Dans le film d'Edward Zwick, Tom Cruise incarne un soldat en rupture avec son pays natal qui devient samouraï. L'univers que déploie Le Dernier Samouraï paraît étrangement familier : un empire sur le déclin, rongé par la corruption et les luttes de pouvoir; un guerrier courageux, qu'un traumatisme a rendu étranger à sa propre existence; une noble mission qui, pour la dernière fois, le plonge dans l'action.
Affiche du film Le Dernier Samouraï
Contexte et Production
Avant Troy de Wolfgang Petersen ou Alexandre le Grand d'Oliver Stone, c'est le premier achevé des nombreux films conçus dans la foulée du succès foudroyant de Gladiator. Le scénariste, John Logan, et le compositeur, Hans Zimmer, sont les mêmes, mais le Japon du XIXe siècle remplace la Rome antique. Edward Zwick retrouve le film historique pour une période située idéalement entre ses précédents films Glory (1989) et Légendes d'Automne (1994).
Il s'inspire alors de l'officier français Jules Brunet qui parti au Japon pour travailler au sein de l'armée d'un shogun (et donc pas pour l'Empereur) ainsi que de la Rébellion de Satsuma, s'appuyant également sur le livre La Noblesse de l'Echec (1980) de Ivan Morris. Edward Zwick co-écrit le scénario avec Marshall Herskovitz qui était déjà sur Légendes d'Automne (1994) et qui a entre temps réalisé La Courtisane (1998) et co-écrit également Traffic (2000) de Steven Soderbergh, puis avec John Logan remarqué pour son travail sur L'Enfer du Dimanche (1999) de Oliver Stone et Gladiator (2000) de Ridley Scott.
Le film est une co-production néo-zélando-nippo-américain avec un co-producteur de poids nommé Tom Cruise, qui incarne logiquement le rôle principal pour lequel il ne touchera pas de cachet en échange d'un intéressement aux éventuels bénéfices. Le film, au budget généreux de 140 millions de dollars, reçoit un bel accueil critique et connaît un grand succès public engrangeant près de 457 millions de dollars au box-office Monde dont 2,2 millions d'entrées France.
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Synopsis
1876, le capitaine Nathan Algren, vétéran des guerres indiennes, vit en vendant ses souvenirs dans des cirques ambulants. Sa réputation ayant dépassé les frontières, le gouvernement du Japon l'engage pour former leur armée dans l'optique d'une modernisation inéluctable et, surtout, afin de mettre fin à une rébellion de samouraïs menés par Katsumoto. Malgré une troupe encore pas formée, Aldren reçoit l'ordre de les mener au combat.
La première bataille contre les samouraïs est un échec et Aldren est fait prisonnier. Aldren devient l'hôte de Katsumoto qui voit là le moyen d'apprendre de son adversaire. L'officier Algren est donc logiquement incarné par la star Tom Cruise entre Minority Report (2002) et Collateral (2004) de Michael Mann, et qui retrouvera Edward Zwick et le scénariste Marshall Herskovitz pour Jack Reacher : Never Go Back (2016).
Acteurs et Personnages
Parmi les occidentaux citons Timothy Spall vu dans Secrets et Mensonges (1996) de Mike Leigh ou Intimité (2001) de Patrice Chéreau, Billy Connolly vu dans Proposition Indécente (1993) de Adrian Lyne ou La Dame de Windsor (1997) de John Madden, Scott Wilson remarqué dans Dans la Chaleur de la Nuit (1967) de Norman Jewison et De Sang Froid (1967) de Richard Brooks et retrouve après Les Flics ne dorment pas la Nuit (1972) de Richard Fleischer son partenaire William Atherton vu dans Piège de Cristal (1988) de John McTiernan et 58 Minutes pour Vivre (1990) de Renny Harlin, et retrouve aussi après L'Affaire Pélican (1993) de Alan J. Pakula l'acteur Tony Goldwyn apparu dans Ghost (1990) de Jerry Zucker ou Nixon (1995) de Oliver Stone.
