Pour ceux qui s'intéressent à Nicky Larson et le Parfum de Cupidon depuis un certain temps, il faut admettre que l'enthousiasme pour ce film a connu des hauts et des bas. Au départ, le projet laissait perplexe. En tant que grand fan du manga (plus que de l'animé), certaines réserves étaient présentes en raison des dangers inhérents à chaque adaptation. City Hunter possède de nombreuses spécificités qui peuvent vite s'avérer invraisemblables dans un film live.
De l'humour super-deformed aux situations friponnes, en passant par des personnages caricaturaux et des scènes d'action à l'héroïsme exagéré, autant d'éléments qui font l'âme de la licence et qui peuvent s'avérer dangereux pour un réalisateur en charge de ce projet. L'annonce de Philippe Lacheau rassurait cependant. Que l'on apprécie ou non ses films, force est d'admettre que le style d'humour qui le caractérise se transpose plutôt bien à l'univers de Nicky Larson. C'est potache, accessible à tous et on y rigole plutôt bien.
Avec la découverte de la bande annonce, une nouvelle vague d'inquiétude s'installait. Si visuellement le film a l'air assez fidèle à son modèle, le ton qui se dégage des quelques minutes du trailer fait très Lacheau et moyennement Larson. Mais après avoir finalement vu le film, le sentiment est mitigé : à la fois ébahi, conquis et charmé. Il s'agit de la meilleure adaptation cinématographique d'une œuvre du 9e art depuis Astérix et Obélix : Mission Cléopatre.
Il convient de préciser que cette version de Nicky Larson est la réunion de 3 éléments :
- Une adaptation du manga City Hunter
- Un hommage à la génération Dorothée
- Une action-comedy pour toute la famille
Aussi surprenant que cela puisse paraître, ces 3 aspects cohabitent à merveille tout en étant traités à leur juste valeur. Du casting aux décors en passant par le scénario, les scènes d'actions et l'humour, le film traite son sujet avec énormément de respect et de précision. De nombreux détails viennent illustrer une bonne connaissance et une exploitation parfaite du matériau d'origine sans que cela ne paraisse jamais hors de contexte pour un spectateur néophyte. Ainsi, tout ce qui fait le charme et la spécificité de la licence est parfaitement intégré à un film capable de faire rire un public très varié.
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De fait, les griefs que l'on peut observer portent essentiellement sur de mauvais aprioris. Parmi les deux reproches les plus souvent constatés, certains estiment que le rendu n'est pas assez sombre et que la présence des comparses du réalisateur (Tarek Boudali et Julien Arruti) n'est pas justifiée.
Concernant le premier point, il faut se référer à l’œuvre dans sa totalité. Si City Hunter compte bien quelques passages sombres et violents, la grande majorité de la saga se déroule dans une ambiance humoristique et décalée. Alors certes, le générique de Nicky Larson évoque plutôt un environnement nocturne, mais le cœur des épisodes reste bien loin de la noirceur que l'on a pu voir dans Batman par exemple.
Sur le second point, une crainte était présente après avoir vu la bande annonce. Pour autant, le film se montre très juste dans la gestion de ses personnages. Toutefois, ce qui diffère de la série originale ce sont les personnages secondaires. Quasi inexistant dans l’œuvre de base, on a vite fait de considérer leur existence dans le film comme apocryphe. Néanmoins, dans la mesure où ils servent essentiellement d'élément comique sans interférer avec le traitement des personnages canoniques, leur présence s'avère beaucoup moins dérangeante que ce que l'on aurait pu craindre initialement.
En définitive Nicky Larson et le Parfum de Cupidon tiens toutes ses promesses et bien plus encore. C'est autant un bon divertissement que la meilleure adaptation de City Hunter que l'on pouvait espérer au cinéma.
Dans sa promo, Philippe Lacheau répète que son film a été approuvé par l'auteur du manga. Que vous soyez fan de la licence ou juste nostalgique de l'époque Dorothée, foncez ! Vous passerez à coup sûr un excellent moment.
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Comme toute une génération dont fait partie Philippe Lacheau, le souvenir de Nicky Larson remonte aux années 90 et à la diffusion des 140 épisodes dans l’émission le Club Dorothée. A l’époque, nous étions loin des aventures nippones de Ryo Saeba découvertes plus tard. En effet, la série originale (elle-même adaptée du manga de Tsukasa Hōjō) avait été édulcorée par AB Productions qui ne visait en France que le jeune public. Exit donc les références les plus sexuelles. Ryo visitait des bordels. Nicky se contentait d’aller au restaurant végétarien.
