Depuis un siècle, les médias audiovisuels occupent une place importante dans le quotidien des citoyens européens. En Espagne, la Radio Télévision Espagnole (RTVE) joue un rôle central dans le paysage médiatique. Cet article explore l'histoire de la RTVE, ses défis financiers, et les réformes mises en place pour assurer son avenir en tant que service public.
Logo de RTVE
Les débuts de la radiodiffusion en Europe
En 1921, en France, la création du premier poste d’État à la tour Eiffel inaugure les usages civils de la radiodiffusion jusqu’alors réservée à l’armée. Pour autant, l’écoute de la radio reste faible en Europe durant toute la décennie. Au Royaume-Uni, la British Broadcast Company fondée en 1922 se forge très vite une solide réputation d’indépendance et de professionnalisme. Ses programmes d’information sont jugés impartiaux bien qu’un peu austères. Elle s’impose comme un modèle dans toute l’Europe, tant pour son organisation que pour ses contenus.
En France, l’information radiodiffusée naît en 1925 mais la date de 1927 est considérée plus importante : cette année-là est créé le « Radio-Journal de France », diffusé simultanément sur toutes les stations publiques. Dans la décennie 1920, l’information à la radio n’occupe qu’une place modeste. Elle prend la forme d’un journal parlé, lequel consiste en quelques articles de presse lus par un speaker. Ceci inaugure une rivalité entre la radio et la presse écrite et les journalistes voient d’un mauvais œil l’apparition de ce média plus réactif.
Les postes privés apparaissent en France et en Allemagne dès 1923. Ils accordent peu de place à l’information, privilégiant les programmes légers et la musique en raison de leur financement par la publicité, lequel impose de réunir le plus large public possible. La radio devient un média de masse dans les années 1930 et apparaît comme démocratique, puisque susceptible de toucher tout le monde sans distinction. Plus de la moitié de la population l’écoute quotidiennement en Europe de l’Ouest. C’est dans cette décennie que les journalistes vont mettre à profit la réactivité qu’autorise le direct, et donner ainsi à la radio un avantage sur la presse papier.
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En France après 1936, année de la première couverture radiophonique d’une campagne électorale, le gouvernement décide de placer le contenu du journal parlé sous son contrôle. En Espagne, le contexte de guerre civile incite les républicains et les nationalistes à utiliser considérablement la radio, alors qu’elle était jusque-là assez peu développée dans la péninsule. Les régimes totalitaires utilisent aussi la radio pour diffuser leur propagande, pour désinformer les régimes adverses, et pour encadrer les foules.
La RTVE : Une histoire complexe
Placée sous la tutelle administrative du holding Sepi, qui se charge de la restructuration, de l'assainissement et de la privatisation des entreprises publiques, la Radio Télévision Espagnole (RTVE) ne parvient pas à redresser sa situation. Aussi, depuis plusieurs années, c'est la RTVE qui doit gérer ouvertement et assumer la lourde charge financière de son endettement, qui à la fin de 2001 frôlera les 5 milliards d'euros, presque 1 % du PIB !
Comment faire de la télévision publique espagnole qui a toujours été, depuis la transition, soumise au pouvoir en place, une véritable télévision de service public, comme l'a promis José Luis Rodriguez Zapatero ? Comment assainir l'entreprise publique Radio Télévision d'Espagne (RTVE) dont la dette a atteint 723,8 millions d'euros en 2004 (+ 11% par rapport à 2003) ? Comment éviter les programmes de "télé-poubelle" sans perdre de parts de marché, et alors que les chaînes publiques cumulent à peine 20 % d'audience ?
Défis financiers et restructuration
Lors du dernier exercice, ses recettes ne représentaient que 877 millions d'euros, pour 1,7 milliard de dépenses, dont seulement 143 millions couverts par l'Etat. Depuis le début de l'année, la situation s'est détériorée. Selon l'estimation du PDG, Gonzalez Ferrarri, qui a comparu la semaine dernière devant une commission parlementaire, la RTVE affichait déjà, au 30 avril, un déficit de 191 millions d'euros. Depuis l'arrivée des télévisions privées et des chaînes publiques régionales, les recettes publicitaires qui assuraient largement à l'époque du monopole le train de vie des deux chaînes nationales TVE1 et TVE2 ne couvrent que la moitié de ses dépenses.
