À la fin des années 1980, le carré blanc étant tombé en désuétude, les chaînes ont bricolé, chacune de son côté, des « codes » destinés à avertir le public que certains programmes pouvaient être choquants. À l'époque, la programmation de films plus ou moins pornographiques à des heures de grande écoute sur La Cinq et la diffusion répétée de programmes violents et de films interdits aux moins de 13 ans en prime time avaient relancé le débat sur la nécessité de protéger le jeune public des effets, supposés néfastes, de certaines images.
Sous la pression des politiques, qui menaçaient de « prendre des décrets pour encadrer la responsabilité des opérateurs », les chaînes se concertent afin d'adopter un « code de bonne conduite » et pour réfléchir à une signalétique commune.
TF1 fait bande à part en inaugurant, en 1990, un triangle bleu accolé au film Tenue de soirée, de Bertrand Blier, une version moderne du carré blanc, qui, selon la chaîne, ne devrait concerner qu'une douzaine de films par an.
En 1989, M6, qui programme chaque semaine un film « rose », instaure trois rectangles : vert (« tous publics »), orange (« certaines images peuvent heurter ») et rouge (« réservé aux adultes »).
En 1996, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui avait déjà demandé aux chaînes de reléguer la diffusion de films équivoques au-delà de 22 h 30 (avec pour critères les interdictions aux moins de 13 et 18 ans prononcées par la commission de contrôle du cinéma), impose aux télévisions un codage baptisé à l'époque « signalétique antiviolence » (elle a pris depuis le nom de « signalétique jeunesse ») : cercle vert (accord parental souhaitable), triangle orange (accord parental indispensable), carré rouge (réservé aux adultes, interdit aux moins de 16 ans).
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Ces sigles sont appliqués à TF1, France 2, France 3 et M6. Arte, chaîne franco-allemande, y échappe en raison de son statut spécifique.
Canal+, chaîne cryptée et seule autorisée à diffuser des films pornograhiques, avait pris les devants en mettant à l'antenne, dès 1995, ses propres pictogrammes.
Les chaînes sont chargées d'établir elles-mêmes l'étalonnage, selon le degré de violence et de pornographie du programme.
Ainsi, le paysage audiovisuel français a évolué, cherchant à équilibrer la liberté d'expression et la protection du public, notamment le plus jeune.
Pour mieux comprendre l'évolution des formats télévisés, il est intéressant de noter que les chaînes sont de plus en plus frileuses et que les émissions de télé-réalité, les jeux, les fictions sont de plus en plus adaptés d'émissions étrangères à succès. L'explication est simple: adapter un format étranger minimise le risque d'audience. En effet, la chaîne suppose qu'une émission ayant été un succès dans un ou plusieurs pays étrangers le sera aussi en France.
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La production française est donc rentrée dans un cercle vicieux: de moins en moins de formats originaux, donc de moins en moins d'argent généré par les formats français, en France comme à l'étranger.
Dans un récent rapport, un groupe de députés de la majorité déploraient aussi que les chaînes publiques achètent trop de formats étrangers:"il convient également de renoncer à l’achat de formats étrangers en favorisant les formats originaux français exportables.
Au total, le marché des formats français est estimé à 2 milliards d'euros, ce qui reste "secondaire par rapport aux voisins européens". Les ventes de format français à l'étranger n'ont rapporté que 20,9 millions d'euros en 2017, selon le CNC.
Envoyé spécial. Les écrans endommagent les cerveaux - 18 janvier 2018 (France 2)
Logo du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), maintenant appelé Arcom.
L'exemple de "The Wheel: Le cercle des 7" sur TF1
Un exemple plus récent de programme sur TF1 est "The Wheel : Le cercle des 7" avec Arthur. Dans chaque manche, 3 candidats cherchent à se qualifier et à valider 7 thématiques (de Harry Potter à "la cuisine asiatique" en passant par "le rock", "les films de Claude Lelouch", "le stade toulousain", "la royauté britannique" ou encore "l’Histoire de la Belgique"). À chaque question, à choix multiples, une des 7 célébrités sera désignée par la roue pour les seconder.
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Installés sur un énorme écran de 18 mètres de diamètre, les participants du "Dernier cercle" doivent passer six paliers pour espérer arriver seuls en finale où la cagnotte pourra atteindre jusqu'à 50.000 euros.
Pour ce faire, ils devront répondre, grâce à un smartphone attaché à leur poignet, à des questions divisées en six thématiques "avec lesquelles on a peu l’habitude de jouer".
"À chaque niveau, les candidats sont testés sur les mêmes compétences : le langage, le visuel, le raisonnement, la mémorisation, le calcul et l’espace. On travaille sur les six facettes du cerveau pour voir qui a le cerveau le plus complet", explique Arthur.