Parmi les japonais citons surtout Ken Watanabe, le Robert De Niro nippon dixit Tom Cruise, qui joue là son premier rôle à l'international et retrouvera Hollywood pour notamment Lettres d'Iwo jima (2006) de Clint Eastwood ou Inception (2010) de Christopher Nolan, et retrouvera par exemple dans Mémoires d'une Geisha (2006) de Rob Marshall l'acteur Togo Igawa aperçu dans Eyes Wide Shut (1999) de Stanley Kubrick et qui retrouvera dans 47 Ronins (2013) de Carl Erik Rinsch son partenaire Kiroyuki Sanada vu dans Ring (1998) de Hideo Nakata ou Le Samouraï du Crépuscule (2002) de Yoji Yamada et retrouve après Les Evadés de l'Espace (1978) de Kinji Fukasaku son partenaire Seizo Fukumoto vu dans Le Feu de la Vengeance (1982) de Norifumi Suzuki ou Red Shadow (2001) de Hiroyuki Nakano, citons encore Masato Harada avant tout réalisateur par exemple de A Contre-Courant (1996) ou Inugami (2001) et qui ne jouera plus qu'une seconde fois dans Le Maître d'Armes (2006) de Ronny Yu, Sosuke Ikematsu remarqué surtout plus tard dans Avant la Tempête (2016) et Une Affaire de Famille (2018) tous deux de Hirokazu Kore-Eda, puis enfin Shichinosuke Nakamura alias l'Empereur Meiji, surtout connu comme un acteur majeur du théâtre traditionnel Kabuki, et n'oublions pas le seul rôle féminin assurée par Koyuki Kato vu dans Kaïro (2001) de Kiyoshi Kurosawa ou plus tard dans Always : Crépuscule sur la Troisième Rue (2005) de Takashi Yamazaki.
Analyse des Thèmes et Motifs
Ce changement de décor va de pair avec une différence de perspective. Ridley Scott dépeignait Rome comme le centre du monde. Le héros, Maximus, tentait d'y restaurer le pouvoir du Sénat, comprenez la démocratie. Cette Rome rêvée, où chacun aurait droit à la poursuite du bonheur, était la métaphore à peine voilée des Etats-Unis. Dans Le Dernier Samouraï, Nathan Algren (Tom Cruise) est au contraire en rupture avec son pays natal. En soldat obéissant, il a combattu les Indiens sous les ordres du général Custer, "un bourreau sanguinaire" selon ses propres termes. Depuis, il n'a plus goût à rien, il est alcoolique et il se méprise.
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C'est alors que l'on fait appel à lui pour former l'armée japonaise à lutter contre les samouraïs, rebelles à l'autorité de l'empereur. Très vite, il est fasciné par le chef des samouraïs, Katsumoto (Ken Watanabe), un homme sage et valeureux. Nathan découvre le raffinement culturel et la véritable noblesse de l'âme. Par un lent processus d'appropriation - ou peut-être une forme aiguë du syndrome de Stockholm -, il devient un samouraï lui-même. "Pourquoi détestes-tu tant ton propre pays ?", lui demandera même l'un de ses concitoyens, un militaire cruel et sans merci.
A bien des égards, Le Dernier Samouraï vient contredire tous les clichés que les Français ont en tête sur la production cinématographique hollywoodienne depuis le 11 septembre. Voici une épopée sortie aux Etats-Unis en 2003, année de la guerre en Irak. Le héros est un soldat hanté par la culpabilité d'être américain. Il choisit un autre pays, dont il apprend la langue et adopte les coutumes. La bataille finale l'oppose à des troupes qu'il commandait jadis.
Le film retranscrit parfaitement les fêlures psychologiques de Aldren, puis met en exergue les notions ou les nuances autour des différences culturelles surtout autour de la mort et de l'honneur. Le film réunit tous les ingrédients du genre, historico-romanesque, aventure, drame dans un écrin de tragédie grecque.
Cinéma : le dernier Samourai
Réalisme Historique vs. Licence Artistique
Néanmoins le film reste une fiction qui emprunte à plusieurs faits historiques nippons des années 1860-1880, mais le plus gênant est que le film omet les raisons réelles de la révolte des samouraïs, pour en faire des héros forcément beaux, bons et honorables (dans le sens premier du terme) les auteurs en font des chevaliers vertueux et courageux qui luttent contre le gouvernement mais pour leur Empereur ce qui est faux comme l'explique très bien l'historienne Cathy Schultz : "... de nombreux samouraïs ont combattu la modernisation de Meiji non pas pour des raisons altruistes mais parce qu'elle remettait en cause leur statut de caste guerrière privilégiée. Les réformateurs de Meiji ont proposé l'idée radicale laquelle tous les hommes sont fondamentalement égaux... Le film passe également à côté de la réalité historique selon laquelle de nombreux conseillers politiques de Meiji étaient d'anciens samouraïs, qui avaient volontairement renoncé à leurs privilèges traditionnels pour suivre une voie qu'ils pensaient renforcer le Japon."