Ayant écarté d'emblée le recours à un système de redevance, l'ancienne administration socialiste a commencé par transférer les pertes sur le budget de l'Etat. Solution rapidement abandonnée pour ne pas compromettre la lutte contre le déficit budgétaire. L'assainissement de la situation passe par la mise en place d'un nouveau modèle de financement, préparé par Sepi, dans le cadre du plan de viabilité prévu pour les prochaines semaines.
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La RTVE devra sans doute changer son modèle de gestion, exploitant mieux les possibilités technologiques et ses ressources humaines, afin notamment de réduire les achats de programmes à l'extérieur. « Entre avril et octobre 2000, elle a acheté à des producteurs extérieurs 52 programmes, contre 25 dans la même période de 1999 », dénonce le député socialiste Diaz Cano, qui, se référant à une étude réalisée par « un cabinet de crise » créé au sein de la RTVE, accuse également l'équipe de Gonzalez Ferrarri d'acheter des programmes à un prix plus élevé que celui qui est payé par les chaînes privées.
On prévoit notamment environ 4.000 départs à la retraite, sur un effectif total de 9.600 personnes, ce qui coûterait plus de 700 millions d'euros. La TVE (les deux chaînes) demeure la télévision la plus regardée, enregistrant une part d'audience de 30,4 % (24,5 % pour TVE1, 7,9 % pour TVE2), contre 22,3 % pour Tele 5, 21,5 % pour Antena 3 et 16,9 % pour les chaînes régionales. En revanche, elle ne représente plus que 27,3 % des recettes publicitaires de la télévision (2,3 milliards d'euros l'an dernier), contre 28,1 % pour Tele 5 et 27,8 % pour Antena 3.
Le conseil des ministres a donné, vendredi 24 juin, son feu vert au nouveau projet de réforme de l'audiovisuel, mijoté par un Comité des sages dont le seul journaliste, président de l'Association de la presse de Madrid, était en désaccord avec les quatre autres experts, notamment sur le financement. RTVE ne sera plus une entreprise publique mais une entité corporative à l'instar de la BBC, une société anonyme dont le capital sera à 100 % étatique. Son impartialité passe par la nomination du directeur général. Il sera nommé non plus par le gouvernement mais par un conseil d'administration (huit membres élus par le Parlement, deux par les syndicats, pour six ans) qui pourra être automatiquement révoqué s'il ne remplit pas, deux ans de suite, les objectifs financiers prévus par le contrat de programme.
Financement de la RTVE
Le financement de RTVE, qui dépendait d'un endettement garanti par l'Etat, est modifié. Il sera assuré par une subvention de 40 % à 45 % du budget total, fixée par un contrat de programme révisable tous les trois ans. Un pourcentage équivalent viendra de la publicité et 10 % de la vente de programmes. La nouvelle entité devrait avoir soldé sa dette en 2006.
Autre nouveauté, la création d'un Conseil étatique des médias de l'audiovisuel, comme il en existe dans presque tous les autres pays européens et dans certaines régions espagnoles (Catalogne, Madrid). Ses sept membres seront élus par le Congrès des députés pour sept ans. Ils surveilleront la publicité ou les pourcentages de programmes produits en Espagne ou dans l'Union européenne et, le cas échéant, prendront des sanctions. Le Conseil attribuera aussi les licences de radio et de télévision et réglera les éventuels conflits entre administrations publiques et opérateurs.
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La « nouvelle » Radio Télévision Espagnole (RTVE), dont le baptême a été fixé au 1er janvier 2007, comme « société anonyme 100 % publique » a fait l'objet vendredi d'un accord qualifié d'« historique ». La majorité socialiste (PSOE) et le principal parti de l'opposition (PP, droite) ont accepté d'avoir la même représentation au conseil de la RTVE : quatre représentants chacun, contre deux pour les syndicats et deux pour les partis minoritaires.
