisfait aux impératifs du marketing.
Au début des années 2000, Andy Mooney, le responsable des produits dérivés Disney, un ancien de chez Nike, a lancé la ligne Disney Princess, qui offre des produits - jeux, costumes, accessoires scolaires… - inspirés par les héroïnes de la firme.
Le succès a été immédiat et massif, transformant ce département de Disney en l'un de ses principaux centres de profit, avec 4 milliards de dollars (2,959 milliards d'euros) de chiffre d'affaires en 2010.
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Certaines mères ont trouvé un peu saumâtre d'avoir traversé le XXe siècle pour élever des filles ne rêvant que de robes en satin et de princes protecteurs. Dans son édition de Noël 2006, le New York Times publiait un long article de l'une d'elles, Peggy Orenstein, intitulé What's Wrong With Cinderella ? (« Qu'est ce qui ne va pas chez Cendrillon ? »).
Depuis, la journaliste chronique le combat des femmes (pas forcément des féministes, la cause a aussi recueilli le soutien d'associations chrétiennes) contre les stéréotypes. Jointe au téléphone, chez elle en Californie, elle décrit ainsi l'effet de son article : « C'est comme la prise de conscience autour de la nourriture. Aujourd'hui, les gens trouvent normal de vérifier ce qu'ils mangent, cherchent à minimiser l'impact sur l'environnement. J'ai d'abord été traitée de “féminazie”, puis un consensus est apparu contre cette façon d'encourager les filles à poursuivre un idéal hors d'atteinte. »
De fait, avant même de promettre de renoncer aux princesses, la firme aux grandes oreilles a tenté d'amender sa vision de la femme. En janvier 2009, La Princesse et la Grenouille, à ce jour le dernier film en animation classique de Disney, retourne tous les schémas du conte de fées : la princesse n'en est pas une, mais une habitante afro-américaine de La Nouvelle-Orléans, d'origine modeste, qui rêve d'ouvrir et de diriger un restaurant.
Elle passe une bonne partie du film dans la peau d'un batracien, et réussit à concilier carrière et amour. Mais c'est un échec, en tout cas selon les critères de Disney (267 millions de dollars dans le monde entier, contre 591 millions pour Raiponce, et 539 millions pour Rebelle, les deux longs-métrages de princesses suivants).
Deux ans plus tard, Raiponce, dessin animé numérique, apparaît comme un compromis avec la tradition. Le conte est tiré du répertoire des frères Grimm, on y retrouve une sorcière qui ressemble à l'avatar de la méchante reine de Blanche-Neige, mais la princesse prisonnière prend elle-même en charge sa tentative d'évasion et fait jeu égal, en matière de bagarres et de cascades, avec son prince charmant, tout au long du film. En plus, le studio promet que Raiponce sera la dernière histoire de princesse de la série.
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Reste que les produits dérivés continuent de se vendre. On peut même trouver, pour le marché latino, des robes de quinceañeras, célébration mexicaine de l'entrée des filles dans l'âge adulte, des robes inspirées de chacune des princesses Disney. On attend encore les robes de mariée…
En mai, une pétition est lancée sur le site Change.org, qui s'élève contre le makeover (« le changement de look ») de Merida, la princesse de Rebelle. Conçue par le studio Pixar (qui vient d'être intégré dans l'ensemble Disney), Rebelle propose un personnage préadolescent, qui se préoccupe d'abord de vider sa querelle avec sa mère et ne pense pas encore aux garçons.
Mais pour la préparer à son intronisation dans la ligne Disney Princess, la firme de Burbank a transformé la jeune guerrière rousse en mannequin, la privant au passage de son arc. Les pétitionnaires protestent : « En la rendant plus mince, plus mûre, plus sexy, vous envoyez un message aux jeunes filles : la version originale de Merida qui ressemble à une vraie adolescente, est inférieure ; la seule façon dont une femme ou une jeune fille peut avoir de la valeur - être reconnue comme une vraie princesse - est de se conformer à d'étroits critères. »
Dans la foulée, la graphiste et scénariste Brenda Chapman, qui a créé le personnage et dirigé le film pendant les premières années de son développement avant d'en être écartée (elle est quand même créditée comme réalisatrice au générique, ce qui lui a valu de partager un Oscar), prend à son tour parti dans la controverse.
