John Williams : Une Filmographie Légendaire à Découvrir sur Disney+

Le documentaire Music by John Williams, disponible sur Disney+ depuis le 1er novembre 2024, offre un regard intime sur la carrière du compositeur John Williams, notamment sur ses collaborations avec Steven Spielberg. Il est indéniable que Steven Spielberg est l'un des plus grands réalisateurs de notre époque.

Ses chefs-d'œuvre sont nombreux, de Les Dents de la mer à E.T., en passant par Jurassic Park et Il faut sauver le soldat Ryan. Tous ces films ont un point commun : ils ont été mis en musique par John Williams, un compositeur de génie. Le documentaire Music by John Williams rend hommage à ce talent exceptionnel.

John Williams

John Williams lors de la première de Star Wars: Le Réveil de la Force

Un Duo Indissociable : John Williams et Steven Spielberg

En 1973, John Williams se souvient d'un déjeuner organisé par Universal Studio avec Steven Spielberg, qui souhaitait qu'il écrive la musique de son nouveau film, Sugarland Express (1974). Williams a été impressionné par la maturité et la connaissance de la musique de film de Spielberg, qui se souvenait même de thèmes oubliés de ses premières œuvres.

Laurent Bouzereau, documentariste de Spielberg, revient sur cette rencontre essentielle dans Music by John Williams. À travers des images d'archives et des témoignages, il dresse le portrait du dernier des grands compositeurs « à l'ancienne » d'Hollywood.

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John Williams écrit toujours au crayon sur du papier à musique. Il utilise le grand orchestre symphonique et, contrairement à la plupart des compositeurs de film, il orchestre ses partitions lui-même. Il fait ses débuts comme pianiste et arrangeur dans des formations de jazz et de musique populaire. Engagé par Hollywood, il est demandé d'orchestrer des transitions musicales et de diriger les orchestres de studio. En 1958, John Williams signe sa première partition de film.

Mais un film de Steven Spielberg a posé problème : La Liste de Schindler. John Williams se souvient : "Quand j'ai vu le film, j'étais bouleversé, je sanglotais presque. Je suis allé faire un tour dehors, En revenant, j'ai parlé à Steven. Je lui ai dit : 'Steven, c'est un très grand film, il te faudra un meilleur compositeur que moi'. Il a répondu : 'Je sais, mais ils sont tous morts !'. Heureusement pour moi, et grâce à la ténacité de Steven, j'ai dû persévérer et faire de mon mieux. Mais c'est ce que je ressentais. Ce film me dépassait. Je n'imaginais pas quiconque capable de créer une musique à la hauteur de cette histoire."

Steven Spielberg se rappelle : "C'est certainement l'expérience la plus émouvante de notre carrière. John nous a invité Kate [Capshaw, la femme de Steven Spielberg, ndlr] et moi pour nous faire découvrir les morceaux au piano. Je ne souviens pas d'un moment où j'ai été aussi bouleversé que quand j'ai entendu ces motifs simples, mélodieux, expressifs et angoissés qu'il jouait pour nous au piano. Dès les premières notes, Kate s'est mise à pleurer, neuf notes plus tard, je pleurais, et Johnny pleurait tout en continuant à jouer. C'était une mitsvah : il avait rendu hommage à ce récit de la Shoah par le biais de sa musique."

La Liste de Schindler

Affiche du film La Liste de Schindler

Les Musiques Inoubliables de John Williams

Il faut dire que John Williams est à l'origine de quelques-unes des plus grandes bandes originales contemporaines. Avec la musique de la saga Star Wars et ses thèmes légendaires, ou celle des premiers Harry Potter. En 1975, la musique des Dents de la mer, de Steven Spielberg, réinvente le langage du genre et vaut au compositeur le deuxième de ses cinq Oscars. En 1977, John Williams fournit une bande-son plus avant-gardiste pour Rencontres du troisième type, toujours de Spielberg.

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En 1993, le musicien écrit à la fois pour Jurassic Park et pour La Liste de Schindler, deux partitions stylistiquement opposées. Il fournit aussi à Spielberg une merveilleuse musique jazzée pour Arrête-moi si tu peux (2002). Cinquante ans après leur rencontre, John Williams collabore toujours avec ce dernier (The Fabelmans, 2022).

Ce sont surtout les musiques des films et franchises pour le très grand public (Star Wars, Harry Potter, Superman, Indiana Jones…) qui le rendent célèbre dans le monde entier. Elles sont désormais jouées par les orchestres symphoniques classiques les plus prestigieux à Vienne, Berlin ou Boston.

Le titre de Music by John Williams indique clairement que son propos s'attache d'abord à la musique de cinéma, mais Laurent Bouzereau consacre une partie aux pièces de concert de John Williams. Ce catalogue contient notamment des œuvres concertantes écrites pour de très grands interprètes, comme la violoniste allemande Anne-Sophie Mutter ou le violoncelliste américain Yo-Yo Ma.

Les amateurs de Star Wars et de Harry Potter pourront découvrir une musique très différente de celle qu'ils connaissent, souvent atonale, voire avant-gardiste, mais d'une très belle qualité d'inspiration, comme dans le récent Deuxième Concerto pour violon (2021).

L'évolution de la musique de film jusqu'à John Williams!

Le film a en outre droit à une avant-première au American Film Institute Festival le 23 octobre 2024 avant d'arriver directement sur Disney+ le 1er novembre de la même année. La réalisation est confiée, quant à elle, au français Laurent Bouzereau. Ce dernier est un spécialiste des documentaires sur l'histoire du cinéma hollywoodien.

