Il a été difficile d’aborder la critique de Princesse Dragon, car il y avait beaucoup d'attente envers ce film d’animation. Des films d’animation français comme celui-ci, il n’y en a pas eu beaucoup en 2020, ce qui rend ce film d'autant plus important.
Princesse Dragon est d'abord un conte simple, parfait pour être raconté aux enfants. L'aventure commence avec un seigneur dragon solitaire sur sa montagne d’or qui, incapable d’avoir des enfants, demande à une sorcière de l’aider à obtenir une progéniture.
Le film nous fait suivre les péripéties de Poil, une petite fille élevée par Dragon. Avec un caractère bien trempé, elle part découvrir le monde, la nature, les animaux et aussi les humains.
Un Film Tendre et Visuellement Riche
Princesse Dragon est tendre mais pas seulement; c’est un film d’animation incroyablement bien réalisé avec des dessins d’une richesse qu'on n’avait pas vue depuis longtemps. L'esthétique rappelle les vieux livres de contes illustrés, et l’histoire, les récits traditionnels pour enfants.
On ne peut évidemment pas parler de ce film sans faire référence aux films de Ghibli. Plus qu’un hommage, on voit ici une inspiration parfaitement maîtrisée qui a su adapter ses codes à la française. Que ce soit sur les musiques ou sur l’évolution à la fois psychologique et physique des personnages principaux, Princesse Dragon nous emmène dans un voyage initiatique.
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Le film a le charme des vieux livres de contes illustrés. Récit linéaire, décors « aquarellés » de pure beauté, teintes douces et personnages dessinés au trait fin concourent à une harmonie que rien ne vient troubler, pas même les scènes d’affrontement qui jalonnent le scénario. Dans Princesse Dragon, il s’agit surtout de prendre le temps d’observer la nature, ce et ceux qui nous entourent.
Thèmes et Messages Subtils
L’invitation faisant écho au propos du film, à savoir que l’argent ne fait pas le bonheur, sauf si l’on choisit de le partager. Le film aborde des thèmes comme l’acceptation de la différence et l’émancipation des petites filles.
La thématique de l’amitié prend une grande place dans cette fable. Cependant, d’autres sujets vont être abordés, tel que le mariage arrangé et forcé auquel la princesse est destinée. Le film explore aussi le rapport à la nature et une morale universelle : l’argent ne fait pas le bonheur. L’acharnement du roi pour l’argent et le pouvoir, jusqu’à détruire la nature et partir dans une quête sans fin, est un thème central.
Tableau des Personnages Principaux
| Personnage | Description |
|---|---|
| Poil | Une petite fille mi-humaine, mi-dragon, élevée par Dragon. |
| Dragon | Le seigneur de la forêt, père adoptif de Poil. |
| Princesse | La fille du roi voisin, amie de Poil. |
| Sorcenouille | Une sorcière qui aide Dragon à avoir des enfants. |
Malgré une réticence initiale sur le character design des personnages humains, le style des dragons et de la Sorcenouille est très apprécié. Le décalage de style sert les personnages et permet de montrer leurs différences au niveau de leur parcours de vie.
Il y a de l’humour dans Princesse Dragon grâce aux personnages extravagants de Sorcenouille, le poney Fiduval, et Albert. Le film est simple, mais il a une touche d’originalité. Il est esthétiquement très beau et avec des personnages attachants.
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Un Film qui Rappelle les Contes d'Antan
Princesse Dragon est un film qui rappelle les contes d’antan. Le côté fabuleux dévoile une certaine poésie. Tout est beau : les décors, les personnages et même les musiques. Les musiques, et notamment celle du générique de fin, touchent. On peut saluer la performance des comédiens de doublages qui ont tous joué leur rôle à la perfection. Ce film est une grande réussite et marque un retour en force d’Ankama dans le domaine des longs métrages.
Le côté moralisateur de la fin rappelle les fables de La Fontaine. La poésie présente dans les discours des personnages participe à l’immersion du spectateur. Ce film invite à une remise en question globale et appréciable.
Princesse Dragon change complètement la formule funky habituelle des studios Ankama tout en gardant le même duo, composé d’Anthony Roux et Jean-Jacques Denis à la tête de la production.
Un Conte Pour Enfants
Il faut garder à l’esprit que ce conte s’adresse à un public très jeune. Sa durée d’environ 1h15 est pensée pour maintenir l’attention des plus petits. Princesse Dragon n’est pas « de l’animation compatible avec les enfants mais qui vise aussi les adultes ». C’est au contraire un conte pour les enfants, pensé pour eux, et qui éventuellement sera agréable au visionnage pour les adultes, grâce à ses qualités de production.
Cette durée courte explique certaines faiblesses, comme le design des personnages, très simple et très classique - à l’exception de Poil. La sorcière Sorcenouille est peut-être le seul vrai faux pas : son aspect funky est intrigant, mais il fonctionne mal dans le récit.
