L’invasion de la Pologne par Hitler en septembre 1939 déclenche la Seconde Guerre mondiale. Le conflit, principalement européen à l’origine, s’élargit à l’échelle mondiale avec l’intervention japonaise contre Pearl Harbor et l’entrée en guerre des Etats-Unis. Cette « guerre totale » mobilise l’ensemble des ressources économiques des différents belligérants et fait 50 millions de morts, majoritairement des civils.
Avec la prolongation des combats et l’extension géographique du théâtre des opérations, le sort de la guerre dépend de la capacité de chacun des deux camps à mobiliser des ressources économiques. Contrairement aux puissances de l’Axe, les Alliés ont régulièrement tenu des conférences internationales pour discuter des grandes options stratégiques, puis préparer l’après-guerre.
La Direction de la mémoire, de la culture et des archives (DMCA) a souhaité mettre en avant et rendre accessible à un plus large public, les documents d’archives et bibliothèques conservés par le Ministère des Armées et des Anciens Combattants concernant les différents acteurs de la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945). On retrouve ici des bases à visée mémorielle, telle que « Les médaillés de la Résistance ». Cette base comprend 2769 fiches de personnels ayant appartenu aux FAFL, qu'il s'agisse du personnel navigant ou du personnel au sol.
LA FRANCE PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE
La France devant la défaite (1939-1940)
Après la défaite de juin 1940, la France connaît une situation difficile.
Brutalement, le 10 mai 1940, la Wehrmacht lance une attaque éclair dans le Nord de la France. Accompagnée de l’exode des civils, oblige le gouvernement à quitter Paris. La capitale est occupée le 14 juin.
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Le maréchal Pétain, devenu chef du gouvernement, signe l’armistice le 22 juin 1940. Elle divise le pays en deux zones : la zone occupée par les Allemands au Nord et la « zone libre » du Sud. L’armée est réduite, la flotte désarmée. Des millions de soldats français sont retenus comme prisonniers en Allemagne.
Refusant la défaite, le général de Gaulle, réfugié à Londres, lance l’appel à la résistance le 18 juin 1940. Le 18 juin 1940, le général de Gaulle appelle les Français à « s’unir dans l’action » pour libérer la France, sur les ondes de la radio anglaise B.B.C.
La France, pillée par l’occupant, souffre de pénurie. Même en zone libre, la vie quotidienne devient de plus en plus difficile.
Occupation allemande en France
Le régime de Vichy
Pétain instaure un régime autoritaire. Il détient les pleins pouvoirs et gouverne sans assemblée. Les élections, les partis politiques, les syndicats sont supprimés afin de réduire l’opinion au silence. Il n’y a plus de représentant du peuple auprès du gouvernement. République sont emprisonnés.
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Le 24 octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à Montoire (Loir-et-Cher). Nuremberg, participe à l’arrestation et à la déportation de ceux-ci. camps. service de l’Allemagne.
Le régime de Vichy organise la « Révolution nationale » destinée à redresser la France. traditionnelles leur sont inculquées.
La France pendant la seconde guerre mondiale Après la défaite de juin 1940, la France connaît une situation difficile. Censure et propagande. « Révolution nationale » : retour à la terre. devient chef du gouvernement en juin 1940 puis chef de l’« État français ». le régime de Vichy, qui collabore avec les Allemands. le 18 juin 1940, - le lendemain de la demande d’armistice par Pétain - un appel à la résistance.
La France résistante et libérée
La résistance extérieure, la « France Libre ». les uns des autres. démarcation et de l’intensification de la collaboration. qui refuse le STO part dans des maquis de résistants.
En 1943, le général de Gaulle confie à Jean Moulin la tâche d’unifier tous les réseaux de résistance. clandestines dans les FFI - Forces françaises de l’intérieur. notamment au moment de la libération du pays.
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Les Alliés débarquent en Normandie le 6 juin 1944. Les Allemands sont surpris. 1944. Paris se soulève le 19 août et est libéré le 25. de massacres de civils, comme à Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1944. provisoire de la République française - GPRF - et est reconnu comme tel par les Alliés.
