Sorti en 1989, "Quand Harry rencontre Sally" s'est rapidement imposé comme l'une des comédies romantiques préférées des cinéphiles. Ce film, réalisé par Rob Reiner et écrit par Nora Ephron, explore avec humour et tendresse les méandres de l'amour et de l'amitié entre un homme et une femme.
Le film met en scène Harry Burns, interprété par Billy Crystal, et Sally Albright, jouée par Meg Ryan. Leur relation, qui évolue sur plusieurs années, est ponctuée de rencontres fortuites, de débats passionnés et de moments de complicité.
Les Personnalités de Harry et Sally
Harry Burns
Harry privilégie à chaque instant l’utilisation du centre mental. Il cherche à trouver une signification logique aux événements et toute discussion est pour lui l’occasion de faire un raisonnement logique. Il se refuse à accompagner une amie à l’aéroport au début d’une relation pour qu’elle ne puisse pas lui reprocher plus tard de cesser de le faire. Car il est persuadé qu’on ne peut pas avoir envie d’accompagner quelqu’un à l’aéroport après une relation d’une certaine durée.
Quand il téléphone à Sally à la fin du film et qu’il tombe sur son répondeur, il déclare : "Il y a trois possibilités : a. Tu n’es pas là ; b. Tu es là et tu n’as aucune envie de me parler ; c. Tu es là, tu as une envie folle de me parler et tu es coincée sous l’armoire. En bon 6 ses raisonnements ne sont pas toujours basés sur des prémisses solides, mais il se satisfait de leur cohérence interne. Persuadé que ce qu’il dit est logique donc imparable, Harry ne peut pas avoir tort.
Il pense souvent à des événements futurs négatifs. Quand Sally lui dit qu’elle va à New York pour être journaliste, il lui répond : "Imagine qu’il t’arrive rien. Imagine que tu vives là-bas toute ta vie sans qu’il se passe rien, que tu rencontres personne, que tu perces jamais, que pour finir tu meures comme une New-yorkaise anonyme sans que personne ne s’en aperçoive sauf à l’odeur qui filtre au bout de quinze jours." Il continue dans la même conversation : "Quand je m’offre un bouquin, je lis toujours la dernière page d’abord." Après son divorce, il finit par sortir avec une autre femme et le premier rendez-vous ne se passe pas très bien. Il pense aussitôt que "le pire est peut-être à venir". Ce pessimisme s’accompagne bien évidemment d’un manque de confiance. Cette anticipation négative lui semble indispensable.
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Sally Albright
Sally est une fille organisée, sérieuse et soucieuse d’équité. Quand, au début du film, Harry et elle partent vers New York, elle a tout préparé : "J’ai fait le calcul. On a dix-huit heures de route. Bon, cela fait six tranches de trois heures chacun ou alors on se relaie au kilométrage." Cette organisation rigoureuse, on la retrouve partout. Elle a "horreur de manger entre les repas". Quand elle commande un plat, c’est hallucinant : "Une salade du chef. Vinaigrette à part. Et une tarte aux pommes, tiède, avec la glace à part, framboise au lieu de vanille. Sinon pas de glace, rien que de la Chantilly. Mais maison." Etc. Etc. Etc. Harry l’appelle la "cheftaine" ou "Mademoiselle Vie-bien-rangée".
En bonne 1, elle aime l’ordre et la perfection. Alors que d’habitude elle se voit comme "une femme de bon sens", elle prend conscience des excès de sa personnalité quand Jo en épouse une autre : "J’en demande trop. […] Je suis rigide. Je suis fermée." Elle sait aussi comment les autres devraient penser et fonctionner, mais elle n’ose guère le leur dire. Lors du voyage vers New York, elle est atterrée quand Harry mange une grappe de raisin et crache les pépins par la fenêtre de la voiture.
Cette façon de cacher et de se cacher ses vraies émotions est flagrante après la rupture avec Jo : "Je me sens en pleine forme. Je m’en suis remise et même très bien remise. Je l’ai apprécié et il m’a apporté tout ce qu’il pouvait." Sally a le sens moral élevé du 1. Elle est horrifiée que Harry la drague alors qu’il est l’ami de sa copine Amanda. On sent à ce moment la colère du 1 et en même temps les efforts pour la contenir dans des limites socialement acceptables : "Écoute, restons-en là, Harry." La colère est d’ailleurs souvent sous-jacente. Quand elle voit Harry à l’aéroport cinq ans après leur première rencontre, elle est furieuse qu’il ne la reconnaisse pas. Membre du centre instinctif, non seulement elle vit la colère, mais elle ne l’oublie pas. Elle se souvient que le voyage cinq ans plus tôt était un "enfer", ce qui est quand même exagéré.
La Scène de l'Orgasme Simulé
L'une des scènes les plus mémorables du film est celle où Sally simule un orgasme dans un restaurant bondé. Cette scène, devenue culte, est une réponse au débat entre Harry et Sally sur la capacité des hommes à reconnaître un orgasme féminin simulé. Elle illustre parfaitement l'esprit du film, qui aborde des sujets intimes avec humour et audace.
Rob Reiner a expliqué que c'est après s'être rendus compte que le long-métrage accordait trop d'importance à Harry et moins à Sally que la scénariste Nora Ephron et lui-même avaient émis cette brillante idée. Cette dernière a alors suggéré l'hypothèse de voir Meg Ryan simuler un orgasme pour prouver à son acolyte, et ainsi mettre fin à leur débat, que les hommes ne savent pas reconnaître une femme qui simule.
