La Légion étrangère, corps d'armée unique au monde, continue de fasciner et d'attirer des hommes du monde entier. Chaque année, des milliers d'individus, venant de plus de 140 nationalités différentes, tentent leur chance pour servir dans ses rangs. Un reportage récent offre un aperçu immersif de la vie de ces hommes, de leur formation initiale à leur engagement opérationnel.
Le réalisateur Géraud Burin des Roziers a suivi les légionnaires pendant près d'un an, depuis l'instruction des plus jeunes à Castelnaudary jusqu'à l'engagement opérationnel du 2e REP dans le cadre de l'opération BARKHANE au Sahel. Ce reportage retrace le parcours de ces hommes qui ont choisi un nouveau départ en s’engageant dans la Légion étrangère pour y servir les armes de la France.
Le Processus de Recrutement et d'Intégration
Cela commence par leur arrivée à Aubagne, l’instruction à Castelnaudary pour ensuite, montrer les conditions extrêmes de l’engagement dans le désert nigérien des légionnaires parachutistes.
TF1 a assisté à ce stage initiatique insolite à la ferme, dans l'Aude. À Saint-Gaudéric, dans l'Aude, loin de tout pendant quatre semaines, les nouvelles recrues de la prestigieuse Légion étrangère se font une place dans leur nouvelle famille, soudés par l'effort et l'entraide. Une équipe de TF1 a assisté à ce stage hors norme, que l'on peut retrouver dans le reportage en tête de cet article.
Ses nouveaux membres sont éloignés de tout pendant plusieurs jours, pour un exercice de cohésion de groupe.
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Pompes, tractions, marches de 15 kilomètres… En matière de séjour à la ferme, on connaît plus paisible.
Ce séjour à la ferme est un passage obligé pour tous les légionnaires. Une coupure avec la vie à l'extérieur, alors qu'ils n'ont pas le droit d'utiliser leurs téléphones et que le premier village se trouve à plusieurs kilomètres. Un exercice de discipline et cohésion, afin de forger leur mental et les immerger dans leur nouvelle vie.
De leur passé, la Légion fait table rase. À chacun, elle attribue une nouvelle identité : nom, date de naissance, et même pour les Français, une nouvelle nationalité. "Je suis Québécois maintenant. Il n'y a pas de Français dans la Légion.", explique Rémy, engagé volontaire.
Un des souvenirs qui m’a le plus marqué concerne le bâtiment par lequel passent en premier lieu les aspirants légionnaires. C’est une sorte de grand vestiaire-douches, où ils se lavent, se changent, après un voyage parfois long. Et sur les murs de ce vestiaire, il y avait des pictogrammes indiquant quelques règles d’entrée de jeu à des jeunes gens qui pour la plupart ne parlent pas français. Un pictogramme disait : on ne jette pas de détritus par terre. Un autre disait : on ne crie pas. Et puis d’autres représentaient les symboles religieux ou politique barrés d’un trait noir.
Ça m’a semblé intriguant comme première consigne alors j’ai posé la question au commandant de la légion étrangère. Il m’a dit : « quand vous prenez des gars venus des quatre coins du monde, qui ne parlent même pas la même langue, et que vous en faites des frères d’armes prêt à mourir l’un pour l’autre, ça ne souffre pas de particularismes et de revendications identitaires ».
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A la Légion, ce processus s’appelle l’amalgame C’est un très beau mot quand on en fait pas n’importe quoi. Et quand on le prend le versant de la fraternité.
Les Missions et les Risques
« Quand on filme, nous avons des visages et des regards qui racontent des choses.
Perpétuellement en première ligne, les légionnaires ont consciemment intégré le risque de mourir comme une part de leur engagement. « J’ai dit à ma copine, avant de partir, de ne pas m’attendre, de continuer sa vie parce que j’étais persuadé de ne pas revenir. J’étais prêt à mourir pour la France et la Légion étrangère », dit l’un d’entre eux dans le documentaire. « Pour eux, c’est presque une belle mort de mourir au combat, parce qu’ils se sont engagés pour aller au combat, conclut un Philippe Bodet intarissable sur le sujet.
« En interview, nous sommes face à des êtres humains animés d’angoisses et de peurs qui ravivent des souvenirs très forts, nous explique Pierre-François Glaymann. J’ai eu des confusions et des larmes.
De l’Afghanistan au Mali en passant par la République centrafricaine, Philippe Bodet, Frédéric Decossas et Pierre-François Glaymann racontent six missions de la Légion étrangère parmi les plus périlleuses de ces vingt dernières années.
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« Je voulais avoir différents régiments et différents théâtres d’opérations des légionnaires, confie Philippe Bodet. Ces soldats d’élite unis sous la même bannière viennent de France comme de l’étranger.
Légion étrangère : les coulisses secrètes NON CENSURÉ
« On ne s’engage pas dans la Légion étrangère par hasard. Il y a une rupture, un renoncement. On quitte un pays, on quitte les siens. C’est un choix personnel. Il y a une rédemption pour certains, ajoute le réalisateur. Ce sont des gens qui viennent du monde entier.
La Légion Étrangère : Un Laboratoire de la France?
Sur place, un colonel m’avait expliqué donner des cours de grammaire à ses soldats avec le Bled de ses enfants. Comme lui, tous les officiers sont tenus, d’ailleurs, de passer les fêtes familiales de fin d’année avec la troupe, pour prévenir le cafard du légionnaire.
Symbole de cette solidarité organique : le 14 juillet, quand elle arrive en bas des champs Élysées, la formation de Légion étrangère est la seule à ne pas se séparer devant la tribune présidentielle.
On le sait peu, mais les légionnaires ne deviennent pas forcément français D’ailleurs, ils jurent fidélité à leur corps d’armée, dont la devise est Legio Patria Nostra - la Légion est notre patrie.
Malgré tout, on ne m’enlèvera pas l’idée qu’il y a quelque chose d’un laboratoire de la France dans cet amalgame puissant et exigeant. Quelque chose de l’essence de notre nation, qui ne saurait se résumer à un territoire, à une langue, ou encore moins à une origine ethnique. La France, pour beaucoup de ceux qui la chérissent, est avant tout un principe.
Ce dimanche, la Légion étrangère commémorera le 160ème anniversaire de sa bataille mythique de Camerone, au Mexique. Et de loin, la bataille de Camerone, commémorée chaque année pour célébrer les 65 légionnaires ayant tenu tête à 2000 soldats mexicains.