Elle explique sur son site, Brenda-chapman.com : « Quand elles voient ce que Disney Consumer Products a fait à Merida, cela leur envoie un message : elles ne vaudront rien tant qu'elles n'auront pas perdu du poids, porté des tenues plus moulantes, plus sexy, plus “girly”, tant qu'elles ne passeront pas beaucoup de temps chez le coiffeur et à se maquiller. »
Peggy Orenstein précise : « Pour ces personnages, il s'agit d'être sexy sans être sexuel. C'est la même chose dans les séries. Si bien que leurs héroïnes (les actrices et chanteuses), Miley Cyrus ou Selena Gomez, se croient obligées de transgresser la bienséance pour sortir de ces stéréotypes. »
Un risque que le studio contournera en donnant vie à de nouvelles princesses virtuelles. D'ailleurs, dans La Reine des neiges, Anna arrive en s'exprimant comme Miley Cyrus et, lorsque le film se termine, elle parle d'une façon que ne désavouerait pas Elizabeth II. La lignée n'est pas près de s'éteindre.
Controverses et Critiques
Les princesses Disney ont souvent été critiquées pour leur représentation des femmes et des minorités. Certaines critiques se concentrent sur la passivité des premières princesses, tandis que d'autres remettent en question les stéréotypes de genre et de beauté véhiculés par ces personnages.
La rumeur court depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux : et si la Reine des neiges, l'héroïne de Walt Disney, était lesbienne ? C'est la question que pose Giulia Foïs cette semaine.
Ça grondait, ça grondait, ça montait, ça enflait et puis tout à coup, bam, ça a déferlé, sur les réseaux sociaux. Un éclair, puis deux, ont déchiré le ciel. Ici, des cris de joie. Là, un vent de panique. Partout, la bourrasque de la polémique. Elsa, blonde jeune femme au regard si franc serait-elle lesbienne ? La Reine des neiges aimerait-elle les femmes ?
Alors ça y est, vous l’assumez ? Ça y est enfin, vous allez l’assumer, vous allez dire aux petites filles qui vous regardent qu’un autre happy end est possible ? Tweet après tweet, Disney est sur la sellette depuis quelques jours et c’est la question qui circule, avec quelques éléments pour étayer l’hypothèse.
D’abord, sur cette bande annonce de la Reine des Neiges 2 que vous entendez là, il n’y a toujours pas de Prince Charmant. Une princesse sans prince charmant ? Déjà, à la sortie du premier volet de ce qui reste, à ce jour, le plus gros succès commercial de Disney, c’est justement le détail qui avait déclenché toutes les spéculations sur la "lesbianité" d’Elsa.
De nombreuses pétitions avaient été lancées dans la foulée... Pour rien. Motus du côté de Disney, zéro réponse depuis 5 ans, aucune prise de position sur le sujet. On sait juste qu’il suscite « beaucoup de discussion » au sein de l’équipe d’animation.
C’est rigolo, parce que autant, qu’une princesse tombe amoureuse d’une bête poilue, ou d’un ogre vert qui pue, bon, pas de problème. Mais une femme, on discute, ok ? Ok, mais alors, qui est ce nouveau personnage qui apparaît sur ces images ? Une jeune femme aux cheveux bouclés qui porte des pantalons ? Je dis bien : des pantalons.
Clairement, ça y est, pour les fans LGBT de la Reine des Neiges : le coming out sera fait à la sortie du film, dans quelques mois. Là où ils n’ont pas tout à fait tort c’est que, pantalon ou pas, la Reine des Neiges est déjà très différente des autres héroïnes de Disney. Plus forte, plus indépendante, plus courageuse…
Mais au-delà : cette histoire de super pouvoirs qu’on cache, ce secret qu’on renferme en soi, alors qu’on brûle du désir de pouvoir s’exprimer. Cette jeune femme qui, pour être enfin heureuse et épanouie, devra partir de chez elle, quitter ce château ou elle étouffait, pour affronter le monde, grâce ou malgré sa différence. Au niveau de la métaphore filée, on est pas mal.
"Libérée, délivrée, c’est décidé, je m’en vais", avouez que ça sonne un peu différemment à l’oreille, maintenant.
Polémiques sur la sexualisation et les images subliminales
Certaines princesses, comme Jasmine ou Ariel, ont été critiquées pour leur sexualisation, perçue comme inappropriée pour un public enfantin. Des rumeurs persistantes accusent également les studios Disney d'insérer des images subliminales à caractère sexuel dans leurs films.
Le premier héritage sexuel chez Disney vient des contes. En reprenant les contes anciens et leur symbolique sexuelle, les films disney se voient contraints de l’adapter, et donc de la refléchir. Dans les films de 1937 à 1959, la sexualité est souvent liée à l’idée de macabre : on range le tout dans le groupe des pulsion refoulées et inconscientes.
