Apparaissant vulnérable, puis glaçant, évoluant de rôles en rôles, Paul Mescal s'est déjà construit à seulement 28 ans une impressionnante carrière au cinéma et à la télévision. Son talent n’est plus à prouver, et en dehors des planches londoniennes sur lesquelles il joue régulièrement, le comédien apparaît régulièrement sur le petit et grand écran. Avant d’être le chouchou des festivals et des plateaux, Paul Mescal aurait pu rester un athlète prometteur.
Révélé dans "Normal People" en 2020, Paul Mescal est l’une des futures stars d’Hollywood. L'occasion idéale pour revenir sur les séries et films les plus marquants de Paul Mescal.
Débuts et Percée
Né le 2 février 1996 à Maynooth, en Irlande, Paul jouait au football gaélique à un niveau compétitif. Mais une blessure à la mâchoire l’a forcé à réévaluer ses plans. Et là, coup de théâtre : il troque le ballon pour les planches et s’inscrit à la Lir Academy, une école de théâtre de Dublin. Diplômé en 2017, il débute sur scène dans des classiques comme The Great Gatsby et A Midsummer Night’s Dream.
Normal People (2020)
En 2020, Paul décroche le rôle de Connell Waldron dans Normal People, une adaptation du roman de Sally Rooney. Connell, c’est le mec réservé, introverti, et tellement attachant qu’il te brise le cœur juste en baissant les yeux. La série, diffusée sur Hulu et BBC Three, explore sa relation compliquée avec Marianne (Daisy Edgar-Jones). Les émotions à fleur de peau, les silences pesants et le fameux collier en argent, tout dans la performance de Paul est magnétique.
Lenny Abrahamson et Hettie Macdonald montrent à travers l'œil de leur caméra une histoire d’amour “normale”, avec des gens “normaux”, pourtant tout sauf banale. On voit évoluer sur plusieurs années la relation amoureuse de deux adolescents, Duncan (Paul Mescal), athlète idole de son lycée et Sally (Daisy Edgar-Jones), jeune élève réservée. Adaptation en mini-série du roman de Sally Rooney, Normal People fait monter une douce tension en s’attardant sur des détails et leur donnant une importance.
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Pourquoi ce rôle l’a propulsé ? Car Normal People met en lumière la complexité des relations modernes avec une authenticité rare. La série a marqué une génération et lancé des discussions sur la masculinité, la santé mentale, et les relations amoureuses. Paul, lui incarne un jeune homme en lutte avec son identité et sa santé mentale, un sujet encore trop peu abordé de façon aussi sensible. Ce qu’il lui a valu une nomination aux Primetime Emmy Awards, et il devient un sex-symbol malgré lui.
Affiche de la série Normal People
Filmographie Post-Normal People
Après Normal People, Paul attaque des rôles cinématographiques variés et ambitieux :
Aftersun (2022)
Il joue un jeune père dévasté par des troubles mentaux, dans un film déchirant qui te laisse en miettes émotionnelles. Dans un hotel all inclusive en Turquie, des vacanciers filmés à la pellicule : Calum et sa fille Sophie (Paul Mescal et Frankie Corio). Le film alterne différents modes de prise de vue, mêlant les souvenirs subjectifs de Sophie, aux traces bien concrètes de cet été passé au côté de son père, capturés par leur caméra numérique. À mesure que s’étirent leurs vacances, on dénote une fausseté dans le bonheur languissant du duo. Premier long métrage de sa réalisatrice, Aftersun dépeint sensiblement le chagrin et la mémoire familiale. Repéré au festival Sundance 2022, le film a été récompensé par les BAFTA en 2023 dans la catégorie du meilleur premier film.
Nominé aux Oscars.
The Lost Daughter (2021)
Petit rôle mais big impact, aux côtés d’Olivia Colman. “Est-ce qu’on naît mère ou est-ce qu’on le devient ?” : c’est la question que pose Maggie Gyllenhall dans son thriller psychologique. Deux mères se rencontrent sous le soleil d’une plage de Grèce, autour d’un incident : la disparition momentanée de la fille de Nina (Dakota Johnson) jeune mère épuisée, qui confronte Leda (Olivia Colman) à ses propres souvenirs de maternité, tiraillée entre son amour pour ses enfants et son envie de vivre pour elle même. Adapté du roman Poupée volée d’Elena Ferrante et diffusé sur Netflix, le film a gagné le prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise en 2021.
