Envie d’un apport nutritif et coloré en plein hiver venant de votre jardin ? Avec le kiwi (Actinidia chinensis), c’est possible ! Contrairement aux idées reçues, il pousse très bien en France et donne de très belles récoltes. Ces lianes fruitières donnent une touche d’exotisme au jardin comme en terrasse, par leurs fleurs parfumées en été, et leurs fruits délicieux en fin d’année ! Ils sont riches en vitamines C, A, B, en sels minéraux (calcium, potassium, magnésium) et en fer : leurs apports nutritifs et leur goût ensoleillé sont donc plus que bienvenus à nos papilles ! Le kiwi, ou actinidia, est une plante grimpante rustique qui offre une production généreuse de fruits riches en vitamine C, à condition d’être bien conduite.
Le Kiwi: Une Liane Fruitière
Le kiwi se décline en une quarantaine d’espèces décoratives ou à fruits comestibles. Ces lianes présentent une croissance rapide: 5 à 10m en une saison. En mai-juin, le kiwi montre de jolies fleurs parfumées par grappes de trois à cinq, qui fructifient en automne. La production de kiwis est très abondante au bout de dix ans, vous pouvez récolter entre 300 et 500 fruits par pied et par an, pendant une cinquantaine d’années !
Où et Comment Planter le Kiwi en France?
Le kiwi se plait partout ! Le Sud-Ouest et le Midi sont ses régions favorites car le kiwi préfère un climat doux en hiver et chaud en été. Pourtant il résiste aux hivers rigoureux et grâce à sa rusticité, on peut le cultiver sans problème au Nord de la Loire. Le climat océanique de l’Ouest permet au kiwi de bien s’y développer, en Bretagne et la Vallée de la Loire. Sur les berges de la Loire, le gel reste un facteur limitant. Le kiwi réclame beaucoup de lumière et un minimum de chaleur. On le plantera donc dans un endroit aéré mais à l’abri des vents forts, avec une exposition est ou ouest. L’actinidia apprécie des sols bien drainés. Si votre sol contient trop d’argile, pensez peut-être à les planter sur butte, en particulier si le sol de votre jardin est saturé en eau l’hiver.
Le kiwi peut être planté dans tout type de sol tant que celui-ci est riche en matière organique (humus), léger, frais, profond et bien drainé en hiver. Pour le pH, le kiwi/kiwai supporte assez mal le calcaire. Si c’est le cas de votre sol, nous préférons vous mettre en garde : le taux de réussite est faible. Vous pouvez le planter dès l’automne. Fertilisez les trous de plantation (40 cm en tous sens) avec du fumier composté et un engrais de fond équilibré pour arbre fruitier. Creusez un trou plus grand que la hauteur de la motte. Ainsi, vous formerez une cuvette d’arrosage au pied de chaque plant.
Comment planter un kiwi : nos conseils pour un verger gourmand ! - Truffaut
Pollinisation et Variétés
Il faut un couple de kiwi pour donner des fruits. Par exemple, un pied mâle pour 1 à 5 pieds femelles, qui peuvent être de variétés différentes. Seuls les pieds femelles portent des fruits. Si votre espace de plantation est limité, vous pouvez acheter une variété auto-fertile, un seul pied suffit alors. Il existe également des variétés de kiwi autofertile qui porte sur le même pied des fleurs mâles et femelles. Le kiwi n’est pas autofertile dans la majorité des cas. Un pied mâle peut polliniser jusqu’à 5 à 6 femelles, à condition d’être planté à proximité (dans un rayon de 4 à 6 mètres). Leur floraison doit aussi être synchronisée, ce qui implique de choisir des variétés compatibles. Ces variétés regroupent fleurs mâles et femelles sur le même pied.
Lire aussi: Voyage artistique : Le Grand Échiquier
Une dizaine de variétés à chair verte est proposée. Coté femelle : pour une valeur sûre, optez pour ‘Hayward’, elle donne les plus gros fruits (presque 100g), en quantité importante et régulière, avec des qualités aromatiques classiques. Adaptée au Nord de la Loire, ses fruits sont ceux vendus en commerce, car ils ont l’avantage de présenter une excellente conservation. La récolte des kiwis ‘Hayward’ s’effectue en novembre pour une dégustation à partir de décembre.
Si vous cherchez l’originalité, le kiwi ‘Soreli’ à chair jaune est maintenant disponible aux amateurs. Ses fruits sont lisses (sans couverture duveteuse), à saveur très douce et parfumée. Ils sont en effet plus sucrés et moins acides que les kiwis à chair verte. Dégustez-les en octobre-novembre. Vous pouvez aussi opter pour des variétés auto-fertiles produisant des fruits avec un seul pied, sans aide d’un autre plant pollinisateur. Parmi elles, la variété ‘Solo’ donne abondement de petits kiwis.