Il en a résulté une série hybride, mêlant humour débile, références beaufs et de coups de massue mais aussi des séquences d’action énervées, solides, enlevées. Nicky Larson version 90 pouvait passer en un clin d’oeil du gros lourd qui reluque des fesses à un véritable héros prêt à risquer sa peau pour ses proches (et encore plus pour les jolies filles). L’action, le héros qui surgit de l’ombre, braque son magnum et vise juste, est l'élément le plus marquant. A l’époque, l’aspect comédie n’intéressait pas. Savoir que l’auteur des Babysitting reprenait le personnage pour le franciser faisait peur.
Puis les premières critiques sont apparues, parfois sympathiques, parfois élogieuses. Et si Lacheau avait réussi à retrouver le souffle d’une époque et était parvenu à nous ramener trente ans en arrière quand on passait nos mercredis après-midi rivés devant Dragon Ball et consort ?
Philippe Lacheau transpose donc les aventures de Nicky Larson du Japon à la banlieue parisienne. Peu importe. Le pitch de départ reprend les grandes lignes de la série et pourrait être un épisode. Nicky et Laura sont recrutés par un mec (incarné par Didier Bourdon) qui a mis au point le parfum de Cupidon. Celui qui le respire tombe instantanément amoureux de celui qui le porte. Il veut éviter que ça ne tombe entre de mauvaises mains, ce qui se produit évidemment. Les deux héros vont donc se mettre en quête de la malette, contenant le parfum mais aussi son antidote. Précisons à ce stade que suite un quiproquo, le personnage de Bourdon se retrouve parfumé et que Nicky le respire.
En 2019, ça aurait pu être un ressort dramatique intéressant, faire de Nicky Larson un personnage à la fois obsédé mais plus inclusif. Mais Philippe Lacheau et ses auteurs, qui entament leur film par une scène d’action où Larson et Mammouth doivent récupérer une arme déposée sur un pénis, préfèrent en faire une maladie. Pendant 90 minutes, on nous montrera donc un Nicky Larson homophobe qui s’en veut d’aimer un homme et n’a qu’une hâte : trouver un antidote. Au delà de l’aspect horrible de la chose, le héros du film se retrouve dénaturé. En lui faisant, en plus, recevoir du serum du vérité, Nicky n’est plus Larson et Lacheau se met alors à incarner, pendant la majorité du métrage, autre chose que le personnage qu’il était censé porter à l’écran. Le comédien et réalisateur jouant très mal, c’est un carnage à l’écran où s’enchainent des blagues gênantes et des moments qui se veulent plus sérieux.
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N’espérez pas pour autant retrouver le héros magnifique à moitié dans l’ombre de la série animée. A l’inverse, et ce sera la seule qualité du film, il offre à Elodie Fontan un personnage bien écrit et fidèle, lui-même porté par une comédienne de talent.
Dans ce truc déjà pas très glorieux, Lacheau enchaine les références au Club Dorothée, à commencer par l’animatrice elle-même qui fait une apparition en ne manquant pas de dire qu’elle aime « les chaussettes rouges et jaunes à petits pois » (clin d’oeil appuyé, vous-même vous savez) tout comme le pauvre Jean-Paul Césari qui vient chanter le générique français.
En 2018, Steven Spielberg empilait les références à une époque dans son Ready Player One pour mieux les déconstruire et proposer une réflexion au spectateur sur la culture doudou.
Dans une interview parue dans le magazine Première de février, le réalisateur a l’honnêteté d’avouer qu’il n’a pas tourné lui-même les scènes d’action, qui lorgnent du coté de Zack Snyder ou de Guy Ritchie, avec de gros ralentis et autres effets numériques. « [Pierre Lacheau] a repéré sur Internet une équipe de jeunes gars, des petits génies qui ont les même références que moi. On a dialogué, je leur ai donné mes idées de plan et ils se sont chargés de cette partie. »
Le reste n’est pas pour autant à l’avenant, entre mise en scène sans intérêt et comédiens à la ramasse. Il y avait pourtant tant à faire avec le personnage et l’envie de le transposer (qui, au final, n’est pas la pire des trouvailles).
Pourquoi ne pas être parti dans un bon gros délire comme l’était la traduction française de l’époque, où tous les méchants avaient la même voix ? Pourquoi ne pas être allé vers quelque chose de plus graphique à la Scott Pilgrim version Edgar Wright ? Pourquoi pas pousser le délire des références au Club Dorothée jusqu’au bout pour faire un bon gros mélange de tout ça de manière assumée ?