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God’s Creature (2022)
Une tension sourde monte lentement dans ce drame réalisé par Saela Davis et Anna Rose Holmer. Dans un village de pêcheurs où les réflexions sur les violences sexistes et sexuelles en sont au point de départ, une mère (Emily Watson) doit choisir entre protéger son fils (Paul Mescal), ou faire ce qui lui semble juste. Certainement pas le rôle le plus attirant de Paul Mescal, mais peut-être l’un des plus intéressants.
Carmen (2023)
Un opéra revisité version cinéma. Paul joue un ex-marine américain qui tombe sous le charme de Carmen, une femme pleine de passion et de mystère. Entre danses hypnotiques et paysages désertiques, il montre qu’il peut aussi être intense et romantique. Mais bon, soyons honnêtes, Carmen était un peu un warm-up pour…
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Gladiator 2 (2024)
Là, on est sur du lourd. Paul endosse le rôle de Lucius, le fils de Lucilla (Connie Nielsen) et neveu de Commode (Joaquin Phoenix). Suite de l’épopée de Ridley Scott, le film plonge Lucius dans des intrigues politiques et des batailles colossales au Colisée. Paul passe de « guy next door » à « guy with a sword » sans broncher. Est-ce qu’on est prêt pour ce niveau d’intensité ? Non, mais on le suivra dans l’arène quand même.
Sans jamais nous connaître (2024)
Le 14 février 2024 sort dans les salles de cinéma françaises All of us Strangers, de son titre français Sans jamais nous connaître. Dans un immense immeuble silencieux au coeur de Londre, Adam (Andrew Scott) fait la rencontre de Harry (Paul Mescal), son unique voisin. En parallèle, il retourne visiter sa maison d’enfance, où il retrouve ses jeunes parents. Seulement, ceux ci sont morts depuis des années. Entre fantômes et souvenirs, Adam navigue dans un monde qui n’est plus le sien.
Autres Séries
The Deceived (2020)
Beaucoup plus sombre, la mini-série irlandaise en quatre épisodes raconte les destins des figures féminines autour d’un écrivain, Michael (Emmett J. Scanlan), alors que le corps de sa femme est retrouvé mort. Le récit est fait du point de vue de Ophelia, étudiante de l’écrivain… Et enceinte de lui. On y retrouve un Paul Mescal en pompier naïf, incapable de discerner le vrai du faux dans cette histoire de meurtre presque désuète, réalisée par Lisa McGee et Tobias Beer.
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Pourquoi Paul Mescal est-il une icône ?
Paul dégage une “vibe” humble, loin du star-system hollywoodien bling-bling. Il reste ce gars irlandais qui parle de ses rôles avec sincérité, et ça nous touche. Paul privilégie les projets avec du sens et des thèmes profonds. Il peut être un étudiant introverti, un jeune papa paumé, ou un guerrier antique. Il incarne chaque rôle avec un réalisme désarmant. Alors oui, on aurait pu parler de Zendaya, de Timothée Chalamet ou encore de Barry Keoghan…mais Paul Mescal, c’est l’acteur qui donne envie de croire au pouvoir des bonnes histoires. Qu’il joue dans un drame intimiste ou un épique historique, il nous rappelle que le cinéma, c’est avant tout un art de l’émotion.
Paul Mescal au Festival de Venise
Tableau Récapitulatif des Œuvres de Paul Mescal
| Année | Titre | Rôle | Type |
|---|---|---|---|
| 2020 | Normal People | Connell Waldron | Série TV |
| 2020 | The Deceived | Sean McKeogh | Mini-série |
| 2021 | The Lost Daughter | Will | Film |
| 2022 | God's Creature | Brian O'Hara | Film |
| 2022 | Aftersun | Calum | Film |
| 2023 | Carmen | Aidan | Film |
| 2024 | Sans jamais nous connaître | Harry | Film |
| 2024 | Gladiator 2 | Lucius | Film |
Alors, étudiants en cinéma, prenez note : trouver vos acteurs à l’acting authentique. Et toi, tu paries combien qu’il aura un Oscar dans les 5 prochaines années ?