Trente-quatre ans après le film de Ron Howard, le magicien nain Willow Ufgood repart à l’aventure dans une série qui a le bon goût de ne pas trop se prendre au sérieux, et qui reste aussi sympathique qu’anecdotique. Les amateurs de fantasy sont à la fête.
(De gauche à droite) : Dove (Ellie Bamber), Kit (Ruby Cruz), Boorman (Amar Chadha-Patel), Graydon (Tony Revolori) et Willow Ufgood (Warwick Davis) dans « Willow », la série.
Après les mastodontes House of the Dragon et Les Anneaux de pouvoir, un autre grand nom du genre fait son retour : Willow. Beaucoup de ceux qui étaient ados ou préados en 1988 ont un souvenir ému du film. « Willow », produit et écrit par George Lucas, et réalisé par Ron Howard, narrait, sous la forme d’un conte de fantasy, l’histoire d’une terrible reine qui voulait faire tuer tous les nouveau-nés de son royaume peuplé de petits êtres, les Nelwyns.
Parmi eux, une fillette baptisée Elora fut sauvée par Willow, un jeune Nelwyn - interprété par le comédien de petite taille Warwick Davis. 34 ans après, Warwick Davis redevient « Willow », certes plus âgé mais toujours vaillant, et ayant développé ses pouvoirs de magicien. Trente-quatre ans après avoir été révélé au grand public dans le film réalisé par Ron Howard, le comédien de petite taille reprend son rôle de magicien dans la série lancée sur Disney +.
Un Pari Risqué Transformé en Suite Tardive
Déjà en 1988, le film (culte) Willow était un pari risqué. Trop longtemps après Conan le Barbare et bien avant Le Seigneur des Anneaux, la fantasy n’était pas en odeur de sainteté à Hollywood. Et d’ailleurs, l’accueil critique frileux qui lui a été réservé en a attesté. Mais comme aucune madeleine de Proust n’échappe à l’ogre aux grandes oreilles, Jon Kasdan a développé une suite tardive, sous la houlette de Ron Howard et toujours avec Warwick Davis dans le rôle-titre.
Un Scénario Complexe
Deux cents lunes plus tard - soit environ seize ans dans le récit -, l’héritier du trône, prince bellâtre, est enlevé par les forces du Mal. Accrochez-vous : Kit Tanthalos est la fille de Sorsha et Madmartigan - mais la fille biologique de la méchante Bavmordaz - partie sauver son frère de la même ascendance, en compagnie de Jade Claymore - fille du second méchant Kael - laquelle va rencontrer sa propre soeur Scorpia, ainsi que de Graydon Hastur, fils du roi de la province autrefois attaquée par le peuple de Jade et Scorpia.
Pour ça, ils ont besoin de la lame de Thraxus Boorman, ancien compagnon de… Madmartigan. Et tout ce petit monde va mélanger ses hormones et plusieurs centilitres de salive dans les intervalles et les proportions réglementaires. Le récit se déroule vingt ans après les événements relatés dans le film. Il met en scène le retour de créatures maléfiques et forces obscures au service de l’horrible souveraine.
Le scénario prétend émanciper ses personnages des anciennes générations pour mieux y faire perpétuellement référence, coinçant le pauvre spectateur persévérant, ainsi que le critique contraint de tout s’infliger par un rédacteur en chef sadique, dans une boucle infinie de roucoulements adolescents duveteux et de références appuyées au long-métrage, allant jusqu’à incruster des séquences entières dans ses décors vides. Vous aimiez Willow ?
Une Réalisation Contestable
Nombreux sont ceux qui estiment que cette nouvelle adaptation de Willow, format série, est une honte absolue, couleurs criardes pour un rendu carton-pâte, ton décalé hors sujet, personnages insipides voir carrément têtes à claques, la quête passe littéralement au second plan derrière l’amourette minable entre les deux personnages les plus insupportables de la série, aucun respect du matériel originel, bref, un naufrage. Seul Willow permet de reprendre espoir mais hélas, la nostalgie ne suffit pas, pour ma part j’ai arrêté à l’épisode cinq sans regret (épisode qui soit dit en passant atteint des sommets d’indigence).
Après le massacre de l’oeuvre du génialissime Tolkien avec des anneaux du pouvoir parfaitement abjectes, voilà qu’on massacre à nouveau un joyau d’Heroic Fantasy qui a bercé toute une génération. Ce n’est pas l’histoire en elle même qui ne va pas, ni même les acteurs, qui eux ont fait du mieux possible mais la réalisation qui est totalement ratée. Il y a tellement d’invraisemblances, de raccourcis pris entre divers scènes qu’on a parfois du mal a suivre que ça en est consternant. On pourrait croire que cette série a été réalisée dans un projet pour le bac de lycéens option audiovisuel tant c’est mal réalisé. Et question finances on réalise très vite que le budget n’y est pas, ça a été fait à l’économie.