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Music By John Williams est construit comme un documentaire mais il est en réalité bien plus un film hommage sur la carrière d'un grand génie qu'une introspection approfondie sur la travail et la vie personnelle du compositeur. Malgré les nombreux témoignages, les passionnés qui connaissent l'œuvre et le parcours du compositeur seront forcément déçus par le manque de profondeur du film. Ce constat fait, il s'agit tout de même du premier long-métrage consacré à John Williams où l'homme de 92 ans a bien voulu être filmé et entrouvrir sa boite à souvenirs.

Pour le néophyte, en revanche, le documentaire permet de découvrir brièvement l'homme derrière l'artiste tout comme de réentendre certains des thèmes les plus connus des classiques hollywoodiens. Le film offre dès lors un voyage symphonique dans plus de soixante ans de carrière de l'un des plus grands compositeurs du cinéma américain.

Music By John Williams commence d'abord par présenter le passé, plutôt méconnu du grand public, du maestro. Il aborde brièvement sa naissance le 8 février 1932 à New York d'un père, Johnny Williams, percussionniste professionnel pour la radio et d'une mère, Esther Towner, ancienne danseuse. À l'âge de quinze ans, sa famille déménage à Los Angeles, si bien qu'il fréquente la North Hollywood High School.

En parallèle de sa carrière de jazzman, il se fait aussi engager en tant que pianiste pour les orchestres des studios de cinéma à Hollywood. Il travaille notamment pour Columbia Pictures, 20th Century Fox ou Paramount Pictures. De fil en aiguille, des collègues lui demandent d'orchestrer ici ou là un enregistrement puis de composer tel ou tel morceau. Le jeune musicien se rend alors compte que ce travail lui plaît davantage que le simple fait d'être pianiste.

Si le documentaire est très formel, voire professionnel, dans la façon dont il dépeint la carrière du compositeur, il arrive néanmoins par petites touches à effleurer l'intime de l'homme qui se cache derrière et qui semble être d'une gentillesse absolue et d'une discrétion totale.

Alors qu'il gagne son premier Oscar en 1972 pour le film musical Un Violon sur le Toit, le décès de sa femme va étrangement le libérer artistiquement. Il sera en effet, à partir de là, quasiment nommé tous les ans aux Oscars et en gagnera quatre autres durant sa longue carrière.

Music By John Williams revient alors assez spécifiquement sur la création de deux compositions magistrales, Les Dents de la Mer et Star Wars : Un Nouvel Espoir, ainsi que sur sa rencontre avec deux cinéastes, Steven Spielberg et George Lucas, qui vont avoir une grande influence sur sa carrière. La saga de Luke Skywalker va, il est vrai, faire connaître le compositeur au-delà du cercle fermé des cinéphiles ; les thèmes des films de George Lucas ayant subjugué et bouleversé des millions de spectateurs à travers le monde.

Au fur et à mesure de ses compositions pour la saga créée par George Lucas, il a ainsi continué à utiliser le même procédé, comme le démontre le magnifique morceau Rey's Theme pour Star Wars : Le Réveil de la Force.

Music By John Williams va ensuite balayer plus ou moins vite la carrière du maestro sur les décennies suivantes, s'arrêtant juste sur certaines de ses compositions les plus emblématiques comme Rencontres du Troisième Type, Superman, la saga Indiana Jones, E.T. l'Extra-Terrestre, Né un 4 Juillet, Maman, J'ai Raté l'Avion !, Jurassic Park, La Liste de Schindler, Il Faut Sauver le Soldat Ryan ou la saga Harry Potter. Entendre toutes ces musiques iconiques dans un seul film est certain de ravir les cinéphiles mélomanes qui se délectent depuis des années des compositions de John Williams.

Néanmoins, Music By John Williams parle tout de même de l'autre pan de la carrière du maestro ; celle qui va au-delà de la composition. Le succès de Star Wars lui a en effet ouvert des portes et lui a permis de devenir enfin un vrai chef d'orchestre. Il a notamment élu résidence au Boston Pops Orchestra de 1980 à 1993.

Le documentaire aborde enfin de nombreux autres points comme les concerts organisés en son honneur ou autour de son œuvre. Il termine sa rétrospective par la décision de renommer le 18 janvier 2024 un immeuble du lot du Sony Pictures Studios à Culver City en John Williams Music Building. Ce dernier comprend notamment le Barbra Streisand Scoring Stage, considéré comme le plus grand studios d'enregistrement de cinéma au monde, qui a vu passer de grands compositeurs dont un certain... John Williams !

Music By John Williams est un bel hommage à un compositeur de génie qui permet de revisiter musicalement certaines de ses plus belles créations mais aussi d'en apprendre un peu plus sur l'homme. Dommage cependant que le documentaire ne fasse qu'effleurer son sujet.

Au-delà de l’accompagnement des images, il y a l’accompagnement de ces bandes-originales dans nos vies, leur ancrage impérissable dans nos mémoires.

Il fallait bien l’intervention de son plus fidèle partenaire (29 collaborations à ce jour, jusqu’à The Fabelmans) pour l’inciter à changer d’avis.

Le documentaire se permet même d’approcher la vie intime du compositeur (notamment le décès de sa première femme, Barbara Ruick) sans sombrer dans le voyeurisme malvenu.

Cette sensibilité est avant tout sublimée par les différents intervenants, sur lesquels la caméra prend le temps de s’attarder.

John Williams s’approprie les mots de Rachmaninov : "La musique suffit pour toute une vie. Mais une vie ne suffit pour toute la musique".

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