Parmi les actinidias utilisés pour leurs qualités de décoration, l’Actinidia kolomikta est le plus apprécié. Son feuillage est tricolore : vert, crème et rose ! Il produit également des fruits comestibles qui mûrissent en octobre-novembre. Vous pouvez aussi opter pour l’incroyable feuillage vert et blanc argenté de l’Actinidia pilolusa. Cette liane vigoureuse à croissance rapide vous ravira par ses fleurs roses au printemps, sans fructification. Ces plantes demandent le même entretien que leur cousine, mais avec une exposition sud. N’hésitez pas à les planter avec l’actinidia chinensis pour créer des décors gourmands et très originaux.
Palissage et Tuteurage
Palissez vos jeunes lianes en les espaçant de 4 à 6m de distance, le pied mâle au milieu. Ces lianes vigoureuses poussent sur un palissage solide: en espalier, contre-espalier, le long d’un mur, en tonnelle, ou une pergola; équipé de 3 ou 4 fils de fer et de poteaux solides de 2m de haut. Les deux premières années, contentez-vous de guider les premiers rameaux sur les supports pour former la future charpente de votre liane, en fixant provisoirement les premières tiges avec un lien de raphia. Elles s’attacheront d’elles-mêmes au support par la suite.
Pour le tuteurage, à son échelle professionnelle Denis a opté pour des gros poteaux enterrés, avec des T en métal sur lesquels ses actinidias se hissent. On pourra aussi les faire pousser sur des arbres, mais attention à la concurrence, ainsi qu’à la perte de rendement. Pensez à prévoir un tuteurage solide pour vos kiwis et kiwais. Ils ont un développement rapide dans la saison et les pieds pèseront un certain poids, alourdi encore par les fruits.
Lire aussi: Yo-kai Watch Blasters 2 : Détails
Entretien du Kiwi
Un kiwi bien planté nécessite un entretien régulier pour exprimer tout son potentiel. Un kiwi est un gros consommateur de nutriments. Même bien installé, un kiwi peut rencontrer des difficultés. Sol trop compact ou mal drainé : les racines manquent d’oxygène. En cas de météo défavorable (pluie, vent fort), la pollinisation peut échouer. La bactériose (Pseudomonas syringae) : provoque taches noires et chancres.
Il faut démarrer le cycle de taille une fois que les plantes ont fructifié. En début d’été, on peut raccourcir les rameaux qui portent les fruits en taillant après la 2nd ou 3e grappe de fruits. Si votre kiwi est enchevêtré: commencez par éclaircir les branches emmélées en supprimant les rameaux les plus anciens (les plus gros) au ras de la charpente. Démêlez-les patiemment avant de les couper au sécateur.
En mars, apportez-lui de l’engrais pour arbres fruitiers (100g/m2). Binez et arrosez régulièrement les pieds pour que le sol soit frais pendant toute la belle saison. Dans les régions froides, paillez le pied des jeunes plantations en hiver. Durant l’été, on peut aussi tailler le kiwi. Pour conserver les kiwis en hiver le plus longtemps possible, on les place dans un lieu frais (environ 5°) et aéré.
Taille des Kiwis
Faut-il tailler les kiwais et kiwi ? Denis est catégorique sur ce point : « C’est indispensable. Si vous ne taillez pas le kiwi/kiwai, ça part dans tous les sens. On fait donc une taille en hiver, et une taille en vert, fin juin.
Pour réussir la taille, c’est simple. En hiver, « vous enlevez 50% du bois qui a produit des fruits l’an passé, et le bois mort. En aérant le plant, vous renouvelez le bois, et vous repartirez ainsi sur des nouvelles tiges. En pratique, il faut identifier les tiges qui ont produit des fruits, et les raccourcir en ne gardant que 3 bourgeons, voire en supprimer une partie pour aérer le plant. Cela va permettre aux actinidias de se restreindre et les forcer à rester touffus. Sans cette taille, le plant va s’élargir d’année en année, et demandera un palissage complexe et extensible.
Lire aussi: La Maison France 5 explore les charmes de Colmar
En hiver, on coupe toutes les branches qui ont produit, ou on laisse 3 bourgeons s’il y a de la place et que le plant n’est pas trop entortillé. Pour la taille en vert, on intervient généralement fin juin ou en juillet, pour raccourcir les tiges et ne garder que quelques grappes par branche afin de ne pas récolter des fruits trop petits. Sans taille, la production sera plus hasardeuse. Les actinidias peuvent alterner si on ne taille pas correctement en hiver. Vous verrez, cela prend quelques tailles avant de bien identifier les types de branches (de l’année passée notamment, et le bois mort). La taille des kiwis et kiwais favorise une bonne fructification.