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Si la scène finale est une vraie réussite, le tournage n'a pourtant pas été des plus simples. Meg Ryan n'était, en effet, pas particulièrement à l'aise avant de se lancer dans cette incroyable leçon de simulation. Rob Reiner se souvient : "Meg était nerveuse. Évidemment, vous êtes en face de figurants et tous les membres de l'équipe. Ainsi, les premières prises, elle les a faites genre de manière faible." Très dévoué à sa tâche et à ses comédiens, le réalisateur n'a alors pas hésité à se mettre lui-même en scène face à Billy Crystal pour montrer à Meg Ryan ce qu'il attendait d'elle. "J'ai dit, 'Regardez, je vais vous montrer ce que je veux'. Et je lui ai fait tout le truc, en criant, tapant sur la table", raconte-t-il.
Amour et Amitié : Une Frontière Floue
"Quand Harry rencontre Sally" explore la complexité des relations entre hommes et femmes, en particulier la question de l'amitié homme-femme. Le film remet en question l'idée reçue selon laquelle une amitié sincère est impossible entre deux personnes de sexe opposé, car l'attirance physique finira toujours par interférer.
Harry brandit lui-même l’impossible amitié homme/femme en étendard, comme s’il refusait le dénouement manifeste qui l’attend. Il ne faudra pas moins de douze ans à Harry et à Sally pour admettre ce qu’eux seuls ignorent : ils s’appartiennent.
Dans le film, l’amour est évoqué dans ce qu’il a de plus cru et de plus simple : le sexe, le désespoir, les coups d’un soir, les rapports de domination en jeu entre les femmes et les hommes, la pression sociale, les normes. La simplicité de l’histoire d’amour vécue par leurs meilleurs amis respectifs, Marie (Carrie Fisher) pour Sally et Jess (Bruno Kirby) pour Harry, va venir contraster avec les tourments que connaissent nos héros.
Une Structure Narrative Originale
Le film est entrecoupé de saynètes où des couples racontent leur histoire de rencontre. Ces témoignages, souvent drôles et touchants, apportent un éclairage supplémentaire sur les thèmes de l'amour et du couple.
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La caméra cherche elle aussi à les réunir. Entrecoupés de saynètes où plusieurs couples vont tour à tour raconter leur histoire, les chapitres d’Harry et de Sally seront ponctués par une bande originale qui participe à la tendresse et à la nostalgie dont le film est empreint.
Ces standards de jazz, là encore interprétés par Harry Connick Jr. sur des arrangements musicaux de Marc Shaiman (La Famille Adams, Hairspray, Sister Act), font perdre au spectateur toute notion du temps, pourtant bien visible à l’écran.
Une Comédie Romantique Intemporelle
Malgré les années qui passent, "Quand Harry rencontre Sally" continue de séduire les spectateurs grâce à son humour, sa justesse et sa profondeur émotionnelle. Le film aborde des thèmes universels tels que l'amour, l'amitié, la solitude et la recherche du bonheur, qui résonnent encore aujourd'hui.
Bien sûr, la structure du film demeure des plus entendues. Rencontre / séduction / amour naissant / conflit / retrouvailles… On connaît la chanson. La scénariste Nora Ephron s’est effectivement grandement illustrée dans le registre de la romcom, autrement dite « comédie romantique ». Dans QUAND HARRY RENCONTRE SALLY, elle joue, avec le réalisateur Rob Reiner, une variation sur les codes du genre. Là où tout est annoncé, rien n’est pour autant évident. La romance, pourtant banale, d’Harry et Sally prend des allures surprenantes. En cela réside toute l’intelligence du film : peut-être que nos vies modernes blasées, des années 80 jusqu’à aujourd’hui, nous ont fait oublier que l’amour, aussi ordinaire puisse-t-il paraître, est toujours un miracle.
Ce miracle, on l’entrevoit d’abord dans ces saynètes, qui entrecoupent le film, où des couples mariés racontent leurs histoires d’amour. Ce sont des gens lambda, déployant des récits lambdas. Nonobstant, ces récits sont tous charmants. Puisqu’ils se concluent tous par un regard, un sourire, une caresse, emplis de tendresse.
QUAND HARRY RENCONTRE SALLY se distingue des autres comédies romantiques par sa poésie délicate. Notamment dans sa mise en scène. Rob Reiner filme New-York dans toute sa grandeur, dans un cadre qui surplombe les personnages : des citadins parmi les autres citadins. Ce n’est que lorsque le sentiment s’immisce, que la relation se tisse, que l’image se resserre sur les visages de Billy Crystal et Meg Ryan.
Tableau des Personnages Principaux
| Personnage | Acteur/Actrice | Description |
|---|---|---|
| Harry Burns | Billy Crystal | Un homme cynique et sarcastique qui a des opinions tranchées sur les relations et l'amour. |
| Sally Albright | Meg Ryan | Une femme organisée et optimiste qui croit en l'amitié entre hommes et femmes. |
| Marie | Carrie Fisher | La meilleure amie de Sally, une femme pragmatique et souvent cynique en matière de relations. |
| Jess | Bruno Kirby | Le meilleur ami de Harry, un homme un peu naïf et maladroit en amour. |
À ce titre, malgré le poids des années, il demeure assurément la comédie romantique absolue.