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Princesse Dragon hérite de son statut de conte pour enfants une narration linéaire très simple. Cette structure narrative classique vise l’efficacité pure. Les enfants seront donc captivés, pendant que les adultes trouveront le récit sans surprise.
Réussite Technique et Esthétique
Les défauts mineurs de Princesse Dragon sont balayés par la réussite technique du film. L’animation et le dessin témoignent du soin apporté par les équipes en charge de sa production. Le rendu à l’ancienne, en 2D fait à la main, donne un superbe aspect de conte vintage, notamment grâce aux couleurs pastels, aux allures d’aquarelles. Princesse Dragon choisit l’harmonie, douce et chatoyante.
Le personnage de Dragon a bénéficié d’encore plus de soin. Son modèle étant en 3D, il a nécessité l’aide d’un logiciel pour « colorier » les différentes parties de son large corps. Et les gros plans sont magnifiques, laissant entrevoir le travail minutieux sur les nombreuses nuances de couleurs. L’attention aux détails va jusque dans l’éclaircissement de sa gorge lorsqu’il exhume des gerbes de flammes, elles aussi dessinées et coloriées à la main. Techniquement, Princesse Dragon tient la dragée haute aux standards les plus élevés de l’animation.
Les décors régalent également, tant ils sont variés et fourmillants de détails. Les forêts sont chatoyantes, et les rues pavées de la cité dans laquelle habite Princesse ressemblent aux images de nos vieux contes favoris remises à neuf. Cet environnement de conte ultra-classique peut ainsi se targuer de ne pas laisser le spectateur indifférent tant son traitement est précis.
Doublage et Musique
Les personnages ont beau avoir un design parfois un peu simplet, ils bénéficient d’un doublage de qualité, et souvent tordant - Fiduval, Albert, Mimi. Et entendre la voix de Dorothée Pousséo est la parfaite dose de nostalgie qu’il nous fallait. Même réussite pour la musique composée par Pierre-Jean Beaudoin, qui est à la hauteur de l’animation. Le thème du film, Vers la lumière interprêtée par Pomme, est désarmant de sensibilité. Les autres thèmes ne sont pas en reste, et c’est un (autre) gros point fort du film, qui ne verse jamais dans le niais.
Les défauts mineurs de Princesse Dragon sont donc finalement balayés sans difficulté par ses immenses qualités, et montrent bien la générosité et la sensibilité du projet. Le doublage les rend plus vivants que jamais. La narration est linéaire, mais elle ne lassera pas les spectateurs les plus pointilleux, grâce à ses décors riches et son rythme bien dosé.
En définitive Princesse Dragon c'est surtout un film pour vos enfants si vous en avez. L'intérêt pour un spectateur adulte reste globalement normal mais dans la moyenne basse avec surtout une curiosité pour le sous-texte féministe limpide et l'aspect technique très propre du film qui, hélas, est peut-être trop court pour un adulte. Les enfants eux adoreront : les personnages sont attachants, y'a un peu d'aventure, pas mal d'humour et un brin d'action, dans un rythme qui leur permet de ne pas s'ennuyer.
Si l’on connaît surtout la société Ankama pour son jeu de rôle Dofus et ses dérivés (sériels et cinématographiques), elle nous offre en cette année 2021 un hymne écologique aux charmes enivrants en 2D traditionnelle.
Bâtie autour d’un mythe vieux comme le monde, celui de l’enfant sauvage, Princesse Dragon est une merveille de sincérité et de créativité graphique. Conte écologique et féérique dans une contrée médiévale typique, le film de Jean-Jacques Denis & Anthony Roux compense son originalité modeste par un ton poétique des plus touchants.
Autour d’une intrigue resserrée, le film tisse une aventure émouvante au climax armé modeste. En faisant le choix d’une galerie de personnages restreinte et de décors comptés sur le doigt d’une main, les scénaristes choisissent d’approfondir en priorité les rapports entre les personnages.
A l’image du joli titre musical plein de douceur (« Vers la lumière ») entonné par l’artiste Pomme au cours d’une séquence de préparation armée, le film use de contrepieds poétiques pour structurer son conte écologique érigé contre la cupidité de l’Humanité.
C’est aussi sur le plan graphique que le film est une réussite. Auréolé d’une animation 2D aux contours parfois esquissés, le long-métrage est simple mais plein de charme, et ce, même si le character design n’est pas le plus inventif qui soit. La jeune Poil tire évidemment son épingle du jeu avec l’irrévérence psychologique et physique qui la caractérise.
Sa force n’est pas à retrouver du côté d’un scénario un peu déjà-vu, le film signe une réflexion essentielle sur l’état du monde au contact des Hommes. Mis en scène avec soin et poésie, le premier film totalement original d’Ankama est un délicieux moment à partager en famille en cette fin d’année. On tient là l’une des propositions les plus charmantes de cette année.