Au départ, l’explicite vient des films hollywoodiens dans la mouvance duquel Disney s’inscrit : ça fonctionne, en gros, en fonction du Code Hayes, un code de censure qui poussaient les scénaristes à ruser, à détourner, à sous-entendre, à être inventifs. En a découlé l’explicitation sexuelle de la comédie américaine des années 40-50, quelque chose de très mutin, malin, « coquin » sans pourtant rien montrer.
On le retrouve dans pas mal de films Disney des années 60, ça reste néanmoins court et limité aux méchantes (les 101 dalmatiens en est un exemple), méchantes qui utilisent la forme cartoon pour accentuer la sexualité des corps tout en les condamnant (ex : Cruella vamp donc possiblement sensuelle, mais tellement vamp qu’elle en devient squelettique et donc repoussante et grotesque).
C’est un pari pour Disney, qui n’a d’ailleurs jamais vraiment renié la question (beaucoup des films Disney, de La Belle et le Clochard à La Petite Sirène, racontant l’émotion des premières fois et du « déflorage », même si c’est présenté plus poétiquement que ça). On remarque, au début des années 90, que la symbolique des contes à laissé place aux « rituels », quelques chose de plus tribal, de plus direct.
Exemple : on enferme une vierge et une masse virile (sexuée, adulte) dans un grand château, et on les laisse se flairer et appréhender la séduction et leur sexualité tranquilles au milieu de ce grand terrain de jeu : ça donne La Belle et la bête.
La sensualité en tant que telle passe par deux choses. Le jeu sur les éléments, déjà symboliquement (la nuit d’amour de Bambi, où la nature métaphorise la montée de plaisir) jusqu’à être franchement frontaux (l’omniprésence liquide, suante, visqueuse -les insectes-, bref tout cet environnement propice à l’apprentissage sexuel qui mène les personnages du Roi Lion a une scène somme toute assez osée). La deuxième chose est le travail sur les corps : on les « désecurise », on les fait saigner, on les cogne, on apprend à les concevoir comme de la chair.
ATTENTION ! Pour information, sachez que le contenu de cet article peut « heurter » la sensibilité des… plus sensibles ! Le fait est très connu, et pourtant si controversé : La rumeur voudrait que les dessinateurs Disney (une équipe principalement masculine) aient pris la mauvaise habitude de faire apparaître des images coquines (voire carrément pornos) dans certains films…
De là à les accuser d’insérer des images subliminales dans les films d’animation qu’ils sont chargés de créer, il n’y a qu’un pas ! Pour le plaisir de tous, (re-) voyons quelques une des anecdotes coquines les plus connues liées aux films Disney !
En 1977, « Les Aventures de Bernard et Bianca » sort au cinéma, au rhytme de 24 images /seconde. A cette vitesse, impossible pour le commun des mortels d’apercevoir une femme nue à la fenêtre d’un immeuble le temps de 2 images, soit 1/12 de seconde (!)… surtout que la scène en question va très vite puisque nos 2 héros subissent un vol mouvementé avec ce cher Albatros.
C’est dans les années 90 que le scandale éclate ! En effet, les particuliers ont désormais la possibilité de voir et revoir leurs dessins-animés préférés à domicile grâce au magnétoscope. Pour peu que vous utilisiez la fonction image par image pour scruter le moindre détail présent sur la bande de votre VHS, vous tomberez nez-à-nez avec cette femme exhibitionniste qui expose son anatomie aux spectateurs !
L’affiche, tout d’abord, du film a fait fureur : D’aucuns affirment voir un phallus caché dans le dessin du royaume des mers. C’est vrai qu’à y regarder de près… On s’y tromperait !
Hormis l’affaire Bernard et Bianca, Disney a été obligé de retirer d’autres cassettes vidéos du commerce. Dans le milieu des années 90, un gigantesque stock de cassettes vidéos à caractère pornographique est réquisitonné à la douane car leur détention est illégale. Toutefois, quelques problèmes vont pointer le bout de leur nez puisqu’un Disney dure moins longtemps qu’un film X.
| Princesse | Année de sortie du film | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Blanche-Neige | 1937 | Douce, naïve, en détresse |
| Cendrillon | 1950 | Gentille, rêveuse, en quête d'un prince |
| Ariel (La Petite Sirène) | 1989 | Curieuse, rebelle, indépendante |
| Belle (La Belle et la Bête) | 1991 | Intelligente, cultivée, non conventionnelle |
| Tiana (La Princesse et la Grenouille) | 2009 | Ambitieuse, travailleuse, indépendante |
| Raiponce | 2010 | Déterminée, aventureuse, créative |
| Merida (Rebelle) | 2012 | Indépendante, courageuse, non conventionnelle |
| Elsa (La Reine des Neiges) | 2013 | Complexe, puissante, indépendante |