Selon les nouveaux statuts de la société, le PDG sera nommé par le Parlement à une majorité qualifiée des deux tiers au premier tour, ou bien à la majorité simple au deuxième tour. Luís Fernández dirigera une RTVE très différente de celle héritée par Carmen Caffarel en 2004, après l'arrivée du PSOE au pouvoir. Le ministère de l'Economie assumera totalement, mais de manière progressive, les 7,8 milliards d'euros de pertes cumulées par la RTVE et qui représentaient une charge financière annuelle de plus de 250 millions, soit environ la moitié de son déficit.
En outre, la RTVE recevra encore de l'Etat une subvention de près de 600 millions, qui couvrira ainsi la moitié de son budget 2007 (1,2 milliard), l'autre moitié étant couverte par les recettes publicitaires. La RTVE a dû négocier avec les syndicats un dur plan de restructuration : le « chômage partiel » pour 4.100 travailleurs de plus de 50 ans (43 % de l'effectif), mais qui sont assurés de « toucher » 92 % de leur salaire net et de conserver tous leurs droits sociaux jusqu'à la retraite (65 ans).
D'ici 2008, la « nouvelle » RTVE n'aura plus ainsi que 4.800 travailleurs avec des contrats fixes, dont 3.200 à la télévision et 1.100 à la radio.
Organigramme du groupe audiovisuel public espagnol RTVE
Le paysage médiatique espagnol
Le secteur médiatique espagnol est diversifié et comprend des médias publics et privés. Le secteur des médias espagnols est très concentré: 20 entreprises concentrent 75% des les revenus des 100 plus grandes entreprises de médias privés. On compte pourtant de nombreux titres de presse, notamment régionaux, des stations de radio, des chaînes de télévision et nombre de sites d'information.
Néanmoins, la crise économique qu'a traversé l'Espagne, a particulièrement touché le secteur des médias. Depuis 2008, 375 médias ont fermé leurs portes et plus de 12.000 journalistes ont perdu leur emploi. Dans le même temps, l'ingérence politique dans les journaux semble avoir augmenté. Un article du New York Times de 2015 mettait notamment en cause l'indépendance éditoriale des médias espagnols, principalement des titres de presse, face aux problèmes financiers auxquels ils étaient confrontés.
La presse espagnole comprenait en 2015, près de 107 titres de presse totalisant un tirage total de 2,1 millions d'exemplaires par jour. La majeure partie de la diffusion est concentrée dans quelques titres. Le pays compte plusieurs journaux nationaux parmi lesquels on peut citer les généralistes ABC de tendance conservatrice et monarchiste édité depuis Madrid; El Mondo de tendance conservatrice, édité depuis Madrid; El Pais de tendance centre-gauche, édité depuis Madrid; La Vanguardia de tendance centre-droit, édité depuis Barcelone; La Razon de tendance conservatrice, édité depuis Madrid; ou encore La Gaceta de tendance conservatrice; mais aussi des quotidiens économiques comme Cinco Dias, El Economiste et Expansion ou sportif comme Marca quotidien sportif.
Dans le domaine audiovisuel, la déréglementation de la propriété en 2009 a permis la création d’un duopole de fait dans le secteur de la radiodiffusion privée, Atresmedia et Mediaset contrôlant 70% des réseaux de télévision privés. La radio est un média qui possède une influence majeure en Espagne. Plus qu’un moyen d’information ou de divertissement, c’est un véritable catalyseur de l'opinion publique. Les principales stations nationales sont la radio publique RNE et les radios privées Cadena SER, Cadena COPE ou encore Onda Cero.
La télévision est particulièrement concentrée mais est le média préféré des espagnols pour rester informé. Tout comme la radio, différentes chaines de télévision nationales coexistent dans le pays. Le développement d'Internet a accéléré le déclin des médias traditionnel. Près de 79% des espagnols avait accès à Internet en 2015. (Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia).
Liberté de la presse et médias publics
La liberté d'expression est garantie à l'article 20 de la constitution et la liberté de la presse est généralement respectée. Dans son rapport 2017 sur la liberté de la presse, Freedom House classe le pays comme libre. Les médias publics sont placés sous la tutelle administrative de la SEPI (Sociedad Estatal de Participaciones Industriales) qui a pour mission la gestion des actifs de l'Etat.