Multiplication
Multipliez vos pieds de kiwis par bouturage. Si vous voulez bouturer vos kiwis, utilisez des rameaux encore mous en les coupant au mois d’août, de manière à ce qu’ils émettent des racines avant l’hiver. Mettez-les à enraciner dans du sable humide, si possible avec une chaleur de fond, qui augmente les pourcentages de reprise. Vous transplanterez la bouture racinée en extérieur, au printemps suivant. Oui, il est possible de bouturer un kiwi en été, à partir de tiges semi-ligneuses. La réussite dépend du taux d’humidité et de la chaleur. L’actinidia est facile à multiplier par marcottage. Pour cela, une longue pousse de l’année doit être enterrée en juin sur une vingtaine de centimètres.
Récolte et Conservation
La récolte des fruits commence en fin d’été (septembre) jusqu’en automne (mi-octobre). Plus on remonte vers le nord, plus elle est tardive. Récoltez les fruits encore durs au moment de la cueillette, ils continueront à mûrir après la récolte. Entreposez-les dans des cagettes, dans un lieu frais, aéré et sec. Ainsi, ils se conserveront durant 3 à 4 mois.
Le temps de la récolte des fruits est venu, juste avant les premières gelées, soit à partir du 10 octobre et jusqu’en novembre pour le kiwi Hayward français. De décembre à février, après la chute des feuilles, les producteurs taillent les vergers pour favoriser le développement de nouvelles pousses sur lesquelles apparaitront les prochains bourgeons au printemps.
La récolte du kiwai est assez simple : quand les fruits commencent à se ramollir, on peut commencer la cueillette en coupant les rameaux qui portent des fruits. Les grappes de kiwai sont cachées sous le feuillage. Concernant le kiwi, la récolte peut s’étaler dans le temps. Dans un premier temps, on peut faire une récolte en octobre pour assurer le coup. Puis attendre jusqu’aux gelées et récolter juste avant. Vous pourrez les conserver ensuite pendant quelques mois dans une pièce fraîche et aérée.
Les kiwais continuent de mûrir après la récolte. Ils sont bons à consommer lorsque leur peau commence à se friper et que le fruit ramolit. Le kiwi, lui, se conserve longtemps. Nous nous rappelons de 2020, où nous mangions notre dernier kiwi au mois d’avril. Tout fripé, mais si sucré ! Comment les stocker ? Dans un local légèrement ventilé et frais. Les vaporiser toutes les semaines à partir de début février. Si le local est assez frais, vous pouvez espérer une conservation jusqu’à fin avril voire mai sans qu’ils ne se fripent.
Contrairement aux kiwais, les kiwis peuvent se conserver plusieurs mois et être consommés au long de l’hiver. Frais, les kiwais raviront vos papilles durant une courte période, mais ils seront pardonnés : leur goût est tout simplement merveilleux.
Les Ennemis du Kiwi
Pour la culture en amateur, le kiwi présente peu de maladies. Cependant, il est sensible au froid, aux vents forts, à l’insolation, à la grêle. En été, par temps chaud, brumisez le feuillage d’eau douce pour éviter les attaques d’araignées rouges. Kiwi et kiwai sont deux cultures assez saines dans l’ensemble. Ils ont peu de ravageurs et de maladie.
Néanmoins, il convient de vous mettre en garde contre une mouche apparue en France en 2009 : la drosophila suzukii. Cette mouche est un véritable fléau en agriculture biologique, obligeant la plupart des agriculteurs à avoir recours aux filets pour protéger les cultures. Elle est maintenant présente sur tout le territoire français.
Production de Kiwis en France
En France, on compte trois zones productrices de kiwi : le Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine et Occitanie), qui représente 75 % de la production nationale, le Sud-Est (Corse et Rhône-Alpes) et l’Ouest (Bretagne et Vallée de la Loire). La région a également obtenu son IGP Kiwi de l’Adour. Le Kiwi de Corse bénéficie lui aussi d’une IGP, obtenue en 2018, attestant de son origine et de son savoir-faire unique.
Avec 1 150 producteurs et 3 777 hectares, la France est le 3e producteur européen de Kiwi. Avec 3 777 hectares cultivés, la France se hisse au 3ᵉ rang des producteurs européens et au 6ᵉ mondial.
Tableau de la Production de Kiwis en France
| Région | Pourcentage de la production nationale |
|---|---|
| Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine et Occitanie) | 75% |
| Sud-Est (Corse et Rhône-Alpes) | 21% |
| Ouest (Bretagne et Vallée de la Loire) | 4% |