Le réalisateur a donc dû édulcoré les idéaux des samouraïs rebelles pour nous forcer à l'empathie et au respect, ce qui n'est jamais agréable. Mais le film reste un exemple parfait de la magie du cinéma pour en faire un film à grand spectacle solide et efficace.
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Le dernier long métrage en date à employer George Armstrong Custer comme repère historique est le fait d’Edward Zwick, passionné par l’histoire du Japon et par le cinéma japonais. Le film commence à la fin du mois de juin 1876. On découvre alors que le capitaine Algren est lié par contrat publicitaire avec la firme Remington. Héros des guerres indiennes et officier du 7e Régiment de Cavalerie sous les ordres de Custer, il expose au public de la foire de Chicago les qualités de la nouvelle carabine à sept coups commercialisée par la marque Remington. Algren a participé aux guerres indiennes et des cauchemars le hantent régulièrement, lui rappelant certaines des missions effectuées par les Tuniques Bleues à l’encontre d’indiens que la mise en scène ne permet pas d’identifier.
Semblant très bien informé, Katsumoto dit alors : « Je connais ce nom, il a tué beaucoup de guerriers. Donc c’était un bon général. » Mais Algren assène alors un jugement catégorique sur Custer : « Non, il n’était pas un bon général, il était arrogant et téméraire. Il a été massacré parce qu’il a emmené un simple escadron contre deux mille Indiens en colère. » Puis, quand Algren avance que Custer avait fait face aux Indiens avec seulement deux cent onze soldats, le chef des samouraïs dit simplement : « J’aime ce Général Custer. » Le capitaine critique donc ouvertement son ancien Général en le traitant d’officier arrogant et téméraire.
Sur l’ensemble du film, Custer est mentionné à quatre occasions, avec, chaque fois, un mélange de mépris de la part de l’Américain et de respect de celle du Japonais. Cependant, puisque le capitaine en vient à adhérer à la mystique et au mode de fonctionnement de ses ravisseurs japonais, le spectateur est, à la fin du film, en droit de se demander si l’image de Custer véhiculée dans The Last Samurai n’est pas finalement positive.
Par certains aspects, le dernier combat des samouraïs ressemble au dernier combat de Custer (le célèbre « Custer’s Last Stand »). Le caractère téméraire au point d’en devenir suicidaire de cette dernière charge à cheval évoque immanquablement nombre de représentations cinématographiques des derniers moments du Général Custer. La disproportion des forces en présence, le fait que l’histoire ait été écrite avant d’être jouée, beaucoup de points sont similaires entre les deux situations. Katsumoto relève lui-même d’ailleurs le parallèle après avoir constaté qu’ils allaient affronter au moins deux mille soldats de l’armée impériale : « Ils vont venir et nous livrerons notre ultime combat. ».
Il ne faut pas oublier que le recrutement du capitaine Algren est justifié par sa connaissance des Indiens et la compréhension qu’il a de leurs techniques de combat. Il est explicitement dit dans le film que les samouraïs sont les « doubles » des Sioux et des Cheyennes. Quand le capitaine Algren parle en ces termes de Custer : « C’était un meurtrier qui est tombé amoureux de sa propre légende et ses soldats en sont morts ! » il évoque en quelque sorte le cœur de l’existence du mythe du Général dans sa partie sombre.
La Mission Française au Japon
Il s’agit des aventures modifiées du capitaine français Jules Brunet (1838-1911) qui - diplômé de l’École Polytechnique et spécialisé en artillerie - fait partie la première mission militaire envoyée au Japon pour moderniser les armées du Shogunat. Il arrive à Yokohama au début de 1867 et lorsque les armées impériales l’emportent, il démissionne et part au nord du Japon participer à l’établissement de la république d’Ezo.
