Mission Pays Basque : Résumé et Analyse d'une Comédie Franco-Française

Réalisé par Ludovic Bernard, Mission Pays Basque est une comédie française sortie en 2017. Le film met en scène Élodie Fontan et Florent Peyre dans une confrontation pleine d’humour entre une Parisienne ambitieuse et un Basque attaché à ses traditions. La comédie sera disponible sur Disney+ le 3 octobre 2025.

Mission Pays Basque Affiche

Comme dans L'Ascension, Ludovic Bernard s'amuse à plonger son personnage principal dans un monde qui lui est totalement étranger, afin d'en éprouver les limites. Ludovic Bernard avait à coeur de conserver une bienveillance certaine envers ses personnages : "C’était une de mes volontés quand j’ai récupéré le scénario : bannir le second degré, pour ne pas risquer de perdre les personnages ou les situations en chemin. J’ai donc traité l’histoire au premier degré, sans moquerie en effet, ni du côté de Sibylle, ni de celui de Ramuntxo joué par Florent Peyre ou envers leur monde", déclare-t-il.

Synopsis Détaillé

Sibylle, jeune Parisienne aux dents longues, entend briller dans ses nouvelles fonctions professionnelles en rachetant une quincaillerie au Pays Basque afin d’y implanter un supermarché. Elle s’imagine avoir « roulé » le vieux propriétaire mais ce dernier est sous curatelle. Sibylle doit donc faire affaire avec Ramon, le neveu, pour récupérer son argent et signer au plus vite. Sinon, c’est le siège éjectable assuré.

Revoilà donc la jeune donzelle, à sa grande joie, en Bousie profonde pour négocier avec Ramun, le neveu, dans l’espoir de signer enfin la vente - et de sauver son poste. Et si le papi était malléable, le neveu, lui, n’a pas du tout l’intention de se laisser marcher sur les pieds par une citadine bornée.

Sybille (Elodie Fontan), parisienne aussi jolie qu’ambitieuse, convoite une quincaillerie familiale du Pays Basque aux fins d’y installer une supérette de l’enseigne de grande distribution pour laquelle elle travaille. Prête à tout pour parvenir à ses fins, elle devra convaincre Ramon, le neveu du propriétaire (Florent Peyre) qui n’a aucune intention de se laisser faire en dépit de l’inclinaison immédiate qu’il éprouve pour la jeune femme…

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Analyse du Film

Mission Pays Basque repose sur un humour de situations où les clichés entre Parisiens et habitants du sud-ouest s’affrontent. Élodie Fontan, déjà remarquée dans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, incarne une Parisienne ambitieuse et déterminée. Face à elle, Florent Peyre campe Ramon, un Basque attaché à ses racines et prêt à défendre sa région.

Sorti en 2017, Mission Pays Basque de Ludovic Bernard a séduit un public familial grâce à son humour accessible et à ses personnages attachants. Tourné dans les paysages authentiques du Pays Basque, il met en valeur une région tout en offrant une intrigue légère.

Si l’on se doute d’avance de l’aboutissement du film comme dans de très nombreuses comédies romantiques, Mission Pays Basque bénéficie d’un gros avantage : son duo d’acteur irrésistible. Sans jouer à fond sur le côté Star Système, Mission Pays Basque associe deux jeunes comédiens n’ayant pas encore réellement explosé à l’écran (mais cela ne saurait tarder) évitant ainsi toute forme de distraction que cela peut engendrer avec un casting dégoulinant la star.

D’un point de vue des décors, c’est évidemment agréable de découvrir (ou revisiter) le Pays Basque et ce d’autant plus que le film sent la fraîcheur estivale jusqu’au bout des ongles et notamment dans sa bande originale faisant la part belle aux titres de Luis Mariano.

Critiques et Réception

Malgré les efforts de Florent Peyre pour se montrer convaincant, Mission Pays Basque reste profondément handicapé par le jeu excessif et dissonant d’Elodie Fontan. Aussi peu crédible dans le rôle de la commerciale impitoyable que dans celui du joli cœur d’artichaut qu’elle est censée incarner, l’actrice ne parvient pas à persuader de son talent.

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Si les Basques sont dotés d’une identité forte, Ludovic Bernard (L’Ascension) dresse leur portrait de façon absurde et réductrice. Mission Pays Basque n’est qu’un amas de clichés grossièrement dessiné, dénué de la moindre subtilité et à la farce pachydermique. Délicat comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

A en croire le film, cette région de France se résume en quatre points : le béret, le fromage, le miel et les moutons. Autant de lieux communs qui n’apportent rien au spectateur, qui peut découvrir cela avec le passage de Miss Aquitaine lors du concours Miss France. La culture Basque passe donc à la trappe, caricaturée lourdement avec des gags insensés et accablants de bêtise. Chaque scène parvient toujours à surpasser la précédente. Une surenchère dans l’irréalisme et l’humour potache, qui offre une véritable déception.

Pourtant on se laisserait bien séduire par un casting qui fait ses preuves et met du cœur à l’ouvrage, mais le fond fait défaut : il y a du rythme et un peu d’action mais un scénario qui sonne creux en dehors de cette histoire d’amour cousue de fil blanc. En effet, Elodie Fontan, jusqu’ici abonnée aux cartons du box office (Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? , Babysitting 1 & 2), tient son premier grand rôle énergiquement, aussi lumineuse qu’attachante mais ça ne suffira pas à marquer les esprits. Pas plus que la sympathique prestation de son partenaire Florent Peyre (lui aussi dans son premier grand rôle). Le sourire de ce dernier a beau être désarmant, et son oncle (Daniel Prevost) plutôt amusant dans un rôle de vieillard mi gâteux - mi vicieux, rien n’y fait, le curseur n’est jamais poussé assez loin pour créer un ressort franchement comique ou plus profond.