L’opération Overlord est déclenchée sur les côtes de Normandie, à mi-chemin des ports de Cherbourg et du Havre, le 6 juin au matin, avec un jour de retard sur le calendrier prévu du fait des mauvaises conditions météorologiques.
Débarquement de Normandie
La Reconstruction
Le 8 mai 1945, après des années de guerre, d'occupation et de combats pour sa libération, la France est exsangue : les pertes humaines sont considérables, l'économie est en ruines, le territoire dévasté, la production industrielle et agricole insuffisante. Pour stabiliser l'économie et relancer la production, le gouvernement nationalise plusieurs secteurs clés, notamment ceux de l'énergie avec la création d'Électricité de France (EDF), Gaz de France (GDF) et Charbonnages de France (CDF), du crédit et des banques comme la Banque de France.
La tâche, colossale, est confiée au ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU) : l'ensemble du territoire doit être déminé et désobusé, le littoral de l'Hérault ou des Landes, les ports, comme ceux de Dunkerque et de Gravelines, de Sète ou du Finistère, les forêts d'Indre-et-Loire et des Bouches-du-Rhône, un terrain d'aviation à Chartres, les terres agricoles en Mayenne ou à Châlons-sur-Marne. Le travail, particulièrement dangereux, est effectué par des volontaires, des prisonniers de guerre allemands et d'anciens travailleurs volontaires en Allemagne.
L'importance des destructions obligent les sinistrés à se réfugier dans les départements voisins ; restés sur place, ils s'entassent dans les bâtiments encore intacts, vivent dans les maisons endommagées ou des hangars agricoles. Pour les héberger, les propriétés de certains particuliers sont réquisitionnées ou confisquées et des baraquements édifiés par des architectes, comme à Isigny-sur-Mer ou dans la Nièvre, et des entreprises spécialisées dans l'Orne, en bois en Charente, en tôle dans le Calvados et maçonnés à Chambéry. Ces constructions provisoires, attribuées en échange d'un loyer et meublées par l'État, forment parfois de véritables cités, aménagées par des voies de circulation ; fragiles, elles sont soumises aux aléas du climat, comme dans le Calvados, où une violente tempête emporte les toitures.
Pour financer la reconstruction, le gouvernement lance plusieurs emprunts, notamment l'emprunt de la Libération en 1944 et celui de la reconstruction et de l'équipement en 1949. La loi du 28 octobre 1946 ayant posé le principe d'une réparation intégrale par l'État des dommages de guerre, les collectivités et les propriétaires d'immeubles d’habitation, commerciaux ou industriels doivent obtenir le statut de sinistrés pour obtenir une indemnisation, puis présenter leur plan de reconstruction et d'aménagement devant le MRU.
Tous doivent se plier aux directives du ministère et s'adapter à la modernisation du territoire prônée par le gouvernement : les entreprises se reconstruisent en périphérie des villes, qui sont débarassées de leurs zones insalubres, dotées de grands centres administratifs ou commerciaux et de nouvelles habitations plus spacieuses, tandis que les architectes doivent obtenir un agrément pour prétendre aux marchés de reconstruction financés par l'État, comme les urbanistes et les entreprises de construction.
La période de la Reconstruction s'étale sur une vingtaine d'années : à Dunkerque par exemple, des sinistrés vivent encore dans des baraquements jusqu'en 1960.
Reconstruction du Havre
Mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France
On ne peut se satisfaire du schéma binaire régulièrement repris sur l’histoire de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France, d’autant moins qu’on le retrouve dans les programmes de Terminale. Voici cette histoire de la mémoire réduite à deux moments, celui qui, dès les lendemains de la Libération, glorifie essentiellement la figure du héros résistant ; le tournant vient au début des années 1970, Serge Klarsfeld et Robert Paxton à l’appui, quand, enfin, on évoque les victimes juives de l’Occupation. Bipartition mémorielle renforcée, le plus souvent, par un jugement radical : enfin est venu le temps de la vérité.