En arrivant au port de Marseille, le 19 novembre 1866, Jules Brunet est loin de se douter qu’il gagnera dans l’Histoire l’étrange surnom de «dernier samouraï». Alors qu’il s’apprête à embarquer sur le Péluse, un paquebot impérial affrété dans le cadre de la mission française au Japon, le jeune lieutenant de 28 ans revient tout juste de l’expédition du Mexique, sous les ordres du général Bazaine. Il a participé à la prise de la capitale du pays, en 1863, et à l’installation sur le trône d’empereur du Mexique de Maximilien de Habsbourg. Ses hauts faits militaires lors de la bataille de Puebla lui ont valu d’être décoré de la Légion d’honneur par Napoléon III en personne.
La Rébellion de Satsuma
En 1877, la rébellion de Satsuma amène les derniers samouraïs, dirigés par Saigō Takamori, à mener une violente révolte contre l'armée impériale japonaise. Cet événement fondateur de l'ère Meiji (période de modernisation du Japon) a fortement inspiré le scénariste Vincent Ward, surtout connu pour l'un des scénarios fantasmatiques, mais rejetés d'Alien 3. L'auteur a ainsi lié ce pan méconnu de l'histoire japonaise à celle de Jules Brunet, un officier français envoyé au pays du Soleil levant en 1867, avec comme but une alliance entre Napoléon III et le Shogunat. Résultat, au moment où le nouvel empereur Meiji s'est imposé, Brunet a choisi de rester auprès des samouraïs qu'il avait entraînés, et de combattre à leur côté.
Le 17 février 1877, vers 18h, Saigō Takamori, le héros de la restauration de Meiji, adresse ses adieux à son fils et quitte Kagoshima à la tête de 12 900 hommes. Jusqu’au 24 septembre 1877, il combat la toute nouvelle armée impériale japonaise au cours de la guerre du Sud-Ouest. En effet, l’organisation, l’équipement, le ravitaillement, les tactiques ou encore les batailles témoignent d’un affrontement qui dépasse l’image d’Épinal du fier samouraï qui, sabre à la main, charge les lignes d’infanterie, s’offrant ainsi une mort honorable.
À la fin du XIXe siècle, les voyageurs occidentaux partis au Japon décrivent l’armée japonaise comme une impressionnante machine de guerre et laissent des témoignages pour le moins éloquents sur les défilés de conscrits auxquels ils assistent, sous l’œil satisfait du gouvernement de Meiji.
L’armée japonaise du début de l’ère Meiji (1868-1912) est pensée et développée pour répondre à deux impératifs. Celle-ci doit d’abord devenir un atout diplomatique majeur : le gouvernement de Meiji doit se doter d’une armée moderne, à l’égal des puissances occidentales, pour renégocier les traités inégaux signés en 1854 et prévenir toutes tentatives d’agression extérieure. Cependant, la finalité n’est pas la capacité à mener et gagner un affrontement direct avec l’Occident.
En 1865, le shogunat établit un premier contact avec le diplomate Léon Roches afin de négocier l’envoi d’instructeurs français au Japon. Le choix de l’armée française semble évident, car cette dernière est alors considérée comme l’une des meilleures forces militaires au monde après la victoire de Solférino.
Le 2 octobre 1870, le gouvernement tranche : le système français est retenu. Saigō et Yamagata s’attaquent alors au recrutement. Pour arriver à démanteler les armées privées, ils décident de jouer la carte du compromis, en demandant d’abord aux clans les plus puissants de contribuer à la formation d’une garde impériale. Dans le même temps, le système de conscription devient opérationnel dans les cinq provinces de la région du Kinai.
En 1872, après avoir été appuyée par Yamagata, une commission, dirigée par le philosophe et directeur de la première académie militaire à l’occidentale Nishi Amane, est mise en place pour étudier l’introduction du système de conscription allemand.
La loi sur la conscription consiste alors en un service universel et dispose que chaque homme âgé de vingt ans et en bonne santé y soit soumis. En temps de paix, l’armée compte désormais 31 680 hommes et 46 350 en cas de guerre. À cela s’ajoute la garde impériale avec ses 3 880 hommes.
Les Écoles Privées de Satsuma
En octobre 1873, Saigō Takamori quitte le gouvernement puis revient à Kagoshima, son fief, avec ses deux généraux (Kirino Toshiaki et Shinowara Kunimoto) et 600 soldats, futurs instructeurs dans les écoles privées qu’il fonde dès son retour. La première ouvre ses portes en juin 1874. En 1876, on en compte déjà douze à Kagoshima et 120 dans le département de Satsuma ; en tout, 7 000 élèves y sont formés. Des professeurs sont engagés pour y enseigner l’anglais et le français, l’entraînement spirituel se focalise sur l’apprentissage des classiques chinois et deux cursus y sont possibles : l’infanterie et l’artillerie.
