Attendu en salle, "The Amateur" s'annonce comme un thriller d'espionnage haletant mettant en scène Rami Malek en prise avec des terroristes. Un événement qui le touche personnellement va toutefois bousculer ses habitudes et amener l'analyste introverti à réagir face à l'inaction de sa hiérarchie.
Dans le thriller The Amateur, Rami Malek incarne Charlie Heller, un cryptographe de la CIA aussi brillant qu'introverti, qui voit son existence basculer lorsque sa femme décède durant une attaque terroriste perpétrée à Londres. Après la mort tragique de sa femme lors d'une attaque terroriste à Londres, un cryptographe de la CIA exige de ses supérieurs qu'ils les poursuivent. Lorsqu'il devient évident qu'ils n'agiront pas en raison de priorités internes, il fait chanter l'agence pour qu'elle le forme et le laisse les poursuivre lui-même.
Un type ordinaire, qui n’a pas le physique d’un bagarreur, aucun appui derrière lui, et absolument pas le profil d’un héros, se lance dans un parcours vengeur qui va montrer que l’anonyme en question en a sous le capot : on nous fait régulièrement le coup au cinéma, mais ce postulat de base offre généralement de belles surprises aux spectateurs. Et c’est donc le postulat de « The Amateur » en salles ce mercredi, lequel, pour ce qui est des surprises, mêle les bonnes et les mauvaises.
Dans le détail, le long-métrage se focalise sur Charlie (Rami Malek), cryptographe discret et brillantissime de la CIA, pour qui tout va bien… Jusqu’au jour où sa femme, en voyage à Londres, est tuée en pleine rue lors d’une prise d’otages. Pensant que son agence va mettre les bouchées doubles pour trouver les assassins d’une Américaine en territoire étranger, Charlie se rend vite compte qu’il n’en est rien. Soupçonnant un mauvais coup monté par la CIA, il s’aventure dans une enquête autour du monde, en solo et sans moyens, et bientôt ses patrons lancent des hommes à ses trousses…
Un héros atypique
Ce qui distingue The Amateur des productions musclées à la sauce Jason Statham ou Steven Seagal, c'est justement son refus de se plier aux codes éculés du genre. Le héros, ici, n'est ni un vétéran bardé de cicatrices, ni une machine à tuer ; c'est un "geek", un analyste cérébral, dépassé physiquement par les événements, mais qui va s'en sortir en misant tout sur la logique, la stratégie et l'instinct.
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N’étant pas formé aux combats ou au tir, Charlie va devoir utiliser ce pour quoi il est doué afin de mener sa vengeance à bien : la cryptographie et le montage ingénieux de bombes et explosifs. Ce qui aboutit à des scènes d’action aussi originales que spectaculaires, quand il fait tout sauter pour échapper à ses poursuivants ou punir ceux qu’il estime responsable de ses malheurs.
Contrairement aux héros d’action typiques, Charlie ne devient pas immédiatement une machine bien huilée de violence et de précision. En revanche, il apprend à utiliser les véritables compétences qu’il possède déjà et à naviguer dans le monde obscur de l’espionnage et de la vengeance personnelle. « Nous avons tous vu ces films où quelqu’un se transforme en ninja et se retrouve soudainement doté de compétences dignes de Jason Bourne », précise le réalisateur James Hawes. « C’est totalement infondé, irréaliste et c’est bien ce que nous avons cherché à éviter ici. Nous n’avons jamais laissé le personnage accomplir quelque chose dont il était incapable. Il ne se met pas à bouger différemment, pas plus qu’il ne devient un tireur d’élite.
THE AMATEUR Ending Explained
L'importance de l'émotion
La paisible vie de Charlie Heller vole en éclats le jour où sa femme Sarah est assassinée. The Amateur n’est pas seulement une histoire d’espions mais aussi une exploration et une méditation sur la perte, le deuil et le processus compliqué consistant à aller de l’avant après une tragédie.