Ils comprennent une agence de presse et un groupe audiovisuel. EFE est l'agence de presse publique. Elle est la quatrième agence de presse au monde et la première agence de presse en espagnole. RTVE (Corporación Radio y Televisión Española), est le plus important groupe audiovisuel du pays. Au travers ses filiales, elle offre un service public de télévision avec TVE (Televisión Española) et de radio avec RNE (Radio Nacional de España). Le groupe dispose également d'une participation dans la chaîne européenne Euronews.
Outre des stations de radio et des chaînes de télévision pour son marché domestique, le groupe propose également des médias destinés à l'étranger. REE (Radio Exterior de España) est une station de radio qui dépend de RNE qui propose ses programmes dans différentes langues. TVE Internacional est une chaîne de télévision internationale qui dépend de TVE.
Il est possible malgré tout d’opérer différents types de classements dans cet enchevêtrement de télévisions. Tous cependant n’offrent pas un même niveau de clarté ou déforment la réalité. L’ordre chronologique - privilégié pourtant par la plupart des ouvrages consacrés à la question - a, par exemple, tendance à surévaluer l’importance d’un secteur public qui ne représente plus aujourd’hui, en comptant les télévisions publiques régionales, que 35 à 40 % de l’audience et une part encore plus réduite du marché télévisuel actuel.
Plus pertinente, la distinction sectorielle rend néanmoins mal compte de l’essor du phénomène des chaînes locales qui peuvent être, selon les cas, publiques ou privées. La meilleure solution pour faire ressortir le plus fidèlement possible la charpente de tout le système semble se trouver dans l’adaptation du classement par secteurs à la spécificité du cas espagnol, c’est-à-dire, en détachant des deux principaux ensembles celui constitué par les télévisions locales.
En raison de son ancienneté, de l’importance et l’originalité des transformations qu’il a subies, le secteur public demeure le référent et l’élément moteur de cette structure. Il se confondit avec la télévision nationale, jusqu’en février 1983, date à partir de laquelle l’apparition de la première télévision autonome au Pays Basque mit fin au monopole public de TVE.
En mai de la même année, la Catalogne se dota d’une corporation de radio et de télévision (Corporation Catalane de Radio et de Télévision, CCRT) qui commença à émettre sur les petits écrans au printemps 1984, à travers les ondes de TV3. Moins d’un an plus tard, la télévision galicienne (TVG) voyait le jour à son tour. Entre temps, le gouvernement central pris de court par ces initiatives et craignant de perdre toute autorité en la matière, légiféra à la hâte, rappelant dès le premier article d’une nouvelle loi sur l’audiovisuel que la primauté dans l’attribution des faisceaux hertziens revenait à l’État qui, en l’occurrence, décidait de « mettre à la disposition des gouvernements autonomes qui en feraient la demande une troisième chaîne nationale, en régime de concession ».
Ce texte définissait également les conditions d’utilisation de ce nouveau canal par les régions : il ne pouvait être en aucun cas aliéné au secteur privé, ni émettre en dehors du territoire régional, ni donner lieu à des associations régionales. Il était également interdit aux medias autonomes de se réserver l’exclusivité de quelques événements sportifs que ce fût. Si ces exigences n’affectèrent en rien la volonté du reste des communautés autonomes de se doter de leur propre télévision publique, tel ne fut pas le cas de l’attitude des majorités socialistes aux parlements régionaux.
Devant l’engouement suscité par cette possibilité d’accroître la visibilité régionale, les six corporations à l’avoir expérimentée en premier créèrent, en 1989, une Fédération des Organisations de Radio et de Télévision des Autonomies (FORTA) pour venir en aide et soutenir les nouvelles initiatives qui ne manqueraient pas - comme cela fut le cas - de surgir dans ce domaine. Elle accueille aujourd’hui douze des treize télévisions autonomes publiques que compte le pays.
Les représentations audiovisuelles de la Transition
De l’assassinat spectaculaire du Premier Ministre Carrero Blanco en 1973 à la confortable victoire électorale du Parti Socialiste en 1982, les images télévisées de la Transition ont une indéniable portée politique et historique. Ces images ne représentent pas seulement les témoignages d’événements et de dirigeants politiques considérés comme significatifs ou décisifs pour l’avenir de l’Espagne, elles opèrent comme les agents de leur propre condition historique. Dans des travaux précédents, nous avons pu montrer comment les images télévisées de la Transition ne se sont pas limitées à informer, diffuser ou médiatiser les circonstances du processus, mais à agir sur elles et à promouvoir ainsi un projet concret de changement politique.
