Le Cercle des neiges est un long-métrage captivant et émouvant qui relate les 71 jours que les survivants du vol 571 ont passés dans les montagnes en 1972, luttant pour survivre dans un environnement hostile et impitoyable. Ce film, réalisé par Juan Antonio Bayona, est une adaptation du livre de Pablo Vierci (2009) et s'impose comme un des moments forts de l'année cinématographique.
Une Réalisation Impeccable
La réalisation de Juan Antonio Bayona est impeccable, et les images des Andes sont à couper le souffle. Les acteurs sont tous excellents, et ils parviennent à rendre les personnages complexes et attachants. La musique de Michael Giacchino est également remarquable, contribuant à créer une atmosphère de tension et d'émotion.
La version réalisée par Juan Antonio Bayona surpasse les films antérieurs, non seulement par son aspect spectaculaire mais surtout par sa vision exacerbée d'une invraisemblable aventure humaine et collective, mystique si l'on veut, qui tente de répondre à la question : que s'est-il passé sur la montagne ?
Thèmes Universels et Profonds
Le film aborde des thèmes universels, tels que la survie, l'entraide, et la résilience. Les survivants doivent faire face au froid, à la faim, à la soif, et aux avalanches. Ils doivent également faire des choix difficiles, dont certains les marqueront à jamais.
Une tragédie et un miracle, comme cela a été dit à l'époque et aussi, comme le racontait Carlos Paez, l'un des survivants, en 2022 : "une histoire extraordinaire qui implique des gens ordinaires." Pas des héros, mais des êtres de chair et de sang, confrontés au choix de l'anthropophagie.
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Le film met l'accent sur le côté humain et transpire de réalisme. Quand on sait qu'ils ont tourné sur le véritable lieu du crash ça rajoute un côté poignant à l'oeuvre et ça fait froid dans le dos (sans mauvais jeu de mot).
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Une Nouvelle Adaptation Nécessaire ?
Nouvelle adaptation du best-seller de Piers Paul Read, "les survivants" dont la plus connue est sûrement le film du même nom de 93 avec Ethan Hawk, réalisée cette fois-ci par Juan Antonio Bayona réalisateur qui a déjà fait ses armes dans le genre survie. Alors ce remake était-il vraiment nécessaire ? Pas spécialement, car le film de 93 était très bons et qu'un documentaire retraçant la catastrophe l'accompagnait a sa sortie, mais le savoir faire de Bayona associé aux décors naturels de l'action, permette au film une approche un peu plus intimiste, focalisé sur le côté humain et la resilience de soi, sans jamais tomber dans la surenchère.
Comparaison des Adaptations Cinématographiques
Le cercle des neiges est déjà la cinquième adaptation cinématographique d'un fait divers qui a stupéfié le monde en 1972 : celui de la survie, en haute altitude, de passagers d'un avion crashé au sommet des Andes.
| Film | Réalisateur | Année | Particularités |
|---|---|---|---|
| Survivre | René Cardona Jr. | 1976 | Première adaptation du livre de Clay Blair Jr. |
| Les Survivants | Frank Marshall | 1993 | Avec Ethan Hawke, adaptation du livre de Piers Paul Read |
| Le Cercle des neiges | Juan Antonio Bayona | 2024 | Adaptation du livre de Pablo Vierci, plus intimiste et réaliste |
Un Hommage Poignant
Pour conclure c'est un hommage poignant à ces personnes qui ont vécu l'enfer et à celles et ceux qui n'ont malheureusement pas survécu. Ce n'est pas un divertissement tout public mais il vaut vraiment le coup d'œil tant il marque les esprits et retranscrit superbement bien cette histoire.
Déjà traité à l'écran, cette nouvelle version plus humaine que spectaculaire, même si les scènes de catastrophe ne son pas oubliées, s’intéresse au plus près aux protagonistes, filmant visage et regards, rythmant silence et complicité, offrant au travers de cette terrible aventure une formidable leçon de vie que nul n'est en droit de juger.
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La Force de la Mise en Scène
La force de la mise en scène -et donc la nouvelle lecture qui nous en est faite ici- par le réalisateur espagnol va tout emporter sur son passage. D'abord, par la maîtrise assez dingue du récit qui, en parallèle de nous plonger dans les recoins les plus sombres de la page cannibale attendue, va nous happer sur tous les autres aspects de survie de ce cercle de rescapés où, certes, quelques visages et caractères se distinguent brillamment (Numa en tête) mais qui est vu avant tout comme une seule entité humaine face à cet environnement austère, un antagoniste omniscient ayant manifestement décidé de tout mettre en oeuvre pour les briser jusqu'à atteindre les tréfonds de leur collectif d'âmes en détresse.
Encore une fois, la réalisation de Bayona est irréprochable, nous secouant avec la même force que les drames successifs qui s'abattent sur ses héros, nous enfermant dans le huis-clos oppressant d'un abri de fortune où la chappe toujours plus croissante des souffrances qui y règne se fait ressentir presque littéralement, éteignant une à une devant nos yeux les rares braises restantes d'une jeunesse innocente en train d'agoniser à cause d'une Mère Nature que l'on croirait douée de la conscience la plus perfide à leur égard.
Le Cannibalisme : Un Point de Non-Retour
On terminera bien entendu sur le virage cannibale vis-à-vis de passagers décédés, envisagé dans la seule optique de survie pure et dure de la part d'hommes devenus complètement impuissants face à leur sort. Par l'entremise de différents caractères et hésitations sur ce choix qui n'en est bientôt plus un, "Le Cercle des Neiges" n'élude aucune question engendrée par ce point de non-retour, le confronte aux dernières barrières que sont la morale, la loi, la foi, les conventions sociales et, plus simplement, ce qui nous définit philosophiquement en tant qu'être humain avant de basculer dans un inéluctable où ce qui peut être encore vu par certains comme une viande de subsistance prend soudainement un visage, se transforme pour d'autres en une denrée banale au détour d'un bout de chair arraché sur un tas de vertèbres comme un vulgaire chewing-gum ou devient un leg volontaire laissé comme la plus grande preuve de fraternité envers autrui qu'il puisse exister.
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