L’armée de Satsuma s’organise en unités tactiques le 13 et 14 février 1877. Elle peut compter sur une infanterie de 11 500 hommes, sur 200 artilleurs et 1 200 « coolies » pour la logistique sur le terrain. Au total, 12 900 soldats dont la majorité est extrêmement bien entraînée au maniement du sabre, mais aussi des armes à feu et aux tactiques militaires anglaises. C’est aussi une armée expérimentée, car se trouvent dans ses rangs des vétérans de la guerre contre les Tokugawa.
Or, l’armée de Saigō Takamori fait face à de nombreux désavantages quant aux armes et au ravitaillement : ils n’avaient que d’anciens modèles de fusils Snider ou Enfield, des carabines à silex, et différents types de pistolets et mousquets, avec un total de 1 500 000 munitions, soit une centaine par homme. Chaque samouraï portait ses trois sabres.
Le 19 février, la garde avancée atteint Kawashiri, à 193 km de Kumamoto, en seulement quatre jours, malgré le froid mordant de l’hiver. Quelques jours après, elle se met en route pour le château, mais rencontre un bataillon de la garnison qu’elle repousse sans difficulté.
Structure des Forces Impériales
L’armée impériale réagit extrêmement vite. Le 19 février, l’armée désigne le prince Arisugawa commandant en chef des troupes impériales et celui-ci établit son quartier général à Fukuoka. Le 21, il envoie une missive à tous les officiers en service et aux anciens samouraïs et les somme de se présenter à ses quartiers pour servir l’empire. Simultanément, le général de division Miura Goro se charge d’organiser la troisième brigade à Hiroshima à partir de sa garnison, de celle d’Ōsaka et d’unités de la garde impériale et rejoint quelques jours après le port de Hakata.
Le 21 février, à 13h15, un bataillon de la garnison de Kumamoto qui bloque Saigō à Kawashiri ouvre le feu sur les rebelles. Défaits dans l’après-midi, les troupes impériales se replient dans le château et l’armée de Satsuma commence le siège.
Les généraux rebelles proposent deux plans d’attaque. Kirino souhaite frapper d’un seul coup puissant avec la totalité des forces. Saigō, moins impétueux, décide de scinder ses troupes : un front de 2500 hommes pour attaquer à partir du sud-ouest, un flanc de 3 000 hommes pour attaquer depuis le nord-ouest et une réserve de 3 400 hommes répartis de manière éparse autour du quartier général et des zones de siège.
À l’intérieur du château, la situation est extrêmement tendue : les communications avec le quartier général sont coupées, la population ne soutient pas entièrement le gouvernement et le moral des troupes est au plus bas après la défaite à Kawashiri. À cause de ces paramètres et n’ayant presque aucune information sur l’armée ennemie, Tani, le général de cette garnison, mise alors sur une tactique purement défensive : il doit tenir Kumamoto jusqu’à l’arrivée de l’armée impériale par le nord.
Satsuma lance la toute première offensive sur le château le 22 février, depuis le front principal au sud, puis à l’est pour finir par encercler le château. Les premières lignes explosent sur les mines, et sont fortement touchées par les tirs de l’infanterie depuis le haut des murailles. Les lignes arrière de samouraïs commencent alors à tirer au mousquet et au fusil pour appuyer avec des tirs de couverture ceux qui tentent d’avancer vers les murailles. Des escadrons réussissent à monter et causent un maximum de dégâts au sabre, mais sont vite éliminés par balle ou par baïonnette.
Tableau Récapitulatif des Forces en Présence
| Force | Effectifs | Armement | Commandement |
|---|---|---|---|
| Armée de Satsuma | 12 900 | Fusils Snider, Enfield, carabines à silex, sabres | Saigō Takamori, Kirino Toshiaki, Shinowara Kunimoto |
| Armée Impériale | Conséquents | Armement moderne | Prince Arisugawa, Miura Goro |
Saigo Takamori
Conclusion
Le Dernier Samouraï est un film qui, tout en divertissant, invite à une réflexion sur les thèmes de l'honneur, de la tradition et du choc des cultures. Bien que prenant des libertés avec l'histoire, il offre une perspective intéressante sur une période cruciale de l'histoire japonaise.