Définition et aspects juridiques d'une émission de télévision

Une émission, au sens de la télécommunication, est la production et la diffusion, au moyen d'ondes électromagnétiques, de signaux, de sons, d'images. Par métonymie, le terme désigne également le programme radiodiffusé ou télévisé lui-même.

Le mot "émission" renvoie également à des objets audiovisuels hétéroclites et moins bien identifiés. On parlera moins de programme et davantage d’émission dans le cas des séquences d’ouverture et fermeture d’antenne, de la mire, des interludes et séquences des speakerines.

Une émission de variétés, par exemple, désigne dans le domaine de l'audiovisuel, une émission de télévision dont l'objectif est de divertir les téléspectateurs. La toute première fut diffusée à partir de 1952 et se nommait La Joie de vivre.

Ce glossaire est à l’intention des chercheurs débutants travaillant sur des sources audiovisuelles (radio et surtout télévision), et qui sont amenés à fréquenter le centre de consultation de l’inathèque.

Voici quelques termes techniques liés a la production des émissions:

Lire aussi: L'article sur "Au fond du trou"

  • Angle: désigne la manière dont a été réalisée la prise de vue.
  • Audio: couche sonore d’une unité audiovisuelle (programme, publicité…).
  • Archive: à la radio ou à la télévision, désigne un document visuel ou sonore produit à une date antérieure et donc rediffusé dans le cadre d’un programme plus récent.
  • Banc-titre: l’expression désigne à la fois la séquence filmée et la technique mise en œuvre pour sa réalisation.
  • Bulletin de presse: document émis par un diffuseur* (ici, une chaîne de télévision) pour renseigner sur ses programmes à venir.
  • Cadreur: opérateur qui manipule la caméra et réalise les prises de vue.
  • Champ/ hors champ/ contrechamp: tout ce qui est visible dans le cadre au moment d’une prise de vue.
  • Collection: oeuvre audiovisuelle complète. ensemble de programmes faisant l’objet d’une production commune ou relevant d’un même projet ou d’une même oeuvre.
  • Conducteur: Document détaillant les séquences d’un programme sous forme de liste chronologique, préétabli pour une unique émission.
  • Descripteur: équivalent de mot-clé.
  • Diffuseur: société en charge de transmettre via ondes électromagnétiques une oeuvre audiovisuelle auprès du public.
  • Episode: le terme est préféré pour le genre fictionnel et renvoie ainsi à la fiction sérielle.
  • Format: modalité de la diffusion d’une production audiovisuelle.
  • Générique: séquence d’ouverture ou de fermeture d’un programme.
  • Grille de programmes: la grille de programmes est le document (virtuel ou réel) qui présente la distribution de la diffusion des émissions de radio ou de télévision sur une période généralement hebdomadaire.
  • Habillage: désigne les éléments visuels et sonores destinés à donner à un programme son identité.
  • Image: représentation visuelle enregistrée sur un support physique ou numérique, ou seulement diffusée instantanément.
  • Journal de programme: plus communément magazine télé, publication spécialisée hebdomadaire contenant les informations relatives aux programmes annoncés par les diffuseurs.
  • Kinéscope: appareil d’enregistrement de l’image utilisé dans les premières décennies de la télévision, avant l’apparition du magnétoscope.
  • Lancement: le propos introductif à un reportage.
  • Ligne: unité de mesure de la résolution de l’image de l’époque des écrans de télévision à tube cathodique.
  • Marronnier: se dit d’un sujet journalistique récurrent dont l’intérêt informationnel est discutable.
  • Notice: (dans la base de données) fichier comportant des renseignements et des métadonnées sur un programme.
  • Over: se dit d’une parole entendue sans que l’émetteur ne soit visible à l’écran.
  • Pastille: on peut voir désigner par ce terme un programme audiovisuel très court.
  • Plateau: Désigne à la fois un lieu du studio, un espace de production journalistique et le segment d’une émission se déroulant dans cet espace.
  • Producteur: pour les production audiovisuelles autres que le cinéma, on entend par producteur la personnalité juridique (société ou individu) responsable de la réalisation et la livraison d’un programme destiné à être diffusé à la radio ou la télévision.
  • Programmation: autre aspect des modalités de diffusion d’une émission, renvoie à son créneau de diffusion : jour de la semaine, horaire, canal de diffusion.
  • Rapport de chef de chaine (ou chef d’antenne): Document rendant compte de la diffusion d’un programme dans ses moindres détails.
  • Réalisateur: Professionnel en charge de la mise en scène et qui supervise la captation audiovisuelle.
  • Régie: lors d’un direct, la régie est le lieu où convergent les images et les sons captés sur le plateau, lequel est généralement en vis-à-vis.
  • Rushes: Ensemble des bandes filmées, matériau brut non destiné à être diffusé.
  • Saison-série: groupement d’émissions* d’une même collection* rapprochées par la période de diffusion.
  • SECAM: (pour SEquentiel Couleur A Mémoire) standard mis au point par l’ingénieur Henri de France pour le marché Français.
  • Séquence ou segment: pour désigner une partie d’un programme.
  • Société de programmes: Pour la France, il s’agit des sociétés audiovisuelles qui produisent et diffusent des contenus, par exemple TF1, A2 et FR3.
  • Télévision scolaire: renvoie aux programmes éducatifs réalisés pour être diffusés à la télévision.