Il y avait cependant matière à développer les sujets actuels plus intéressants et moins courus traités en filigrane dans MISSION PAYS BASQUE. Par exemple, le film débute en nous plongeant de façon croustillante dans le monde de la grande distribution, de ses travers, et surtout des méthodes peu scrupuleuses employées par les hauts diplômés du secteur pour développer les réseaux. Malheureusement, cette thématique cède rapidement la place à une histoire de trafic d’armes totalement rocambolesque !

Par extension, ce long métrage aborde également le bras de fer qui se joue à armes inégales dans de nombreuses régions et tendent à remplacer les commerces de proximité et artisans qui font leur identité et leur histoire par des supermarchés standardisés.

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Mission Pays Basque Scène

Au bout d’une grosse et pénible heure, on arrive donc enfin à la conclusion inévitable de ce cauchemar manifestement imaginé sous LSD : la Parisienne repentie revient à la campagne qu’elle a tellement mal jugée, plaque son boulot chiant mais lucratif (et son futur mari plein aux as pour le bouseux, il va sans dire) pour aller vendre les produits des petits producteurs, dans la plus pure tradition bio-bobo-écolo des quartiers branchouille dont elle est issue. Après une telle succession de poncifs, il eût été dommage de se fendre d’une conclusion pertinente et bienvenue : celle-ci est donc à l’image du film, d’une banalité sans nom et dégoulinante de bons sentiments.

En effet, l'histoire se passe dans les Pyrénées ? Forcément, Sibylle tombe sur un ours. C’est vrai qu’à cet endroit-là, c’est fréquent. A la limite, quitte à aller traîner ses basques à Zugarramurdi, il eut fallu caser une sorcière dans l’histoire, au moins ça aurait été raccord - mais non, même pas. Est-il nécessaire de préciser qu’au fil de l’action, Sibylle va s’énamourer de son beau brun ténébreux (célibataire, comme c’est pratique), s’acheter une conscience, découvrir qu’elle était pétrie de préjugés et apprécier la vie campagnarde ? On se le demande car, entre l’affiche et le résumé, il était difficile de ne pas les voir venir. On n’échappe donc pas à l’inévitable romance insipide entre les protagonistes, qui semble être un passage obligé des comédies de l’été et dont la mièvrerie, ici, pulvérise celle d’un roman de gare - mais reconnaissons-là le talent des scénaristes, à ce stade, c’est de l’art.

Du côté de la mission de Sibylle, on n’a guère mieux à se mettre sous la dent : c’est long, c’est poussif, et les gags méritent, au mieux, un sourire sarcastique, tant l’ensemble est navrant. Difficile, du coup, de se passionner réellement pour l’intrigue, aussi cousue de fil blanc que les espadrilles que vend Ramun - car tant qu’à faire cliché, le bouseux fabrique effectivement des sandales, après sa carrière terroriste. Il n’y a pas à dire, l’ETA a des plans de reconversion qui feraient pâlir d’envie Pôle Emploi. Ha, et tant qu’à faire, l’ami Ramun arrondit les fins de mois en chantant Luis Mariano. C’est bien connu, après lui, la vie musicale de la région s’est arrêtée, sans doute par peur de renier son héritage - à titre informatif, le ténor est mort en 1970. Autant dire il y a un demi-siècle.

Alors que Sibylle revient avec ses papiers et son jeune futur beau-frère en guise de stagiaire, on sait d’ores et déjà qu’elle va en voir des vertes et des pas mûres, se fourrer dans des situations dont le réalisme laissera à désirer et vivra des péripéties dont l’intérêt sera discutable. Les clichés se suivent comme les piments sur leur cordelette : le neveu est, bien entendu, un ex-taulard. Évidemment, un Basque pas lié au terrorisme, ce serait un peu comme un Mojito sans rhum, voyez-vous : d’après la prod’, qui en sait long, ça n’existe pas.

La tournure que prendra la relation entre ces deux là n’est pas difficile à deviner mais on espérait que le chemin qui les y mènerai ne serait pas le seul axe travaillé. Eu égard au titre du film et à l’instar d’un Bienvenue chez les Chtis par exemple, on s’attendait à découvrir plus avant le Pays Basque et tomber sous le charme de la région autant que de ses habitants. Certes, il y a bien le concours de cris de bergers et la confection des espadrilles mais il est regrettable que ces détails n’existent que pour agrémenter le fil de la romance. Le pays Basque est présent en tant que décor, aussi plaisant soit-il, mais à part être la source de prétextes scénaristiques, on ne devine pas la moindre ambition de faire partager au spectateur l’amour d’une région.

A côté de cela, on sourit plus facilement que l’on ne rigole de bon coeur devant le film qui manque quelques gags orignaux et le sentiment de déjà vu (dans le concept) se fait malheureusement ressentir.

Mais qu’importe, MISSION PAYS BASQUE reste une gentille comédie romantique, fraîche et estivale qui, loin de marquer les annales, aura le mérite de distraire les spectateurs pendant 1h40.

Cette comédie plaira aux amateurs de films régionaux et d’humour populaire. Elle séduira en particulier ceux qui ont apprécié Bienvenue chez les Ch’tis ou Les Tuches, pour sa manière de jouer avec les différences culturelles.

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