« Si vous deviez perdre l’amour de votre vie, jusqu’où iriez-vous pour vous assurer que votre âme sœur, cette personne remarquable qui a changé votre vie, ne soit pas injustement oubliée ? », s’interroge Rami Malek dont l’interprétation, tout en nuances, montre autant la fragilité de Charlie que sa force intérieure. La profondeur émotionnelle, magnifique et nécessaire pour s’attacher à Charlie et le comprendre, se mêle ainsi brillamment à l’univers de l’espionnage et aux enjeux forts des scènes d’action.
« J’ai profondément ancré The Amateur sur les émotions que traversent les protagonistes », remarque James Hawes qui a su équilibrer des moments simples et humbles à des séquences emplies de frénésie et de suspense. « Le voyage qu’ils entreprennent relève autant du ressenti que du thriller. C’est cette combinaison qui m’a séduit.
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Des scènes d'action spectaculaires
Notamment une séquence de destruction de toilettes d’un bar marseillais, ou celle, vraiment dingue, de l’explosion d’une piscine en verre d’un hôtel de luxe à Madrid. La séquence de l’effondrement de la piscine à Madrid est l’une des séquences les plus spectaculaires de The Amateur. James Hawes l’a en partie tournée à la piscine de l’Embassy Gardens Vauxhall Hotel à Londres. Pour donner vie à cette scène, l’équipe a repoussé les limites des effets spéciaux et de la simulation numérique.
« Nous avons construit une version partielle de la piscine et utilisé un système d’effets spéciaux pour briser les parois », explique le superviseur des effets spéciaux Jan Maroske (Inception). « Nous avons ensuite suspendu l’acteur à des câbles puis l’avons passé par-dessus bord afin de capturer la panique sur son visage lors de sa chute. Le plus grand défi résidait cependant dans la création d’une eau réaliste.
« Nous ne pouvions pas utiliser de petits trucages comme dans les films catastrophes des années 1950 », poursuit Jan Maroske. « Nous avons donc créé des simulations complexes sur ordinateur pour que l’eau paraisse réelle. » Pour obtenir la lueur bleue, l’équipe a reproduit les conditions d’éclairage grâce à des effets numériques . « Depuis son fond, la piscine était éclairée par des LED bleues », continue Jan Maroske. À mesure que les fissures dans la structure de la piscine s’étendaient, des systèmes d’effets spéciaux simulaient également des bulles s’élevant des parois brisées, ajoutant une couche de réalisme supplémentaire au chaos.
Un thriller ancré dans l'ère numérique
Malgré des facilités scénaristiques et des thématiques profondes à peine effleurées (deuil, remise en question, corruption), ce thriller d'espionnage, héritier de l'ère Bourne mais ancré dans notre société d'hyper-surveillance numérique, parvient à captiver. Typique et même classique du thriller contemporain, sur fond de services secrets et de traque numérique avec des outils informatiques de traçage et de décryptage que le spectateur ne comprend pas toujours (si toutefois ils existent vraiment, mais il n'y a pas de raison de ne pas le croire). Peu importe : ça tient en haleine et ça alimente le scénario.
Le film réalisé par James Hawes coche les cases du blockbuster d’action traditionnel, un peu formaté pour plaire au plus grand public possible. 2h pied au plancher, avec tous les ingrédients qui vont bien : l’action, les cascades et les scènes spectaculaires mais aussi du suspens et de l’émotion. On ne s’ennuie pas, c’est certain, le film est assez peu bavard (ce qui étrangement le défaut de certains blockbuster parfois), la musique n’est pas désagréable mais elle est omniprésente et il faut en prendre son parti.
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Le casting de "The Amateur"
- Rami Malek : Charlie Heller
- Caitriona Balfe : Espionne de l'ombre
- Holt McCallany : Patron de la CIA
- Laurence Fishburne : Mentor
- Rachel Brosnahan : Sarah Heller
Coté interprétation, si Rami Malek joue beaucoup, comme souvent, de sa mâchoire pour faire passer ses expressions, on apprécie la prestation Holt McCallany ― l’un des héros de la série Netflix « Mindhunter » ― en méchant patron de la CIA. Et encore davantage celle de l’Irlandaise Caitriona Balfe, très crédible en espionne de l’ombre qui lance des alertes incognito depuis Istanbul, et dont la composition donne une touche de crédibilité au film qui en manque cruellement.