Le problème, au final, ce n’est pas tant l’empilement des références ni de tenir des propos d’un autre âge (quoique). Ce n’est même pas de ne pas avoir compris le personnage, tout en faisant semblant d’y croire (l’histoire se termine sur un plan du manga City Hunter et le thème japonais).
Nicky Larson est le meilleur des gardes du corps, un détective privé hors-pair. Ses bandes-annonces avaient laissé redouter une comédie française au rabais, doublée d’une adaptation basse du front, mais il n’en est rien. Entendons-nous bien, c’est à l’évidence Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, ainsi que le corpus du Club Dorothée, qui sont adaptés ici plutôt que City Hunter et l’intégralité de ses dimensions dramatiques.
Mais contre toute attente et pour la première fois, Philippe Lacheau accorde un soin quasi maniaque à la direction artistique. Reprenant les codes de tout un pan de l’animation japonaise, à mi-chemin entre plusieurs identités culturelles, il y associe des artefacts sur-stylisés de la France des eighties, avec une cohérence qui fait souvent mouche. Décors, mouvements de caméra et costumes surexploitent cette explosion de forme et de couleurs, dont la caméra tire souvent très bien parti.
Avec une aisance qu’on ne lui connaissait pas, l’acteur-réalisateur orchestre des enchaînements de séquences burlesques au tempo quasi parfait, se payant même le luxe de nous proposer une poignée d’images tantôt hilarantes, tantôt empreintes d’une joliesse inattendue. Comme si l’auteur trouvait ici un équilibre, entre les seins hypertrophiés de Chantal Ladesou, et le destin surréaliste d’une famille de canards.
Et de baston en vision subjective (très bien conçue) en course-poursuite matelassée, le récit parvient à tenir une harmonie étonnante entre pastiche et premier degré assumé.
Mais si on rit souvent de bon cœur dans Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, il faut bien admettre que les tares de Philippe Lacheau sont loin d’avoir disparu. Et pour un univers façonné avec soin, perclus de gags efficaces, il faut régulièrement se fader les interventions d’au moins deux personnages d’une infinie lourdeur. Clairement écrits pour donner un os à ronger aux copains, ces deux protagonistes ralentissent régulièrement une intrigue déjà un brin longuette.
Longuette, et pas exempte de lourdeurs. Difficile, malgré un sens du rythme bien réel, de sourire à certaines vannes usées jusqu’à la corde (pour qui a survécu au collège) et les dialogues apparaissent plus d’une fois comme le principal point faible de l’entreprise. Mais au-delà de la valeur finalement bien subjective de la LoLance made in bande à Fifi, ce sont les valeurs promues par le film et sa mise en scène, qui s’avèrent une nouvelle fois problématiques.
L’homophobie ordinaire de Epouse-moi mon pote colore toujours les travaux de la petite troupe, qui fait une nouvelle fois de l’homosexualité une sorte de repoussoir ultime. Châtiment des méchants, menace existentielle planant sur la persona de Nicky Larson, premier (et unique) motif de moquerie à l’encontre de Laura, elle est aussi régulièrement pointée comme drôle pour elle-même.
Le métrage ne rit jamais avec l’idée de la sexualité gay (on suppose que pour une obscure raison, le lesbianisme échappe à la nomenclature homosexuelle de l’univers Larsonien), mais rit toujours d’elle, comme d’une chose naturellement humiliante et honteuse, en un prolongement de cour d’école sinistre.
“Nicky Larson et le Parfum de Cupidon” : comédie brouillonne mais sympathique Honnête adaptation, par Lacheau (“Babysitting”), du dessin animé “Nicky Larson”, madeleine cathodique des années 1990. Gags “osés” plus ou moins réussis.
Heureusement, le cinéaste se rattrape sur ses habituels points forts : les scènes d’action et les histoires d’amour. Au cœur de cette comédie un peu brouillonne se joue ainsi la passion impossible entre le héros et son assistante, sœur de son meilleur ami disparu.
Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, m’a surprise. J’ai été très agréablement étonnée. J’ai vu un divertissement décalé, étrange. J’ai même ri à plusieurs passages. Je ne me suis pas prise la tête. L’esprit parfois potache, hilarant, pas sérieux du Club Dorothée s’étale sur la pellicule. Le long métrage de Philippe Lacheau est comme une déclaration d’amour aux œuvres d’une époque où Ken le Survivant, Dragon Ball, Cat’s Eyes, Ranma 1/2, Hélène et le garçons, les Musclés, se côtoyaient. Un mélange éclectique qui avait son public avec ses perles et ses plaisirs coupables. Les années 80 s’expriment à travers une grosse bouffée de nostalgie.
