À la dérive : Explication du film et analyse

À peine sorti de l’Everest, le réalisateur Baltasar Kormákur est reparti dans un autre cauchemar de survie, lui aussi tiré d’une histoire vraie incroyable. Après le film Everest, le réalisateur islandais Baltasar Kormakur s’attaque à l’adaptation d’un roman tiré d’une histoire vraie : A la dérive.

A la dérive : Affiche du film

Le film revient sur l'histoire de Tami Oldham. Le scénario s'inspire de la dramatique mésaventure vécue par Tami Oldham et Richard Sharp. Shailene Woodley et Sam Claflin leur donnent vie une seconde fois à l'écran, devant la caméra de Baltasar Kormákur. L'histoire est celle de Tami Oldham et Richard Sharp, un couple pris dans l’ouragan Raymond en 1983, qui va vivre un cauchemar pour survivre durant 41 jours, sur un bateau abîmé, avec peu de vivres et à plus de 2000 kilomètres des côtes. Tami Oldham et Richard Sharp décident de convoyer un bateau à travers le Pacifique. Ils rencontrent l’ouragan Raymond de catégorie 4 (sur une échelle de 5).

C'est une histoire de survie, de puissance, de combativité et d’espoir au-delà de tout bon sens. C’est une histoire qui soulève le cœur et l’esprit rien qu’à la lecture du quatrième de couverture de Red Sky in Mourning : A True Story of Love, Loss, and Survival at Sea, le livre de Tami Oldham où elle raconte son expérience extraordinaire.

Comme toute histoire vraie adaptée à Hollywood, elle est incroyable. C’est aussi le prétexte à un film hollywoodien de facture très classique, où rien ne dépasse, et qui pourra sans difficulté agacer ou exaspérer. À moins de se laisser emporter par la force de cette histoire, solidement mise en scène par Baltasar Kormákur et interprétée par l’actrice de The Descendants et Divergente.

Un tournage en mer authentique

Une chose non négligeable déjà : environ 90% du film a été tourné en mer. Des conditions parmi les plus difficiles et complexes pour tourner, comme un Steven Spielberg a pu le vivre sur Les Dents de la mer, et qui forcent le respect tant A la dérive assure de ce côté. Pour l’œil du spectateur moderne, habitué aux images de synthèse et au factice le plus complet, le film offre un décor immense et immensément tangible. Ne pas avoir recours aux habituels fonds verts et incrustations plonge véritablement dans ce paysage à la fois grandiose et terrifiant, passé de carte postale ultime à éventuel tombeau silencieux.

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Par ailleurs, dès qu’il est question de traduire à l’écran les éléments déchaînés, Baltasar Kormákur se monte là aussi très solide. Avec un budget de 35 millions, le réalisateur islandais démontre un sens certain du spectacle, certes dans les clous des standards hollywoodiens, mais animé par un sens du découpage et du montage très clairs. Aucune preuve d’un talent véritablement renversant de la part du cinéaste derrière Contrebande et 2 Guns, mais celui-ci semble particulièrement à l’aise dans le genre. Pas étonnant : il a été révélé avec Survivre, l’histoire d’un marin islandais qui a survécu au naufrage de son bateau, inspiré par l’histoire vraie (et bien sûr incroyable) de Guðlaugur Friðþórsson. A la dérive était donc fait pour lui.

A LA DÉRIVE Bande Annonce VF (Shailene Woodley, Sam Claflin 2018)

Un scénario critiqué

Le vrai gros problème d’A la dérive, c’est son scénario. Non seulement la construction en deux mouvements (les souvenirs heureux, le présent malheureux) est d’une banalité un brin soporifique, mais le film repose entièrement sur un élément encore plus problématique à tous les niveaux. Ce choix narratif, qu’à peu près personne ne devrait manquer de comprendre dans le premier quart d’heure, condamne toute l’émotion à s’écrouler, et donne immanquablement au film un arrière-goût ridicule.

C’est d’autant plus dommage que le film n’en avait pas besoin, parce que le récit méritait une foi plus pure, sans artifice, mais également parce que Shailene Woodley le porte avec une énergie évidente. De The Descendants à Big Little Lies en passant par White Bird, l’actrice prouve, pas après pas, qu’elle possède quelque chose de fort à l’écran. Dotée d’un charme simple et fou dans les flashbacks, elle incarne cette guerrière des eaux avec brio. Sam Claflin, en arrière-plan, forme avec elle un couple touchant qui existe peu à peu grâce à des scènes simples, mais attendrissantes, qui frôlent la niaiserie inutile sans tomber dedans.

Fidélité à l'histoire vraie et choix scénaristiques

Le projet a d'abord été lancé comme une pure fiction. Les scénaristes Aaron et Jordan Kandell étaient en train de travailler sur un nouveau projet quand ils ont appris ce qui était arrivé à Tami Oldham. Cette Américaine a évoqué son expérience dans le livre Red Sky in Mourning: A True Story of Love, Loss, and Survival at Sea et c'est lui qui a servi d'inspiration pour À la dérive. Elle y revenait sur le jour où elle décida avec son compagnon Richard Sharp de conduire jusqu'à San Diego le voilier Hazaña détenu par Peter et Christine Crompton.

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Après son départ, le couple a été touché par l'ouragan Raymond alors que rien ne laissait penser qu'il allait croiser sa route. En plein océan Pacifique, personne ne pouvait leur venir en aide. Tami reste inconsciente pendant plusieurs heures puis s'est retrouvée seule, livrée à elle-même. À l'inverse de ce que l'on voit dans le film, Richard est mort lors de l'ouragan. Tami n'a pas passé du temps avec son compagnon sur ce qu'il restait de l'Hazaña. Le scénario fait le choix de garder les deux personnages ensemble un long moment pour amplifier la dramaturgie et l'émotion. Lorsque le bateau a été frappé par l'ouragan, Richard a forcé sa compagne à s'enfermer dans la cabine. Tami s'est tout de même fait assommer. Elle s'est réveillée plus d'un jour après le choc. Les dégâts ont été considérables, le navire n'étant plus qu'une épave.

En plus d'un traumatisme crânien, elle s'est rendue compte que Richard avait été emporté dans les profondeurs de l'océan. Une situation désespérée, de laquelle Tami s'est relevée. Avec le peu de ressources à sa disposition, elle est parvenue à se nourrir et à naviguer sur plus de 1500 kilomètres. Jusqu'à toucher la terre ferme à Hilo, petite ville d'Hawaï.

Tami Oldham et Richard Sharp : Le couple réel

Un film de survie nuancé

A la dérive n’a pas le spectaculaire fantaisiste de L’Odyssée de Pi, et encore moins la sobriété poétique et crépusculaire de All is Lost avec Robert Redford. L’ambition n’a jamais été là. Ici, il y a le simple spectacle « tiré d’une histoire vraie », calibré pour tirer quelques larmes, ouvrir grand les yeux sur la folie de la vie humaine et des destins extraordinaires.

Il est toujours délicat de parler de survie en mer car il ne s’y passe pas grand chose. A la dérive se regarde sans déplaisir, c’est une aventure incroyable, d’une femme a qui a une volonté hors du commun.

Aspect du film Description
Réalisation Baltasar Kormákur
Acteurs principaux Shailene Woodley, Sam Claflin
Histoire vraie Inspiration de l'histoire de Tami Oldham et Richard Sharp
Thèmes Survie, amour, perte, espoir
Tournage Principalement en mer, conditions difficiles

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