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Enfin bref, ce qui aurait peu être une super série n’est qu’un super ratage, le scénario et la réalisation sont nuls. Critique censurée à sept reprises par le site... Combien de rejetons indignes faudra-t-il encore infliger aux spectateurs pour qu’ils se détournent, une fois pour toutes, de ces maisons de production peu soucieuses de la qualité esthétique de leurs produits, écoulés comme articles dérivés d’œuvres issues de la pop culture ?
Willow souffre à son tour de ce processus d’abâtardissement qui fait prévaloir le lucratif sur le créatif, omettant la tonalité burlesque du film de Ron Howard ainsi que son caractère hybride - soit la rencontre entre le monde de George Lucas et celui de J.R. R. On qualifie souvent Ron Howard d’honnête artisan, sans patte artistique véritable mais capable de mener à bien un projet ambitieux, de donner à des enjeux narratifs une forme cinématographique apte à susciter des émotions pour grand public. Rien de tel ici : la série lui échappe - il n’est plus que producteur - et nous ressert la sempiternelle soupe assaisonnée au politiquement correct, sans mise en scène aucune.
Passe encore qu’une nouvelle production Disney+ renie le concept de contraste, mais traiter de la sorte l’univers de George Lucas, Ron Howard et Bob Dolman doit tomber sous le coup de la maltraitance au pénal. Et malheureusement, ce ne sera même pas le seul chef d’accusation.
Un Équilibre Difficile
Contraints à la fois par la nostalgie qui émane du film original et par la moyenne d’âge des utilisateurs de la plateforme, Kasdan (un habitué de Disney post-acquisition, ayant travaillé sur Solo et le futur Indiana Jones) et ses acolytes font un grand écart que même le Van Damme période mulet n’aurait pas tenté. D’autres avant eux s’y sont… cassés les dents (RIP The Walking Dead World Beyond, petit ange parti bien assez tôt), mais il persiste à accoupler sur chaque photogramme à peu près identifiable l’héritage des années 1980 et les codes de la teen série, qui font les beaux jours du N rouge et de certains de ses concurrents.
Des Personnages Attachants... Mais un Willow en Demi-Teinte
Si la série n’est pas des plus inspirées dans son usage des grosses ficelles, elle reste un programme divertissant. Le groupe central est amusant à observer, tantôt s’entraidant, tantôt s’écharpant, et révèle une jolie alchimie. Un aspect réussi à mettre au crédit d’un casting de jeunes acteurs investis et convaincants, avec notamment Ellie Bamber, Tony Revolori et Erin Kellyman.
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Mais là encore, il y a un bémol de taille : Willow lui-même, joué sans intensité par Warwick Davis (Star Wars, Harry Potter), nous rappelle qu’il n’est pas un bon acteur. Si les nouvelles têtes de l'univers de Willow comme Ruby Cruz et Tony Revolori insufflent un vent de fraîcheur sur la série, Warwick Davis fait de son mieux mais nous rappelle tout de même que jouer la comédie n'est pas son point fort.
Un Verdict Mitigé
Willow est dans son ensemble une série agréable à regarder et divertissante. Elle bénéficie de tout ce que Lucasfilm sait faire de mieux et offre au spectateur une direction artistique soignée, des effets spéciaux convaincants et des décors à couper le souffle. Le hic, c'est que tout ce côté visuellement épique va de paire avec une histoire qui n'est pas des plus sensationnelles. Au terme de sept épisodes, c'est sans être franchement convaincu que l'on se demande si la première saison de Willow ne serait pas qu'une longue quête de second plan qui servirait à mettre en place un récit bien plus intéressant. Cela donne un résultat plutôt brouillon avec une série qui a du mal à trouver sa voie. Le ton change d'une scène à l'autre, tour à tour sérieux puis tellement humoristique qu'il frôle la parodie. À trop vouloir être dans l'air du temps et cool, le show devient difficile à cerner.
Au final, Willow est un exercice d’élève trop appliqué, ne se permettant que de rares plaisanteries à la marge. Un constat frustrant face aux belles réussites de la série, comme un casting et une direction artistique enthousiasmants. Divertissante, la série aurait pu l’être bien plus si elle était allée tout au bout de ses ambitions.
Tableau Récapitulatif des Critiques
| Aspect | Points Positifs | Points Négatifs |
|---|---|---|
| Scénario | Références au film original, potentiel de développement | Complexe, parfois incohérent, roucoulements adolescents |
| Réalisation | Direction artistique soignée, effets spéciaux réussis | Manque d'intensité, combats sans ampleur, réalisation parfois ratée |
| Acteurs | Casting de jeunes acteurs investis et convaincants | Warwick Davis (Willow) manque d'intensité |
| Ambiance | Divertissante, mélange d'aventure et d'humour | Tonalité parfois brouillonne, wokisme dégoulinant |