Ce visage bonhomme et cette solide carrure d'Américain bien nourri, ça ne vous rappelle rien ? En général, la réponse ressemble à : « Mais oui, bien sûr, je le connais. C'est, euh, zut… » Drôle d'amnésie partielle.
Jeff Daniels, un acteur américain dont la carrière s'étend sur plusieurs décennies, a su captiver le public grâce à sa polyvalence et son talent indéniable. De ses débuts au théâtre à ses rôles marquants au cinéma et à la télévision, Daniels a prouvé qu'il était capable de jouer dans tous les registres. Mais… c'est qui, déjà, Jeff Daniels ?
Flirterait-on avec le flou quand on a, comme lui, percé dans les années 80, en même temps que plein d'autres Jeff (Bridges, Goldblum…) et qu'on porte presque le même nom qu'un célèbre whisky ? Il n'est pourtant pas si transparent, Jeff Daniels, pour jouer ainsi à cache-cache avec notre mémoire.
Les meilleurs films de Jeff Daniels
Débuts et Premiers Succès
L'acteur américain Jeff Daniels a suivi des études de littérature anglaise avant d'intégrer la troupe du Circle Repertory Theater de New York avec laquelle il connaît un grand succès. En 1981, il fait une première (petite) apparition au cinéma dans Ragtime de Milos Forman. Deux ans plus tard, il est engagé par James L. Brooks pour jouer dans Tendres Passions (1983). C'est ensuite sous la direction de Woody Allen que le comédien travaille dans La Rose pourpre du Caire (1985).
Jeff Daniels dans La Rose pourpre du Caire
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Diversité des Rôles et Confirmation du Talent
Très vite, Jeff Daniels montre sa capacité à jouer dans tous les registres. En 1990, il fait face à de dangereuses araignées dans le film d'horreur Arachnophobie de Frank Marshall. L'année suivante, il côtoie Demi Moore dans la comédie fantastique La Femme du boucher. En 1992, le réalisateur David Twohy le fait voyager dans le temps dans son efficace et inventif Timescape. Après avoir foulé le champ de bataille de Gettysburg, il court contre la montre en compagnie de Keanu Reeves dans le film d'action Speed de Jan de Bont. Enfin, il montre un certain talent pour interpréter l'un des deux crétins irrécupérables de Dumb & Dumber (1994) avec son acolyte Jim Carrey.
Dans cette vague de productions plus légères, il tourne ensuite L'Envolée sauvage, Les 101 Dalmatiens et se montre particulièrement touchant dans la fable fantastique Pleasantville (1998) avec Reese Witherspoon et Toby Maguire.
Tableau des Films Notables de Jeff Daniels dans les Années 1990
| Année | Titre | Réalisateur |
|---|---|---|
| 1990 | Arachnophobie | Frank Marshall |
| 1994 | Speed | Jan de Bont |
| 1994 | Dumb & Dumber | Frères Farrelly |
| 1998 | Pleasantville | Gary Ross |
Virage Dramatique et Expérimentations
A l'aube des années 2000, Jeff Daniels change de registre en perdant le sens de la réalité dans Insomnies, primé au Festival du film fantastique de Gérardmer. En 2002, devant la caméra de Clint Eastwood, l'acteur lui donne aussi la réplique dans le thriller Créance de sang.
S'essayant à la réalisation en 2001 (Escanaba in da Moonlight) et 2002 (Super Sucker), Jeff Daniels n'en reste pas moins un acteur qui varie les genres avec aisance. A l'affiche du film de George Clooney Good Night, and Good Luck (2005), il est en 2006 nommé aux Golden Globes pour sa performance dans la comédie dramatique Les Berkman se séparent.
Retour en Grâce avec The Newsroom
Depuis trois saisons (la dernière est en cours de diffusion), il impose même son charisme dans The Newsroom, série d'Aaron Sorkin produite par HBO, endossant avec panache le rôle d'un présentateur vedette, don Quichotte de la déontologie. Mais voilà : sous les critiques élogieuses et les récompenses (un Emmy Award, l'équivalent télé de l'oscar), il flotte encore autour de lui ce parfum d'étonnement ravi, cet air de retrouvailles inattendues.
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Jeff Daniels dans The Newsroom
A près de 60 ans, Jeff Daniels a beau avoir une abondante filmographie, il semble coincé dans un cycle sans fin, de l'ombre à la lumière, de l'oubli au come-back.
Anecdotes et Particularités
Lui-même a des trous de mémoire : lorsqu'en 1985, sur le tournage de La Rose pourpre du Caire, Woody Allen l'interroge sur sa jeune carrière, le débutant mort de trouille ne parvient à se souvenir que… d'une vague apparition dans la série Hawaï, police d'Etat - et pas de son premier vrai rôle, dans Tendres Passions, en 1983. Pas grave : avec La Rose pourpre du Caire, Jeff Daniels est alors bien parti pour devenir l'un des acteurs majeurs de la décennie.
Il crève l'écran, littéralement - en incarnant un personnage de cinéma qui rejoint le monde réel. Les cinéastes s'arrachent son charme désinvolte (de Mike Nichols pour La Brûlure à Jonathan Demme pour Dangereuse sous tous rapports), la presse l'encense (le magazine GQ le surnomme « le prochain Cary Grant »). Et lui, que fait-il ? Il déménage loin de Hollywood avec femme et enfants, pour s'installer dans le riant patelin où il a grandi : Chelsea, Michigan. « C'était débile. Suicidaire », sourit-il aujourd'hui… Apparemment sans regret, puisqu'il y vit toujours et y prospère en pilier de la communauté, patron et fondateur d'un théâtre, enregistrant à ses heures perdues des albums de country.
Entre-temps, évidemment, son nom a dégringolé en bas des génériques, entre séries B et mélos. Prix d'une liberté qui l'a poussé à oser beaucoup de choses. Et même à accepter, en 1994, de tout miser sur une comédie potache aux côtés de Jim Carrey : Dumb et dumber. C'est ainsi, en crétin hilarant et régressif, assis sur un siège de toilettes, la bave aux lèvres et la tignasse en furie, qu'il a reconquis le public. « Je me suis dit : soit c'est le début de ta carrière, soit c'est la fin. » Le rôle fut si marquant qu'il le reprend aujourd'hui, vingt ans après, dans Dumb et dumber de. Si la suite est moins réussie que l'original, Jeff Daniels, lui, ne change pas. Il s'ingénie à brouiller les pistes. Clown génial, héros lunaire, intello tourmenté pour film indépendant (Les Berkman se séparent) ou même chanteur, il disparaît ici pour mieux renaître ailleurs. Un facétieux phénix.
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Jeff Daniels : Dates Clés
- 19 février 1955 Naissance à Athens, Géorgie (Etats-Unis).
- 1983 Premier rôle important dans Tendres Passions, de James L. Brooks.
- 1985 La Rose pourpre du Caire, de Woody Allen.
- 1994 Dumb et dumber, des frères Farrelly.
- Depuis 2012 Rôle principal dans la série The Newsroom.