Philippe Lacheau parvient à gérer le côté humour et dramatique de Nicky Larson. Il incarne un Nicky collant à l’image que le dessin animé a offert au public. Elodie Fontan en Laura est juste remarquable. J’ai adoré leur complicité et l’alchimie entre les deux. Elle colle à celle que Hojo a instauré au fil des aventures de Nicky et Laura.
L’impression de voir un énorme clin d’oeil au dessin animé se dessine. Les visuels se teintent de couleur, d’effets et de formes explosives. Le rendu s’avère loufoque, réaliste, une pointe comique et burlesque. Le cocktail proposé manie avec brio les blagues assez masses de niveau, les focalisations du héros sur les femmes et la vie croisée d’une tribu de canetons et leur mère. Sans parler de Pamela Anderson qui a aussi dans son genre bercé toute une génération avec Alerte à Malibu. Tout s’imbrique pour donner vie à un récit plein de peps, sans temps morts, un poil surréaliste avec une bonne dose d’action servi dans un effet cartoon sympathique. L’histoire s’appuie sur de nombreuses références aux oeuvres des années 80. C’est délicieux dans un sens à découvrir. Déroutant.
Nicky Larson qui ne se prend pas au sérieux, avec des références, un duo principal qui fonctionne sur fond de blagues ras des pâquerettes (certaines phrases m’ont fait levé les yeux aux cieux) et une pincée de drame digne de son personnage papier, j’ai apprécié. J’en suis la première surprise.
Malgré l’immense popularité de ses précédents films Babysitting et Babysitting 2, Philippe Lacheau n’aura pu échapper au raz-de-marée excrémentiel déversé tout le long de la promotion de son nouvel effort. En s’attaquant à un monument tel que Nicky Larson avec Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, le comédien, scénariste et réalisateur a pris le risque de se mettre à dos une communauté de fans nostalgiques et soudés.
Mais si on rit souvent de bon cœur dans Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, il faut bien admettre que les tares de Philippe Lacheau sont loin d’avoir disparu. Et pour un univers façonné avec soin, perclus de gags efficaces, il faut régulièrement se fader les interventions d’au moins deux personnages d’une infinie lourdeur. Clairement écrits pour donner un os à ronger aux copains, ces deux protagonistes ralentissent régulièrement une intrigue déjà un brin longuette.
| Film | Réalisateur | Acteurs principaux |
|---|---|---|
| Nicky Larson et le Parfum de Cupidon | Philippe Lacheau | Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Tarek Boudali |
Cette version live action de City Hunter, par Netflix, a la noble ambition de coller au manga d'origine. On sait que les fans n'aiment pas qu'on touche aux héros de leur enfance. L'entreprise de l'adaptation en prises de vues réelles est souvent casse-gueule et rarement couronnée de succès.
De toute évidence, la production - dirigée par Yûichi Satô - a pris pour dogme la transposition la plus fidèle. Les premiers tomes de la BD, ceux consacrés à la fameuse Angel Dust, sont ainsi besogneusement répliqués à l'écran, dans les moindres détails. L'intrigue reprend l'origin story qui part du meurtre de Tony, pour arriver à la naissance du duo entre Nicky et Laura. Le script incorpore même les obsessions libidinales du héros, qui bave sur les grosses poitrines et se comporte comme un obsédé infernal à chaque instant - sauf quand il doit dégainer ! Sur ce point, les fans peuvent se rassurer : Nicky n'a pas été aseptisé par l'époque et Ryohei Suzuki s'en donne à coeur joie en slip, à faire la danse de la banane...
Sauf que la révérence à l'œuvre originale ne suffit pas à faire un bon film. Il n'y a dans cette adaptation aucune vision. Aucun parti pris. Aucune volonté, si ce n'est celle de n'offusquer aucun fan. Ce Nicky Larson s'échine à correspondre à tout ce qu'il pense qu'on attend de lui. Tant et si bien qu'il en devient insipide. Malgré quelques séquences d'action efficaces où le détective affiche toute sa classe, le film n'a rien à raconter.
Le personnage cartoonesque du manga, drôle parce que "too much", paraît tout à coup ridicule en live action. Ce qui fonctionne en dessin animé ne fonctionne pas toujours dans la vie réelle. C'est le cas avec cette version finalement lourdingue et bien ennuyeuse.
On peut dire ce qu'on veut du Nicky Larson de Philippe Lacheau, mais a minima, il avait tenté de capter l'esprit WTF de l'animé des années 1990, pour oser une comédie totale, délurée et colorée. Il avait osé s'approprier Nicky.