Il y a des livres, des films, des documentaires mais, pour l’instant, l’exode de mai-juin 1940 n’est pas un événement structurant de la mémoire collective. Pourquoi ? Si la mémoire collective "sélectionne" ce qui participe à la construction identitaire de la société française, que faire avec la honte, la peur, la fuite, quelquefois le vol ? Rien. Au sens strict, cet événement n’a pas de sens, d’utilité sociale.
Tous ces mécanismes sont à l’oeuvre qui rendent compte d’une chronologie mémorielle dont on mesure qu’elle est bien plus complexe que celle qu’on lit dans les manuels scolaires ou qu’on entend à la télévision.
Alors, quoiqu’on en dise, toutes les mémoires sont convoquées et entendues. Certes il y en a de plus fortes, comme la mémoire des résistants, et de plus faibles, comme la mémoire juive. Faible encore mais présente, la mémoire des STO. Quant aux Vichystes, ils ne pouvaient « exister » alors qu’en revendiquant d’être une composante du combat des Français contre l’Occupant.
Mais ne nous trompons pas : toutes les mémoires de la guerre s’effondrent, y compris celle de la Résistance qui est cependant partie de plus haut. On oublie le contexte. À l’agenda, deux événements majeurs vont s’inviter et imposer un nouveau régime mémoriel : la guerre froide et les guerres coloniales.
Deux exemples pour mesurer les conséquences de ce chamboulement : la lutte devenue prioritaire contre l’Union soviétique et les pays sous tutelle a entraîné en France, après le départ des communistes du Gouvernement, un raidissement de la politique nationale à l’encontre des résistants communistes étrangers, ainsi du Parti communiste espagnol dissous en 1950 et nombre de ses militants expulsés. Côté bloc soviétique, le ciblage des anciens cadres de la résistance communiste étrangère en France lors des grands procès ajoute à la confusion.
Quand le général de Gaulle revient au pouvoir en 1958, il doit sa légitimité à un événement : l’appel du 18 juin 1940. Il sera alors moteur d’une politique mémorielle offensive qui met au coeur du nouveau régime mémoriel la figure du résistant. Rien n’est plus symbolique que l’entrée de Jean Moulin au Panthéon le 19 décembre 1964.
Un nouveau régime mémoriel s’ouvre avec le départ du général en 1969 et, un an plus tard, son décès. Mais ce n’est pas du tout la figure de la victime juive qui prédomine. Ce qui prédomine alors et dont témoignent des documentaires comme le Chagrin et la pitié et plus encore Français si vous saviez, c’est l’image d’une France veule, lâche, largement collaboratrice. C’est en quelque sorte la légende noire qui semble alors s’imposer. Mais la référence à la persécution des Juifs est encore marginale.
La figure de la victime juive s’impose bien plus tard qu’on le dit en général. Le mécanisme à l’oeuvre est d’ailleurs intéressant car à l’inverse de 1958, le travail naît de la société civile, de l’activisme mémoriel et judiciaire de Serge Klarsfeld, de son double ouvrage historique sur Vichy-Auschwitz (1983 et 1985) et de celui de Marrus et Paxton sur Vichy et les Juifs (1981).
Sous la pression de proches souverainistes, Henri Guaino et Max Gallo, Nicolas Sarkozy esquissa un nouveau régime mémoriel qui fasse davantage appel à l’image du résistant. Toutefois, un processus était engagé et, de fait, avec son successeur, s’affirma une forme de convergence mémorielle qui, donc sous François Hollande élu en 2012, devint la règle.
On devine bien la volonté de rehausser la figure du résistant dans un message global qu’il veut mobilisateur et porteur de valeurs. On voit également que les attentats terroristes illustrent bien le dilemme. Les attentats de novembre 2015 avaient à l’évidence mis en avant la figure de la victime.
Cela montre, en effet, qu’un double élargissement s’impose : on ne peut pleinement comprendre la mémoire segmentée de la Seconde Guerre mondiale, celle de la Résistance ou celle de la persécution des Juifs, si l’on ne prend pas en compte l’ensemble des composantes ; et l’on ne peut pleinement comprendre les aléas de la mémoire collective de la Seconde Guerre mondiale si l’on ne regarde pas ce que sont les mouvements de la mémoire collective en d’autres thématiques.