Les plateformes numériques suggèrent des contenus en recourant à des algorithmes de recommandation. Ces algorithmes facilitent la recherche et l’extraction des informations pertinentes pour l’utilisateur. Exemple : lorsqu’on effectue une recherche sur le moteur de recherche Google, un ensemble d’algorithmes détermine l’importance des contenus indexés qui seront affichés et donc proposés à l’utilisateur.

Pour les recommandations basées sur le contenu, l’ensemble des algorithmes dits de « classement ou de référencement », prennent d’abord en compte les contenus et les similarités entre ces contenus (sujet, titre, mots-clés, chaînes, etc.). L’approche algorithmique va au-delà des fonctions de tri des algorithmes basées sur le contenu en personnalisant la mise en avant des contenus en fonction du profil et des préférences de l’utilisateur. Cette technique informatique, les systèmes de recommandation, est intégrée dans de nombreux domaines. Pour proposer des contenus intéressants à l’utilisateur, il est nécessaire de collecter les informations sur son comportement.

Système de recommandation intelligent

Schéma d'un système de recommandation intelligent.

Cette utilisation des données de consommation de l’utilisateur est appelée « filtrage collaboratif » et se décline en deux méthodes. Le filtrage collaboratif « passif » ne fait pas appel à l’utilisateur, ce dernier n’étant pas directement consulté sur ses opinions ou préférences.

Droit d'auteur et noms d'émissions

Les noms d’émissions TV englobent la totalité du concept du programme. Que ce soit un concours de talents, un jeu ou un magazine documentaire, chaque projet correspond à une « œuvre de l’esprit ». Dans sa définition, une œuvre de l’esprit est une création intellectuelle d’un être humain qui affiche un caractère original et une mise en forme aboutie.

Lire aussi: La nouvelle série Berlin

Cette création est soumise au droit d’auteur, qui garantit une protection contre la protection. En suivant cette logique, les noms d’émissions sont donc similaires à un scénario de film ou un roman. La subtilité ? Une émission TV doit être composée d’un maximum de détails dans son concept pour faire l’objet de contrats de licences et prouver son originalité.

Il est possible et conseillé de protéger son concept d’émission. Pour bénéficier de la protection du droit d’auteur, toute création intellectuelle doit être matérialisée dans une forme qui la rende matériellement perceptible. L’originalité est la condition nécessaire et suffisante pour bénéficier de la protection du droit d’auteur. L’originalité est l’expression juridique de la créativité de l’auteur, elle est définie comme l’empreinte de sa personnalité.

En effet, si a priori les noms d’émissions sont soumis au droit d’auteur, cela ne signifie pas que vous gagnerez forcément si vous poursuivez en justice une chaîne de télévision qui semble avoir repris votre concept. Il vous faut déposer un nom d’émission TV ainsi que son concept original, développé et bien construit.

Dans la même veine, sachez que si le droit des marques vise à protéger les signes caractéristiques d’une marque (nom, logo, sons…), il existe un garde-fou ! Celui-ci rappelle que le dépôt de nom ne doit pas avoir pour effet de priver toute personne d’utiliser une expression courante du langage. De plus, si on souhaite utiliser un slogan, il faut que le contenu de son émission soit en accord avec ce dernier. Certains noms d’émissions TV, notamment les magazines d’actualités ou documentaires, aiment utiliser ce genre d’expression courte et entraînante.

Les noms d’émissions sont des marques comme les autres. Et à ce titre, vous pouvez les déposer afin qu’ils soient protégés dans les catégories choisies. Ici, on parle de concepts d’émissions de TV ou de radio.

Lire aussi: Suspense garanti avec "Countdown"

Comme pour les autres démarches de protection de nom de marque, déposer un nom d’émission, en même temps que son concept général, permet d’éviter des copies, imitations ou même carrément des récupérations entières du programme TV. C’est également ce qui va permettre à l’émission d’être achetée par d’autres pays du monde entier. Chaque contrat de licence permet de stipuler le degré de modification des noms d’émissions TV à travers le monde.

En résumé, la protection d'un nom d'émission de télévision nécessite le dépôt du nom et du concept original, tout en respectant les règles du droit des marques et du droit d'auteur.

Comment protéger son invention, sa marque ou son design ?

tags: #son #emission #de #television