Il est communément admis que la sensibilité du public est largement exploitée par les médias, notamment la télévision, qui fait défiler sans discontinuité toutes sortes d'images chargées d’émotions. Des conflits armés aux catastrophes naturelles, en passant par les victoires sportives ou les célébrations populaires, pour ne citer que quelques exemples, toutes ces images télévisées influencent notre comportement quotidien, nos perceptions et nos choix de vie. Les émotions rendent la communication plus efficace et lui confèrent un plus grand impact, notamment en ce qui concerne l’acquisition des connaissances et la rétention de l’information.
Comme nous l’avons pu observer lors de nos précédents travaux la puissance émotive et la capacité de persuasion des images télévisées de la Transition, ainsi que l’effet de leur diffusion massive répétée éloignent le média de sa vocation de service public. La télévision abandonne ainsi sa fonction de témoin indépendant des événements pour en devenir un acteur incontournable lors de la Transition, mais aussi le vecteur privilégié de leur mémoire publique. C'est ainsi que Televisión Española, conçue par le régime franquiste pour acquérir une position hégémonique en tant qu’agent médiatico-politique de la société espagnole, a pu agir de la même manière pendant et après le processus de transition.
Ces émissions, diffusées dans le contexte même des événements décrits, sont des exemples paradigmatiques de pratiques télévisuelles qui ont été définies comme des productions d’« histoire en direct ». Elles deviendront par la suite de véritables « événements médiatiques », des produits audiovisuels conçus depuis leur production comme historiques. La diffusion et la rediffusion réitérée de ces dispositifs télévisuels, - tels que les images des premières élections de la démocratie ou les enregistrements du Coup d'État de 1981 -, insistant sur leur caractère exceptionnel et leur force de séduction transforment les événements en de véritables « cérémonies télévisuelles ».
Comment l'Espagne est devenue une dictature
Dans cette fabrique médiatique de l’histoire, du point de vue de la chaîne publique Televisión Española, les relectures télévisées de la journée électorale du 15 juin 1977, loin de disparaître, ont fini au fil des années par s'institutionnaliser comme expressions audiovisuelles de la mémoire, actualisation du passé et prospective des premières élections de la démocratie. Les premières représentations, ont eu clairement une influence décisive sur la production ultérieure de toute une série de reportages à caractère rétrospectif.
À cet égard, nous constatons - et ce n'est pas anodin - que 1992, année magique de la longue décennie du gouvernement socialiste, année de l'Exposition universelle de Séville et des Jeux olympiques de Barcelone, a été le contexte choisi par Informe Semanal pour commémorer, pour la première fois depuis 1978, le 15e anniversaire des premières élections de la Monarchie parlementaire.
Le reportage, d'une durée de vingt-cinq minutes, évoquait une fois de plus les élections de juin 1977 et véhiculait une image extrêmement nostalgique de l’événement, basée principalement sur les témoignages subjectifs et anecdotiques de quelques-uns de ces protagonistes. En ce sens, le discours audiovisuel laisse le récit des événements en arrière-plan, allant même jusqu'à occulter certains des épisodes les plus décisifs du processus, accordant au contraire une importance démesurée aux souvenirs personnels.
Avec une structure formelle similaire à celle du reportage précédent, une introduction et une brève mise en contexte des faits historiques (environ 5 minutes), suivie d’un montage des déclarations alternant avec une narration en voix off.
Conclusion
La RTVE, comme beaucoup d'autres organismes de radiodiffusion de service public, est confrontée à des défis importants à l'ère numérique. La concurrence accrue des diffuseurs privés et des plateformes en ligne, ainsi que la nécessité d'équilibrer les impératifs financiers et la mission de service public, exigent une approche stratégique et innovante. Les réformes mises en œuvre ces dernières années visent à assurer la viabilité et la pertinence de la RTVE pour les générations futures.
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